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  • Dans la Matrice

    Dans les régimes totalitaires, tout est "scientifique", même la police. Surtout la police. Vous comprenez pourquoi les anarchistes ne prennent pas la science moderne très au sérieux.

  • Rousseau contre Darwin

    "C'est en un sens à force d'étudier l'homme que nous nous sommes mis hors d'état de le connaître." J.-J. Rousseau.

    En effet l'invention de la psychanalyse n'a fait qu'accroître l'énigme humaine.

    Quant au darwinisme, il explique tout, sauf le propre de l'homme. Il serait intéressant de connaître le préjugé de Darwin sur l'homme car la science moderne est une science sociale. La distinction des sciences sociales et des sciences "dures" est une vaste blague.

    - Ah mais, arrêtez, on a des preuves, des tas d'indices qui corroborent le transformisme ! Les flics ne tardent pas à débarquer avec leurs indices.

     

  • Dans la Matrice

    "Je pense qu'il n'y a jamais eu d'époque aussi dénuée d'intérêt." Léon Bloy, mendiant ingrat.

    Il est sans doute rassurant pour l'homme de se dire qu'il y a eu ou qu'il y aura une époque intéressante. La seule fonction de l'information et des journaux est de rassurer.

    Pour l'abeille ou le porc, en revanche, chaque instant est passionnant.

     

  • Du Satanisme

    Une nouvelle affaire de profanations de tombes chrétiennes en Meurthe & Moselle est l'occasion pour les médias de prononcer ce mot au parfum sulfureux : "satanisme". Enfin, pas si sulfureux que ça puisqu'il n'y a plus une "teuf" entre ados boutonneux qui ne se déroule sans l'invocation de Satan et les grimaces qui vont avec. En termes de "marketing", le satanisme est un "must".

    - A propos du satanisme, Léon Bloy écrit ceci de plus pertinent qu'un écho de journaliste :

    "Etonnante jocrisserie des occultes (!) qui ont besoin de rites et de grimoires pour sentir la présence du Démon, et qui ne voient pas le satanisme, - à crever les yeux, - de leur épicier, par exemple."

    Crève plus encore les yeux aujourd'hui le satanisme des groupes parlementaires démocrates-chrétiens au parlement de Bruxelles. A côté, le nazisme avec ses croix gammées peut en effet passer pour une "étonnante jocrisserie".

    Bloy insiste ici sur la banalité du satanisme. Les enfants d'épiciers qui se travestissent en suppôts de Satan ne font bien souvent que dévoiler le mobile de leurs parents ou de l'Etat qui se charge de les éduquer.

    Voyons encore ce que dit Simone Weil du diable : "On n'a jamais dit ni écrit qui aille si loin que les paroles du diable au Christ dans saint Luc concernant les royaumes du monde : "Je te donnerai toute cette puissance et la gloire qui y est attachée car elle m'a été abandonnée, à moi et à tout être à qui je veux en faire part." Il en résulte que le social est irréductiblement le domaine du diable."

    De la part d'une femme, cette observation est remarquable, car les femmes ne parviennent quasiment jamais à se connaître autrement que comme des "êtres sociaux", indissociables de l'espèce. A ma connaissance Simone Weil est la seule théologienne à avoir compris que la société a trouvé en Jésus-Christ son plus grand ennemi, et dans le clergé catholique romain son ultime défense au contraire.

    - On peut observer que rien ne divise plus les sociétés aujourd'hui que les "questions de société" - loin de se tenir à l'écart de ce "domaine réservé à Satan", de soi-disant chrétiens s'y tiennent de toutes parts, professant toute la gamme des opinions, mais surtout engageant la parole divine sur un terrain où elle a toujours refusé de s'exprimer. La déduction que Simone Weil fait de saint Luc peut être faite de cent versets concordants.

    Par-dessus ces controverses anthropologiques, donc idéologiques, la véritable fracture sociale, d'où viennent les séismes sociaux - l'argent. Shakespeare a ainsi fait du marchand de Venise Shylock la métaphore de "l'éthique judéo-chrétienne" - métaphore définitive.

    Ce qui constitue les sociétés modernes - l'argent -, est donc par conséquent ce qui les détruit inexorablement. De sorte que l'on peut dire que dieu n'intervient pas dans la marche des sociétés, qui appartiennent et appartiendront jusqu'à la fin des temps à Satan.

    Il y a donc une forme de satanisme qui consiste à vouloir redresser ou réformer la société au nom de Satan (cf. Nietzsche), et une forme de satanisme supérieure en puissance qui consiste à vouloir redresser la société "au nom de Jésus-Christ". C'est dans cette dernière direction qu'il faut regarder pour discerner l'Antéchrist et la bête dont le nombre est 666. Dans les temps modernes, nous dit le prophète Shakespeare, un suppôt de Satan qui ne s'avance pas derrière l'argument de la foi chrétienne est comme officier de cavalerie qui préfère charger à cheval plutôt qu'avec un char blindé.

    Les petits profanateurs de tombes ridicules ne sont d'aucune utilité à Satan, sauf pour faire diversion. Ces gosses sont simplement aliénés, suivant les méthodes éducatives modernes : ils ignorent où est la vertu, et qu'elle est bien plus satanique que le vice. Ce sont des boucs émissaires.

     

     

  • Fin du Monde

    Ce qui garantit la fin du monde occidental n'est pas tant ses errements économiques ou écologiques, comme on dit aujourd'hui, que l'étouffement de la science par les sciences sociales ; c'est en effet ce que cache l'expression de "science sociale" - l'idolâtrie de la science. Comme l'idolâtrie est le contraire de l'amour, l'idolâtrie est le contraire de la science.

    Cette haine occidentale de la science, sous couvert d'apologie, est un phénomène auquel il est difficile de ne pas accorder une cause surnaturelle. L'explication que donne Nitche à la décadence dans son chapitre "Humain, trop humain", si elle fournit quelques clefs et pistes, ne débouche pas moins sur une impasse (*comme je l'ai déjà expliqué sur ce blog dans plusieurs notes, comment attribuer le cancer de l'anthropologie au christianisme, alors même que les écritures saintes s'opposent à un quelconque calcul anthropologique).

    Les écologistes admettent en général qu'il est aussi difficile de remédier à la gabegie économique de l'Occident qu'il est facile d'en faire le constat. Tous ne voient pas à quel point les élites politiques sont contraintes par la fatalité, comme un paquebot lancé à vive allure vers un iceberg aperçu trop tard. Il est aussi difficile pour un homme politique d'être écologiste que d'être honnête, au stade populiste de la civilisation occidentale.

    Eh bien, ce qu'il est impossible de faire dans le domaine, somme toute primaire de l'économie, on peut encore moins concevoir que cela puisse être accompli dans le domaine de la science ; en effet, si la gabegie économique représente une menace, à terme, pour les élites politiques, la science, quant à elle, n'est d'aucun profit social ou politique. Shakespeare et Marx ont montré à quel point l'histoire et l'art politique sont deux domaines étrangers l'un à l'autre. On ne peut retirer aucune leçon de l'histoire sur le plan politique, mais seulement sur le plan individuel. Jamais aucune leçon n'a été retirée de l'histoire sur le plan politique, bien que la culture totalitaire s'efforce de démontrer l'inverse.

    Il est légitime de se demander, à la suite de Bacon-Shakespeare, si l'attentat contre la science n'est pas la finalité poursuivie par la civilisation occidentale. Le progrès de la science, explique Bacon, se heurte à la condition humaine, et par conséquent à la politique, dans la mesure où celle-ci n'a pas d'autre but que de procurer à l'humanité un certain équilibre, compte tenu des lois de la biologie. Or la politique moderne s'appuie sur les sciences sociales, ce qui fait d'elle une politique, non pas seulement étrangère au domaine scientifique, mais hostile. La prétention de la politique occidentale totalitaire est d'apporter un remède à la condition humaine. Cette prétention ou cette promesse est comme un poison versé dans l'oreille du peuple.

    On objectera que la fin de la civilisation occidentale insane n'est pas la fin du monde à proprement parler. On objectera que la civilisation peut repartir de zéro, voire qu'il y a eu au cours du temps des civilisations-champignons, comme il y a des villes-champignons.

    Ce serait manquer d'observer ce qui fait la caractéristique de l'Occident moderne, à savoir non seulement la domination du reste du monde par la force et par la ruse démagogique, mais en outre l'Occident moderne se présente comme une civilisation ultime et définitive, une solution heureuse au monde.

    Les civilisations et les nations ne sont pas seulement menacées par la folie et l'aliénation, les catastrophes écologiques provoquées par la gabegie d'élites orgueilleuses, elles le sont aussi par la science.

     

     

     

     

  • Athéisme(s)

    S'il a pu autrefois s'élever au niveau de la critique, l'athéisme ne paraît plus que superstition désormais. Pour décrire l'athéisme religieux voire dévot, on pourrait parler "d'athéisme porteur d'espoir". La cause de cette culture athée est sociale ; son clergé les fonctionnaires en charge de l'instruction des jeunes Français. Suivant l'observation de Marx ou Péguy, le curé s'est métamorphosé en instituteur ; il faut mentionner ici une nouvelle étape de la métamorphose : la publicité, qui au cours des dernières décennies a ôté aux milices enseignantes une part de leur pouvoir de modeler les consciences.

    - Ni les philosophes des Lumières, ni la Révolution française ne sont "athées" au sens où on l'entend communément aujourd'hui. L'esprit chrétien de la Révolution française, suivant la thèse hégélienne, n'en est pas moins contestable - mais elle ne l'est pas plus.

    On ne rencontre plus d'athée comme Diderot, espèce en voie de disparition. L'athéisme de Diderot ne s'oppose pas directement à la foi chrétienne de Rousseau ou au déisme de Voltaire. Diderot confronte la doctrine catholique aux écritures saintes et met ainsi la doctrine catholique en face de certaines contradictions manifestes. Cette méthode de contestation, mise en oeuvre par plusieurs philosophes des Lumières (Voltaire souligne ainsi l'incohérence théologique des propos de B. Pascal) est complètement désuète ; plus aucun athée ne procède ainsi, car la plupart des athées aujourd'hui sont des dévots, ignorant à la fois les évangiles et la doctrine catholique romaine. En s'embourgeoisant, le savoir est devenu une vague culture, offrant peu de résistance à la propagande cinématographique.

    Il convient de parler d'athéismes "au pluriel", car il existe plusieurs types de "consciences athées" différentes, voire opposées. L'athéisme-satanisme de Nietzsche (contre-culture relativement vivace aux Etats-Unis) met en lumière cet aspect ; en effet, du point de vue nitchéen, c'est le christianisme qui est un athéisme, et le satanisme qui est une religion authentique, rationnelle et bénéfique du point de vue social. L'intérêt de Nitche (par rapport à Diderot),  tient à ce qu'il est un doctrinaire. Son éducation protestante lui permet de comprendre l'absurdité de la notion de "culture chrétienne". Le mépris du Messie des chrétiens pour la culture est, de fait, absolu.

    L'athéisme comme produit ultime de la culture chrétienne est la forme d'athéisme désormais la plus répandue, la plus proche de la superstition. C'est un tel athéisme que la notion de laïcité recouvre ; le nom de "pacte bourgeois" conviendrait mieux à la laïcité, ses curés et ses adjudants. Cette culture n'ira pas au-delà de la faillite des banques.

    L'athéisme de Marx, enfin, est une notion incertaine, même si les staliniens croient dur comme fer dans cet athéisme. Marx est avant tout un esprit critique ; par conséquent, si l'esprit critique est un don humain, on peut dire Marx "athée" ; mais si vous pensez comme moi que l'esprit critique est une chose divine, dans ce cas la réputation d'athée faite à Marx est abusive.

    Il convient de se demander ici si Satan ne confère pas aussi l'esprit critique ? La réponse chrétienne est : non : Satan est ce dieu qui ne tient pas à ce que ses fidèles en sachent trop sur lui. La science dispensée par Satan se limite au savoir-vivre, c'est pourquoi une majorité d'hommes sensés se prosternent devant lui.