vendredi, 30 janvier 2009

Chronique d'une mort annoncée

C'est invraisemblable le nombre de crétins soi-disant 'experts économiques' qui se pressent dans le poste de télé en ce moment. L'émission de Jean-Marc Silvestre sur TF1 est un modèle du genre. Du connard gaulliste au connard social-démocrate, on a droit à toute la gamme, singulièrement uniforme, des donneurs de leçon qui auraient dû crever de honte. La morgue immarcescible de Jacques Attali surplombe de peu celle de Fitoussi, de Baverez, de Manière, de la famille Cohen au grand complet. Il n'y en a pas un pour racheter l'autre. D'une certaine façon, du point de vue de la Révolution, c'est plutôt encourageant car Necker n'était pas aussi stupide.

La potiche Christine Lagarde, par exemple, explique qu'il sera assez tôt, lors de la 'sortie de crise', d'apurer la dette (de cent milliards d'euros). Passons sur la façon vulgaire de s'exprimer de la ministresse : on se demande comment cette idiote fait pour prévoir l'issue d'une crise qu'elle n'a pas vu arriver ? Ou, si elle l'a vu arriver, ce qui est le plus probable, qu'elle a préféré taire faute d'être capable d'imaginer un remède.

Les citoyens français sont confrontés-là à la bêtise de leurs représentants. Celle de la droite libérale est d'autant plus frappante qu'elle a toujours prétendu parler au nom du pragmatisme.

- De façon pragmatique, j'observe que la France est un pays qui déborde de richesses et que les banques d'Etat et les industriels ont mené ce pays à la faillite.

- De façon pragmatique, j'observe que la crise aux Etats-Unis comme en France, contrairement aux mensonges de la propagande télévisée est une crise industrielle d'abord et non financière (Dix pour cent des pertes seulement sont dues aux escrocs de la finance internationale, dont le rôle est de doper la croissance.), doublée d'une crise démographique. Cette industrie, fondée sur l'esclavage et l'exploitation, devrait au contraire se porter plus mal demain qu'aujourd'hui. L'exploitation ne dure jamais plus longtemps que la patience des esclaves. Le sort des capitalistes français est entre les mains de l'armée chinoise.

Par la crise économique les esclaves qui se tuent à la tâche à des milliers de kilomètres pour notre confort se rappellent au bon souvenir des cyniques sociaux-démocrates, libéraux, laïcs, démocrates-chrétiens au service des cartels de l'armement, qui ont cru pouvoir les enterrer au plus profond de leur inconscient.

Demain la Révolution

Voyez Stolypine et Necker : la Réforme avorte toujours. Et voyez Savonarole, Luther, ce dernier trahi par les princes allemands, converti en un cléricalisme plus rigide encore que celui de la Synagogue de Satan qu'il dénonçait. Même sort pour la Contre-Réforme, qui s'achève en eau de boudin bénite.

Voyez encore Napoléon et Hitler, qui commencent par rétablir l'ordre, construire des autoroutes, et qui finissent couronnés empereurs de l'Anarchie et du Désordre.

Et quelles sont les dimensions de Sarkozy, Fillon, à côté de Stolypine ou Necker ?

La Réforme, de sexe féminin, n'advient jamais. Seule la Révolution, virile, finit par triompher. Au terme les cris des martyrs impatients réquisitionnent l'Esprit de feu. Au terme il y a peu d'élus parmi la foule indénombrable de ceux qui ont été appelés, pieux crétins qui croient que le plastique protège des flammes de l'Enfer.

 

jeudi, 29 janvier 2009

Ce que picrocholine veut dire

Quand on veut comme le critique Eric Nolleau épingler le snobisme de Charles Dantzig, mieux vaut éviter de citer le professeur Steiner, obscur tâcheron qui n'a jamais intéressé personne en dehors du cercle fermé des auditeurs de 'France-Kultur'. Pour ceux qui ne connaissent pas, Steiner c'est Finkiekraut en moins cocasse, sans le sémaphore.

Le vrai beauf ce n'est pas Nolleau, malgré ses efforts pour s'intéresser au cinoche, mais Dantzig, qui après avoir fait un tabac auprès des lectrices de 'Elle' (difficile de faire plus vulgaire), a réédité sa formule efficace du gros bouquin que les femelles disposent sur leur table de chevet pour se donner l'illusion de posséder une cervelle et des pensées qui vont avec. Et le cercle des lectrices de 'Elle' est sûrement beaucoup plus large que celui des auditeurs de 'France-Kultur'.

Ce qui caractérise Dantzig n'est pas le snobisme, mais plutôt d'être comme Proust ou Sollers 'dans l'air du Temps'. On trouve quelques formules amusantes chez Dantzig, ce qui n'est jamais le cas chez Sollers, formules gouvernées par le principe selon lequel un écrivain qui n'est pas social-démocrate ne peut pas être un bon écrivain, principe destiné à séduire l'espèce femelle (Là je parle du précédent bouquin de Dantzig, n'ayant pas de place pour le deuxième.)

Pour Nolleau tous les bouquins sont mauvais, et tous les films sont bons. Il y a une certaine logique à ça, étant donné que la littérature n'est pas le genre de notre temps. Mais la plus grande qualité de Nolleau à mes yeux, c'est qu'il ne me donne pas envie de dégueuler, comme Daniel Picouly ou Sébastien Lapaque.

(Curieuse impression que j'ai, quand je cause de Nolleau, Dantzig ou Lapaque, qu'ils sont décédés, tandis que Marx ou Shakespeare, Simone Weil, sont toujours vivants.)

Marx pour les Nuls

Navrants gauchistes qui continuent de parler de 'lutte des classes' pour décrire la situation française ! Pour Karl Marx la lutte des classes cesse en France dès 1851 avec l'élection à la présidence de Napoléon III par une classe qui n'est pas la sienne. De fait Napoléon III ne tardera pas à bafouer les intérêts de la paysannerie pour donner toute satisfaction à la bourgeoisie laïque qui le finance (même hiatus, à son échelle, pour Sarkozy, élu du peuple sponsorisé par la bourgeoisie démocrate-chrétienne et laïque).

Ce n'est pas seulement une question de mots. Cela signifie que Karl Marx a, dès le milieu du XIXe siècle, une meilleure compréhension de la 'mondialisation' que les mouvements ouvriers français n'ont aujourd'hui, sans compter les intellos de gauche dont on se demande parfois s'ils ne confondent pas Marx avec Balladur, comme Daniel Bensaïd.

Ce qui a remplacé les classes réelles, selon la doctrine marxiste, sous l'effet de la division du travail à l'échelle internationale, c'est le SENTIMENT d'appartenance à une classe, dont les contours réels ont disparus, sentiment qui a pour effet de fausser complètement la science politique.

Ainsi on peut trouver ridicule que Le Pen se réfère à Marx, mais ça ne l'est pas plus que pour Besancenot. L'un et l'autre sont deux politiciens nationalistes. Les ouvriers français sont pour les esclaves chinois ou indiens l'équivalent de ce que les aristocrates étaient pour la plèbe affamée sous le règne de Louis XVI : des privilégiés, et plus étourdis encore que Marie-Antoinette.

 

mercredi, 28 janvier 2009

Signes sataniques du Temps

La psychanalyse, pur charlatanisme inventé par la bourgeoisie au détriment d'elle-même, et qui ne repose que sur la 'réflexion dans un miroir', nulle observation scientifique, la psychanalyse qui se moque de l'astrologie, on peut dire que c'est 'le monde à l'envers'.

Le renversement qui consiste AU NOM DE LA SCIENCE à considérer comme savants les bouffons de la psychanalyse, de Freud à Lacan, en passant par Jung, véritables transmutateurs du savoir en ignorance, pour placer dans le domaine de la superstition et de l'ésotérisme au contraire de véritables savants comme François Bacon, Robert Fludd, Tycho Brahé, qui ont contribué à sortir l'Humanité des Ténèbres, quel tour diabolique et peu banal de l'Histoire !

 

mardi, 27 janvier 2009

Au Danemark

En feuilletant un canard démocrate-chrétien, je sursaute. Une journaliste s'offusque du refus d'une poignée d'engagés français musulmans d'aller combattre en Afghanistan. Les bonnes soeurs laïques telles que cette journaliste ont joué dans la transformation de l'Eglise un rôle décisif. Lorsqu'il ne cherche pas à subvertir l'imagination, c'est aux femmes que Satan s'attaque. La démonstration magistrale en a été faite par Molière dans son 'Don Juan'. Comment résumer d'une formule lapidaire le siècle de Pascal et Descartes ? C'est le siècle de l'émasculation. La musique est d'ailleurs à peu près inapte à traduire l'érotisme. Il y en a un brin chez Vivaldi, mais justement les amateurs de musique instrumentale ne font pas grand cas de Vivaldi.

Les deux choses les moins érotiques au monde sont à mon sens : la mise en branle des grandes orgues dans une église et, deuxièmement, le spectacle d'une table de jeu au casino. Deux choses qui me glacent le sang à chaque fois que j'y suis confronté ; je ne peux pas m'empêcher alors de voir la face jaunisse de Pascal, cet infâme quadratureur de cercle, s'imprimer devant mes yeux.

Cette journaliste ignore (délibérément ?) deux choses : premièrement, l'armée française ne peut pas, pas plus que l'armée yankie, se passer des immigrés comme chair à canon. Elle n'a pas le choix. Elle n'a donc qu'à affecter ces quelques trouffions récalcitrants au lustrage des tubes et autres organes balistiques. La morale n'est pas si grande dans l'armée qu'elle ne puisse essuyer cet affront sans rougir.

Secundo, s'il est interdit à un musulman de tirer sur un autre musulman, motif invoqué par les objecteurs, au chrétien il est interdit de tirer sur un autre être humain quelle que soit sa confession. Le combat chrétien n'est pas de celui, dérisoire, qu'on mène avec des armes 'manufrance', et le courage d'un soldat est plus proche de celui d'un sauteur à l'élastique que de celui d'un ange militant. Les méthodes militaires d'encouragement sont bien connues, et ce sont des méthodes d'abrutissement.

En l'occurrence, la légitime défense ne peut même pas être invoquée ici puisque, à moins de se voiler la face, chacun sait qu'il s'agit pour ces militaires d'assurer d'abord le bon approvisionnement en pétrole de l'Europe occidentale et des Etats-Unis, un pétrole qui n'est pas étranger au déclenchement de nombreuses guerres meurtrières, et dont l'exploitation si cette pétrochimie n'était maudite, devrait exclusivement profiter à ceux qui crèvent de faim.

Rien que pour ça je n'aurais jamais pu être curé. J'aurais passé mon temps à chasser de mon église à coups de pieds au cul des paroissiennes de ce genre qui confondent manifestement la Bible avec les romans sado-maso de la Comtesse de Ségur.

lundi, 26 janvier 2009

Signes rétrogrades du temps

Manifestation symbolique -de quelques milliers de personnes seulement- contre l'avortement ce dimanche à Paris.

Le totalitarisme n'est pas seulement la destruction de l'art par la cinématique, la fascination pour l'algèbre, ou la promulgation de l'Histoire par décrets, c'est aussi l'élimination chaque année en Europe de plusieurs centaines de milliers d'embryons par an pour des motifs aussi futiles qu'hypocrites.

Ce carnage légal n'empêche pas le bourgeois d'ailleurs de s'indigner qu'une mère un peu paumée ne respecte pas de temps en temps la procédure et se débarrasse quelques mois après l'accouchement de son gosse par des moyens moins raffinés et moins hygiéniques. La morale capitaliste est une hygiène, respectueuse par conséquent des dates de péremption. 'Tu ne tueras point sur la place publique.', voilà le judéo-christianisme nouveau.

Le plus frappant n'est pas que la société capitaliste qui étouffe sous les richesses justifie son crime par l''état de nécessité' ou la détresse des 'patientes', lorsqu'elle est capable de distribuer le RMI et d'ouvrir des universités pour assurer 'la paix sociale'.

Non, le cynisme du capitalisme, caché derrière de grandes envolées lyriques sur les 'Droits de l'Homme' n'est pas nouveau. Mais ce qui me frappe le plus, et qui a une dimension satanique, c'est l'absence de réaction du clergé, catholique en premier lieu, de toutes les religions dans lesquelles l'assassinat de personnes sans défense est un crime ensuite. Abstention si surprenante qu'elle a surpris l'académicienne Simone Veil elle-même qui, dans un livre de souvenirs, l'a mentionné noir sur blanc, cherchant dans ce silence de mort des Eglises comme une forme d'agrément (Sinon pourquoi se préoccuper aujourd'hui de la réaction du clergé quand on ne l'a même pas consulté au moment de la libéralisation).

Ce n'est pas d'aujourd'hui non plus que l'Eglise a perdu toute dignité, mais elle aurait pu dans le combat pour la défense d'innocents en recouvrer une partie. Cela n'a pas été, mystérieusement, le cas.

Il m'est même arrivé de distribuer des tracts avec le militant héroïque Xavier Dor (hélas 'évolutionniste') à la sortie d'une cathédrale et de constater avec stupéfaction qu'il était méprisé voire insulté par les paroissiens qui sortaient de cette cathédrale !?

Plus anecdotique, mais qui m'a frappé au cours des quinze dernières années de manifs dans l'indifférence générale, c'est l'empressement de groupuscules anarchistes à défendre la loi de libéralisation de l'IVG. Même si je suis marxiste et que je n'ai pas par conséquent une opinion très haute de la doctrine anarchiste, il saute aux yeux que ces lois libérales ont été promues par la bourgeoisie capitaliste dont Giscard-d'Estaing ou Simone Veil sont des représentants éminents. Il saute aux yeux également que cette loi a eu pour effet de rendre disponible la main-d'oeuvre féminine (meilleur marché) plus abondante, celle dont la grande distribution a grand besoin, par exemple ; il saute aux yeux qu'une des doctrinaires les plus en vue de cette 'libération' de la femme par la chimie, Caroline Fourest, a été récompensée au nom de l'Assemblée nationale par le gaulliste Jean-Louis Debré, dont le moins qu'on puisse dire est qu'il n'a rien d'un révolutionnaire.

Je ne suis même pas sûr que les anarchistes ont compris la leçon de Marx, à savoir que l'Etat laïc totalitaire est l'instrument de destruction de toute forme de vie le plus efficace que l'humanité ait jamais conçu. Par conséquent l'arme suprême des anarchistes.

 Il y eut dans l'Eglise catholique le scandale des indulgences, il y a aujourd'hui le scandale des repentances achetées à vil prix par les évêques chrétiens ou laïcs.

samedi, 24 janvier 2009

Au seuil de l'Apocalypse

Il s’est trouvé, aux XIXe siècle et XXe siècle, une nation pour entreprendre ce qui ne s’était jamais vu depuis le commencement de l’Histoire : L’EXTINCTION DES ÂMES. Cela s’appelle la Culture allemande.


Asservir, avilir les âmes, cela ne suffisait plus au Prince des Ténèbres. Il fallait les éteindre et il y parvint. L’Allemagne prussianisée cessa d’appartenir à l’humanité. Elle devint une énorme brute féroce et elle menaça le monde entier.
Dans un livre très antérieur aux événements actuels, où mes souvenirs de 1870 étaient consignés, j’avais essayé d’avertir. On me jugea excessif, intempestif et profondément injuste. L’âme française engourdie ne sentait pas l’approche du monstre.
Le réveil a été ce qu’il devait être : l’horreur infinie et presque la mort. (…)

Léon Bloy, 1915.

'Signe rétrograde du temps', comme dirait Engels qui oeuvra avec son frère d'arme Karl Marx à faire ressortir le caractère profondément ésotérique de la 'Culture allemande' et de la Phénoménologie de l'Esprit (Satan) en particulier, il y a pire désormais aujourd'hui que la 'Culture allemande', plus ouvertement livrée à Satan encore que Hitler lui-même, il y a la 'Culture yankie', sa cinématique, son culte rendu au Temps.

Plus farouches encore que les Philistins vitupérés par Bloy en 1915, il y a aujourd'hui des chrétiens... journalistes au 'Figaro', dont la malice particulière est de mêler Bloy ou son disciple Bernanos à leurs propres spéculations que l'apocalypse déjouera.

Ajoutons que le mépris pour Bloy dans l'Eglise démocrate-chrétienne est le même que le mépris pour Marx et Engels dans les partis communistes et anticapitalistes.

 

 

vendredi, 23 janvier 2009

Mythomanie laïque

D’où vient le tabou ? D’où vient qu’on ne peut pas toucher à la caricature d’Hitler ? C’est qu’il risquerait de se produire la même confusion que la gauche a connu avec Sarkozy, apparu soudain dans le miroir socialiste, avec les mêmes citations de Jaurès, la même compassion pour les immigrés au service du BTP, le même sourire hypocrite de Bernard Kouchner jonglant avec les Droits de l’Homme en publicitaire chevronné.

On touche là à la mythomanie laïque : rapprocher les deux pôles fait griller le circuit. Comme le schizophrène se réunifie sous l’effet d’un électrochoc. ‘Aut, aut’ dit Karl Marx, démodé jusqu’au sein de la Ligue ex-révolutionnaire qui prône un genre de révolution fonctionnelle, une sorte de balladurisme sans Balladur.

Sur Hitler comme sur des tas d’autres sujets, l’impérialisme a tout à craindre de la Vérité, qui éclatera comme la tempête d’avoir été trop comprimée, violée, ridiculisée, télévisée.

jeudi, 22 janvier 2009

Dérapages et rétablissement

'Le dérapage de Dieudonné, le dérapage de Dieudonné'... Il y a dans les cris d'orfraie de la valetaille capitaliste cette fois, semble-t-il, comme un zeste de résignation, si bien qu'on ne sait plus très bien qui glisse, de Dieudonné ou du Tartuffe ; qui glisse et qui opère, au contraire, un rétablissement.

La Vérité, quelle qu'elle soit : historique, scientifique, théologique, n'a rien à craindre. Le mensonge ne peut l'entamer, tout au plus retarder son éclosion. Tôt ou tard elle finit par percer au-dessus des contrats et des lois humaines. Il ne faut pas, en somme, s'inquiéter pour Elle.

 

 

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