La guerre au nom de la paix ressemble furieusement au sexe au nom de l'amour.
La formule du satanisme occidental a de quoi dérouter les tenants de l'ancienne culture de vie païenne. Satan comme la nature, se sert du temps pour abuser l'homme.
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La guerre au nom de la paix ressemble furieusement au sexe au nom de l'amour.
La formule du satanisme occidental a de quoi dérouter les tenants de l'ancienne culture de vie païenne. Satan comme la nature, se sert du temps pour abuser l'homme.
Le sens de l'histoire chrétien est une épée de Damoclès suspendue au dessus de la tête des élites occidentales. Manié par Shakespeare, ce rasoir fait plus de dégâts que tous les couperets révolutionnaires du monde. Nul n'a jugé plus sévèrement la monarchie britannique que Shakespeare, puisqu'il l'a jugée absurde.
Le danger de l'histoire est si grand pour les élites occidentales, dont les institutions sont formulées contre elle, que la principale tâche assignée aux universités occidentales depuis mille ans est d'occulter l'histoire. N'importe quel universitaire occidental peut se reconnaître dans le portrait de Polonius-Copernic planqué derrière une tenture, rangé du côté du pouvoir contre la vérité.
Loué soit Shakespeare d'avoir su protéger comme Homère la vérité contre les malversations des intellectuels et des philosophes.
Jean d'Ormesson, critique littéraire au "Figaro", suggérait il y a quelques années que la théorie transformiste darwinienne était en cause dans l'athéisme de la société occidentale moderne.
C'est inexact. C'est oublier d'abord que le christianisme n'a jamais été et ne sera jamais une religion commune, un culte providentiel, mais que c'est une religion qui compte peu d'élus, tant la puissance du Séducteur est grande.
C'est oublier ensuite que la thèse du "génie du christianisme" de Chateaubriand est parfaitement satanique, qui fait la théorie d'un christianisme culturel ou mondain. Mahomet fonde une culture, parce qu'il fonde une morale ; le christianisme prévient, lui, au contraire, contre la bête de la terre, et le christianisme oedipien ou pédérastique de Chateaubriand est une religion personnelle, anthropologique et non universelle. Chateaubriand s'émeut sur sa propre enfance, un certain nombre de fêtes païennes "christianisées", et il appelle ce sentiment qui lui réchauffe le coeur "christianisme".
Il faut prendre l'hypothèse transformiste darwinienne comme une philosophie naturelle moderne. On peut tirer ce constat en observant que les tenants de l'hypothèse évolutionniste postulent simultanément l'hypothèse du progrès social. Il est au moins une chose qui n'a pas évolué depuis l'Egypte antique, c'est la méthode qui consiste à légitimer le pouvoir politique et moral à l'aide de principes scientifiques plus ou moins solides. La théorie transformiste est donc un des éléments qui permettent à l'Occident moderne de prétendre non seulement à une puissance de feu supérieure, mais à la supériorité sur le plan éthique, dans la mesure où le culte du progrès social est devenu la religion commune de l'Occident.
Donc l'hypothèse de Darwin n'est pas spécifiquement athée, puisque le culte du progrès social a été introduit par le clergé chrétien, véhiculé par une culture chrétienne dans laquelle Charles Darwin a baigné. On fait parfois valoir les sentiments athées de Darwin, contrairement à ceux de son épouse, mais cette culture bourgeoise chrétienne est particulièrement propice au volte-face. Le curé athée Sartre fut ainsi athée tout au long de son existence, avant de manifester une sorte de fidéisme, quelque temps avant sa mort.
C'est bien la culture chrétienne occidentale qui fait de l'homme un être suprême, une conscience supérieure ; la meilleure preuve en est que la philosophie et la science physique antiques sont incompatibles avec la thèse transformiste, parce qu'au regard du cosmos, l'homme n'est rien ou presque pour un savant de l'antiquité, et l'énigme de l'origine et de la fin de l'humanité, bien plus que dans une détermination instinctive, est à rechercher dans les étoiles. La science naturelle antique fait le constat expérimental de la médiocrité humaine, au contraire de la science biologique moderne qui postule sa supériorité.
La raison que les chrétiens ont de s'opposer au darwinisme est que cette science mathématique (c'est-à-dire hypothétique, laissant place au hasard), est le fruit de la "culture chrétienne", c'est-à-dire d'une subversion de la parole divine, par et au profit d'élites corrompues.
En tant que philosophie naturelle propice à favoriser la pseudo-science raciale nazie ou la pseudo-science économique libérale, l'évolutionnisme contredit l'humanisme, particulièrement attaché aux sources antiques.
J'ai personnellement beaucoup argumenté contre des évolutionnistes, sous l'influence de cultures différentes. Les artistes sont ainsi naturellement sceptiques à l'égard de l'évolutionnisme, dans la mesure où ils font un effort pour se déterminer individuellement et sont donc hostiles à l'idée de progrès collectif ou social (idéologie beaucoup plus germanique que française). Le milieu démocrate-chrétien est à peu près le seul où l'on professe le darwinisme comme un dogme, et il est à peu près certain que les trois-quart des évêques et cardinaux catholiques romains sont convaincus de la validité des thèses de Darwin, sans jamais avoir lu le moindre ouvrage dessus. Si l'on prend la bêtise démocrate-chrétienne pour point de référence, il est certain que l'antécédent du singe est probable.
Les promesses électorales ressemblent comme deux gouttes d'eau aux promesses amoureuses. C'est pourquoi je mets en garde sur ce blog contre l'aspect foncièrement ténébreux de la démocratie-chrétienne, dont la responsabilité dans la bestialité moderne est principale. La démocratie-chrétienne tend à l'humanité un piège d'une redoutable efficacité. La meilleure preuve en est qu'un suppôt de Satan autoproclamé comme F. Nitche MENT MOINS que ces chiens qui font des serments nationalistes sur la bible.
Une autre analogie possible est entre les moyens légaux d'assassiner -les armes des soldats modernes-, et les méthodes, techniques et discours de l'amour moderne afin d'enjoliver le coït.
L'anecdote de ce jeune tueur professionnel de 22 ans engagé dans les troupes d'élites françaises en Afghanistan, montré par la télé (afin de le rendre sympathique !) en train d'envoyer les bisous les plus niais à sa dulcinée restée en France, est on peut plus explicite. L'assassinat légal à l'arme blanche, ou les tournois de chevalerie anciens, peuvent être rapprochés de la manière d'aimer ancienne, comportant une certaine dose de responsabilité, tandis que le pilote de bombardier moderne qui anéantit de nuit un quartier sur ordre, inconscient, finira probablement entre les mains d'un de ces enfoirés de psychiatres. Musique et cinéma, dit-on, sont utilisés dans l'armée américaine afin de maintenir le plus possible le trouffion dans un état second. La conscience du meurtre est atténuée. Par ailleurs, comme dit l'autre, désormais on peut coucher des centaines de fois, des milliers de fois avec tel ou telle, sans que cela laisse la moindre trace. La littérature est désormais, comme dit Céline, "au niveau des nerfs", faite par des névrosés pour d'autres névrosés, car l'existence du citoyen lambda est faite de stimuli.
Shakespeare avait prévu que les génocides ou la bestialité modernes, seraient le fait de brutes sentimentales, maintenues dans cet état par leurs élites.