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  • Pour en finir avec le cinéma

    Langage et inconscient collectif sont deux notions qui se recoupent. De même qu'il n'y a pas d'art sans recul par rapport à l'inconscient collectif, il n'y en a pas non plus sans recul par rapport au langage, c'est-à-dire par rapport au moyen de l'art. Bien plus que le théâtre encore ne suscite la méfiance des philosophes des Lumières, le cinéma révoltera les hommes épris de liberté, par son efficacité à maintenir la tête de l'homme sous le boisseau de l'inconscient collectif et à le conformer à un programme commun nécessairement macabre.

    L'omniprésence du cinéma sur le territoire des Etats-Unis signale immédiatement aux juifs ou aux chrétiens la véritable nature de théocratie égyptienne ou romaine de cette nation d'esclaves du désirs, dont la peine à jouir apitoie. Il faut remercier les sectes sataniques des Etats-Unis d'exprimer franchement ce que ses institutions dissimulent à grand-peine. La croyance que ces chapelles sataniques traduisent dans l'activité constante de Satan dans le monde est d'ailleurs un préalable indispensable au christianisme. Je suis le dernier à me moquer de l'avertissement de certains apôtres du diable du triomphe prochain de Satan. Satan triomphe toujours sur les masses et les nations. Préféré à la vérité par l'antéchrist Nitche, le mensonge l'est pour sa vertu de confort. Le cinéma rallie aisément ceux qui préfèrent jusqu'à leur mort continuer de penser comme des foetus, dont la vie et l'existence ont la saveur et le parfum du liquide amniotique. Si la cause du cinéma est acquise d'avance dans les couvents et les casernes, les hospices et les asiles d'alinés, c'est parce qu'ils sont déjà des cinématographies, où l'organisation prime plus qu'ailleurs sur l'individu. Nous parlons contre le cinéma pour le peuple, c'est-à-dire ceux qui ne sont pas maintenus dans l'ignorance de la violence invincible de la nature ou de la société.

    Hitler a mis sa peau au bout de ses idées. La chiennerie du cinéma va jusqu'à postuler des titres de propriété sur le néant, comme s'il était le gouvernement mondial à lui tout seul, alors qu'ils se fonde exclusivement sur le proxénétisme et l'absence d'imagination.

    L'avertissement contre le langage est constant et répété dans les saintes écritures. Rien d'étonnant à ce que le cinéma soit dénoncé dans l'apocalypse comme un instrument de sidération diabolique.

    "Le mensonge est dans les mots eux-mêmes." : il ne fait aucun doute que cette remarque de Léopardi est une observation chrétienne. Si le langage est souillure selon le Christ, que les régimes totalitaires, fiers de leur signalétique, s'efforcent au contraire de faire passer pour pur, et c'est là l'essence même de la doctrine libérale, c'est parce que le langage tend à chasser dieu.

    Proche de l'humanisme de Léopardi, Louis-Ferdinand Céline n'a pas seulement brisé le style académique, c'est-à-dire le sceptre de la caste des prêtres, ce dont elle lui a gardé rancune ; Céline a aussi purgé l'inconscient collectif d'une partie de son mensonge clérical. Sans quoi Céline ne serait qu'un cafouillage surréaliste. La vérité contribue à dénouer le style. La force de Céline, comparé à l'académisme de Sartre, tient à une meilleure conscience de la forme, et donc des limites. Il y a très peu d'espoir chez Céline : c'est réaliste. Mais il n'y a pas l'infini et le néant, pur académisme, produit du décalage entre l'inconscient collectif ou le langage, et la nature, dont le langage n'est que le reflet. L'idéal républicain de Sartre, néant ou infini, est complètement étranger au marxisme, et beaucoup plus proche du nazisme, dont le millénarisme n'est qu'une théorie du langage. Plus l'ombre ou le brouillard de l'inconscient collectif s'épaissit, plus le langage a tendance à se confondre avec le patrimoine génétique. Sartre est comme le nazisme, auteur de science-fiction, c'est-à-dire du genre littéraire qui traduit le plus l'obsession juridique ou génétique, et que les critiques littéraires soucieux du progrès de l'art, contre le divertissement, ont toujours condamné.

     

     

     

  • Théorie du complot

    Plutôt que de parler de complot ou de théorie du complot, on peut, comme l'anthropologue nazi Carl Jung préférer employer l'expression sophistiquée "d'inconscient collectif". Je rappelle que Jung est nazi afin d'insister sur le fait que l'anthropologie est nécessairement une discipline nazie ou totalitaire. Elle l'est au sens où l'anthropologie cultive l'inconscient collectif, tandis que Marx s'efforce de le dissoudre.

    Ne croyez pas les menteurs qui affirment qu'il existe une anthropologie chrétienne, voire pour les plus audacieux que le christianisme est la principale source de l'anthropologie occidentale. Il s'est bien développée en Occident une anthropologie chrétienne, au moyen-âge et au XVIIe siècle, afin de justifier le cadre théocratique. Mais le lecteur des évangiles le moins féru de théologie pourra constater que ceux-ci sont les moins susceptibles de justifier une théocratie, que la puissance de dieu soit incarnée dans un souverain, ou bien dans l'argent, au stade libéral de décomposition de la théocratie. Déjà, précédemment, le judaïsme renversait le régime juridique égyptien, arrachant le peuple hébreu aux serres du clergé, en le plaçant sous l'autorité directe de dieu. Les chrétiens apprennent de leurs apôtres que la vision prophétique juive, spirituelle, a été étouffée par le clergé juif. Le perfectionnement des prophètes par Jésus-Christ est dans le sens d'une eschatologie pure. C'est-à-dire que la synthèse de la loi des anciens juifs comme la voie de l'amour ou de la charité est la plus dissuasive de fonder une éthique de pharisiens juifs ou de pharisiens chrétiens. Et c'est bien dans l'apocalypse de Jean, actuellement raillée par les tenants cyniques de la démocratie-chrétienne, que l'éthique est désignée sous le nom de "bête de la terre". Toute l'ignominie de l'Occident est contenue dans ce nom. Dans son combat contre saint Paul au nom de l'éthique ou de la culture de vie païenne, c'est au sein de l'Eglise romaine que Nitche trouve les meilleurs appuis, sans compter quelques cacouacs médiatiques.

    Qui sont les "amis juifs" dont le pape Benoît XVI se prévaut à chaque fois qu'il se prend les pieds dans le tapis de sa propagande ? Les pires pharisiens. Regroupés par exemple dans la revue "Les Temps modernes", la plus éloignée de la spiritualité juive. Dans la continuité de Sartre et Beauvoir, cette revue se fait un devoir de propager la doctrine nazie de Hegel en France, dont Marx s'est efforcé de montrer qu'elle est constitutive de l'inconscient collectif moderne - une doctrine pour ainsi dire statistique, aussi vaine que la théorie de la relativité d'Einstein dans le domaine scientifique. Alors que la science devrait dissoudre l'inconscient collectif, que l'effort des savants honnêtes va dans ce sens, ces doctrines statistiques nébuleuses ne font que renforcer la cloche de verre de l'inconscient collectif. Comme le culte identitaire national-socialiste en découle, détermination de soi en fonction d'un plan collectif aveugle, réaffirmons l'appartenance des hypothèses religieuses nazies au plan plus large de la mystique technocratique moderne. Si dieu ne jette pas les dés, le crétin Einstein, lui, n'hésite pas à fournir des raisons à l'humanité de se conformer aux règles du hasard ou de l'éthique, que le christianisme résout à un nombre d'homme : 666.

    L'infâmie de ces doctrinaires sinistres ne va-t-elle pas jusqu'à faire le procès de l'islam, judéo-christianisme dont le seul argument chrétien consiste précisément à dire qu'il est, non pas eschatologique ou prophétique, mais précisément fondateur d'une éthique ? Au lieu de dire aux musulmans qu'ils prennent le chemin d'une éthique, qui n'a pas de caractère universel, et qu'elle est le chemin déjà emprunté par l'Occident, qui n'est pas celui de l'esprit mais de la pourriture.

    S'il y a bien une concrétisation concrète de l'inconscient collectif aujourd'hui, c'est la croyance de la majorité des citoyens des Etats-Unis qu'ils relèvent du christianisme, alors que leur éthique est une religion égyptienne au stade de la gangrène ou du cinéma, la plus libératrice des instincts meurtriers : un peuple de brutes sentimentales.

    Un autre aspect probant de l'imprégnation éthique, c'est-à-dire du néo-nazisme des Etats-Unis, c'est l'éclatement en cent petits complots, qui sont autant de thèses juridiques opposées, de l'inconscient collectif. A mesure que le maillage de l'éthique s'étend, elle se craquèle et il apparaît de plus en plus que l'inconscient collectif est une somme de mensonges relatifs. En s'enroulant sur lui-même comme un serpent, le mensonge finit par se mordre la queue et s'étouffer lui-même. Il n'y a pas dit le Christ dans l'ordre éthique de position privilégiée par rapport à dieu. Gardez-vous comme le pape allemand imbécile de vouloir recoller les morceaux d'une éthique chrétienne coupée de l'esprit. Cette potiche-là ne peut pas se recoller. L'histoire ne repasse pas les plats, c'est la religion qui s'efforce de resservir toujours les mêmes plats tièdes en les servant différemment pour abuser les pauvres. Et si "l'éthique" ne vous parle pas, voyez l'esthétique : elle est toujours systématiquement, il ne peut en être autrement, au même niveau, désormais de la gastronomie. Ne vous laissez pas guider aveuglément par vos clercs vers la vérité, c'est le meilleur moyen de finir dans le décors, de demeurer dans l'enfer ou le purgatoire ou vous êtes déjà. 

  • La Religion des Français

    On croit souvent que les Français, comparés aux Yankees ou aux Allemands, sont sans religion...

    La religion des Français est de se méfier de l'argent, le plus rassurant des dieux. Spéculer, c'est avoir la foi. L'argent, moins réjouissant que le vin. Ah, j'ai observé des gens riches : ils ne jouissaient même pas, ou peu, de la seule sécurité, qu'un sale cauchemar suffisait à chasser.

    - "Mais qui sont ces serpents qui sifflent sur nos têtes ?" Même Racine, le dévot Racine, a conscience de la part de l'argent et des banques dans le culte du langage et de l'inconscient collectif, propre aux païens.

    Un Français veut dire de quelqu'un qu'il est un salaud antisémite, par exemple, il dit : "Ce type-là (Louis-Ferdinand Céline) aime l'argent."

    Français veut dire sincère. Vous connaissez beaucoup d'hommes riches sincères ? L'homme d'avoirs ne se connaît pas lui-même. Il ignore ce qu'il vaut. Il peut toujours aller se faire psychanalyser, comme une femme allemande, ça n'y changera rien. L'argent est un peu comme le mariage démocrate-chrétien : un idéal d'asthmatique.

    Les Français râlent toujours. Quand ils n'ont pas d'argent, contre la vulgarité de ceux qui en ont. Quand ils ont de l'argent, parce qu'ils savent qu'ils n'ont que dalle. Les Français râlent toujours, parce qu'ils n'ont pas la culture de vie, propre aux religions qui se prosternent devant le veau d'or.

    François Fillon peut aller se faire voir aux Etats-Unis, avec son enrichissement sans cause de néo-nazi chrétien, qui confond dieu avec Satan. Et se faire rebaptiser Bernard, comme le moine de sinistre mémoire, buveur de sang au lieu du vin.

  • Censure totale

    La censure n'a jamais été aussi forte en France depuis le XVIIe siècle. On est assez interloqué par l'audace de Molière, quand on la compare à la servilité des artistes contemporains, leurs petits trucs et astuces pour épater la galerie et se donner en spectacle.

    Bien que Voltaire n'a pas grand-chose à voir avec l'esprit de la république rentière dans laquelle nous sommes - c'est un effet de la censure scolaire de faire croire le contraire -, il fut d'une impertinence très éloignée du confort intellectuel des élites françaises actuelles, dont l'absence quasi-totale d'esprit critique trahit l'académisme. Ils sont tous d'accord pour en croquer. Et comme ils ont tous des dentiers, leur gastronomie est un spectacle immonde. Quand on tire des traites sur la littérature ou l'art, on ne peut pas le faire indéfiniment plus loin que Jean d'Ormesson, dont la prose est déjà entièrement virtuelle, une sorte d'effet de style.

    Ceux qui nient la puissance de la censure aujourd'hui, feignent d'ignorer que l'engouement pour l'internet vient en partie de là, et la faillite de la presse. La négation de la censure est une défense du régime publicitaire où nous sommes, à qui profite le monopole de l'information, et, pour ainsi dire de la vérité, dans un contexte où la plupart de nos "maîtres à penser" affirment les bienfaits du mensonge et la beauté de la merde en plastique, du moment qu'elle possède une valeur spéculative. Ceux qui nient la censure, sans profit, feraient bien de se demander ce qu'ils censurent en eux.

    Dans ce contexte-là, tout le monde est mort. Je veux dire que bien des gens pensent qu'ils vivent, mais ils ne font qu'exister, selon les préceptes de la plus nébuleuse des religions, dont tous les objets de culte sont en plastique.

    L'aspect nébuleux de l'existentialisme est nécessaire afin d'occulter que les conditions d'une existence tiède et supportable ont pour rançon l'enfer et la douleur d'autrui. "Je ne suis pas responsable de la douleur du monde !" Eh bien, si, ou bien vous n'êtes pas "responsable", mais un foetus, et qui entendez le rester, tout instinct, perpétuellement lové contre le sein de votre mère ; ou un vieillard, puisque ceux-ci sont déjà tout recroquevillés.

    Les salauds de juristes et de mathématiciens qui ont conçu le purgatoire, ce havre de tiédeur éthique, ont précipité ainsi une partie de l'humanité dans l'enfer. Bien sûr ils ne l'emporteront pas au paradis. A quoi reconnaît-on un salaud, enfant ? A ce qu'il juge autrui. S'il le fait au nom du Christ, c'est le pape des salauds, portant la tiare. Au tout premier rang de la cohorte de Satan.

    Un chrétien n'a pas à juger autrui. Chaque fois qu'il accomplit cet acte vain, il meurt un peu comme un païen, persuadé que l'éthique mène le monde à bon port ; il se place ainsi dans la position de comprendre pourquoi la mort joue un rôle aussi grand dans la culture de vie païenne ou libérale : pourquoi elle est partout, derrière chaque miroir. Il se place aussi dans la position de comprendre pourquoi le christianisme, défi à la mort, l'est aussi à la société ou la civilisation.

    Noeud de vipères la théologie catholique romaine pour la raison qu'elle s'efforce de défendre l'ordre social, tout en paraissant défendre la vérité, et se conformer aux saintes écritures. Laissez vos religions  civilisées, dit Marx, c'est le clergé qui y a intérêt, et non pas dieu. Le clergé croit d'abord en lui-même : c'est là la principale cause de l'athéisme moderne et de la concurrence que les pharisiens font à dieu.

    Qui le curé dans sa cure soigne-t-il, si ce n'est d'abord lui-même, comme le psychiatre républicain est le plus zinzin de l'asile ? Le curé peut aussi bien se faire médecin, et le médecin se faire curé. Personne n'y verra que du feu, tellement la censure est grande. Proportionnelle au cinéma.

    Tel croit que Georges Orwell c'est de l'anticipation, du cinéma justement. Je ne crois pas ; plusieurs siècles avant, Shakespeare dit la même chose, en beaucoup plus fort. Il replace l'évangile dans le contexte de l'Occident, entièrement ravagé par la superstition romaine. La société est une gigantesque aspiration utérine au néant.

     

  • Nazisme & pornographie

    Anne Sinclair, la copine de DSK, dit assumer sa relation sentimentale avec l'ex-directeur du FMI. Rien d'étonnant à cela, le libertinage a toujours été en vogue dans les castes dirigeantes, y compris du temps où la Rome des papes était puissante.

    Parallèlement, des moeurs strictes et contrôlées sont systématiquement imposées aux classes laborieuses. L'hédonisme en Occident n'est possible qu'en vertu de l'esclavage industriel dans les pays du tiers-monde. "Mai 68" sonne le glas de la lutte des classes, dont Marx avait déjà expliqué un siècle auparavant qu'elle a perdu sa valeur explicative de l'évolution sociale en Europe, du fait de la mondialisation.

    Anne Sinclair ajoute que la discrétion serait souhaitable en matière de moeurs. Que la transparence est un principe totalitaire. Et de mentionner le nom de... Georges Orwell.

    Ce ne sont pas les moeurs de Mme Sinclair et de son régulier qui sont odieux - ils ne font que refléter une position sociale, comme toutes les sortes de sexualités -, c'est leur façon de prendre l'auditoire pour une bande d'imbéciles, ainsi que les journalistes qui sollicitent l'avis de ce couple démoniaque, désireux d'être sous les feux de la rampe, mais ne voulant pas s'y brûler - une sorte de satanisme de sous-préfecture.

    Je ne me rappelle pas Mme Sinclair protestant contre le fait que des quidams soient jetés en pâture à la télé, leurs moeurs disséqués, exposés, exploités, divulgués, entrecoupés de pauses publicitaires. Mme Sinclair fait preuve d'humanisme à l'égard d'elle-même.

    Et Georges Orwell n'a rien à voir avec la comédie cynique que la caste publicitaire et médiatique joue aux Français. Contrairement à nombre de moralistes allemands nazis ou républicains, Georges Orwell ne se réclame pas du mensonge, mais de la vérité. De plus Orwell n'ignore pas ce que la maille juridique extrêmement serrée des républiques totalitaires modernes signifie : l'opacité, présentée comme la transparence. Si Anne Sinclair et DSK sont victimes d'un système - ce qui peut prêter à sourire -, ce n'est pas d'un système transparent mais le plus opaque possible : le journalisme, moins indépendant qu'il n'a jamais été. Un fait significatif le prouve : les chaînes d'Etat, directement contrôlées par lui, n'ont pas une liberté de parole moins grande que les chaînes privatisées. Deux possibilités : 1/ou bien l'Etat républicain est une personne morale transparente... 2/ou bien jamais l'expression publique n'a jamais été autant "sous contrôle" en France. C'est bien sûr la seconde proposition qui est vraie.

    Evidemment, en tant que défenseur de la propriété, ordonné à cette fin, l'Etat républicain ne peut pas être transparent. La défense de la propriété est la première entrave à la transparence. Georges Orwell est marxiste. Rien à voir avec un pervers manipulateur à la tête d'une banque mondiale pour les pauvres.

    - Si elle n'est pas citée parmi les valeurs républicaines ou nazies, la pornographie en fait partie, au même titre que la prostitution sacrée dans certains royaumes antiques. Elle est d'ailleurs un point de différend majeur entre l'islam et le culte républicain. La minorité musulmane accuse la République d'encourager la prostitution, tandis que les dépositaires des valeurs républicaines sonnantes et trébuchantes accusent l'islam d'être brutal à l'égard des femmes. On est obligé de rappeler ici les 40.000 Arabes assassinés en Irak, sans faire de détail, par la nation la plus féministe au monde.

    Pourquoi peut-on dire que le nazisme est pornographique, et que la République française médiatico-politique emprunte le même chemin ? "La prostituée, le soldat et le prêtre"  : cette triade permet de résumer les trois caractéristiques du nazisme, guère éloigné de la modernité selon Baudelaire ou Rilke. Le soudard se bat pour une femme, ou une idée de la femme, qui n'est pure chez le terroriste musulman qu'en raison de son éducation puritaine ; d'ailleurs la prostitution sacrée indique que la pureté peut s'attacher à l'idée de prostitution, dès lors que celle-ci affiche une vocation sociale, exactement comme le soudard ou le soldat devient un héros malgré ses crimes, du fait de leur destination sociale. Ce n'est pas dieu qui permet le crime sexuel ou militaire, mais le prêtre dans l'intérêt de la société.

    Quelques prêtres ou prêtresses républicaines demeurent encore hostiles à la prostitution. Le moins qu'on puisse dire, c'est que leur avis compte aussi peu que celui des musulmans de France. Aussi que ces prêcheurs dans le vide n'ont rien compris au féminisme, son rôle principalement mercantile. La société civile a largement entériné le fait de la prostitution sacrée, en commençant par l'élite médiatique, instigatrice d'un néo-nazisme encore plus totalitaire que le précédent.

    Dans la triade du soldat, de la prostituée et du prêtre, les deux premiers ont en commun l'esprit de sacrifice aveugle, qui leur est inculqué par le troisième, au profit de la société. Celui-ci peut être qualifié de "démiurge" (non au profit de dieu, et le prêtre chrétien qui dit le contraire doit être regardé comme un suppôt de Satan) ; la pornographie, inculquée principalement par la publicité et le cinéma, reflète la soumission au régime de guerre économique des gosses de ce pays, dont l'élite républicaine prétend cyniquement être inquiète. Mais il n'en est rien. L'élite française, composée de vieux branleurs scélérats n'a de cesse de contribuer au déluge par ses mensonges et malversations. Les gosses sont les premiers jetés sur le bûcher des vanités républicaines.

    Il faut ajouter l'ignominie des médias qui consiste à s'abriter derrière les victimes de la choa, comme si tous les juifs étaient des propagandistes nazis.

    N'écoutez pas les médias qui vantent les mérite de tel ou tel petit connard de dix-sept ans qui, sur ordre de Moscou, a tiré à bout portant dans le dos d'un officier allemand, après avoir picolé pour se donner du courage. Ce courage-là, vanté par les médias, c'est précisément celui que la religion ou la publicité donne. Le sacrifice du prolo a le grand mérite, en l'occurrence, de servir le bourgeois. Bernanos : "La Libération est un mensonge plus grand que l'Occupation encore" : censuré. Prise de conscience interdite. Crime passionnel au profit de la nation encouragé.

    Flanquons plutôt les médias par terre. Voilà une action moins vaine pour les militants de Le Pen ou Mélenchon, que celle qui consiste à passer au kärcher le blason de la République, sans se rendre compte qu'elle a déjà crevé depuis longtemps.

  • Dans la Matrice

    Tous les aliénés, pris dans la matrice, mes contemporains dont je suis séparé par une paroi de verre, à qui je fais de grands signes parce qu'ils sont dans la gueule du loup, et qui me regardent comme si j'étais moi-même complètement toqué, tous ces aliénés ont en commun de s'appuyer sur l'infini, la chose la plus meuble qui soit.

    Pourquoi retrouve-t-on l'infini et la religion mathématique démoniaque chez les possédés, en particulier de nombreux prêtres catholiques ? Parce qu'il n'y a aucun système d'exploitation qui ne puisse se passer de l'infini et des mathématiques, dont l'usage s'est généralisé et imposé à cause de l'exploitation et de la compétition. La géométrie algébrique, qui est l'art de manier les paradoxes, prédispose à confondre dieu avec Satan. C'est le cas de tous les théologiens soi-disant chrétiens, par ailleurs mathématiciens.

    Méfiez-vous, mes enfants, des prêtres chrétiens qui vous disent qu'il ne faut pas voir le diable partout. Paradoxalement, ce sont à peu près les mêmes qui prônent un retour absurde au moyen âge, époque portée à voir le diable partout, mais peu à le combattre utilement.

    Pour un chrétien plus sérieux et peu disposé à gober le tour de saltimbanque du "voyage dans le temps", typique du millénarisme nazi ou républicain, l'omniprésence des systèmes d'exploitation suffit à attester de la présence de Satan parmi nous. D'autant plus que ces systèmes d'exploitation ont tous, sans exception, été mis en place progressivement au nom du bien social, avec un durcissement depuis le XVIIe siècle. A quoi il faut ajouter que l'Eglise romaine est la mère de cette idéologie socialiste sans fondement chrétien, l'idée de réforme sociale étant la moins évangélique de toutes. Ces paradoxes, emboîtés les uns dans les autres, sont incarnés aujourd'hui de façon exemplaire dans les Etats-Unis, nation qui se définit elle-même comme une hypothèse religieuse, mais dont il vaut mieux dire qu'elle cultive l'inconscient collectif comme aucune autre nation auparavant, peut-être même pas l'Egypte antique.

    C'est de ce côté, du côté de la signalétique mathématique qu'il faut chercher les signes sataniques qui, selon l'apocalypse de Jean, marqueront les légions de Satan à la fin du temps.

  • L'imposture laïque

    Les valeurs républicaines sont indexées sur l'argent, le plus rassurant de tous les dieux, bien que comme tous les garde-fou il a tendance à se dérober vers la fin, beaucoup moins infini qu'il n'y paraît d'abord.

    Est-ce que le bourgeois n'a pas lui-même l'instinct de la valeur de l'argent limitée à l'espace-temps ? Ne se doute-t-il pas, au moment de mourir, que sa position avantageuse en ce bas-monde était un ordre absolument relatif ? Bien avant que Jésus-Christ dénonce ceux qui se fient au temps et au tic-tac de l'horloge comme des imbéciles, nombre de philosophes grecs avaient vu dans ce mouvement, déjà, le panurgisme.

    Bien des problèmes de foi en dieu/l'avenir se rapportent à dieu comme un grand architecte de l'univers, en réalité, et sont étrangers au christianisme, tourné vers le salut et non la foi.

    Le régime républicain est donc bel et bien religieux, et non irréligieux, car de la même manière que la musique est religieuse, l'argent l'est aussi. Et c'est une religion extrêmement oppressante que le culte de l'avenir pour ceux qui veulent se tourner vers les choses spirituelles, et non temporelles. Je ne dirais pas "les chrétiens", car beaucoup d'entre eux n'ont plus en tête que de vagues préoccupations civiques, mais plutôt les "pauvres", qui restent les mieux prédisposés à comprendre ce que Jésus dit, à travers les siècles et par-delà les étiquettes religieuses.

    Le régime laïc maltraite les pauvres, non moins que les monarchies soi-disant "de droit divin" ne le faisaient. Non seulement les pauvres du tiers-monde, télécommandé, mais aussi les pauvres qui vivent en France. Le régime laïc pratique ce que Molière décrit comme l'aumône de Don Juan au pauvre.

    Etant indexées sur l'argent, les valeurs républicaines n'iront pas au-delà de l'argent, ni de la capacité des pompes aspirantes des vampires qui gouvernent la France au nom de principes humanistes, ajoutant à l'escroquerie juridique de la démocratie, l'escroquerie morale. Les pauvres et les misérables qui ont accepté l'aumône de la République sont forcément ingrats. Il n'y a pas de gratitude à avoir vis-à-vis d'un système cynique, qui ne donne pas gratuitement. Pourquoi éprouver de la gratitude vis-à-vis de sa mère ? Elle nous a donné la vie, sans les moyens de ne pas souffrir ni mourir. Seule une dévotion religieuse extrême impose dans ce cas-là le respect. Et cette dévotion religieuse ne va pas au-delà des jeunes pucelles sentimentales. Prenez un gangster : il flairera tout de suite, derrière la belle vitrine, les coulisses crapuleuses de la République, dont la laïcité est aussi neutre que les portes de prison sont en carton.