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  • Ara breton

    Je constate dans une librairie que le dernier bouquin du navigateur Kersauzon est mis en avant. M'étonne pas que ça cartonne : c'est exactement le genre de propos doux-amers qui sont faits pour plaire aux gonzesses qui lisent les nouveautés. Une qui lit Kersauzon trouvera son "alter ego" dans le gonze déplorable qui, lui, lit "L'Equipe".

    Quel Breton n'a pas été abusé par sa mer ? C'est ce qui les rapproche des Juifs. Le rapport des Bretons aux femmes est d'ailleurs assez semblable : ambigü, limite incestueux. Quand Lévi-Strauss dit cette énorme connerie que la fin de l'inceste marque le début de la société, il ne fait comme Freud que se déterminer "par rapport à la religion juive" ; ça explique aussi pourquoi le cléricalisme a persisté plus longtemps en Bretagne, terre archaïque, et notamment sur les côtes. Expliquer à un Breton à quel point le clergé est une organisation désuète, c'est "mission impossible". Rabelais se ferait virer à coups de sabots au derrière s'il se pointait en Bretagne, idem pour Molière. D'ailleurs il y aurait aussi pas mal de trucs à dire sur "la Bretagne et Satan". En revanche, la femelle Chateaubriand ou la femelle Proust, il y a un public pour ça en Bretagne.

    Dire de Kersauzon que c'est un "Juif antisémite" me paraît être une bonne définition, extensible à beaucoup de Bretons. Quand j'étais en Bretagne, j'ai remarqué que si les Bretons, par principe, sont plutôt hostiles aux Juifs, la religion juive au contraire leur plaît beaucoup, ainsi que les "télécommunications", autre point commun.

    Drieu La Rochelle, homme sensible et doux égaré parmi les brutes, a dit que les Allemands n'ont aucun sens de la politique. Juste remarque. On a vu à quel point les Boches se sont fait berner par les Anglais en 1940. Pour les Juifs et les Bretons, c'est exactement la même chose : la plupart du temps, ils iront là où c'est le plus dangereux pour eux, confiants dans leur bonne étoile (qui est une Méduse, en réalité).

    Le Pen est un bon exemple de verbe politique gâché par une vue d'ensemble défaillante. Et je suis sûr que, secrètement, il y a plein de Juifs qui admirent Le Pen, à commencer par les Juifs les plus authentiquement Juifs. Proust aurait adoré Le Pen. Si Serge Dassault avait pu se payer Le Pen, par exemple, au lieu de Chirac ou Sarkozy, tous ces minables scribouillards du "Figaro", quelle fête pour son "trust", quelle avance pour ses idées pythonesques !

    Sans oublier la grosse contribution des Bretons à la connerie capitaliste, bien sûr, de Bolloré à Pinault, en passant par PPDA, Edouard Leclerc, vulgaires exploitants dépourvus du sens de l'économie. La baderne de Gaulle a noté pour s'en plaindre qu'elle n'avait été ralliée instinctivement à Londres que par quatre Juifs et deux Bretons.

  • Pour un art communiste

    Vu une sorte de dame-patronnesse sur "Arte" attaquer l'art contemporain : Aude de Kerros. Est-il besoin de se saper comme une poule de Cranac'h pour dénigrer l'art capitaliste ? La gonzesse était en effet coiffée d'une sorte de couronne d'étoffe de style troubadour XIXe qui aurait fait pouffer Balzac. Cette Kerros imprime d'ailleurs elle-même des eaux-fortes coloriées comme on pouvait en voir à la Fiac en 1982. Complètement dépourvue d'érotisme.

    Sérieusement, le pire ennemi de l'art capitaliste, c'est le Capital lui-même ; d'ailleurs sans le krach boursier, jamais la Kerros n'aurait été autorisée à exprimer son opinion réactionnaire dans l'émission de propagande télévisée d'Isabelle Giordano.

    Les deux arguments du "business" quand il est attaqué, même faiblement, en l'occurrence la Giordano avait invité deux galeristes un peu plus sexy que Mme de Kerros (Judith Benhamou et Magda Danysz), les deux arguments sont toujours les mêmes : le bon vieux coup du fachisme, d'abord - car Hitler ne s'est pas contenté de déshonorer l'antisémitisme, Bernanos aurait pu ajouter qu'il a aussi déshonoré la critique d'art.

    Et l'argument rhétorique dit "des Médicis", genre : "Certes, Pinault et Arnault sont des crétins mal dégrossis, mais les Médicis l'étaient tout autant." Bien sûr à chaque fois on cite les Médicis et pas François Ier, lui-même poète et dessinateur, ou l'empereur Rodolphe, versé dans de nombreuses sciences. Je ne peux pas m'empêcher d'imaginer à chaque fois la gueule que font les Médicis quand on les compare à deux tronches chefs de rayon comme Pinault & Arnault. Pour que l'argument fasse mouche, il faut toute la stupidité du public d'Isabelle Giordano. Un peu comme si on disait : "Certes, Houellebecq est un auteur pessimiste et qui n'incite guère à la consommation, mais Dante déjà avant Houellebecq était pessimiste." 

     

  • L'Esprit du christianisme ?

    Ayant affirmé le caractère satanique de la philosophie ou de l'esprit de Jean Guitton, je me dois maintenant d'étayer cette accusation grave. D'emblée l'assimilation de l'éternité au temps à laquelle Guitton procède scandalise ; je cite : "(...) il m'est venu à l'idée que la plus haute traduction possible de l'éternité, au fond, c'est le temps." (1993)

    Saint Augustin lui-même, guère "matérialiste" pourtant et assez inapte à démêler la question épineuse du temps, Augustin ne commet pas une telle erreur ; citons-le à son tour : "Qui est celui qui arrêtera cet esprit volage, afin qu'il demeure un peu dans un état ferme, et qu'il contemple un peu la splendeur de cette éternité toujours immuable, pour la comparer avec les temps qui ne s'arrêtent jamais, ET VOIR COMME IL N'Y A POINT DU TOUT DE COMPARAISON (...)" (In : "La Création du Monde et le temps").

    - En outre, Jean Guitton ne cesse de se montrer idolâtre vis-à-vis de théories scientifiques qui, si elles ont parfois été émises par des chrétiens, n'ont rien de théologiques. Les exemples sont nombreux de révérences gratuites à l'égard de L. de Broglie, J. Perrin, Max Planck, Einstein, etc. Une chose est d'admettre des théories dont on ignore le procès en détail, comme celles de Kopernik ou Darwin, simplement parce qu'on les a apprises à l'école, de façon automatique ; mais lorsqu'on se prosterne comme Guitton devant ce qu'on ignore, commence alors l'idolâtrie.

    S'agissant de sciences qui au demeurant sont indissociables de mécaniques diverses et variées ayant semé la mort et provoqué d'effroyables tueries à travers le monde, il semble qu'un minimum de précaution s'impose avant de les bénir comme Guitton fait, se conformant ainsi à l'esprit du siècle.

    - Le philosophe laïc Claude Allègre (il y a plus de spéculation que de science dans ses propos) a relevé d'ailleurs cette anecdote qu'après s'être fait présenter le dualisme de l'onde et de la particule (sic) par les frères Bogdanoff (?), théorie fumeuse en vogue aujourd'hui, Guitton aurait déclaré que ce dualisme lui évoquait... Dieu. Sans savoir apparemment que l'ambiguïté est bien plutôt le propre de Lucifer que celui de Dieu, partout présent au milieu de nous, non pas "ici et/ou là".

    Avant de donner un extrait de Guitton qui paraît tout à fait étrange au christianisme, je voudrais répondre à la question "Pourquoi Guitton ?" Pourquoi Guitton et pas mon curé de paroisse, qui n'hésitait pas à déclarer l'autre jour, dans son sermon, que l'or porté par les rois mages est le symbole de... l'argent ? (Pour célébrer une "messe noire", il est recommandé d'utiliser de l'argent ou un quelconque métal et SURTOUT PAS de l'or - on sait apparemment mieux dans les sectes sataniques que dans ma paroisse que l'or est le symbole de la foi en Jésus-Christ.)

    Pourquoi Guitton ? Parce qu'on lui prête généralement un statut de penseur chrétien ; il n'est pas difficile de voir qu'il n'est en réalité qu'un "produit", une métastase du cancer janséniste ; on raconte même que Guitton a exercé une certaine influence sur le pape Paul VI, prédécesseur de Jean-Paul II. C'est donc une "tête" de la démocratie-chrétienne en quelque sorte. Et on tue les serpents en leur écrasant la tête.

    *

    Voici maintenant l'étrange extrait :

    Lettre à Marthe Robin [personnage de mutilée également plus que douteux, comme l'extrait le prouve]

    "(...) Plus de cent mille personnes, en provenance de toutes les classes de la société - des évêques, des théologiens, des philosophes, des médecins, des jeunes, des malades, toute la salade humaine - ont défilé dans votre petite chambre [Rien à signaler ici hormis la conception plutôt curieuse et involontairement comique qu'a Guitton des "classes de la société".]

    "Le fond de votre pensée, en réalité, c'était que l'extraordinaire n'est pas important. (...) Que la plus haute manière de traduire le surnaturel, c'est le naturel, le naturel devenu charnel, comme il est apparu dans le Christ, et en particulier dans sa Passion. [Ici est suggérée l'idée qui n'est pas chrétienne mais sado-masochiste selon laquelle c'est dans la douleur ou la torture que le corps, l'humanité se révèle le plus : aucun passage de l'Evangile ne permet de fonder une telle théorie, et le sado-masochisme est au contraire une caractéristique des sectes qui se réclament de tel ou tel démon.]

    "Il y avait en vous un abîme entre ce que vous paraissiez, une personne qui ne mangeait pas, qui ne buvait pas, qui souffrait tous les huit jours de souffrances épouvantables, qui se croyait damnée, rejetée par Celui qu'elle aimait entre tous, - et ce que vous étiez chaque jour (...) [passage assez "parlant" en lui-même auquel on peut ajouter que le chiffre huit est le nombre de Babylone.]

    "Marthe, Marthe, je ne vous ai jamais vue puisque vous viviez dans les ténèbres. Et pendant les vingt-cinq ans où je vous ai visitée, vous n'avez été pour moi qu'une voix. Une voix dans la nuit. [!]

    "Paradoxe invraisemblable : celui qui m'introduisit auprès de vous, le Dr Couchoud, fut l'esprit le plus négateur de ce siècle. Couchoud niait l'existence historique de Jésus : il ne retenait du Credo que les mots 'sous Ponce-Pilate' (...) [Le paradoxe est la religion des aveugles ; je rappelle que Michel Onfray ne va pas jusqu'à nier l'existence de Jésus mais parle de son "hypothétique existence". Que penser d'un négateur qui se rend en toute quiétude au domicile d'une hystérique recouverte de plaies ? Et de son pote Guitton ? Pour terminer, Guitton met dans la bouche de cette Marthe Robin certaines assertions sur l'Enfer et le Paradis qui prouvent qu'elle n'avait sans doute jamais mis le nez dans les Evangiles tant ces assertions sont idiotes. Il faut dire que dans l'obscurité, il n'est pas aisé de lire.]

     

     

     

     

  • Le Koh-I-Noor

    Mais si je devais choisir un diamant pur pour le mariage de Claudius avec la reine Gertrude, autrement dit du diable avec l'Eglise, je ne choisirais pas Nitche, trop mal taillé par une brute maladroite.

    Je ne choisirais pas Einstein non plus, qui fait trop strass, camelote de chez Tiffany. Je crois que je prendrais Bachelard. Il est pour l'heure ce que j'ai pu trouver de plus régulièrement et précisément taillé dans le mensonge. Bien sûr, Pythagore a beaucoup plus de gueule, Pythagore c'est le Koh-I-Noor comparé à Bachelard. On peut même dire de la théorie de Pythagore qu'elle tient entièrement dans une pierre précieuse. Comme il s'agit d'un mariage bourgeois, et que l'Eglise est une mariée beaucoup trop anémique pour pouvoir porter Pythagore au doigt, je choisis Bachelard, petit ruisseau qui se jette dans la Méditerranée.

  • Le peintre et les poètes

    "Je n'avais pas encore vingt ans que j'avais déjà compris l'aspect le plus mystérieux de l'oeuvre de Frédéric Nitche, que j'avais déjà compris toute la musique et toute la littérature classique, toute la philosophie ancienne et moderne. C'est seulement plus tard que j'ai réellement commencé à comprendre le mystère de la grande peinture."

    Propos de Georges de Chirico tiré de son Journal ; propos "typique" d'un peintre honnête, et à peine exagéré. On peut se demander quand même ce qu'il y a de bien mystérieux chez Nitche ? Il paraît au contraire encore plus transparent que Kierkegaard ou Schopenhauer. De là vient sans doute que je ne m'intéresse pas à la peinture de Chirico, très peu érotique.

    Quand un crétin nullibiste comme Richard Feynman dit : "La physique quantique ne peut pas être expliquée, elle est incompréhensible", eh bien on peut être sûr qu'on touche presque au zéro et à la transparence totale. Le moindre arbrisseau renferme plus de mystère que Nitche (le bien nommé) ou toute la physique quantique compilée (de toutes les fractures à réduire, c'est certainement la plus facile).

    Car si la vérité est une pierre, le mensonge, lui, est comme un diamant pur. Il faut chercher les diamants au fond de la mer et près des volcans.

     

  • Trop de coïncidences

    On voudrait nous faire croire à la coïncidence de la "Journée de la Femme" et de la baisse de la virilité au Danemark. Un homme qu'on force à baiser avec une capote ce n'est plus un homme, c'est juste une femme en moyenne mieux payée que les autres. Une journée du sexe ou de la science serait plus appropriée.

  • Les Mystères Bacon

    La plus grossière méprise qui a cours dans notre Université à propos de François Bacon, erreur qui de mon point de vue suffit à discréditer tout l'enseignement de la "philosophie", c'est l'étiquette de "père fondateur de l'empirisme", c'est-à-dire de la science laïque et capitaliste, collée à Bacon comme Locke, Hume, ou Descartes, trois "empiriques" véritables, même si Locke commet des paradoxes moins graves.

    Une lecture rapide du "Novum Organum" permet de se rendre compte que non seulement Bacon ne peut être classé parmi les "empiristes", mais qu'il est même un adversaire déclaré de cet empirisme qui va enfler comme une grenouille peu à peu à partir du XVIIe siècle jusqu'à aujourd'hui ; à tel point que Bacon ne partage aucune des idéologies "copernicienne", "galiléenne", etc., inséparables de l'empirisme.

    Sartre, par exemple, dont je relisais un chapitre ou deux l'autre jour, est littéralement affligeant, encore plus que Benoît XVI ; cette espèce de bric-à-brac, de cocktail de Descartes, Epicure, Heidegger : je comprends qu'il ait pu séduire une bourgeoise coincée du cul comme Simone de Beauvoir... Mais l'Université ? Un tel gugusse se serait fait virer de n'importe quelle école grecque à coups de pied au derrière (Le 'truc' courant des hommes au physique disgrâcieux, qui consiste à apprendre à jouer de la guitare pour séduire les gonzesses, fonctionne aussi avec la philosophie, tant qu'on s'en tient à la spéculation, et il est probable que Sartre n'a jamais eu d'autre but que de remplacer sa maman par une autre, ce qui le rend plus "humain" que Kant.)

    Karl Marx lui-même il est vrai a commis cette bévue de confondre Hume avec Bacon, mais c'était il y a plus d'un siècle et demi, en Allemagne. Tout le mérite de Marx est d'avoir vaincu la philosophie spéculative germanique pour découvrir la pointe enfouie de la science, restaurer le matérialisme, et cela ne s'est pas fait en une semaine, hélas.

    *

    Le seul point où on peut parler d'erreur plutôt que de mauvaise foi manifeste de la part des fonctionnaires de l'enseignement laïc en ce qui concerne Bacon, c'est le point d'Aristote. Là, une lecture plus approfondie de l'oeuvre de Bacon est requise. On peut de fait s'étonner dans un premier temps qu'un adversaire de l'empirisme comme Bacon s'en prenne à Aristote, auquel Marx, pour le coup, accorda invariablement la primauté.

    Mettons de côté les circonstances tactiques qui ont pu pousser Bacon à se montrer relativement sévère avec Aristote pour s'en tenir au texte :

    - dans le détail on voit que si Bacon critique Aristote, il est moins sévère avec le Stagirite qu'avec Platon, ou les représentants de l'empirisme, et, surtout, qu'avec la secte pythagoricienne. Cette critique des Grecs dans leur ensemble, avec un peu plus d'indulgence pour Parménide, ne fait d'ailleurs que refléter la volonté de Bacon d'aller de l'avant ; mais Bacon sait parfaitement qu'on ne peut pas être progressiste sans être classique, ni classique sans être progressiste.

    - le reproche fait à Aristote d'user excessivement du syllogisme prouve par ailleurs que Bacon n'a sans doute pas bénéficié d'une bonne traduction, telle que celle de Ross, de la "Physique" d'Aristote. L'horreur du syllogisme est aussi une caractéristique des scolastiques matérialistes, Duns Scot et surtout Roger Bacon, parent de François, docteur admirable entre tous, à cent coudées au-dessus du connard polytechnicien d'aujourd'hui ou de sa métastase racornie de l'Académie française.

    De fait Bacon a dû être induit en erreur par un mauvais commentateur (Ramus, laissent entendre les préfaciers de Bacon aux "Puf", M. Malherbe et J.M. Pousseur) car il n'y a pas d'adversaire plus farouche du syllogisme qu'Aristote. A tel point que celui-ci démontre la nature syllogistique de l'algèbre et anticipe ainsi le fiasco de Descartes ou Newton. L'algèbre est une jonglerie si risquée aux yeux d'Aristote qu'il reproche même aux Eléates de la retourner contre leurs adversaires.