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  • Histoire de pute

    Baudelaire, le plus révolutionnaire des poètes, signale déjà que l'honnêteté, chez un commerçant, ne va pas au-delà de l'intelligence, de la bonne compréhension des règles du métier. La banqueroute des industriels et des banquiers imbéciles ratifie le jugement de Baudelaire ; ça permet même d'espérer que les supermarchés se casseront la gueule à leur tour un jour proche, tant les principes qui régissent la grande distribution sont stupides.

    Aucun doute que c'est la cause aussi qu'une pute de quartier passe désormais, à juste titre, pour une commerçante plus estimable qu'un assureur ou un journaliste, un agent immobilier. Elle n'a pas volé son pognon, comme on ne peut plus dire du banquier.

    Qu'on s'imagine avoir deux gosses, une fille et un garçon, par exemple. L'une veut devenir pute pour payer ses études, l'autre courtier à Londres après qu'il aura terminé son école, pour payer sa dette. Sacré dilemme moral pour les parents ! Surtout s'ils sont chrétiens ou musulmans.

  • Calote sur capote

    Le sermon de Benoît XVI aux Camerounais lui vaut d'être traité d'"autiste" par Alain Juppé, expert en la matière. On peut penser que ce politicien, condamné pour corruption, tente par là de se refaire une virginité auprès de l'électorat laïc.

    Depuis les romans de Mauriac, on sait à quel niveau moral situer la bourgeoisie bordelaise, qui a sans doute pardonné à Juppé ses malversations depuis longtemps.

    Le parti gaulliste, par ailleurs, dont Alain Juppé est un des principaux parrains, a beaucoup œuvré avec l'UDF en faveur de l'avortement. C'est encore un gaulliste éminent, alors président de l'Assemblée nationale, Jean-Louis Debré, qui a récompensé solennellement la militante pro-IVG Caroline Fourest pour son combat prétendûment féministe en faveur de l'avortement.

    Le pape ne fait donc que récolter ce que l'Eglise a semé. L'inconséquence du pape, ici, est double :

    - d'abord Rome n'interdit pas aux catholiques de se prononcer lors des élections pour le parti d'Alain Juppé, bien au contraire. Idem pour l'UDF. Pour n'en citer que trois, de tailles variées : "Le Figaro", "Valeurs actuelles" et "Famille chrétienne", on a là trois organes de presse ouvertement gaullistes et qui ont fait campagne en faveur de Sarkozy, avant de le lâcher dans l'adversité.

    Comment oublier la compromission du christanisme par Christine Boutin, avec un gouvernement dont la devise anti-évangélique fut naguère : "Travailler plus pour gagner plus" (compromission d'autant plus flagrante et terrible que la carrière gouvernementale de Christine Boutin a stoppé net toutes ses velléités antérieures de combattre le crime d'Etat qu'est l'avortement, crime d'Etat soutenu par les industriels de la chimie au point que des dirigeants du "planning familial" furent "consultants" simultanément auprès de laboratoires pharmaceutiques, et qu'aucune précaution concernant les risques cancérigènes de ces pilules n'a été prise) ;

    - deuxième inconséquence : le "coïtus interruptus" est prôné aux fidèles en Europe par le clergé catholique lui-même, et rien en dehors de sa sophistication ne le distingue du "coïtus interruptus" à l'aide d'une capote anglaise reproché à des Camerounais. Cette deuxième inconséquence confine à l'hypocrisie ou à l'ignorance.

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    Mais le plus important est de ne pas tomber ici dans le piège médiatique. L'influence de l'Eglise en Afrique est aussi réduite qu'en Europe ; dans un sens comme dans l'autre, les sermons du pape ne peuvent pas infléchir le destin de l'Afrique. Le "coup du sida", tout ce battage médiatique autour du pape dont la racaille journalistique n'a en réalité rien à secouer, n'a qu'un but : dissimuler que les malheurs de l'Afrique en général et le sida en particulier, sont le résultat de la politique impérialiste occidentale en Afrique. Et, par les crimes impérialistes, le parti gaulliste d'Alain Juppé a été copieusement éclaboussé, et continue de l'être en Afghanistan. Les médiats ne se sont d'ailleurs quasiment pas enquis de l'avis des Camourenais sur les propos du pape ; la stratégie médiatique est définie d'avance. Si on ne peut pas parler de "complot médiatique", il y a bien un réflexe impérialiste.

    Dans cette dissimulation il est évident que l'Eglise, à l'échelle réduite qui est la sienne, joue un rôle actif, et que les petits sermons à deux balles du pape, pour cette raison, sont scandaleux : une vraie marionnette ! C'est du côté de l'Afrique et de l'Amérique du Sud contre l'oppresseur occidental que le pape devrait être.

    J'estime avoir le droit de critiquer le pape, contrairement à Alain Juppé, dans la mesure où je ne suis pas membre ni n'ai jamais voté pour un parti, le parti gaulliste, qui a largement contribué à entraîner la France, l'un des pays les plus riches du monde, au bord de la faillite économique et morale. Un parti qui a oeuvré à l'élimination de près de six millions d'embryons depuis les années soixante-dix, et qui pour compenser cette décroissance naturelle, a favorisé la venue d'immigrés du tiers-monde, parmi les plus qualifiés en général, immigrés traités avec mépris ou hypocritement le plus souvent, entassés dans des banlieues dessinées par des architectes dont les idées totalitaires sautent aux yeux. En tant que Français de souche, le parti gaulliste est à mon sens l'emblème même de la pourriture française. Tous les militants catholiques honnêtes qui s'en sont approché imprudemment, que ce soit Simone Weil, Maritain, Bernanos, s'en sont éloigné rapidement, dégoûtés. Plus mensonger encore que le régime de Pétain fut le régime de de Gaulle : telle est la sentence de Bernanos qui vaut plus que jamais.

    *

     L'animatrice Julie d'Europe 1, grassement payée à jouer les potiches, suggère qu'on inculpe Benoît XVI de "crime contre l'humanité" (jeudi 19 mars). L'académicien Jean d'Ormesson l'approuve. Rappelons que l'animatrice comme l'académicien sont des employés de Lagardère et Dassault, fabriquants d'"outils de défense nationale", de missiles destinés à des "frappes chirurgicales", des employés qui doivent presque tout à leurs patrons. Il est difficile de croire en effet que Jean d'Ormesson aurait pu avoir une carrière littéraire aussi longue, étant donné la nullité de sa prose, sans l'appui du "Figaro". Ce qui était appréciable chez les nazis, c'est leur FRANC cynisme.

  • Brave New World

    Qu'il y ait des vaches charolaises qui acceptent qu'on les trimballe au Salon de l'Agriculture, c'est encore quelque chose que je peux comprendre ; ou même des putes virtuelles au Salon de la Pute virtuelle. Mais que peut faire un écrivain dans un Salon du Livre ??? Qu'est-ce que c'est encore que ce gadget boche ?

    C'est pour moi une énigme qui ressurgit chaque année quand je vois les affiches publicitaires pour ce salon-là dans le métro. Sans doute parce que je vois la littérature comme un truc très très individuel et qui demande de la concentration, à mille lieues du foot ou du cinoche.

    J'imagine que ce salon du Livre est surtout fréquenté par des lectrices qui espèrent coucher avec leur(s) écrivain(s) préféré(s) ? J'essaie de trouver une explication humaine. Quand j'étais gosse, mon paternel m'a emmené à un salon de la bande-dessinée ; c'était un peu dégueulasse (il y avait pas mal d'adultes), mais c'est compréhensible qu'un gamin veuille qu'on lui fasse un petit dessin, rien que pour lui.

    Il n'y aurait pour moi qu'une seule bonne raison de me rendre au "Salon du Livre", c'est de pouvoir y casser la gueule de Yann Moix, ou celle de Karl Zéro, qui sont les deux Français connus que je déteste le plus. C'est-à-dire que si on me lançait le défi suivant : "Tu es chrétien et dois donc pardonner aux deux personnes que tu détestes le plus, qui sont elles ?", je citerais Karl Zéro et Yann Moix, deux véritables suppôts de Satan.

    Il arrive que la laideur physique soit compensée par la beauté morale, et vice-versa,  mais là c'est un comble ! Ou plutôt deux. Mais le risque du corps-à-corps et de l'échange copieux de bourre-pifs est de se réconcilier immédiatement après, de faire tomber la tension (c'est même ce qui fait que les gonzesses préfèrent les poisons lents aux bourre-pif, dans leur grande majorité). Et dans mon combat contre des salauds comme Moix ou Zéro, pas question de fléchir, je serai inflexible.

     

  • La grande diversion

    Il est significatif qu'en s'efforçant de tuer le temps par toutes sortes de divertissements, on ne fait qu'entrer dans son jeu, baiser la mort sur la bouche. Voilà à quoi la religion laïque ou démocrate-chrétienne, vautrée dans le cinéma, fait penser : un ballet macabre de femelles prédisposées à la branlée.

    L'ennui, l'acédie, la mélancolie... autant de vocables pour dire la dépossession de soi au profit de Satan. Il est à peu près sûr que Baudelaire ou le romancier anglais E. Waugh, qui souffraient d'ennui, aient su la cause profonde de leur tourment ; dans le cas de Baudelaire, ça ne fait même aucun doute.

    S'il est hâtif de la part de Verlaine de faire de Watteau un peintre "mélancolique", c'est que la pure mélancolie se traduit par l'absence d'érotisme. Par principe l'art n'est pas mélancolique, c'est la musique qui l'est, qui oscille entre guerre et existentialisme, cruauté et masochisme. Même s'il a peint beaucoup la soldatesque, ne pas confondre Watteau avec Blaise Pascal, génie malfaisant ! Le romantisme, c'est l'assassinat d'Eros, étouffé dans une capote anglaise ; la mort du Sexe et par conséquent celle de la Science : on en est là.

  • Les démons de Simone W.

    Toutes ces attaques contre la rebelle Simone Weil, c'est plutôt bon signe... pour elle.

    La dernière en date vient de la gazette papiste "Famille chrétienne", dont la dévotion au cinéma suffit à résumer tous les principes réels, sous le crépi blanc d'un christianisme BCBG. L'attaque de "Famille chrétienne" contre Simone Weil est d'autant plus perfide qu'elle passe par le courrier des lecteurs, stratagème journalistique transparent.

    Deux longues lettres sont publiées, développant les leitmotivs habituels, l'accusation d'hystérie et celle d'antisémitisme. L'asile ou les flics, voilà le sort que "Famille chrétienne" réserve à celle qui offrit, d'assez loin, la plus forte pensée du XXe siècle (une pensée qui comme celle de Marx est une science puisque Simone Weil a constaté l'absurdité des "travaux" scientifiques de Max Planck).

    - Hélène Mongin, de Lisieux, écrit ainsi : "(...) Ce n'est pas la tuberculose qui l'a tuée, mais son refus complet de s'alimenter, sous prétexte que les Français n'avaient pas assez à manger. Raisonnement généreusement fallacieux d'une grande anorexique qui haïssait son corps. Alors Simone Weil, un des plus grands génies de notre époque, certes... mais pas un modèle à suivre ! (...)"

    On a envie de dire à la dinde farcie de principes auteur de ces lignes qu'elle se rassure : étant donné que la principale vertu de Simone Weil fut le courage, elle ne suit absolument pas son exemple en pratiquant la diffamation en  toute impunité (du moins le croit-elle).

    L'anorexie !? C'est quand même un comble de coller cette maladie typiquement capitaliste à Simone Weil, qui dégueula à peu près tous les principes libéraux, capitalistes ou jansénistes ; alors qu'on peut trouver du sado-masochisme dans la littérature de nombreux saints ou philosophes chrétiens, y compris chez Benoît XVI dont le désir exprimé de "purgatoire" est pour le moins bizarre, Simone Weil n'a jamais fait l'éloge de l'autoflagellation ; bien au contraire, puisque sa théologie se rapproche de l'antimonachisme occitan, voire de Rabelais, admirateur comme Simone du naturalisme grec abandonné par l'Eglise catholique au profit de la science-fiction.

    Le frère de Simone Weil a témoigné que la maladie seule a causé le décès de sa soeur. Vu qu'elle écrit de Lisieux, on peut subodorer que cette Hélène Mongin est une bonne soeur jalouse de la concurrence que Simone Weil pourrait faire à l'extrême platitude de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus.

    On déduit aussi hâtivement du fait que Simone Weil ne s'est pas mariée qu'elle n'aimait pas son corps. Déduction téléologique qui ne tient pas compte du fait que le mariage est sans doute une des institutions les moins érotiques qui soit. Les "théologiens" chrétiens du mariage sont d'ailleurs en général des abrutis complets (on peut citer par exemple dans ce cas le père de l'écrivain belge François Weyergans.)

    (Précisons en outre qu'il n'y a pas de "génie" chrétien, contrairement à ce que le pédérastique Chateaubriand tente de faire croire ; il n'y a que des suppôts de Satan. Et le catholicisme est l'ennemi du temps et de l'époque, en aucun cas il n'a vocation à l'accompagner servilement comme un magazine télé.)

    - L'autre lettre est signée Joël Losfeld, indisposé par les diatribes de Simone Weil contre le peuple juif (de l'Ancien Testament). Cet énergumène prétend faire d'Etty Hillesum et Edith Stein deux saintes plus grandes que Simone Weil. Primo, il se trouve que ladite Etty Hillesum fait l'apologie du crime d'avortement dans son "Journal". Deuxio, Edith Stein a grenouillé dans la philosophie de Husserl, qui est un des plus sinistres idolâtres du temps, dans le sillage de Hegel, que le terreau judéo-boche ait jamais engendré. Même si l'accusation lancée à saint Paul d'avoir dérobé aux Juifs leur religion (!) n'est pas imputable à Edith Stein elle-même, mais à l'écrivaillon putassier Yann Moix, biographe d'Edith Stein, cette dernière n'excède pas le niveau de la bigoterie hystérique.

    Ce J. Losfeld exprime d'ailleurs lui-même dans sa bafouille des opinions parfaitement ésotériques sur la religion catholique, dignes seulement d'un abonné à ce "Télé-poche" prétendument chrétien qu'est "Famille chrétienne".

    La chiantissime revue "Les Temps modernes" de Claude Lanzman, dont la ligne consiste à tenter de faire passer les principes les plus archaïques pour des principes modernes, avant "Famille chrétienne" a fait à Simone W. le même procès (fleuve) en antisémitisme. Instruit par un guignol yanki nommé Francis Kaplan, l'instruction s'achevait sur une sentence raciste, puisque l'acquittement de Simone Weil en raison de ses origines juives était prononcé. Un gag.

    - Un troisième courrier est publié qui fait cette fois l'éloge du philosophe Henri Bergson. Qu'il fut baptisé ou non, jamais Bergson n'épousa comme Simone Weil une pensée catholique. L'évolutionnisme de Bergson, emprunté à Spencer et Huxley, non seulement est hérétique au regard du catholicisme, mais cet évolutionnisme discrédite l'ensemble des spéculations philosophiques de Bergson, puisque la théorie de Darwin n'est plus défendue que par des fonctionnaires et ne subsiste plus qu'à l'état de dogme. Tout au plus le mérite de Bergson est-il de souligner le déterminisme "protestant" qui sous-tend l'évolutionnisme. La part de hasard que contient l'idéologie évolutionniste, inacceptable sur le plan du raisonnement scientifique, cet aléa vient de la religion dite "judéo-chrétienne" ou "protestante", "puritaine".

    Par ailleurs, les critiques que Bergson adresse au scepticisme de Descartes ne sont pas moins ineptes que celles de Voltaire auparavant. Bergson n'a pas mieux compris que l'algèbre de Descartes ou B. Pascal vient d'une fiction... fiction que Bergson entretient lui-même, un comble, sous prétexte de combattre Descartes (!). Si les sophismes de H. Bergson sont plus brillants que ceux du crétin Albert Einstein, ils n'en sont pas moins de vains sophismes.

    Ce lecteur distrait ignore du reste qu'une bonne partie de la communauté juive est remontée contre Bergson tout autant que contre Simone Weil dans la mesure où Bergson a écrit (comme Churchill) que certains Juifs, par leur comportement, ont excité les persécutions du régime allemand et de Vichy. Propos qui, contrairement à la lecture dialectique de Simone Weil de l'Ancien et du Nouveau Testament, n'a pas de consistance historique et ressemble fort à une affirmation gratuite.

  • Philologie

    La "philologie" est une passion romaine déguisée en sagesse grecque. Derrière le fétichisme délicat de Jacques Lacan ou Roland Barthes, Philippe Sollers ou Frédéric Nitche, se cache l'extrême violence de la bourgeoisie. Il n'y a qu'un seul philologue vraiment sensible, c'est Alphonse Allais. Chacun sera jugé sur ses oeuvres, les branlements ne comptent pas.