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  • Christianisme & Histoire

    Les chrétiens se comportent ordinairement comme s'ils étaient les seuls détenteurs de la vérité historique. J'ai récemment échoué à expliquer pourquoi à l'auteur d'un blog réactionnaire et néo-païen.

    Tentons donc d'y remédier ici. Il ne s'agit pas de nier l'existence d'historiens païens dans l'Antiquité, capables de relater avec exactitude des événements politiques majeurs. Mais l'apocalypse chrétienne, récit mythologique, indique que le monde a une issue, ce qui fait une différence radicale avec la culture de vie païenne qui postule le sempiternel recommencement du monde, et l'organisation sociale suivant les lois de la biologie (transposées dans l'ordre politique et culturel). La doctrine néo-païenne de Nietzsche proscrit ainsi logiquement l'Histoire. L'Histoire ne peut qu'être une mystification chrétienne selon Nietzsche, qui rejeta son éducation protestante jusqu'à se faire le porte-parole du satanisme.

    Tandis que le but d'un "historien chrétien" sera de mettre à jour et d'élucider le sens de l'histoire, c'est une tout autre fonction que l'historien païen donnait à l'histoire - une fonction essentiellement morale et politique. On reconnaît au contraire l'historien chrétien authentique dans la quête d'une vérité universelle qui dépasse le registre terre-à-terre (anthropologique) de la politique et de l'éthique.

    Cela peut paraître étonnant à ceux qui conçoivent l'Histoire comme une science moderne, fondée sur la précision des faits, mais l'histoire chrétienne se présente sous la forme d'un récit mythologique synthétique. Elle n'est pas une science humaine.

    L'apocalypse et l'eschatologie dérangent les plans de tous les soi-disant chrétiens occupés à tirer parti du message chrétien sur le plan politique, et qui bravent ainsi effrontément la parole divine, probablement incrédule dans le châtiment de dieu.

    L'apocalypse a ceci d'extrêmement dérangeant pour les élites des nations dites "chrétiennes" qu'elle prive ces élites d'une quelconque légitimité. C'est ce qui explique que l'apocalypse, au cours de l'ère chrétienne, ait pu être occultée, minimisée, sabotée, en dépit de sa logique concordante avec les évangiles admis officiellement.

    Bien que le clergé catholique romain soit beaucoup plus suspect de vouloir jeter le voile sur l'apocalypse, en raison de la collusion notoire de ses hauts dignitaires avec telle ou telle élite politique, l'exemple du luthéranisme est beaucoup plus significatif. En effet, la réforme protestante s'est d'abord appuyée sur l'apocalypse afin de dénoncer l'iniquité des papes romains siégeant à Rome dans des pamphlets illustrés restés célèbres. De fait, l'apocalypse insiste particulièrement sur le détournement de la foi chrétienne au cours de l'histoire. Devenu ensuite la religion officielle de nombreux Etats germaniques ou nordiques, le luthéranisme et son clergé se sont peu à peu débarrassés de l'argument eschatologique, obstacle pour ériger le protestantisme à son tour en culte national.

    L'Histoire chrétienne est donc destructrice de l'idée de "civilisation chrétienne" ; à cet égard, la philosophie chrétienne hégélienne est une imposture aisément décelable pour un chrétien, qui ne s'étonnera pas qu'elle ait force de dogme dans l'Occident moderne - de substitut aux anciens dogmes catholiques romains. Le chrétien ne s'attend pas à la manifestation de la vérité ou de la paix sur la terre, mais bien plutôt au triomphe de l'Antéchrist dans le monde.

    On pourrait citer de très nombreux littérateurs ou artistes soi-disant chrétiens hostiles à l'apocalypse. Il est préférable d'indiquer que la croyance dans la survivance de l'âme au-delà de la mort, reliquat de l'ancienne foi païenne, permet de confondre ces littérateurs.

    Il s'agit-là en effet d'un "emprunt" (parfaitement illégitime) à la culture païenne. L'eschatologie chrétienne et le sens apocalyptique de l'histoire sont RADICALEMENT INCOMPATIBLES avec un tel mysticisme, dont on peut constater qu'il a persisté bien au-delà de l'emprise légale du clergé catholique romain. Cette persistance indique la nécessité, sur le plan social, d'une telle foi, au contraire de l'histoire dont l'usage est nul sur le plan social.

    De très nombreux indices permettent de reconnaître en Shakespeare un historien chrétien authentique. A commencer par son entreprise de démolition systématique du "roman national" britannique.

    Peintre habile, peu soucieux du sens de l'Histoire et de la révélation, l'historien tirera au contraire des événements historiques une fresque propice à justifier la culture nationale. Shakespeare invite à voir au-delà de l'apparence trompeuse de "l'Occident chrétien".

  • La possédée d'Avila

    Thérèse d'Avila (1515-1582) est une nonne (carmélite) originaire de Castille, proclamée sainte par l'Eglise romaine au début du XVIIe siècle, et docteur de cette Eglise de surcroît.

    Les ouvrages de cette nonne sont publiés désormais dans la collection Pléiade, censée incarner le raffinement de la culture française moderne.

    Thérèse d'Avila est communément présentée comme une religieuse mystique catholique. Or le christianisme est la religion la moins mystique de tous les temps, puisque c'est une religion apocalyptique, c'est-à-dire une religion du dévoilement de dieu à ses fidèles "à la fin des temps".

    Le qualificatif de "mystique" pose d'emblée problème. Les soi-disant historiens qui en usent pour Th. d'Avila ignorent manifestement le sens des évangiles et du christianisme.

    Il faut évoquer ici un autre aspect, lié au mysticisme religieux, à savoir le caractère sacrificiel de ce type de religion ; une des preuves que le christianisme n'est pas mystique, c'est qu'il met un terme définitif au rapport sacrificiel que les dévots entretiennent avec leur(s) divinité(s) ; que l'on se souvienne ici de la colère de Jésus dans le temple juif contre les pharisiens - ou plutôt : que les soi-disant chrétiens qui prétendent que le christianisme est un culte mystique s'en souviennent !

    Le christianisme n'est pas non plus "moderne", car il affranchit du rapport mystique et sacrificiel entre le citoyen moderne et l'Etat, c'est-à-dire un dieu qui, en comparaison des anciennes divinités païennes, est plus abstrait (les objets de culte que sont les oeuvres d'art modernes le sont aussi pour cette raison).

    Le christianisme souligne par contraste que la sexualité est le fondement des cultes mystiques païens. Si le christianisme, pour sa part, n'est pas mystique, c'est parce qu'il est "indéterminé sexuellement", pourrions-nous dire pour employer le vocabulaire moderne. La spiritualité chrétienne évangélique est PURE DE TOUT MOTIF CHARNEL. Il est important de le souligner, à l'heure où les évêques romains font l'apologie de la fornication (je pense ici par exemple à ladite "théologie du corps" apostate de l'ancien souverain pontife polonais Jean-Paul II).

    Thérèse d'Avila mérite-t-elle cette réputation de "mysticisme", terme que le chrétien peut assimiler au vu des saintes écritures à la possession satanique ? Il faut dire ici que la pente naturelle de chacun des individus de chair et de sang que nous sommes est au mysticisme, à nous forger des idoles et des espoirs en conformité avec notre appétit sexuel. Aussi peut-on dire que le christianisme authentique a aussi peu d'adeptes que la science "consciente" (consciente de quoi ? consciente du caractère mystique des "nouvelles technologies").

    Or de nombreux indices laissent penser que le mobile de Thérèse d'Avila fut sexuel, c'est-à-dire anthropologique. Non seulement la statue du sculpteur baroque/décadent Le Bernin, représentant cette nonne en extase, mais d'autres indices d'une foi marquée par le préjugé médiéval. La dissociation anthropologique, mais non scientifique, entre le corps et l'âme, est en effet un héritage des mystères de l'ancienne Egypte, véhiculés par Platon, puis par le monachisme catholique occidental au moyen-âge. Un tel mysticisme n'a aucun fondement évangélique.

    La dévotion particulière de Thérèse d'Avila pour "le Christ à la colonne", ainsi que les prétendus "exercices spirituels" masochistes qu'elle conseille à ses consoeurs, signale là encore un mobile sexuel. Le masochisme est en effet emblématique, non pas du christianisme mais de l'aspiration sexuelle féminine à l'autodestruction, caractéristique de l'éthique moderne totalitaire (propice pour cette raison aux massacres d'Etat et aux génocides).

    Si Thérèse d'Avila séduit toujours les élites cultivées, en dépit du caractère médiéval et catholique de sa doctrine, c'est pour la raison que la culture moderne totalitaire, bourgeoise et démocratique, emprunte largement à la culture médiévale catholique.

    Je crois en outre que Thérèse d'Avila est appréciée au sein de la secte psychanalytique pour la raison suivante : on peut l'étudier sous l'angle de sa psychose masochiste et du refoulement d'une sexualité trop virile et extériorisée. De plus les adeptes de la psychanalyse ont conscience que mettre en avant le mobile sexuel d'une prétendue théologienne ou docteur de la foi catholique revient à faire la preuve de l'athéisme de sa doctrine, c'est-à-dire du caractère anthropologique de son propos. Evincer dieu peut être un moyen pour le clerc, le thaumaturge ou le sorcier, le philosophe, d'accroître son pouvoir.

    La meilleure preuve de la possession satanique de Thérèse d'Avila est sa propre interrogation sincère à propos des manifestations de son mysticisme. La nonne s'est en effet demandée si elle n'était pas le jouet du diable. La part du miracle demeure en effet immense dans une société, la nôtre, qui n'a exploré qu'une faible part du cosmos - je dirais même plus, dans une société dont la communauté scientifique est incapable de donner une définition ou une explication de l'intelligence humaine, par conséquent de la conscience. Notre société moderne, en particulier, donne raison à J.-J. Rousseau lorsqu'il fait l'observation que le développement des sciences humaines entraîne un recul paradoxal de la connaissance de l'être humain.

    Or ce doute - suis-je possédée ou non ? - n'est pas chrétien. En effet, comment l'apôtre Paul pourrait-il faire une description dans ses épîtres de l'antéchrist et de sa domination sur le monde, s'il était possédé ou ne serait-ce qu'en proie au doute ? Je prends exprès l'exemple de Paul, car les esprits modernes lui vouent une haine tenace, pour une raison précise - Paul de Tarse, pour se plier à l'exigence catholique du Messie, a aboli le clergé ; or il n'y a pas de culture plus cléricale et scolastique que la culture moderne.

    Ajoutons que Shakespeare est le meilleur antidote au mysticisme catholique, dont il met à jour dans de nombreuses pièces la racine sociale ou anthropologique, et par conséquent antichrétienne.

  • Satan dans l'Eglise

    Les médias font actuellement de la publicité à une affaire de moeurs impliquant un haut dignitaire de l'Eglise romaine. Le nonce apostolique Mgr Wesolowski, représentant de l'évêque de Rome en République dominicaine, est en effet soupçonné d'avoir séduit (avec de l'argent) et abusé sexuellement de jeunes garçons à maintes reprises. Dénoncé en République dominicaine, il était retourné à Rome. Le scandale public oblige la police et les juges du Vatican à la juger prochainement.

    Quelques remarques à propos de ce fait divers s'imposent ; mais d'abord notons l'attitude ambiguë des médias, qui condamnent officiellement la violence et les débordements sexuels, en même temps qu'ils tirent des profits gigantesques du spectacle qu'ils offrent et de la fascination du grand public pour ce type de spectacle, sans doute moins sanglants que les jeux du cirque, mais qui jouent néanmoins un rôle politique de sidération des masses.

    - Mgr Wesolowski est un représentant de l'évêque de Rome et non de Jésus-Christ. Un fait simple l'indique : il n'y a pas de "monsignore" ni de haut dignitaire dans l'Eglise de Jésus-Christ, qui a demandé à ses apôtres de ne pas l'appeler "maître" mais "frère", et exigé d'eux qu'ils n'appellent "père" que dieu seul. L'exigence évangélique diffère radicalement de l'exigence sociale dont dérive l'Eglise romaine. Dans cette affaire, l'Eglise catholique s'est comportée comme une institution. En effet, TOUTES LES INSTITUTIONS s'efforcent de dissimuler leurs infractions et leurs crimes quand elles en commettent, au nom de la préservation de l'institution. Aucune institution n'est transparente, de même qu'aucune élite ne l'est.

    - Le prochain procès de ce Mgr Wesolowski par les autorités judiciaires du Vatican est une parodie de procès : aucun tribunal humain ne peut se prévaloir de Jésus-Christ ou de Dieu qui, seul, sonde les coeurs. L'origine du scandale est dans cette officialité chrétienne, et c'est exactement là que se loge le satanisme, opérant son oeuvre de division des hommes et d'occultation de la vérité. De surcroît, il est impossible sur la foi des évangiles de définir une sexualité "normale", et par conséquent d'autoriser ou de prohiber tel ou tel comportement sexuel.

    C'est là le point de départ de l'aliénation mentale du clergé catholique. En effet, pourquoi Jésus-Christ est-il chaste ? Parce que c'est un homme libre, et c'est cette liberté qui en fait un être divin. La chasteté du Messie est la conséquence de son immortalité, et non sa cause. Le principe de la chasteté du clergé romain est par conséquent irrationnel et non évangélique.

    - Il semble utile de remarquer que la doctrine catholique, en fait de christianisme, véhicule une philosophie platonicienne dont le clergé catholique est largement imprégné depuis le moyen-âge. Or Platon, non seulement est pédéraste, mais justifie le bienfait de la pédérastie sur le plan de sa vocation philosophique. La pédérastie, explique-t-il, le "libère" des obligations familiales qui sont le lot de beaucoup d'hommes, le rendant ainsi plus disponible pour les oeuvres civiques. Au regard de la culture grecque, le propos de Platon n'est pas indécent. Mais l'on peut redouter l'influence de la philosophie platonicienne sur les moeurs du clergé catholique, dans un contexte où le commerce sexuel pédérastique n'est pas organisé, comme il fut du temps de Platon.

    Les évangiles, quant à eux, n'ont AUCUNE VOCATION CIVIQUE OU SOCIALE. La porte est fermée dans le nouveau testament à toutes les tentatives de réduire le message du Messie au plan social, avec une fermeté et une intransigeance éternelles.

    - S'en remettre à la psychologie et à l'art psychanalytique pour choisir de retenir ou d'éliminer tel candidat au sacerdoce catholique romain, suivant la proposition de l'ex-évêque de Rome J. Ratzinger est une suggestion parfaitement inepte. La psychanalyse n'est pas plus scientifique que les probabilités économiques ne le sont. Il faut beaucoup de superstition pour faire confiance à la psychanalyse, et cette superstition-là n'est pas chrétienne. Elle est allemande. Où sont les preuves de l'efficacité de la psychanalyse en termes de prédiction ? Beaucoup plus nombreuses sont les preuves de son inefficacité. L'aliénation mentale recule-t-elle aux Etats-Unis, nation superstitieuse où les médecins psychiatres sont tenus pour des savants et la psychanalyse pour une science ? Aux Etats-Unis, dont la population vit très largement sous une camisole chimique ?

    En somme, pour avoir confiance dans la psychanalyse, il faut être platonicien.

    - Un dernier point. La condamnation de l'abus sexuel commis sur des enfants, comme un crime d'une gravité extrême, par les représentants d'une société dont la culture concourt largement à l'infantilisme, revêt le caractère d'extrême tartuferie. Les enfants sont en effet les premiers sacrifiés sur l'autel de la vanité de l'Occident.

     

  • Insecte

    Modernité = ce qui meurt bientôt.

    La mort est la grande actionnaire du monde moderne. 

  • Contre Einstein

    - De tout temps la science a eu un impact sur la théologie, et la théologie un impact sur la science. Si la théologie semble avoir été mise entre parenthèses depuis un ou deux siècles en Occident, c'est parce que le progrès scientifique est devenu peu à peu un objet de foi.

    Autrement dit, religion et foi sont amalgamés dans la "culture scientifique" moderne ; l'expression même de "culture scientifique" est une expression plus religieuse que scientifique, bien qu'elle soit largement admise. Il n'est pas rare que telle hypothèse scientifique moderne soit doublée d'un "credo" religieux ; ainsi certains théoriciens du transformisme biologique (évolutionnisme) professent simultanément leur foi dans la démocratie.

    On peut le constater en les étudiant, tous les savants modernes, qualifiés de promoteurs ou pères de la science moderne, étaient également "théologiens", c'est-à-dire préoccupés par des questions théologiques et la correspondance de leurs hypothèses scientifiques avec la bible. On peut citer les hypothèses du mathématicien Galilée sur la forme de l'enfer ; on pourrait citer une foule d'exemples. Ces préoccupations théologiques ne signifient pas que tous ces savants étaient des théologiens rigoureux, mais témoignent de la conscience de l'interaction entre la science et la foi religieuse ou la théologie.

    - Il n'y a donc rien d'étonnant à ce que des questions d'ordre religieux ou théologique aient été posées à A. Einstein, mathématicien connu pour une théorie relativement obscure dite de la "relativité". C'est plutôt le contraire qui est étonnant, à savoir que le célèbre mathématicien n'ait accordé qu'un intérêt limité à la théologie. A. Einstein est un homme de son temps, contemporain de nouvelles croyances et religieuses telles que la foi dans le progrès social ou la démocratie. Ses opinions sur le christianisme, le judaïsme, et même Spinoza qu'il disait admirer, sont assez vagues et contradictoires.

    - Je ne crois pas que A. Einstein soit le "génie de la science", proclamé tel un peu partout, y compris dans l'université. A. Einstein est certainement l'héritier des mathématiciens et des mathématiques modernes (XVIIe) et sa théorie de la relativité confère aux technocraties modernes une sorte d'aura scientifique. L'objection scientifique n'est pas tant contre Einstein lui-même que contre les "mécaniciens" et la validité de la modélisation mathématique de l'univers. La "géométrie algébrique", rhétorique pure, véhicule un préjugé en faveur du temps, préjugé que la science d'Einstein porte à son paroxysme. Bien sûr aucun esprit scientifique ne peut souscrire au dogme sur lequel l'hypothèse d'Einstein débouche, suivant lequel le prisme humain, l'intelligence humaine, contient l'univers, sous le seul prétexte qu'elle en contient une définition.

    "Je ne crois pas à l'immortalité de l'individu, et j'estime que l'éthique est d'un usage strictement humain, sans autorité supérieure à l'homme derrière." A. Einstein

    Profession de foi athée assez banale. Einstein n'admet pas l'autorité supérieure de la nature en matière d'éthique, ce qui peut sembler curieux pour un physicien et est sans doute caractéristique de la culture bourgeoise moderne et de sa foi dans le progrès. Il n'y a pas "d"éthique chrétienne", car il n'y a pas d'éthique ou de morale "universelle".

     

  • Intolérance chrétienne

    Le Christ se montre le plus intolérant avec la bêtise humaine. Pour ma part je songe avec assez d'effroi à la bêtise qui fut la mienne lorsque j'avais une vingtaine d'années et que je poursuivais plusieurs lièvres à la fois sans m'en rendre compte : le bonheur, l'art, l'amour, l'art, la liberté, etc., égaré dans le labyrinthe de la culture moderne.

    Ainsi le Christ est parfaitement intolérant là où la politique, cette science humaine, par l'homme et pour l'homme, se montre, elle, tolérante. Non seulement la bêtise humaine ne nuit pas au gouvernement des hommes, mais les hommes intelligents sont plus difficile à gouverner. Au stade totalitaire, l'encouragement à la bêtise constitue même un mode de gouvernement inspiré du machiavélisme démagogique romain.

    Une querelle divisait les savants de la chrétienté, avant notre ère totalitaire (dont on peut dater le début au XVIIe siècle et l'avènement des mathématiques dites "modernes"), à propos de la Genèse et de "l'arbre de la connaissance". Le clergé catholique, artisan de la compromission avec le pouvoir politique et moral civil tenta d'associer la science au péché, quand bien même c'est la bêtise qui l'est, "science politique" y compris. Francis Bacon répond que "l'arbre de la connaissance du bien et du mal" n'est pas le symbole de la science, mais de l'éthique, de la philosophie naturelle. Le serpent dans l'arbre le confirme, symbolique lui aussi de la culture de vie.

    La philosophie naturelle satanique de "l'éternel retour" est un veto opposé à la science et à l'histoire. La nature indique un "bon sens" moral et politique ; la science en montre un autre.

     

  • Anarchie et christianisme

    Dans une gazette, un anarchiste d'aujourd'hui s'étonne : - Comment un chrétien pourrait-il se ranger derrière la devise : "Ni dieu, ni maître !" ?

    Il ne s'est donc pas avisé que le seul dieu qui justifie les maîtres, c'est Satan. C'est sans doute pour éviter tout quiproquo que Jésus-Christ a demandé à ses apôtres qu'ils cessent de lui donner du "maître".

    Quant à ce nouveau maître à la mode, "le peuple souverain", prothèse des puissants de ce monde, cet anarchiste pourra vérifier que les évangiles ne fournissent aucune caution à la démocratie. Si les démocrates-chrétiens ne manquent pas de culot, ils n'ont aucun fondement.

    Et la révolution, dont la démocratie est le fruit ? On peut lire l'anarchiste chrétien Shakespeare qui dit : - La révolution revient au même... et vérifier si Shakespeare a menti.

  • Anarchie et christianisme

    Refuser de s'inscrire dans une perspective d'avenir, c'est refuser de faire partie de la société.

    "Celui qui veut sauver sa vie la perdra." dit l'évangile, afin de préserver l'homme de toute rêverie politique.

    "Laissez les morts enterrer les morts." est de surcroît dissuasif d'avoir foi dans une quelconque doctrine sociale, car il n'y a pas de société sans culte des morts, y compris les sociétés qui se définissent comme étant "irréligieuses" ou laïques.

    C'est pourquoi le philosophe réactionnaire F. Nietzsche définit à juste titre la religion chrétienne comme une religion essentiellement anarchiste. S. Freud vilipende la religion de Moïse à peu près pour la même raison. En revanche Nietzsche est de mauvaise foi quand il accuse les chrétiens d'avoir inventé l'éthique moderne, sans doute catastrophique.

    Face à l'anarchiste Jésus-Christ, Ponce-Pilate ne peut que se moquer : qui est donc ce "roi des rois", dont le royaume n'obéit pas aux lois de la nature ? Pourquoi craindrait-il ce souverain indifférent à la justice des hommes ?

    A mesure que le monstre de la doctrine sociale chrétienne enfle, au gré du temps et suivant l'avidité du monde, les évangiles deviennent de plus en plus énigmatiques et inexplicables par les curés.

    "Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre." dit le Messie. Que vise la doctrine sociale de l'évêque de Rome, si ce n'est la paix sur la terre ?

  • Banalités pendant l'été

    Des proches me font déjà remarquer, à demi ironiques, que j'évoque parfois les artistes, écrivains ou philosophes du passé, comme si je les avais côtoyés. C'est mon côté "nécromancien".

    Cette remarque tient au mélange de détails que je donne et, j'espère, à mes efforts pour faire des portraits concis et les moins subjectifs possible.

    Je dois répondre que, si la jouissance et le bonheur obligent à tenir compte du temps qui passe, la science, elle, ne peut tenir compte de la mode.

    Parmi les préjugés qui m'amusent chez les personnes plus marquées par l'esprit du temps que moi, l'idée selon laquelle les générations futures auront une meilleure compréhension de notre époque que nous-mêmes avons. Ce n'est pas très pratique ! C'est une idée qui reflète la connerie mathématique ou cartésienne, l'empreinte de ce raisonnement débile sur mes contemporains. Le temps n'est pas facteur de progrès.

    Un théoricien de la conscience et de l'inconscient a cru remarquer que les hommes ne veulent pas admettre volontiers qu'ils agissent inconsciemment. Ce théoricien y voit la preuve de l'attachement viscéral de l'homme à la liberté. Ce théoricien a mis à part sans s'en rendre compte toutes les élites modernes, et encore toutes les personnes qui font crédit à telle ou telle doctrine sociale plus ou moins hypocrite. Le mouvement des sociétés est inconscient - plus encore celui de la société moderne.

    Qui plus est, je justifie ma nécromancie comme ceci : les artistes, écrivains, philosophes, savants du passé, se dérobent beaucoup moins à la connaissance que la plupart de mes proches ou de mes contemporains. Il est une qualité que l'on retrouve peu aujourd'hui, c'est la naïveté. Encore moins chez les femmes, bien sûr, puisque c'est la profession des femmes de vivre aux dépends de la naïveté des hommes (ainsi les femmes n'aiment guère les hommes trop féministes, car ils sont de deux espèces : ou bien trop crédules et faibles, ou bien beaucoup trop rusés).

    Ce qui rend les femmes aussi énigmatiques, et inintéressantes par conséquent, à moins d'aimer les casse-têtes, c'est leur faculté à se mentir à elles-mêmes.

    Mes proches, pour beaucoup d'entre eux, sont des fantômes insaisissables.

     

     

  • Histoire contre économie

    J'écoute pendant quelques minutes le discours du guide suprême des Français, F. Hollande, à l'occasion de la fête nationale du 14 Juillet.

    Il est frappant de constater comme, à propos de l'Europe et du "rattrapage des Grecs" par les basques, le chef de l'Etat tient un discours sentimental. Un lycéen de classe terminale, même seulement vaguement initié aux arcanes de l'économie, peut en faire l'observation : l'Europe est un conglomérat d'intérêts industriels et bancaires, un point c'est tout. La faillite de l'Europe, son échec à former un pacte solide, tient largement à ce que ce pacte intervient à contretemps dans le processus de mondialisation de l'économie. Autrement dit, il ne reste plus qu'à espérer, c'est-à-dire à s'en tenir au degré zéro de la conscience.

    Le discours de F. Hollande est donc comparable à celui des béjaunes qui, autour du coït, brodent des tapisseries de niaiseries sentimentales, et qui, si la réalité ne vient leur botter les fesses un jour, auront vécu toute leur vie dans l'illusion, ainsi que des fantômes.

    Le terrain de l'économie est également celui où l'on remarque l'extrême condescendance de la bourgeoisie et de ses représentants à l'égard du peuple. Somme toute, l'économie n'est faite que d'actes primaires (il est aisé de prouver que l'homme descend du singe si l'on s'en tient au registre des actes économiques) : en dépit de cela, les élites se comportent comme s'il s'agissait là d'un sujet trop important pour qu'il n'échappe aux yeux du peuple, qui doit se contenter des billevesées sentimentales de son guide suprême et de ses acolytes versés dans les statistiques.

    Cette condescendance est bien sûr mêlée d'hypocrisie. Il y a lieu de croire que F. Hollande est beaucoup moins sentimental que la plupart de ses électeurs, et mieux au fait de la réalité de la guerre sans merci qui se joue à travers l'économie - il faudrait dire la guerre "totale". Parler d'économie en pleine parade militaire est, en revanche, adéquat. L'hypocrisie est faite pour ménager la place et le symbole de la démocratie, comme le discours du Tartuffe ménage dieu.

    - Des journalistes, des professeurs, des politiciens véreux, font parfois passer l'historien K. Marx pour un économiste. Mais l'un des principaux mérites de la critique marxiste est de faire valoir l'antagonisme de l'économie et de l'histoire. Marx contredit radicalement Hegel (c'est ici un point essentiel complètement occulté par la science scolastique française) et sa démonstration du progrès accompli par l'Europe depuis les "Lumières" en produisant la démonstration contraire que l'évolution brutale et violente de la société occidentale a principalement une cause économique. Exit le "sens de l'histoire" idéologique forgé par Hegel (dont la manifestation la plus familière est l'art moderne conceptuel, présenté par Hegel comme une preuve de progrès).

    Le ressort essentiel de l'économie prive donc la bourgeoisie de la conscience historique. L'étude économique de Marx incite à antidater l'essor du régime bourgeois et à ne pas tenir compte du "détail" de la prise de la Bastille, pittoresque et mystique ; dater l'essor de la bourgeoisie du XVIIe siècle, c'est tenir compte de l'éradication préalable des pouvoirs intermédiaires dans la constitution de l'Etat totalitaire bourgeois. Lénine a eu conscience a posteriori, il l'a écrit noir sur blanc, d'avoir accompli en Russie une oeuvre similaire à celle accomplie par Louis XIV.

    Marx n'est pas non plus "keynésien", puisqu'il détruit l'idée démagogique sur laquelle repose l'incitation aux politiques keynésiennes, à savoir l'encadrement de la finance par l'Etat et ses fonctionnaires. Cette démagogie est proche de la nullité où se situe ladite doctrine sociale de l'Eglise catholique en matière économique, ou encore de l'extrême-gauche syndicaliste. Le marxisme ne nie pas la configuration irrémédiablement brutale et inégalitaire des sociétés. C'est d'ailleurs ici le point de convergence entre Marx et Balzac : s'il y a une issue à l'abomination du monde, elle ne peut pas être sociale, puisque la racine de l'abomination est sociale.

    Marx n'est pas un économiste, enfin, car la critique marxiste, contrairement au stalinisme, n'oriente vers aucune thérapie économique. Marx se veut scientifique, et non un de ces économistes dont les ressources n'excèdent pas celle d'une voyante et sa boule de cristal, dont tout l'art est de faire passer leur ignorance pour un savoir.

    Le philosophe réactionnaire F. Nietzsche qualifie la culture occidentale judéo-chrétienne de "culture de mort" (d'où son féminisme). Une analyse de son économie mène au même constat. La soumission au calcul économique est une forme de fatalisme, non pas vertueux comme celui des cultures de vie païennes traditionnelles, mais indexé sur la mort. Shakespeare, dont le parrainage est indiscutable sur Marx, le dit déjà en des termes plus tranchants : la culture spéculative occidentale s'oppose en vain à la mort.

    Ce que cherche l'historien Marx, ce ne sont pas de bonnes pratiques économiques, mais bien plutôt à échapper au paradigme économique. Quelle activité peut s'exercer en dehors même du carcan de l'économie (c'est-à-dire du sexe) ? Marx répond : la science et l'histoire. 

     

  • Du culte laïc

    Dans la mesure où elle est étroitement liée à ce qu'il est convenu d'appeler "existentialisme", la laïcité mérite le même épithète "d'onanisme" attribué par Marx à la philosophie boche moderne. "Onanisme", parce que Marx n'ignore pas que tout ce remugle de philosophie remonte au moyen-âge et à un branlement de moines mélancoliques.

    Un article publié dans "Le Monde" fustigeait récemment "l'intégrisme laïc", en raison de l'intolérance de ses adeptes ; le principe de responsabilité incite au contraire à inculper le haut clergé laïc, et non les petits frères prêcheurs de la laïcité les plus radicaux. Le haut clergé laïc est beaucoup plus près de savoir l'ineptie du culte mystique laïc, son absence de fondement historique (la philosophie des Lumières n'est pas une philosophie "laïque"), en même temps qu'il en tire un profit beaucoup plus grand que le bas clergé "intégriste".

    La laïcité cache-t-elle, comme certains le prétendent, un culte maçonnique ? Deux faits indiquent le contraire : - de très nombreux démocrates-chrétiens se revendiquent "laïcs" (contre l'interdiction messianique de servir deux maîtres à la fois) ; la laïcité ne va donc pas nécessairement de pair avec un antichristianisme ostentatoire ; par ailleurs la franc-maçonnerie est très loin d'être incompatible avec un régime théocratique, ainsi que l'illustre l'exemple sinistre de Napoléon Ier ; la franc-maçonnerie est même une philosophie essentiellement théocratique. La France laïque n'est pas plus "maçonnique" que ne le sont les Etats-Unis théocratiques et démocrates-chrétiens. Ajoutons que la franc-maçonnerie n'est pour rien dans l'avènement de l'anthropologie, dont le culte laïc est un produit dérivé. La franc-maçonnerie n'est pas un facteur de "modernité", c'est l'Eglise catholique qui l'est.

    Autrement dit, il y a une feuille de papier à cigarette entre la "démocratie-chrétienne", qui est une sorte de "franc-maçonnerie chrétienne", et le régime de la laïcité française, prétendument neutre sur le plan religieux. On comprend que les mahométans ne soient pas dupes d'une telle casuistique.

    Pour que le régime laïc soit un régime "tolérant", sous-entendu "neutre", il faudrait que l'anthropologie moderne soit neutre. Or elle ne l'est pas ; pas plus que la science-fiction moderne n'est une science "neutre".

    D'un point de vue historique, le régime laïc peut se traduire comme un régime théocratique qui refuse de se reconnaître tel. Un culte mystique qui refuse qu'on le dise tel, mais dont les manifestations, le monopole et l'organisation religieuses ne trompent personne.

    La culture anthropologique moderne, des points de vue critiques de K. Marx ou F. Nietzsche, est décrite comme un phénomène religieux - pire, comme un fanatisme religieux. C'est plus difficile à reconnaître dans le marxisme, à cause de l'emploi malheureux du terme "démocratie" (car ambigu) - mais sans ambiguïté aucune le marxisme prône la destruction de l'Etat comme le réceptacle de l'idolâtrie.

    Au sommet de la pyramide du clergé laïc, on rencontrera nécessairement Tartuffe, celui qui sait que les élites ne peuvent se passer du secours de la religion pour soumettre le peuple à leurs caprices, mais que, comme le peuple français ne veut plus entendre parler de l'ancien clergé catholique qui l'a roulé dans la farine, une autre religion présentant le même caractère coercitif que l'ancienne, mais non le même nom, s'avère utile.

    Du point de vue chrétien, la "démocratie-chrétienne" est le pire ennemi, car l'instrument de subversion de l'amour chrétien le plus efficace.

     

     

     

  • De l'Antisémitisme

    Il est difficile de parler sérieusement d'antisémitisme en l'absence de définition du "Juif" chez la plupart des théoriciens contemporains qui traitent de cette question. Jésus-Christ était d'origine juive : tous les ennemis de Jésus-Christ, et dieu sait qu'ils sont nombreux, doivent-ils de ce fait être déclarés "antisémites" ? Car Jésus-Christ a dit : "Celui qui n'est pas avec moi est contre moi." Sentence qui vise en premier lieu ses faux frères.

    - A. Hitler était beaucoup mieux instruit de la bible que beaucoup de soi-disant Juifs qui luttent contre l'antisémitisme. En effet, Hitler s'est montré plus indulgent avec les Juifs patriotes, qui avaient rendu un service (militaire) à la nation allemande. Or, il n'est pas difficile de faire le lien - un juif qui a lu les prophéties le fera aisément - entre le patriotisme, la nation et le veau d'or. Quelle nation, en effet, ne possède son veau d'or ? Et quel veau d'or ne réclame les défenses d'une nation ? (Lisez Marx si la bible vous paraît trop désuète.)

    L'indulgence de Hitler à l'égard de quelques milliers de Juifs patriotes est donc assez logique - Moïse aurait été d'accord pour dire que des juifs sectateurs du veau d'or ne sont pas des juifs mais des traîtres.

    La question de l'antisémitisme n'est pas une question sérieuse, et ceux qui la prennent au sérieux ne le sont pas, mais présentent probablement des troubles psychiques. Ici, il est intéressant de noter que, du point de vue de Freud, la question de l'antisémitisme ne se pose pas, c'est-à-dire que cette question ne relève pas de la science. Freud s'estime citoyen allemand, et considère Moïse comme un dangereux anarchiste. Freud n'est donc pas très éloigné de l'antisémitisme pur (dépourvu de démagogie) de F. Nitche.

    Comment les juifs (ou les chrétiens) pourraient-ils avoir une place "à part" dans la société, alors que leur religion les dissuade d'en revendiquer une quelconque ?

    Quant à la "victimisation", procédé proche de ce que Nitche qualifie de "moraline moderne", dénonçant une éthique truquée (dépourvue de fondement naturel), il faut dire que la "victimisation" ne répond pas plus à la demande des victimes que la démocratie ne répond à la demande du peuple. La victimisation n'est donc qu'une ruse au service des élites bourgeoises, au même titre que la démocratie - elle est absolument sans rapport avec le judaïsme ou le christianisme (contrairement à ce que prétend Nitche).

    La question d'une nation satellite des Etats-Unis "démocrates-chrétiens", Israël, qui a choisi de se dire "juive", en dépit d'institutions soumises au veau d'or - cette énigme apparente prévaut largement sur la question de l'antisémitisme, conçu comme un péché moderne.

    Le Shylock de Shakespeare n'est pas le fruit d'une réflexion antisémite d'un auteur parfaitement instruit de la détermination de Moïse contre le veau d'or. Il est un avertissement de Shakespeare touchant à la putréfaction des institutions humaines dans les derniers temps ; Shakespeare prophétise l'avènement d'apparences aussi trompeuses que peut l'être celle d'un usurier réputé juif.

     

     

  • Contre Kierkegaard

    Après avoir reçu une éducation catholique romaine, j'ai cessé de croire à la sainteté de la mission de l'Eglise romaine, persuadé que la plupart des catholiques romains adorent Satan sous le nom de "dieu", et que la parabole du figuier s'applique à cette Eglise dont le chef est à Rome.

    Je ne suis pas devenu "luthérien" ou "protestant" pour autant. Ou bien mon protestantisme se limite à rappeler que la fidélité à la parole divine, c'est-à-dire aux évangiles, prime pour un chrétien sur n'importe quelle autre espèce de fidélité.

    D'ailleurs le plus frappant pour un catholique romain qui lit Luther (j'en ai fait l'expérience), est à quel point celui-ci conserve un esprit clérical, typique du catholicisme romain. L'opposition du luthéranisme au catholicisme romain n'est pas nette, comme on l'entend dire parfois. Après tout, l'opposition au pape est si fréquente à l'intérieur de l'Eglise catholique même, depuis que cette Eglise a mis en place des tribunaux, que l'opposition de Luther ne revêt pas un caractère exceptionnel. Ce sont surtout les circonstances politiques qui furent exceptionnelles.

    Il faut ici bien comprendre ce qui fait l'esprit du catholicisme romain : c'est le caractère juridique de la doctrine catholique romaine. Dès lors que vous avez compris qu'aucune règle de droit n'a et ne peut avoir force universelle, vous ne pouvez plus demeurer dans le sein de l'Eglise catholique romaine. Shakespeare fournit ainsi l'exemple d'une opposition bien plus profonde que celle de Luther au catholicisme romain, en même temps qu'elle est beaucoup moins polémique, et donc moins flagrante pour le béotien.

    Contre le pasteur danois S. Kierkegaard, voici ce que nous pouvons dire : opposer la foi à la raison présente un risque de malentendu. La foi ne repose pas sur le même fondement que la raison ou la volonté, qui sont des phénomènes naturels. On peut prendre l'exemple des espèces animales, dont le comportement est parfaitement rationnel, en même temps que la volonté plus ferme encore que celle des hommes. Cependant les animaux n'entendent rien à la métaphysique (si l'hypothèse transformiste-darwiniste est nulle et non avenue du point de vue chrétien, c'est pour la raison qu'elle exclut la force métaphysique, contrairement à la science physique de savants plus éminents, pour qui la physique et la métaphysique coexistent dans l'univers). Pour élucider quelque peu la notion de "métaphysique", que cette dernière soit antique ou chrétienne, on peut la rapprocher de la notion "d'individualisme".

    Métaphysique et individualisme sont proscrits dans la culture totalitaire dite "moderne". Il y a une raison humaine à cela - mais comme on ne peut pas enfermer l'homme dans les limites de la raison -, la culture moderne est vouée à l'anéantissement - ce n'est qu'une question de temps.

    Mais revenons à Kierkegaard. La foi n'est pas la raison ; hélas, les spéculations de Kierkegaard tendent à rapprocher la foi de la folie, c'est-à-dire de l'ignorance de la philosophie naturelle. En cela, Kierkegaard est très moderne, suivant la caractéristique de la culture moderne qui consiste à remplacer quelque chose (la raison naturelle) par rien, tour de passe-passe où L'EGLISE CATHOLIQUE A JOUE UN RÔLE DECISIF. Il faut dire précisément : la philosophie médiévale ; mais comme l'Eglise romaine revendique cette philosophie bancale comme la pierre angulaire de son architecture doctrinale, on peut dire "l'Eglise romaine".

    Pour les chrétiens, la foi est une force supérieure à la raison. Le chrétien n'est pas un aliéné, privé du secours de la raison, un "masochiste" ainsi que le décrit l'antéchrist Nietzsche, non loin de décrire ici la morale kierkegaardienne. Le chrétien est un sage, qui connaît les limites de la raison et que celle-ci, en soi, est sans issue.

     

    Pas plus que la foi ne peut se définir comme le revers de la raison, la "vie intérieure" et les mouvements de l'âme ne sont les territoires ou le cadre de la foi chrétienne. Il s'agit là d'une casuistique entièrement platonicienne. Les évangiles ne permettent nullement de croire l'artifice intellectuel de la division de l'âme et du corps essentiel. La foi chrétienne, contrairement à la religion de Platon, ne va pas à l'encontre de la science. Il s'agit-là, de la part des moines du moyen-âge et de leurs délires théologiques, d'un emprunt aux mystères de l'ancienne religion égyptienne. Comme Kierkegaard reprend ces spéculations platoniciennes à son compte, on ne peut tenir sa philosophie pour chrétienne.

    En consacrant sur le plan juridique cette division, c'est-à-dire en limitant les effets de la foi et de la religion à la vie intérieure ou à l'intimité, l'évêque de Rome J. Ratzinger dans ses encycliques ne paraît pas s'apercevoir de la différence entre le christianisme et le bouddhisme - l'exigence scientifique du christianisme, et l'indifférence quasi-complète de cette dernière religion à l'égard de la science.

    La casuistique de J. Ratzinger est si débile que, non seulement elle est antichrétienne, mais de surcroît elle est même, sur le plan juridique seul, et de ses bénéfices en termes de vertu publique, facilement contestable. Quel païen, tenant d'une philosophie naturelle un tant soit peu sérieuse, osera prétendre que la foi est du domaine de l'intimité ? Aucun. Car ce serait comme prétendre que l'écologie est l'affaire de chacun, c'est-à-dire que chacun peut décider de ce qui est bon en matière de gestion des ressources naturelles.

    Que la foi chrétienne n'ait aucune implication politique et morale ne signifie pas qu'elle relève du domaine fictif de l'intimité. En revanche, l'enlisement catastrophique de la culture moderne dans la fiction vient de là : de la nécessité pour les élites bourgeoises chrétiennes de se justifier, ce que la parole divine leur interdit.

    Satan est derrière cette doctrine pontificale "la plus débile de tous les temps", présentée "urbi et orbi" sous l'apparence de la foi chrétienne.

      

  • Comprendre Francis Bacon

    Les papes romains ont bien raison de rendre hommage à l'université moderne. Sa contribution au maintien des peuples dans l'ignorance est en effet exceptionnelle.

    Pour moi je suis plus près de croire Rabelais vrai, à travers les siècles, quand il décrit les savants issus de l'université comme des imbéciles - des idiots, sans doute utiles d'une quelconque manière, sans quoi ils ne seraient pas payés.

    J'ai déjà parlé sur ce blog contre Michèle Le Doeuff, mais je suis à chaque fois estomaqué quand je lis cette représentante de la science moderne, par sa stupéfiante méthode. Or la science moderne peut se résumer à une méthode stérile, selon une démonstration de Bacon qui n'a pas pris une ride. Si tout est "scientifique" dans le monde moderne, à commencer par la police, c'est parce que rien ne l'est.

    Michèle Le Doeuff s'efforce vainement de résoudre l'inéquation suivante : F. Bacon est un "homme de progrès", mais il n'est pas pour autant "féministe" ; à certains propos, on pourrait même soupçonner le savant anglais de "masculinisme". A aucun moment cette femme savante ne semble s'aviser que Bacon est "physicien", et non militant. Elle ne s'avise pas non plus de l'hostilité de F. Bacon vis-à-vis de la culture médiévale, à l'origine du féminisme, le clergé catholique octroyant aux femmes un statut qu'elles n'avaient pas auparavant.

    Dans ses aphorismes, F. Bacon souligne la "virilité" de la reine Elisabeth Ire ; mais il est bien loin de prôner des règles politiques ou sociales fondées sur les exceptions ou les écarts par rapport aux lois physiques. Parce qu'elle n'a aucun sens sur le plan naturel, l'égalité ne peut en avoir un sur le plan politique et social. C'est ici la grande feinte de la société occidentale moderne - la promesse qu'elle ne tiendra jamais. Et Bacon n'a pas fourni la première pierre de l'ordre totalitaire où nous sommes.

    Par chance la prose de Bacon est assez claire pour se passer des commentaires scolastiques. Par malchance l'université a, dans les temps modernes, une sorte de monopole sur la pensée.

  • Shylock règne

    L'immonde éthique occidentale tend à déclarer "antisémite" quiconque a l'audace de parler contre l'argent et le veau d'or. En même temps qu'elles sont efficaces, les ruses de Satan sont de grosses ficelles qui ne peuvent duper les chrétiens.

    L'Occident judéo-chrétien, imposant l'argent comme une valeur universelle - la croix et l'argent ! Il faut en déduire la chiennerie de la civilisation judéo-chrétienne. Explication superficielle de l'histoire. Mieux vaut lire Shakespeare, pourfendeur du christianisme truqué des nations occidentales, ruse ultime de Satan

     

  • Politique et christianisme

    Il y a en politique peu d'appelés et beaucoup d'élus. Peu d'hommes ou de femmes sont prédestinés à faire de la politique, domaine qui exige en principe une grande vertu, c'est-à-dire une grande force de caractère.

    Combien d'hommes, ainsi, n'hésiterons-t-il pas devant la trahison de leurs principes ou ami, pour une question de sentiments, quand bien même l'intérêt commun doit prévaloir sur le sentiment ou la faiblesse particulière ?

    Et beaucoup des hommes ou des femmes prédestinés à faire de la politique sont élus, à moins qu'une force supérieure au destin vienne contrecarrer leur élection.

    L'évangile énonce au contraire que "beaucoup sont appelés, mais que peu sont élus". On comprend que rien ne prédestine quiconque à être chrétien, aucun don naturel, ni aucune culture particulière. Il y a de quoi rire pour un païen, obéissant au droit naturel et à lui seul. A une telle "égalité des chances", la nature lui paraîtra opposer un démenti formel. Mais peu sont élus, car les hommes ou les femmes échappent rarement au destin et à la flèche du temps. Encore moins, nous dit Shakespeare, ceux qui ayant conçu le dessein d'échapper au destin, se précipitent au-devant de lui (S. décrit ici un mouvement suicidaire propre à l'Occident).

     

  • Christianisme et politique

    La démocratie-chrétienne est, dans l'ordre des idéaux politiques, le plus facile à contester. Il l'est suivant le raisonnement politique : "On ne trouve nulle trace de démocratie dans la nature ; une fourmilière n'est pas une démocratie." ; il l'est suivant la logique chrétienne : "Mon Royaume n'est pas de ce monde."

    En dépit de cela, les nations et les élites les plus puissantes de ce monde sont "démocrates-chrétiennes" - puissantes non par le raisonnement, la constitution ou la science, mais par les armes, l'argent et la propagande.

    Méfiez-vous comme de la peste des "chrétiens en politique" : c'est une engeance de fous sincères, dépourvus du sens commun, dominés par des esprits fourbes.

  • Fornication catholique romaine

    Comme nous nous efforçons de le démontrer sur ce blog depuis plusieurs années, tentant ainsi de détourner de l'antichristianisme des hommes et des femmes qui se croient justes, mais qui sont trompés par les mensonges du clergé romain, ladite "doctrine catholique romaine" est une incitation à la fornication, sous couvert de combattre pour le royaume de dieu.

    - La "fornication", terme employé dans le nouveau testament et repris par les exégètes chrétiens, n'est pas l'acte de chair ou le coït à proprement parler. Il n'est pas non plus telle ou telle pratique sexuelle au sens large, considérée comme anormale dans telle ou telle culture. La fornication consiste à prêter à un acte charnel ou naturel une dimension spirituelle qu'elle n'a pas, et à poser ainsi une déviation sur le chemin étroit qui mène au salut, ramenant en enfer.

    - La "fornication" est péché contre l'esprit de dieu ou la parole divine. C'est, dans le nouveau testament, le seul péché qui déclenche la colère du Messie, contre les Juifs ou ses apôtres. La trahison de Judas l'Iscariote, même, ne déclenche pas une telle colère. En effet, qu'y a-t-il de pire que d'indiquer le salut ou l'amour chrétien là où il n'est pas ?

    - Quant à la "vertu", que les moralistes païens rapprochent de la modération, les évangiles indiquent clairement qu'elle n'est ni une condition suffisante pour le salut, ni une condition nécessaire. Quiconque parle de "morale judéo-chrétienne" ne sait donc pas de quoi il parle ; pire, il répand le poison du relativisme, c'est-à-dire de ce sentiment que l'on trouve répandu dans l'Occident contemporain sous la fausse appellation "d'individualisme"(que le comportement grégaire des peuples occidentaux dément).

    - La fornication catholique romaine est évidente aujourd'hui. Elle éclate au grand jour, par exemple, dans la débile et ridicule "théologie du corps" ourdie par l'évêque de Rome connu sous le nom de Jean-Paul II, où la doctrine catholique rompt les amarres presque de façon ostentatoire avec les évangiles. Pourquoi pas une "théologie de la chair", tant qu'on y est ? Parce que ce serait réclamer la franchise à l'antéchrist qui procède par ruse.

    Mais la fornication catholique est de longue date ; elle remonte au moins au moyen-âge, de sorte que l'on ne peut pas l'imputer au seul Jean-Paul II. La fameuse pièce de Shakespeare, "Roméo et Juliette", a ainsi le don de révéler au grand jour cet élément de fornication, central dans la doctrine catholique romaine. Shakespeare montre en effet dans cette pièce quelles sont les raisons qui peuvent entraîner de jeunes gens à se soumettre à un idéal amoureux falsifié, la passion excluant tout amour véridique. Et, parmi ces éléments, on retrouve le clergé catholique à la manoeuvre. Shakespeare vise par ailleurs dans ses sonnets le poète catholique franc-maçon Dante Alighieri, pour la même raison.

    De nombreuses notes sur ce blog permettent à celui ou celle qui le souhaiterait de reconnaître l'Adversaire à travers la doctrine romaine subversive.