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  • Le Fil du Rasoir

    Mon feuilleton préféré à la télé : le 'Club de l'Economie' le jeudi, sur TF1, animé par Jean-Marc Sylvestre. On se croirait dans Balzac : une bande de notaires véreux qui refont le monde à leur botte autour d'une table de jeu. Et dans Daumier en même temps, vu les bobines des mecs.

    Le baron Ernest-Antoine Serpillère : "Les tenants du libéralisme le plus pur sont d'accord vu l'ampleur de la crise pour admettre un peu de protectionnisme en ce moment. Quant aux autres, les marxistes, même eux souhaitent que le capitalisme sorte de l'ornière."

    "Les tenants du libéralisme le plus pur" = des escrocs capitalistes dont le métier est de retourner leurs vestes. Pour les marxistes qui douteraient de la faillite programmée du capitalisme, le maintien de gugusses comme le baron Serpillère dans leurs fonctions est une sorte de garantie.

    Opposé au style frontal du baron, il y a le baveux du 'Figaro', Yves de Kerdrel, la 'Voix de son Maître'. Non contents d'avoir placé aux commandes leur VRP Sarkozy, les Dassault, Lagardère et Cie l'ont entouré d'une bande de cabots comme Kerdrel ou Zemmour chargés de lui mordiller les chevilles pour qu'il ne sorte pas du cadre. Il y a beaucoup de choses que la bande de chacals du 'Figaro' peut reprocher à Adolf Hitler : certainement pas d'avoir eu des avions et des tanks bien entretenus et bien huilés.

     

     

  • Ubu règne

    Christian Terras de la revue 'Golias', qui a pour habitude de reprocher à l'Eglise son excès de dogmatisme, ce coup-ci trouve que le pape ne respecte pas assez le dogme laïc de la Choa. Situation parfaitement ubuesque.

    Par-dessus le marché, le pape ne respecterait pas assez selon C. Terras les formalités canoniques en acceptant de nouveau dans le sein de l'Eglise les évêques schismatiques ???? J'avoue qu'il est très difficile de démêler de l'extérieur si ce Terras est borné ou animé par quelque chose d'autre. Son agitation perpétuelle fait penser à celle de Sarkozy et n'est pas signe de franchise.

    Le plus comique, c'est la tronche déconfite des minables démocrates-chrétiens, l'écrivain François Taillandier en tête, escorté par Rémi Brague et Christophe Geoffroy (cf. l'émission de l'enfant de choeur Taddéi sur 'France 3'), qui ont tout misé sur le nouveau pape allemand, en passe de devenir un pape 'révisionniste' par la force des médias : 'Adieu, veau, vache, cochon, couvée...'

    L'absurdité, palpable pour un catholique, doit paraître carrément une foire d'empoigne, un Temple envahi par les boutiquiers, à qui observe les choses de l'extérieur. Le fait est que l'Eglise est incapable d'opposer un front uni à la violence du temps, d'apparaître comme un refuge contre cette violence terrifiante par son ampleur.

    Dans la mesure où Williamson n'avait pas d'avocat sur le plateau, c'était de la part de ce Taillandier une façon indigne de frapper un adversaire à terre.

    Le minimum de la part de Christian Terras, s'il était honnête, serait de dire qu'aussi stupide soit l'évêque Williamson selon lui, son implication dans la violence est sans commune mesure avec les calculs capitalistes cyniques de l'Occident, calculs qui ne sont pas étrangers au débat autour de la Choa, qui déshonore les macchabées morts dans les camps de travail plus qu'il ne leur rend hommage.

  • Signes sataniques du Temps

    Convoqué avant le Père Fessard dans l'article de Milosz (in : 'Simone Weil, etc.', Bayard 2009) le prof. Leszek Kolakowski fut viré de l'université communiste de Varsovie en 1968 : 'L. Kolakowski (...) déclare carrément que toutes les structures de la pensée moderne, y compris celles de la philosophie marxiste, ont été élaborées au Moyen âge par des théologiens et qu'un observateur attentif peut retrouver sous leur nouvelle vêture sémantique, la trace de ces anciennes querelles ; et ainsi, par exemple, il montre que les marxistes discutent de l'histoire en termes de théodicée - la justification de Dieu.'

    Le médiéviste Etienne Gilson note de son côté l'emprunt de Hegel à Bernard de Clairvaux.

    Ce qui est remarquable et complète le tableau, c'est la dérive du régime communiste, comme le renvoi de Kolakowski l'atteste, vers un dogmatisme et une sclérose qui furent ceux de l'Eglise catholique elle-même auparavant. Extra-lucide contrairement à Trotski, Lénine a même comparé son successeur Staline à Louis XIV, despote 'janséniste' (la doctrine libérale jaillit de l'ignorance janséniste au XVIIe sicècle).

    Marx savait certainement, au contraire d'un helléniste inepte tel qu'Heidegger, que sa critique radicale de la philosophie de Hegel n'était pas sans rappeler la critique de Platon par Aristote. Mais la critique de Hegel par Marx renvoit aussi à la critique de saint Augustin et de la philosophie de Plotin par la scolastique médiévale et l'humanisme de la Renaissance.

    Il convient d'ailleurs de rectifier Kolakowski ou de le préciser sur un point qui n'est pas négligeable. C'est Hegel et non Marx qui discute l'histoire en termes de théodicée. C'est même un trait typique de l'idéologie allemande, qui fascine Voltaire en même temps qu'il s'en moque. Marx comme la Renaissance occitane voit l'histoire en termes d''Iliade' et d''Odyssée' : tout au contraire un combat à mort contre le Léviathan et un Voyage au bout du royaume de Neptune.

    C'est ce qui rend Marx et Engels 'apocalyptiques' comme Paul et Jean, tandis qu'Hegel est encerclé derrière les murs de Troie. On peut prendre les démons acharnés à la perte d'Ulysse dans l''Odyssée' pour des préfigurations de Satan et ses ruses, des sirènes à Polyphème, Charybde et Sylla... Les mille ruses d'Ulysse lui servent à déjouer les mille pièges de la Bête. Mais ces démons et leurs suppôts préfigurent également, ce n'est pas un hasard, la caractérisation du mensonge et de la bourgeoisie par Karl Marx. Saint Paul a rendu hommage aux Grecs pour avoir bâti un Temple 'au Dieu inconnu'. On constate qu'ils possédaient aussi une démonologie élaborée.

    On est très loin de la docte ignorance de rhéteurs laïcs comme Nitche et Freud, femelles impuissantes qui ramènent la tragédie grecque à la dimension étriquée d'un drame bourgeois ou d'un opéra italo-boche.

  • Déphilosopher

    Substitut aux niaiseries de Laure Adler sur Simone Weil, ou encore celles de la nièce de Simone, Sylvie Weil, on lira avec plus de profit Venceslas (?) Milosz. Dans un ouvrage collectif au titre cucul-la praline 'Simone Weil, Sagesse et Grâce violente' (Bayard, 2009), titre à peine moins janséniste que celui trouvé par G. Thibon ('La Pesanteur et la Grâce').

    On sait gré à Milosz de laisser de côté le registre des pleurnicheries sentimentales et du 'devoir de mémoire' étranger à Simone.

    Evocation du Père Fessard par Milosz en ces termes afin d'entrer dans le vif du sujet : 'Au moins un théologien, le Père Fessard, affirme que c'est là que réside la fondamentale faiblesse intellectuelle des penseurs chrétiens modernes : dès qu'ils abordent les problèmes historiques, ils adoptent le point de vue d'une philosophie qui leur est étrangère -consciemment ou inconsciemment-, ils deviennent hégéliens ou marxistes.'

    De fait c'est exactement l'impasse dans laquelle Joseph Ratzinger se trouve. Prié par untel de s'approprier la philosophie de Hegel, il est trop allemand pour ignorer que le régime nazi fournit une des meilleures illustrations après le régime napoléonien de la philosophie juridique et esthétique de Hegel.

    Pas vraiment étonnant qu'Hegel soit plus lu en France qu'en Allemagne, où il est d'usage de faire croire à une rupture profonde avec le passé récent. D'autre part, J. Ratzinger est hélas aussi beaucoup trop allemand pour se réclamer de Marx, comme l'archevêque de Munich Reinhard Marx vient de le faire, ou le dalaï lama.

    'Cette faiblesse reflète en fait une lacune de la doctrine thomiste. Chez saint Thomas d'Aquin, affirme le Père Fessard, il n'y a pas la moindre amorce de perception de la dimension historique ; seuls l'intéressaient l'ordre de la raison, et l'ordre de la nature.'

    Dans cette direction en revanche, il est impossible de suivre le Père Fessard. D'abord parce que si l'accent est mis plus nettement chez Hegel et Marx sur l'histoire qu'il n'est mis chez Thomas d'Aquin, les trois possèdent en commun d'emprunter à Aristote son dynamisme scientifique.

    Il serait faux de croire par exemple que pour Marx et Engels le progrès n'est pas d'abord artistique, comme pour Thomas d'Aquin. Si Thomas d'Aquin n'insiste pas autant sur l'histoire, c'est que cela va de soi pour un chrétien. La Bible est essentiellement apocalyptique ; or l'apocalypse, c'est l'Histoire. L'apocalypse est dialectique, et c'est la science qui pour Marx est le moteur du progrès.

    En second lieu, le Père Fessard n'a pas l'air de se rendre compte que la scolastique a été abandonnée par l'Eglise depuis longtemps, et saint Augustin replacé par les catholiques sur le piédestal d'où le moyen-âge et la Renaissance l'avaient descendu, cela pour une très mauvaise raison, ce qu'on a qualifié de 'révolution copernicienne', clef de voûte de la nouvelle religion laïque et qui rend la théologie des meilleurs scolastiques, Roger Bacon, Thomas d'Aquin ou Duns Scot, inutilisable.

  • Obama = SS

    Barack Obama conduira-t-il une politique économique keynésienne aussi efficace que celle d'Adolf Hitler ? Parviendra-t-il à bâtir un capitalisme à visage humain et à résoudre le taux de chômage comme les nazis entre 1935 et 1940 ? That is the question.

    Une chose est sûre, c'est que pour porter l'industrie militaire des Etats-Unis au même niveau que celui de l'Allemagne des Krupp, von Papen, Bayer, von Thyssen avant-guerre, Obama n'aura pas beaucoup à se démener puisque c'est déjà le cas.

    Avant de devenir des images d'Epinal ou de propagande cinématographique, Hitler comme les deux Napoléon, ou encore Bismarck avant lui, ainsi que Franco, Mussolini, Pétain, tous furent perçus comme des 'hommes providentiels'.

    Avec Hitler et Mussolini, Obama partage le fait d'être populaire et de ne pas avoir une image de 'factotum' de la grande bourgeoisie capitaliste. Bien qu'il soit sorti du moule d'Harvard, le métissage d'Obama le rend plus sympathique aux yeux de la foule des téléspectateurs qu'un Kennedy ou un Kerry. Déjà le succès de Bush est celui d'un homme, si ce n'est issu de la classe moyenne, du moins qui le suggère.