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  • L'existentialisme est un onanisme

    Evelyn Waugh a écrit un seul roman existentialiste, L’épreuve de Gilbert Pinfold. Lorsqu’on le lit il se passe exactement la même chose que lorsqu’on lit les œuvres politiques de Rousseau (ou de J. de Maistre) : on étouffe un bâillement.

  • Télévision et courte vue

    Vu que Sarkozy est tout le temps dans la télé, il devrait se produire entre sa déroute et la prise de conscience de sa déroute comme un léger différé. Perfectionnement démocratique oblige, les directs se font de plus en plus rares. On se souvient que même Chirac, pourtant un peu plus classique, a continué de parler dans le poste aux Français encore une fois ou deux alors qu'il était déjà "out".

     Philippe Sollers, lui, pense que Sarkozy sera réélu. C'est ça la littérature aujourd'hui, il faut miser sur le bon cheval. Des Philippe Sollers on en croise plein au bord des champs de course en province, l'oeil vif, pétillant.

    Mais l'avis de Sollers sur Sarkozy n'est que l'avis d'un homme de télé sur un autre homme de télé. On peut le prendre à la légère. Que Sollers soit déjà "out" depuis hier, ou pas avant demain, quelle différence ça fait ?

  • Table rase de la télé*

    *En remplacement de la chronique de Patrick Besson, trop occupé à cirer les pompes de BHL.

    "Flash back" sur Danielle Mitterrand, l’Antigone du Parti Socialiste : je comprends mieux François Mitterrand. Danielle est laide mais elle est jeune. Comme dit le poète romantique Hogarth : « La beauté, c’est la vie. » Une beauté que le cinéma et la télé sont à peu près incapables de rendre. Le cinéma c’est la mort. Dans le meilleur des cas une danse macabre : Charlie Chaplin.

    Mais je m’égare. Danielle Mitterrand remonte aux temps héroïques. Je l’imagine en cotte de mailles, escortée de quelque vengeur masqué, faisant pendre haut et court les traîtres du parti socialiste par charettes entières.

    Il y a deux façons de voir François Mitterrand. Comme celui qui a ouvert la boîte de Pandore et déchaîné les baveux, la presse, cet organe qui charrie la merde comme une canalisation d’égout. Ce point de vue est un peu anachronique vu que Giscard avait déjà ouvert largement les vannes de la modernité version gadget libéral.


    Ou alors on peut voir Mitterrand comme un homme seul, impuissant à faire la révolution antilibérale. C’est pas les imbéciles et les traîtres qui ont manqué dans son entourage. Pour les imbéciles il y a Mauroy, Rocard, Dumas, la liste est longue. Pour les traîtres il y a Jacques Attali, évidemment, mais aussi Lionel Jospin. On peut être un imbécile ET un traître. Lent suicide de cet homme couvert de femmes après son échec.

  • Radio libre

    Sur “Europe 1”, surnommée “Radio-Sarko n°1”, on ne compte plus les décérébrés, Jean-Pierre Elkabbach en tête, vieux et moins vieux valets du système pub+blablabla ensuite : Jean-Luc Morandini, Pierre-Louis Batz, Julie Leclerc, Karen Chéryl, Philippe Tesson. Moi je dis qu’au “Figaro”, ils peuvent presque être jaloux de l'équipe de "Radio-Sarko n°1".

    Évidemment la boutique ne serait pas complète sans une chronique “politiquement incorrecte”, d’un certain Frédéric Bonnot, qui fait une sorte de revue de presse vaguement antisarkozyste, assez pour abuser les crétins "de gauche" qui écoutent encore cette station.

  • Slogan marxiste

    "SARKOZY, T'ES FOUTU, LA REALITE EST DANS LA RUE !"

  • Reader indigest

    Pas une ligne sur les mille pages que compte ce catalogue aux éditions Quadrige, pas une ligne consacrée à Simone Weil ! Même Simone Weil, ce cuistre a dû la trouver trop révolutionnaire…

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  • L'œil du cyclone

    « Ainsi c’est donc ça, Raymond Aron ! je me dis en parcourant en diagonale une grosse compilation - Les sociétés modernes -, non pas la sagesse et la modération qu'on prétend, mais plutôt une sorte de bouddha, un gros néant… »

    Je m’y attendais un peu, mais pas à ce point. Les sociétés modernes, il y a tout l’ennui de l’université contemporaine dans ce machin-là, ses fausses leçons, ses fausses grèves, ses fausses révolutions. Rabelais est mort, Céline hante les charniers de la démocratie.

    « Essayons tout de même de trouver un point d’appui là-dedans. », je conclus, pragmatique. Marx a prouvé qu’on peut partir d’une philosophie décadente, celle de Feuerbach, pour retrouver l’esprit de l’Occident : foi et raison. Même preuve par Bloy, Péguy.

    *

    Raymond Aron se veut centriste. Le centrisme, c’est aussi la posture de Sarkozy. Le centre de Sarkozy, en réalité, c’est l’œil du cyclone médiatique, ce tourbillon qui l’engloutira.

    Comme Sarkozy est le représentant de commerce de la France, Aron est le représentant de commerce de la philosophie, avec son catalogue sous le bras.
    Pourquoi Aron préfère-t-il l’aveuglement de Tocqueville à la lucidité de Marx ? Ou Durkheim et Weber, leurs petites définitions de sociologues impuissants ? Mieux que ça, cette outre d’Aron se goure au point de faire de Thorstein Veblen (!) un esprit plus fort que Marx.
    En tant que centriste, forcément, Aron s’efforce d’entretenir le mythe libéral de la “gauche” et de la “droite”. Sans lui, le centre s’évanouit. Au plan idéologique on peut réduire l'idéal libéral au vieux manichéisme. On retrouve celui-ci dans tous les dogmes libéraux : l’évolutionnisme, le racisme, l’antiracisme, l’égalitarisme, le féminisme, etc. Bernard-Henri Lévy se cache derrière les nazis comme Hitler se cachait derrière les juifs.

    *

    Pourquoi Aron se trompe systématiquement ? Parce que Weber et Veblen ne sont pas révolutionnaires, contrairement à Marx, voilà le mobile d’Aron. Un jugement de classe ; faire passer pour universel un jugement de classe. C’est le contraire de la politique.

    Décidément Aron a tout pour plaire aux bobos. Une parodie de philosophe pour une parodie de bourgeoisie.

  • Progrès et Néant

    Devant un haut-relief sculpté du XVIIe siècle, une allégorie de la Charité allaitant deux enfants dodus et distribuant des fruits à deux autres, un groupe de lycéens venus se cultiver en masse sous la houlette d'un professeur super patient. Séquence devinette : «S'rait pas la mère de Jésus, des fois, M'dame ?», lance le plus éveillé. Vu qu'il "brûle", la prof le laisse deviner encore un peu.

    On voit que les vains efforts du journaliste Jacques Duquesne pour démontrer que Jésus faisait partie d'une famille nombreuse recomposée n'ont pas été si vains. Je ne suis pas sûr que la méthode historico-critique de Benoît XVI fasse le poids face à Jacques Duquesne et à ses réclames dans le "Figaro".

    Ces gamins issus de l'Education nationale, tout ce qui est cohérent dans l'art, tel un relief sculpté du XVIIe siècle, ils l'assimilent comme par réflexe à Jésus ou à l'Evangile. Enlevez la science, il reste l'instinct. Voilà pour l'œuvre moderne de l'école républicaine.

     

  • Table rase de la télé

    Le psychanalyste Gérard Miller qui dénonce les astrologues et l'astrologie comme une imposture scientifique, c'est l'hôpital qui se moque de la charité !

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    Le polygraphe Philippe Sollers défend l'enseignement de la littérature à l'université. Très bien tant que ce n'est pas la littérature de Philippe Sollers.

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    Même Jean-François Kahn et son frère Axel jugent qu'il y a quelque chose de pourri dans la République française. Même eux... Sarkozy est en quelque sorte la goutte qui fait déborder le vase d'aisance bourgeois. Mais il ne faut pas demander à des libéraux de gauche comme les frères Kahn autre chose qu'un simple constat de fait.

    *

    Danielle Mitterrand et Eric Zemmour s'entendent pour condamner le capitalisme et le néo-colonialisme yanki. Mais pour l'instant ils n'envisagent pas de démissionner du PS ni du "Figaro". C'est ce qu'on appelle une stratégie collaborationniste.

    Danielle prétend qu'avec l'ouverture des archives, on va découvrir que son François était un grand résistant et que sa francisque n'était en fait qu'une couverture. Cocufiez votre femme : ou elle vous quitte avec une pension, ou elle vous voue un amour aveugle et éternel.

    *

    Benoît Julliard, président de l'UNEF, contre Valérie Pécresse, ministresse : match de nuls 0-0.

     

  • Le Libéralisme pour les Nuls

    - DROITS DE L'HOMME : S'en souvenir entre la poire et le fromage dans un dîner d'affaires. Les oublier ne serait pas pragmatique. Nommer un ministre pense-bête.

    - VILLIERS-LE-BEL : Décalage croissant entre la toponymie et le Progrès et l'Evolution. Nommer une commission pour effectuer une mise en conformité.

    - FACHISTE : Le voisin d'en-face. S'il y avait moins de fachistes, ça irait mieux.

  • L'Essence de la démocratie-chrétienne (II)

    “L’essence de la démocratie”, “L’essence de la pensée démocrate-chrétienne”, c'est une allusion à Feuerbach, quand même moins nul que Kant ou Nitche.

    Il faut signaler la médiocrité des exégètes marxistes français ici. On ne peut pas affirmer que Marx emprunte à l’athéisme de Feuerbach sans remarquer également l’opposition presque radicale de leurs modes de raisonnement. Marx est un antiphilosophe qui rejette le raisonnement dit “ontologique” de Feuerbach, c’est-à-dire un raisonnement spéculatif et antihistorique, antipolitique. Nul n’incarne mieux que Marx le retour à la raison grecque, à ses principes écartés par la bourgeoisie et par les barbares yankis.
    Feuerbach, n'est qu'un philosophe aimant les sophismes.
    On a tort de croire que Marx a exercé une influence sur la société française, à l'exception de quelques historiens subtils. Les élites en France sont républicaines ou démocrates-chrétiennes, tournées vers le passé, attachées à de vieilles lunes, et par conséquent imperméables à la modernité de Marx. On confond Marx avec Trotski, alors que celui-ci n'est qu'un opportuniste, comme ses disciples français, Lionel Jospin en tête. Quel rapport entre le jargon idéologique de Lionel Jospin et Marx ? Encore faut-il reconnaître à Trotski et à Lénine le mérite d'avoir importé en Russie la pensée occidentale de Marx.
    Le marxisme chez nous a largement été étouffé par les palinodies de Sartre, prophète de l’égotisme bourgeois, les mièvreries de Debord ou de Baudrillard, qui plaisent tant aux bobos. Sous prétexte d’actualiser Marx, on n'a fait que le désamorcer.
    En revanche, oui, les sophismes de Feuerbach imprègnent largement les dogmes démocratiques en vigueur. On peut d’ailleurs dire de Feuerbach qu’il est le trait d’union entre la pensée démocrate-chrétienne et le paganisme. Un démocrate-chrétien qui lirait L’essence du christianisme plutôt que Harry Potter ou Johnatan Littell, il se verrait dedans comme dans un miroir.

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    Quelle est la théorie de Feuerbach ? De façon systématique (et assez fastidieuse), Feuerbach s’applique à “retourner la chaussette” ; ce n’est pas Dieu qui a créé l’homme à son image, mais l’homme qui a créé Dieu à son image.
    L’erreur de Feuerbach est assez criante et elle a certainement frappé Marx et Engels, dont l’enthousiasme pour Feuerbach fut passager. C’est typiquement une erreur de puritain et d’iconoclaste protestant. D’ailleurs l’idéologie, en général, n’est-elle pas une forme de puritanisme, un dégoût des choses matérielles et de la peinture dont la société de consommation et le cinéma sont l’aboutissement logique ? Il n’y a pas de paradoxe dans cette société yankie puritaine dont l’économie repose de plus en plus sur l’escroquerie, l’abus de confiance et la prostitution.

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    Feuerbach, qui prend pour référence non pas la religion catholique mais le protestantisme, plus authentique selon lui (plus pur, croit-il), et une partie de la théologie chrétienne, confond religion et théologie. Pourquoi ? Parce que c’est lui-même un théologien, un athéologien si on veut. La théologie est l’opium des intellectuels, voilà en réalité la démonstration involontaire de Feuerbach.
    Il croit démontrer que l’homme a inventé Dieu à son image alors qu’il prouve, ce n’est pas faux et c’est ce que Marx a retenu, que la théologie n’est qu’anthropologie. On n’est pas loin de ma démonstration que la pensée démocrate-chrétienne tend à n’être qu’un paganisme ordinaire.

    Ce que Marx a emprunté à Feuerbach, c’est seulement la volonté de gratter les sépulcres blanchis de la bourgeoisie, de s’intéresser aux mobiles. La condamnation du régime birman pour mieux "dealer" avec la Chine : immondes capitalistes !

    Mais Marx creuse beaucoup plus profond. Alors que les interprètes français de Marx, dans leur grande majorité, Althusser, Balibar, etc., ont fait de Marx un philosophe ordinaire, comme Feuerbach.