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  • L'essence de la démocratie-chrétienne (I)

    La pensée démocrate-chrétienne participe du paganisme actuel. Pas besoin d’être grand clerc pour voir que tout l’effort de la démocratie-chrétienne a consisté à élaguer le catholicisme pour le faire entrer dans le moule du libéralisme.

    Comparons la France aux Etats-Unis : dix pour cent de croyants d’un côté, quatre-vingt dix-neuf de l’autre. Mais opposer radicalement ces deux nations n’aurait pas de sens. Français et Yankis, majoritairement, ont désormais des croyances, des principes communs.
    Le niveau de la pratique religieuse aux Etats-Unis dissimule un relativisme au moins aussi fort qu’en Europe, une absence d'esprit scientifique de plus en plus flagrante.
    François Mitterrand a pu dire en privé : “L’Amérique, voilà l’ennemi !”, mais Mitterrand était un Français de souche, élevé dans le catholicisme, puis proche des idées de Maurras, gagné enfin par des idées socialo-marxistes, son cas reste exceptionnel (un "itinéraire" proche de celui de Drieu La Rochelle).

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    La pensée démocrate-chrétienne a emprunté la voie du relativisme pour trahir le catholicisme. C’est très net dans le cas de politiciens comme François Bayrou, Jean-Pierre Raffarin, Xavier Darcos, Pierre Méhaignerie, Pascal Clément, etc. : au catholicisme, méthode concrète, a été substitué un double langage sur le modèle du byzantinisme kantien.
    Tel le fameux épisode de l’Evangile où les Pharisiens tendent un piège à Jésus, lui demandant s’il faut ou non payer l’impôt à César ? « Rendez à Dieu ce qui est à Dieu et à César ce qui est à César ».
    Les démocrates-chrétiens se sont appliqués dans leur catéchèse à trahir le sens de l’Evangile. Ils lui ont fait dire l’inverse. En deux temps ; d’abord en bâtissant une idéologie peu catholique (et peu marxiste) selon laquelle il serait possible de scinder le plan politique et le plan religieux.
    Ensuite ils ont prétendu que Jésus, par ces mots, ordonne de payer l'impôt et d’obéir à César. En définitive, la doctrine des démocrates-chrétiens, c’est que César prime sur Dieu, le pharisaïsme sur l’Evangile. Et ils se conforment à cette doctrine.
    Alors que Jésus indique au contraire dans ses paroles la supériorité du royaume de son Père.
    Si Benoît XVI entend sincèrement restaurer la raison et l’esprit scientifique, il doit avant tout s’attaquer au double langage démocratique.
    Invoquer les racines gréco-romaines de l’Occident est largement insuffisant. C’est une abstraction de plus. Même les penseurs décadents Nitche ou Heidegger se réclament des Grecs et des Romains !
    Benoît XVI ne doit pas craindre de trancher, de séparer le bon grain de l’ivraie, la pensée profondément occidentale et moderne de Hegel, Baudelaire, Marx, Péguy, Bloy, Claudel, d’un côté, et la pensée barbare de Kant, Nitche, Heidegger, Freud, de l’autre. Sinon autant pisser dans un violon.

  • L'Essence de la Démocratie

    Pour un catholique marxiste, il n’y a pas véritablement d’athées, il est plus conforme à la réalité de parler de “paganisme”.
    La démocratie a toutes les caractéristiques d’une religion d’Etat, ce qui explique d’ailleurs le zèle des démocrates à condamner le catholicisme, l’islam, la scientologie, voire le communisme, bref tout ce qui paraît représenter une menace ou une concurrence pour les dogmes démocratiques et libéraux.

    Au plan juridique, les démocraties sont des théocraties, au même titre que les Etats musulmans ou que le Royaume-Uni, si ce n’est plus. Evidemment pour un marxiste l’idée abstraite de “théocratie” n’a pas beaucoup de sens. C’est un gadget des libéraux pour donner un air supérieur, émancipé, au régime bourgeois. Franchement est-ce que Robert Redeker, BHL, Finkielkraut, Michel Onfray, Luc Ferry, ont des gueules d’émancipés ? Ils ont plutôt l’air constipés et foireux. Les petits systèmes de pensée de ces Spinoza de poche ne passeront pas le quart de siècle. Ils le sentent et c’est ça qui les rend bilieux.

    Disons que l’athéisme en tant que tel fut seulement il y a quelques lustres le fait d’une toute petite minorité de philosophes indépendants comme Feuerbach, Nitche, Maurras, Sartre… Leurs théories leur servaient de chapelles personnelles. Ils sont en quelque sorte au paganisme contemporain ce que les chanoines sont au catholicisme.

  • Table rase de la télé d'Etat

    La télévision publique de M. Patrick de Carolis du Figaro propose un nouveau reportage sur "Le Pen tortionnaire en Algérie", désormais un grand classique du cinéma d'horreur qui va encore faire frissonner dans les chaumières bobos.

    De la part de Patrick de Carolis, qui doit sa carrière à un fabricant d'avions de chasse, Serge Dassault, c'est bien généreux de se soucier du sort des victimes de la guerre. Il est vrai que dans la guerre moderne on ne torture plus, du moins pas officiellement, on se contente de frappes chirurgicales griffées Lagardère ou Dassault. Et l'ONU ne se bat pas, elle est là pour rendre service, demandez aux Hutus et aux Tutsis.

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    C'est plutôt un bon signe pour Le Pen, cette émission. Il n'est pas question de l'enterrer. Au contraire ; l'UMP - via Carolis -, craindrait un regain de popularité du FN suite à la déconfiture de la grande réforme américaine sur un air de Johnny Halliday de Sarko. & co. qu'elle ne s'y prendrait pas autrement.

    Étant donné l'aptitude des journalistes de la télé publique à truquer l'histoire et à la présenter sous un jour manichéen, on peut s'attendre à ce qu'ils expliquent comment l'armée française a pratiqué la torture en Algérie… sans que De Gaulle soit tenu au courant.

  • De Goebbels à Sarkozy

    Comparer Sarkozy aux nazis, à Hitler, peut paraître exagéré. Le fait est que les circonstances historiques sont très différentes. Hitler se situe plus près de l’apogée du capitalisme, Sarkozy, lui, est plus près de sa décomposition.
    Reste que ma comparaison n’est pas plus absurde que celle que les médias ont osée entre Sarkozy et Napoléon. Entre l’empereur et le führer, les points communs sont d’ailleurs nombreux. La principale différence, c’est que Napoléon est censé incarner la France, ce qui conduit l’Education nationale où règne le chauvinisme, le nationalisme le plus étriqué, à opposer deux figures historiques pourtant proches, qui ont modifié nettement leurs nations avant de les conduire à la catastrophe en passant par des victoires éclatantes.

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    Le goût prononcé des Français pour les gendarmes, pour l’uniforme, “Le prêtre, le poète ET le soldat” dit encore Baudelaire au XIXe, ce goût les Allemands en ont sans doute hérité de Napoléon et des Français. Indiscutablement, au XVIIIe, et jusqu’au début du XIXe siècle, la France a exercé une forte influence sur l’Allemagne, la Prusse notamment. Aujourd’hui encore, l’ouvrage de Mme de Staël, De l’Allemagne, est célèbre dans les milieux intellectuels allemands malgré la faiblesse de son argument.
    Ce qui a probablement séduit une partie des artistes et des intellectuels français les plus brillants dans l’Allemagne hitlérienne, de Céline à Brasillach en passant par Drieu La Rochelle, c’est l’effet de miroir. Ça n’a pas duré, car comme le reconnaît vite Drieu avec dépit, Hitler n’est qu’un bourgeois comme les autres. Le seul point commun idéologique entre Drieu, qui a touché un peu à tout, et les nazis, c’est le paganisme bouddhiste - Nitche, pour simplifier. Mais quel bourgeois ne s’entiche pas, à un moment ou à un autre, de Nitche ? Drieu est d’ailleurs assez lucide pour reconnaître que ce qui lui plaît le plus dans le bouddhisme, c’est sa nouveauté (cinquante ans plus tard Houellebecq fait figure d’attardé sur ce plan comme sur beaucoup d’autres).

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    Une observation parallèle : de Barbey à Drieu la Rochelle et Céline, en passant par Baudelaire, Bloy, Marx, ce qui fait leur force c’est que ce sont, à des degrés divers, des marginaux. Voltaire et Diderot n’en étaient pas. Et Rousseau l’était moins, guère indépendant. Qu’est-ce que ça change ? C’est ce qui leur donne un point de vue plus élevé, ils ne défendent pas instinctivement les intérêts de leur classe sociale ni même d’une quelconque catégorie. Les insultes lancées par Céline à toutes les institutions et à tous les lobbys influents de son époque ont cette signification. L’accusation d’antisémitisme dirigée contre Céline est le fait d’un bourgeois, d’un social-traître comme Sartre, ou d’un imbécile comme Siné, anar pour rire.
    Mais ces écrivains ne sont pas pour autant “antisociaux” ; de leur point de vue, c’est la bourgeoisie et ses institutions nouvelles qui sont antisociales.

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    Au plan idéologique on peut isoler un tronc de dogmes, de valeurs, de références communs aux libéraux de gauche, de droite, aux démocrates, aux nazis, même aux démocrates-chrétiens. Entre ces “partis”, il n’y a pas de frontières étanches. On a affaire en réalité à un vaste grenier (beaucoup de ces idées prétendument modernes remontent en réalité à plusieurs siècles av. J.-C.) où moisit tout un attirail idéologique dans lequel le régime capitaliste dit “démocratique” puise des slogans.
    Dans ce tronc on retrouve notamment l’évolutionnisme, une certaine forme d’anthropologie abstraite, le credo capitaliste selon lequel le capitalisme serait le meilleur des systèmes possibles (credo qui évoque fortement Pangloss), un certain positivisme scientifique, c’est-à-dire l’assimilation du progrès à la science et de la science à la technologie, l’égalitarisme et sa branche féministe, en pleine efflorescence, et l’athéisme, ou, pour être plus précis, une certaine forme de paganisme. Voilà pour les valeurs communes de la bourgoisie au pouvoir en Occident, transmises à 99 % des Occidentaux, étant donné la force des moyens de propagande dont la bourgeoisie au pouvoir dispose. On peut citer comme “docteurs” de cette Église : Nitche, Sartre, Heidegger, Darwin, Tocqueville, Malthus, Kant, Freud… à verser au contraire aux fossés de l’histoire pour un catholique marxiste.

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    On objectera l’antiracisme de Sarkozy, opposé au racisme d’Hitler. Il n’est pourtant pas difficile de voir qu’on a affaire là à deux conceptions assez idiotes et restrictives, toutes deux “antisociales”. La base de l’antiracisme, c’est le racisme. Il ne suffit pas de renverser une idée idiote pour faire une idée féconde. D’ailleurs, que reste-t-il de ces “philosophies”, au sens contemporain du terme, lorsqu’on les confronte à la réalité ? Hitler n’a pas hésité à mettre au service de sa politique des races non-aryennes. Quant à l’antiracisme, il n’empêche pas les bobos qui y adhèrent de vivre à l’écart des noirs.
    Les Etats-Unis, la plus grande nation antiraciste, est d’ailleurs fondée sur l’esclavage. L’esclavage des nègres dans les champs de coton, relayé par l’esclavage des immigrants dans l’industrie. Qu’est-ce que signifie une "économie tournée à 75 % vers les services" si ce n’est que 75 % de la production est assurée par des esclaves en Asie ? Toute la politique de “quotas de races” menée aux Etats-Unis n’a qu’un but, dissimuler l’écart criant entre les discours démocratiques et la réalité capitaliste. En Afrique du Sud ils ont élu Nelson Mandela, c’est le même genre de stratégie de communication.

    (Il me reste à démontrer que l’idéal démocrate-chrétien n’est pas très différent du paganisme pour compléter mon raisonnement. Mais ceci est une autre histoire.)

  • Doublon

    Comme si Jean-François Kahn c’était pas déjà un peu trop, avec son style “catcheur”, ses accroches et ses canards navrants, il faut maintenant en plus se farcir son frangin, Axel, à peine moins racoleur. On ne peut pas perdre de vue que ces deux-là sont installés confortablement au cœur du système qu’ils égratignent.
    Si les politiciens ont une responsabilité dans le politiquement correct actuel, alors que dire des médias qui le cultivent, le peaufinent quotidiennement ?
    Si les politiciens ont une responsabilité dans l’eugénisme actuel, alors que dire du corps médical qui reste muet sur les pratiques douteuses auxquelles il est confronté tous les jours ? On n’entend parler que du bénin Pelloux de “Charlie-Hebdo” qui ventile des banalités.

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    Avec tout ça, malgré la faiblesse de leurs positions, nos deux Kahn n’ont pas de mal à enfoncer les défenses des “sarkozélotes”, plus ridicules les uns que les autres. Après Jacques Attali, Jacques Marseille - pour qui l’histoire se résume à “Vive Napoléon et Degaulle !” et à quelques statistiques écomiques plus ou moins significatives -, voici venus en renfort Jean Montaldo et Michel-Edouard Leclerc.

    Je passais étant gamin une partie de mes vacances d’été en Bretagne et le père de Michel-Edouard est sans doute le premier capitaliste démocrate-chrétien que j’ai détesté spontanément. L’horreur des hypermarchés Leclerc, ces alignements de bouffe infâme éclairés au néon, la tristesse des poulets gélatineux élevés en batterie, a-t-on jamais inventé un système moins poétique ? Et tout ça au nom de principes hypocrites comme les démocrates-chrétiens savent inventer, pour permettre aux pauvres de bouffer de la viande ; idem pour les caissières en uniformes ridicules soudées à leurs caisses six jours sur sept au nom du féminisme ou de je ne sais quelle autre imbécillité démocratique.

  • Valeurs actuelles

    Les partisans de Sarkozy invoquent sa “légitimité démocratique” pour exiger que cesse la grève. Ils feraient bien plutôt de réclamer des tickets spéciaux pour circuler, comme ceux dont étaient munis les supporters de foot qui ont remplis le stade de Saint-Denis samedi dernier comme un jour de circulation normale pour applaudir la morne pièce qui s’y jouait, un match diplomatique entre l’équipe du Maroc et l’équipe de France B.

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    La “légitimité démocratique”, ce truc est bon pour les collégiens en cours d’éducation civique. Et encore, les banlieusards ça doit les faire ricaner, eux qui sont affranchis sur les “principes” du système dès le plus jeune âge.
    Sarkozy a été élu avant tout par des vieillards sur le slogan : « Travailler plus pour gagner plus. » Légitimité tu parles.
    On comprend que les cheminots de la SNCF se moquent bien de ces petits vieux et de leur vote sacré ; par le froid qu’il fait, c'est tout juste si elles se risquent dehors, les têtes chenues, alors question de botter les fesses aux cheminots, faut pas trop compter sur eux.
    Légitimité démocratique mon cul. Les bourgeois libéraux et leurs “valeurs actuelles” me donnent la nausée. Il n’y a pas de “légitimité” immanente, il n’y a que des rapports de force, "a fortiori" dans le système capitaliste.

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    Mettez-vous à la place de la poignée d’étudiants gauchistes bretons qui occupe le devant de l’amphi. À eux seuls ils ont défrisé naguère le panache du ministre Villepin en moins de temps qu'il n'en faut pour convoquer une AG de fumistes. L’“homme de commando” de Chirac a été obligé de se replier dare-dare avec toute sa panoplie napoléonienne.
    Pourquoi cette même poignée d’étudiants se priverait-elle de faire subir la même Bérézina-express à Fillon, voire à Sarko tant qu’à faire ? Le pouvoir, quand on y a goûté, il paraît qu’on ne s’en lasse pas.
    J’ai tendance à mettre libéraux de droite et libéraux de gauche dans le même panier de crabes, mais s’il fallait établir une hiérarchie je dirais que les libéraux de gauche sont quand même un peu moins cons. Dans le fond ils prennent moins la démocratie au sérieux que leurs homologues de droite, sans doute parce qu'ils savent qu'ils l'ont inventée de toutes pièces.

    En définitive, ceux qui ont le plus intérêt à un accord et à un redémarrage des trains, après avoir montré leur force, ce sont les dirigeants des centrales syndicales, Bernard Thibault en tête, qui a le cul entre deux chaises. Le problème c'est que la compromission avec le système est de plus en plus visible, y compris des syndicalistes de base, qui rechignent à obéir aux votes truqués et en organisent d'autres dans l'autre sens.
    Le syndicalisme "à l'allemande" dont Thibault, Sarko et le patronnat rêvent, comme Perrette de son pot-au-lait, n'est pas pour demain.