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  • Kirche, Küche und… Kapital !

    Ce coup-ci, ça y est, avec la célébration de la Saint-Valentin cette semaine dans les églises du diocèse de Paris, je crois qu'on a touché le fond. Pas le fond du mauvais goût, non, ça ça ne date pas d'aujourd'hui, et l'Église peut sans doute survivre longtemps au ridicule. Là c'est plutôt le summum du MARKETING qui est atteint. Et c'est sans doute plus grave.

    Il ne faut pas se raconter de blagues mystiques, de tout temps les évêques se sont majoritairement soumis aux diktats contraires des autorités politiques, y compris dans le domaine de la morale. Les martyrs, les Thomas More, sont plutôt rares. Je ne nie pas leur courage, mais même les prêtres réfractaires, pour beaucoup d'entre eux ont été soutenus par tout un corps social, un corps social menacé, certes, mais un corps social quand même.

    Mais la soumission empêche-t-elle le rappel des principes catholiques aux ouailles catholiques ?
    À propos du mariage, qu'en est-il, quel est le modèle que l'Église propose désormais, en quoi est-il différent du modèle laïc ? J'écoutais l'abbé de La Morandais l'autre jour, invité à la télé pour y défendre le mariage chrétien, et pourtant La Morandais n'est pas le plus soumis des prêtres, eh bien pas une seule fois en une heure de plateau il n'a parlé de la famille, des enfants ! Pas une fois : « Le couple, le couple, le couple… »
    Le Père La Morandais s'est contenté d'une morale, disons… stoïcienne, ce qui est toujours mieux que la morale petite-bourgeoise, dans un régime démago-capitaliste, je ne dis pas, mais que restera-t-il du catholicisme en Europe lorsque le clergé l'aura converti entièrement en une morale stoïcienne ?

    Contre la philosophie contemporaine de la morale sexuelle catholique, un peu d'Histoire : la question de la limitation des naissances obsède les féministes depuis au moins un siècle aux États-Unis, dans cette grande nation entièrement dévouée à l'accumulation des richesses. Y compris les féministes catholiques, suffisamment organisées pour faire pression sur les cardinaux réunis au Concile de Vatican II et les obliger à théoriser sur la limitation des naissances, ce qu'ils n'étaient pas disposés à faire a priori (Pour plus de détails sur les circonstances de ces pressions féministes, on se référera au théologien J.-M. Paupert.)
    Ces pressions féministes ont abouti à forger de toutes pièces ce que certains démocrates-chrétiens appellent sans rire "la contraception naturelle" ; et tout un un blabla proprement écœurant sur le fonctionnement des ovaires que l'homme catholique moderne serait censé connaître par cœur. Pincez-vous, vous ne rêvez pas, vous êtes dans un presbytère et Monsieur le Curé vous donne un cours de morale sexuelle. Ah, ah, comme d'habitude, j'exagère, les prêtres ont tous désormais au moins bac+5, ça ne veut pas dire pour autant qu'ils parlent latin ni même hébreu couramment, mais ils sont capables de discerner en quoi cette prétendue méthode "naturelle" est en réalité la plus technique et la plus sophistiquée des méthodes de contraception disponible sur le marché occidental.

    Donc ce cours de morale sexuelle est confié dans les faits à quelque bigote de la paroisse, aussi fanatique que dévouée. Attention : si vous lui faites remarquer qu'elle débloque complètement, elle vous coupera les couilles, avec une demande d'excommunication envoyée à Rome subito presto.

    J'ai l'air de plaisanter comme ça, mais d'ici quelques années les catholiques n'auront presque plus affaire qu'à des gargouilles de ce genre. Et les bonnes sœurs ? il y aurait beaucoup à dire sur les bonnes sœurs, le nombre de martyrs parmi les prêtres qu'elles ont pu faire dans les années quatre-vingt, les obligeant à voter pour Georges Marchais, les poussant véritablement à l'alcoolisme ou à la démence. Je n'étais qu'un petit lapereau à l'époque, mais j'ai bonne mémoire.

    Au-delà des principes, qu'est-ce que ça change ? Un dialecticien futé pourrait me rétorquer : pas grand-chose. Les statistiques montrent que les familles chrétiennes ont plus d'enfants que les autres, et donc que la méthode Billings, ils l'appliquent par-dessus la jambe, ils ne connaissent pas le fonctionnement des ovaires par cœur, ils ne font que simuler. Heureusement d'ailleurs, ça serait quand même un comble que la plupart des catholiques ne connaissent plus leur catéchisme par cœur mais qu'ils possèdent la mécanique des ovaires sur le bout des doigts !

    Non, c'est plutôt la chasteté qui se trouve modifiée par ces laïus improbables, la chasteté si pénible à saint Louis (selon Jacques Le Goff).
    Dans la morale traditionnelle catholique, qu'on peut qualifier d'augustinienne, la chasteté est entre les mains du clergé. C'est le clergé qui décide des périodes d'abstinences, de les réduire pour faire plaisir aux hommes, de les étendre pour faire plaisir aux femmes. Dans cette morale sexuelle contemporaine de bigotes fanatiques, la chasteté, on l'a compris, est entre les mains des femmes elles-mêmes, désormais. Au fond, tout ces pouvoirs qu'elles n'avaient pas auparavant, d'où le tirent-elles ? Eh bien mais de la division du travail dans le mode de production capitaliste, pardi !

  • Deux clowns

    Deux clowns médiatiques : je ne sais pas par lequel commencer, le clown triste ou le gai clown ? Dantec ou Sollers ?

    Prenons-les dans l'ordre alphabétique. Faut être honnête, d'abord, et avouer que Dantec me fait beaucoup plus marrer que Véronique Olmi, Laurent Gaudé ou Éric-Emmanuel Schmitt (Si toutes les gonzesses qui lisent Éric-Emmanuel Schmitt votent pour Bayrou, il va être en tête au premier tour…).

    Sur un "forum de discussion catholique", parce qu'aujourd'hui tout est possible, j'apprends que Dantec est en train de lire un essai récent de Madiran (Une civilisation blessée au cœur), pour parfaire sa foi. Ben mince. C'est assez cocasse. Avec un peu de chance, il va peut-être enfin laisser tomber son refrain à la gloire de la démocratie en Amérique et arrêter de jouer au cow-boy et aux indiens virtuels avec les terroristes musulmans ? Ah, pardon, c'est pas des six-coups mais des carabines superbioniques, j'ai confondu. Si je l'ai bien lu, Madiran n'est pas spécialement un admirateur de Benjamin Franklin, Thomas Jefferson ou Abraham Lincoln. Si je l'ai bien lu, Madiran n'est pas un anticommuniste primaire, c'est pas parce que Le Monde a défendu la cause soviétique qu'il s'est jeté sur Le Figaro pour autant.

    Bref, on va enfin savoir si Maurice Dantec comprend les bouquins qu'il lit. L'étape suivante sera pour lui de piger les bouquins qu'il écrit.

    Du côté de Sollers, rien de nouveau, il continue de jeter de vagues rayons de culture nitchéenne par-ci, par-là. Il refuse d'abdiquer : « Non, l'époque où les écrivains tentent de faire oublier l'ennui mortel qui s'exhale de leurs romans en faisant les mariolles sur des plateaux de télé n'est pas terminée !! Pas tant que je vivrai ! »

  • Le pétrole et les idées

    Il y a un autre aspect de la civilisation yankie dont j'ai oublié de parler. Non pas la question de la politique étrangère néocolonialiste des États-Unis : je crois que quiconque compare avec honnêteté les méthodes coloniales françaises en Algérie aux méthodes néo-coloniales yankies en Irak est capable de tirer les conclusions qui s'imposent dans ce domaine.

    La question du melting pot yanki me revient en feuilletant un magazine pro-américain, papier de luxe, maquette soignée, avec beaucoup de photographies en quadrichromie ; Le Spectacle du Monde, ça s'appelle ; on nous promet du recul.
    On pourrait dire aussi de ce canard que c'est un canard "libéral de droite". Comment peut-on être libéral et de droite ? Mystère. C'est comme comment peut-on être démocrate et chrétien ? Remystère… La partition démocratique de la société en clans rivaux a produit des formules idéologiques assez bizarres, il faut bien dire.
    Peut-être Patrice de Plunkette - avec sa bonne tête de GI yanki -, a-t-il la réponse, lui qui incarne toutes ces contradictions ?

    Donc d'après un article dans le Spectacle du Monde, le melting pot est en voie de réussir aux États-Unis où les populations de races différentes se mélangent de plus en plus. Et de souligner le bénéfice de la politique de discrimination positive dans ce domaine, dont Sarkozy entend s'inspirer. Les gros sabots, quoi…
    La société yankie est à peu près stable, malgré les ghettos - ghetto homosexuel, ghetto noir, ghetto latino, ghetto chinois -, c'est vrai. Mais ce que l'auteur de cet article flatteur pour le melting pot oublie de dire, c'est que les bons sentiments, la morale démocratique ne sont pour rien dans cette stabilité. En fait d'amitié entre les races, c'est de manne en dollars dont il s'agit. Ce qui entretient la bonne humeur au États-Unis, c'est la croissance, la fameuse bulle spéculative. Qu'elle éclate et on verra ce qu'il reste des bons sentiments. Que les GI, en majorité des "blacks", contrairement à Patrice de Plunkette, se fassent massacrer en Irak, en Iran ou ailleurs, et on verra ce qu'il en est de la cohésion yankie. Il y a un autre pays métissé, plus au sud, et beaucoup moins riche, c'est le Brésil, et c'est un des pays les plus racistes au monde.

  • Campagne profonde

    Je ne sais pas si vous avez observé comme moi, c'est un phénomène typiquement démocratique, dès lors qu'un candidat est condamné à obtenir un score dérisoire, à partir de ce moment-là seulement on peut s'attendre à ce qu'il dise des choses sensées et qu'il s'élève ainsi au-dessus de la démagogie la plus grossière.

    C'est le cas de Dominique Voynet, qui se condamne elle-même à obtenir un score dérisoire, de peur de faire perdre Ségolène Royal. L'autre jour D. Voynet - beaucoup plus jolie à la télévision qu'en vrai, c'est la réflexion que je me faisais après avoir failli la percuter au sortir d'une bouche de métro avant-hier -, D. Voynet disait publiquement que la France est dirigée par les cinquante plus grosses sociétés capitalistes, et que c'est un obstacle politique majeur.
    Dominique Voynet nous fait partager ainsi le fruit de son expérience gouvernementale.
    J'ajoute tout de suite que je me tamponne du programme de Mme Voynet comme de ma première layette, les programmes politiques, c'est comme les constitutions, c'est fait pour les cons, les "blogueurs-citoyens", mais son diagnostic a le mérite d'être juste.
    Bien sûr que ça pose un problème d'être gouverné par Pinault, Arnault, Lagardère & Cie ! Il suffit de voir leurs goûts de chiotte !
    Je sais bien que cet argument-là n'est pas de nature à pénétrer ceux qui n'entravent que dalle à l'art, eh bien dans ce cas qu'ils fassent l'effort de se pencher sur la structure de l'économie yankie, qui nous sert de modèle de civilisation, c'est pas moi qui vais dissuader quiconque d'une analyse marxiste, évidemment…

    Je mets de côté l'industrie automobile, qui a fait la fortune de l'Empire américain et qui est en cours de délocalisation désormais. Non pas qu'il n'y a rien à dire là-dessus, ce phénomène de délocalisation est passionnant, comment un Empire peut abandonner pour des raisons économiques son industrie aux mains d'une puissance étrangère, ça n'est pas anodin ! On ne peut s'empêcher ici de penser encore à Marx pour qui le principal ennemi du capital, c'est le capital lui-même ; mais il faudrait analyser le phénomène de délocalisation de l'industrie américaine dans le détail, car le fait que cette industrie soit délocalisée en Chine ou en Amérique du Sud, par exemple, n'a pas la même incidence du tout.
    Je préfère prendre deux exemples plus simples et emblématiques. D'abord celui de la production de pilules. Comme chacun sait (il suffit d'avoir lu les premiers tomes de Lucky Luke), c'est un commerce florissant aux États-Unis, où on peut se procurer à peu près n'importe quelle poudre de perlimpinpin au drugstore d'à-côté, des cinq variétés de Viagra jusqu'à la créatine, les emphétamines, bref tous les produits dopants dont les papys et les mamies yankis adorent se gaver en regardant la télé. Sans les retraités yankis, on carburerait encore au Pernod-Ricard sur le Tour de France et Blondin continuerait de rédiger ses chroniques sportives…
    Lors du dernier banc d'essai de la revue Prescrire, la seule revue médicale indépendante de l'industrie, sur cent nouvelles spécialités médicales introduites sur le marché français, Prescrire concluait que trois d'entre elles, pas plus, représentaient une amélioration par rapport aux formules plus anciennes.

    Caractéristiques aussi de la structure de la fameuse "croissance des États-Unis" sont les bénéfices générés par internet et les services informatiques. Il est utile de rappeler comment s'est développé l'internet. Au cours des premières années, c'est la pornographie qui a généré l'essentiel des bénéfices. Sans la pornographie, internet n'aurait pas connu un développement aussi rapide. Je me rappelle cette étude il y a dix ans sur un campus français qui venait d'être connecté à internet : 80 % des connexions se faisaient vers des sites pronographiques.
    Le vernis moral dont internet essaie de se recouvrir aujourd'hui, avec des entreprises comme Google ou Wikipédia, a de quoi déclencher le sourire sarcastique de quiconque se situe au-dessus du niveau moral et intellectuel d'un gugusse comme Loïc Le Meur. Tout l'esprit de l'américanisme est là : une entreprise crapuleuse recouverte de bons sentiments à l'usage des gogos.
    La propagande consommatrice a pris le relais. On voit bien ici le cynisme d'un Guy Sorman, qui essaie de nous faire croire que le capitalisme est inévitable, alors que les gouvernements soutiennent la croissance en offrant des ordinateurs à un euro aux étudiants, et qu'on remplace l'apprentissage du latin par l'apprentissage de l'informatique avec la bénédiction des syndicats enseignants qui ne tiennent qu'à une seule chose : être augmentés - alors que la publicité matraque du matin au soir la nécessité de passer au haut débit lorsqu'on est un ringard qui n'a que de tout petits bits… Pour Sorman, la publicité est un truc naturel, probablement, qui sourd des murs et des caméras… Il faut dire qu'il en vit, du capitalisme, alors pourquoi le dénoncerait-il ? Là où Sorman a raison, c'est que les parasites dans son genre ne sont pas faciles à déloger.

    Mais le terme de "bulle spéculative" pour caractériser la tendance de l'économie yankie est très bien choisi, rien n'est plus gonflé de vent, plus brillant, ni en même temps plus fragile, qu'une bulle. Au fait, quelle mouche a piqué les Yankis de rompre avec leur politique de non-ingérence ? Après la catastrophe évitée de justesse du débarquement en Normandie, après le Vietnam, qu'est-ce qui leur a pris d'aller s'aventurer en Irak ?

  • La putain bourgeoise

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    On s'est longtemps figuré le capitalisme d'après les caricatures de Forain ou d'Hermann-Paul, comme un gros industriel qui fume le cigare en se frottant le ventre dans l'antichambre d'une grisette. Hélas, cette caricature est périmée ! Ainsi, dans le cas de BHL et de sa moitié, par exemple - je choisis exprès un exemple de capitaliste-philosophe -, dans ce cas on est bien obligé de constater les effets des régimes minceur, les efforts du capitalisme pour soigner sa télégénie. Même, pour éviter le cliché de la bourgeoise replète, Arielle Dombasle n'hésite pas à se déguiser en pute. En pute virtuelle, ça va de soi. Arielle nous fait le coup de la Goulue ; et BHL est son Lautrec, toutes proportions gardées.

    On mesure mieux le rôle précurseur de BHL maintenant que les petits sophistes de son espèce, toujours prêts à plaider la cause du système, se sont multipliés au point qu'il faut élargir les plateaux de télé pour leur faire de la place à tous et qu'ils se bouffent le verbiage philosophique sur le dos. Sans conteste, BHL, forcément un peu usé après toutes ces années de bons et loyaux services, BHL les dominait tous de la tête et des épaulettes !

    De tous les avatars de BHL, Guy Sorman est sans doute celui qui m'évoque le plus Pangloss, avec son faciès de saumon d'élevage surgelé et son petit sourire content. Il a trouvé la formule philosophique magique ; à qui ose critiquer le capitalisme américain, invariablement il réplique, et c'est comme une explosion de raison raisonnante : « Certes, mais qu'est-ce que vous proposez d'autre que le capitalisme ? »
    L'oligarchie capitaliste nous a poussés au bord d'un déficit profond ; économique, bien sûr, en orientant délibérément l'économie vers la production de gadgets et de services superflus de mauvaise qualité ; moral ensuite, en morcellant l'intérêt européen, notamment, en une multitude de petites revendications de consommateurs mesquins ; politique ensuite, en substituant au colonialisme brutal un néo-colonialisme beaucoup plus vicieux, dont il est difficile de distinguer les responsables, dissimulés derrière des raisons sociales abstraites, quand ce n'est pas derrière un discours humanitaire cynique ; au bord d'un déficit artistique enfin : où sont passés les poètes ? où sont passés les peintres ? Il ne reste plus que des philosophes binaires ou existentialistes… Alors, à question idiote réponse idiote : « À quoi bon vouloir changer un système qui a si bien réussi à Guy Sorman ? »

    D'ailleurs Guy Sorman revient d'un séjour d'un an en Chine. Il y a constaté la sévérité du régime communiste, malgré la conversion des dirigeants chinois au libéralisme économique. « Certes, mais que proposer d'autre que la Chine ? », voilà la conclusion de Guy Sorman.

    Les Yankis ont mis le poète Ezra Pound en cage, comme un singe. Tout un symbole… Puisque Sorman réclame des contre-propositions, je suggère qu'on flanque Guy Sorman et ses congénères, non pas dans des cages, il n'est pas question de s'abaisser au niveau des principes qu'ils défendent, mais dans un grand couvent vide, aux murs épais, afin que leurs points de vue philosophiques n'en sortent plus et que l'horizon soit ainsi un peu dégagé.

  • Con comme un blogueur

    La dernière mode dans les médias, c'est de flatter les blogueurs. Ils seraient plus attentifs, plus lucides que la moyenne. Moi je trouve au contraire les blogueurs très représentatifs de la connerie des Français, connerie qui les a poussés récemment à voter en majorité contre la constitution européenne, connerie qui les pousse à voir majoritairement dans le racisme et l'antisémitisme la cause de tous les maux, à se faire peur avec le cléricalisme catholique ou musulman, avec le réchauffement climatique, connerie encore qui les pousse à approuver deux cent ou trois cent mille avortements par an au nom de la liberté et des droits de la femme, afin que notre pays soit transformé le plus vite possible en asile de vieillards, etc., etc.

    Les journalistes officiels n'ont pas un discours plus relevé en moyenne que le discours officieux des blogueurs, mais au moins les journalistes se font payer, eux, poour écrire leurs bafouilles. Ils seraient donc plutôt moins cons, même si au plan moral tout ça n'est pas très reluisant. Quoi de plus logique de leur part, à partir de l'exemple de quelques blogueurs insignifiants dans le genre de Loïc Le Meur, que de flatter la "blogosphère" ? La flatterie n'est pas une ruse réservée aux politiciens…

    Certains de ces "blogueurs-citoyens" de mes deux se plaignent, paraît-il, du "niveau de la campagne présidentielle". Ils le trouvent bien bas. C'est un comble ! Il faut en tenir une sacrée couche pour ne pas voir que ce concours de démagogie auquel on assiste de la part des hommes politiques est exactement proportionnel à l'appétit des Français pour les promesses électorales bidons, les discours ronflants sur la laïcité, le drapeau français, le mariage homosexuel ou la sauvegarde des pandas.
    Si les politiciens sont démagogues, c'est parce qu'ils briguent les suffrages des gogos - gogos en ligne ou gogos déconnectés.

    La démagogie n'est pas un phénomène nouveau, mais elle se renforce de plus en plus, elle s'institutionnalise, au point qu'il devient presque impossible de régler le moindre problème concret désormais, même un problème simple comme celui de l'insécurité dans les banlieues.
    Un homme politique qui veut entreprendre une réforme aujourd'hui doit s'efforcer de le faire à l'abri du regard des citoyens, faute de quoi il est condamné à échouer. Le marketing d'une réforme demande plus d'efforts que la réforme elle-même.

    Prenons l'exemple des accidents de la route. C'est le seul domaine où Chirac, lors de son dernier mandat, a obtenu un résultat net, abaissant sensiblement le nombre de morts, malgré la pression du lobby de l'industrie automobile.
    Bien sûr, s'il avait fallu demander leur avis aux Français, ils auraient été contre les nouvelles limitations de vitesse, puisque ce que les Français réclament ESSENTIELLEMENT, du PDG sarkozyste au facteur trotskiste, les cochons, c'est l'augmentation du pouvoir d'achat pour pouvoir rouler plus vite !
    Depuis que la campagne présidentielle a commencé, pour ne pas mécontenter les automobilistes, qui, non content de conduire votent aussi, on a levé le pied sur les contredanses, diminué le nombre des patrouilles, et le nombre des accidents de la route a augmenté de nouveau.