mercredi, 23 avril 2008
Pyromanie
Avec l’Usure
Avec l’usure nul homme n’a maison de bonne pierre
chacune taillée, puis ajustée
afin que le décor puisse orner la façade,
avec l’usure
nul ne possède un paradis peint aux murs de l’église
harpes et luz
ni la vierge qui reçoit le message
une auréole s’élevant de l’incision,
avec l’usure
nul homme ne voit Gonzague, ses héritiers, ses concubines
un tableau n’est plus fait pour durer, pour vivre avec
mais pour se vendre et se vendre vite
avec l’usure, péché contre nature,
ton pain sera fait de chiffons, toujours plus
ton pain sera sec, comme du papier
sans le blé des montagnes, sans la forte farine
avec l’usure le trait s’empâte
avec l’usure les contours s’estompent
et nul homme sur terre ne trouve sa place.
Le tailleur de pierres est privé de ses pierres
le tisserand de son métier
AVEC L’USURE
la laine ne se vend plus
avec l’usure les moutons n’apportent plus de gain
l’Usure est une peste, l’usure
émousse l’aiguille dans la main de la servante
éteint le talent de la fileuse. Pietro Lombardo
ne vient pas de l’usure
Duccio ne vient pas de l’usure
Ni Pier Della Francesca ; ni de l’usure Zuan Bellin’
ni peinte “La Calunnia”.
Ni de l’usure Angelico ; ni Ambrogio Praedis,
Ni l’église de pierre taillée signée : Adamo me fecit.
Ni de l’usure s&int Trophime
Ni de l’usure saint Hilaire,
l’usure a fait rouiller le ciseau,
Rouiller l’art et l’artisan
Rongé la trame sur le métier
Nul ne sait plus y mêler le fil d’or ;
Azur est dévoré par ce cancer ; cramoisi n’est plus brodé
Emeraude ne trouve plus de Memling
L’Usure frappe l’enfant dans le ventre de sa mère
Elle frappe le jeune homme qui fait sa cour
Le paralyse dans la couche nuptiale, l’usure s’étend
entre le mari et sa jeune épousée
CONTRA NATURAM
Ils ont amené les putains à Eleusis
Des cadavres prennent place au banquet
sur mandement de l’usure.
Cantos XLV
NB : Usure : droit prélevé pour l’utilisation du pouvoir d’achat sans tenir compte de la production ; souvent sans tenir compte des moyens de production.
NL : La "plus-value" n'est rien d'autre qu'un "perfectionnement" de l'usure : un prélèvement à la source, hypocrite.
12:24 Publié dans Anti-journalisme | Lien permanent | Commentaires (26) | Envoyer cette note | Tags : dominique de villepin, nicolas sarkozy, poesie, litterature, politique, ezra pound
samedi, 23 février 2008
En couverture
Je feuillette et je retourne déjà un pamphlet signé Patrick Rambaud. Si ce truc-là est un pamphlet, alors c'est le Waterloo du pamphlet ! A moins que ce ne soit la Bérézina. Rien n'est plus éloigné de moi que le fétichisme napoléonien ; lorsque je vois un polytechnicien ou un saint-cyrien en uniforme, je ne peux pas m'empêcher de pouffer.
"Patrick Rambaud est l'auteur d'une oeuvre romanesque importante" dit la Quatrième. Bien entendu, sous le directoire de Sarkozy, l'importance se mesure en volume.
D'où ma conclusion : Patrick Rambaud est aux lettres françaises ce que Dominique de Villepin est à la politique française, un pastiche de pastiche, un Talleyrand de carnaval. Ils se tirent une balle dans le pied. Lisez plutôt Reboux.
Avec une telle opposition, on peut penser que Nicolas Sarkozy et ses "girl-friends" continueront de nous distraire encore pendant des lustres. Nicolas Sarkozy est son seul véritable ennemi.
13:15 Publié dans Critique littéraire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : patrick rambaud, dominique de villepin, nicolas sarkozy
jeudi, 21 février 2008
Derrière Super-bobo
La jeunesse emmerde Mai 68 ! André Glucksman a démontré par A+B que Sarkozy est bien lui aussi l’héritier des non-événements de Mai 68, le premier à nommer des ex-soixante-huitards dans son gouvernement. Le discours pétainiste de Sarkozy n’est qu’un discours électoral tactique. Il n'y a pas de contradiction, il y a juste un décalage entre les mobiles bourgeois réels de Sarkozy et son électorat composé surtout de vieux schnocks nostalgiques qui ont peur de ne pas toucher leurs retraites jusqu'au bout ou que leur nouvelle bagnole soit cramée par un sauvageon. La propagande bourgeoise nous explique que si Cohn-Bendit, Kouchner, Finkielkraut, Glucksman, tous les ex-“soixante-huitards” sont rentrés dans le rang, c’est parce qu’ils sont devenus raisonnables, adultes. En réalité, d'idéal, ils n'en ont jamais eu ; c'est une bande de vieillards-nés qui a transmis ses petits mobiles bourgeois à sa maigre progéniture. Krivine, c'est l'exception qui confirme la règle. C’est pourquoi la jeunesse emmerde Mai 68. Et les gaullistes en face ? Des vieux cons. Il n’y a qu’un vieux crétin comme Balladur aujourd’hui, avec sa tête d’abonné au “Figaro”, à accorder une importance politique à Mai 68 et à prôner une alliance de l’Europe avec les barbares yankis. Les gaullistes ont toujours été à contresens de l’Histoire, De Gaulle recopiant avec application les bobards de Chateaubriand… au milieu du XXe siècle ! La chienlit c’était lui aussi, c'était lui d'abord si on respecte la hiérarchie. Si l’on considère que Sartre a compromis la révolution avec les superstitions bourgeoises, les nouveaux bourgeois de Mai 68, eux, font pire : ils s’attaquent directement à la “révolution”. Sarkozy c’est “Super-bobo” ; ce qui prive les bobos de gauche d’arguments et qui permet au président de la République et à ses sbires de placer les bobos de gauche face à leurs inconséquences. Non seulement Sarkozy a coupé l'herbe sous les pieds de Le Pen, mais aussi sous les pieds des bobos de gauche. Bayrou, Villepin et Ségolène représentent un faux-semblant d’opposition. C’est Sarkozy en plus banal et à peine moins ambitieux. En tirant sur Sarkozy ils se tirent dessus aussi. - Ségolène n’est que le fantôme de Mitterrand. Ce qui faisait l’originalité de Mitterrand par rapport à ses concurrents, c’était son humanisme ; Ségolène en est à peu près au niveau de Maupassant, comme Giscard. - Entre le mépris de la poésie affiché par Sarkozy et le goût pour les petits poèmes bidons de Dominique de Villepin, ça n’est pas facile de trancher. Il a sa place dans une reconstitution truquée de Robert Hossein bien plus qu'en politique. - Quant à Bayrou, c’est celui qui représente le mieux les bobos, c'est l’élu de leur cœur. Un Tartuffe en sabots de paysan : quelques mots de patois gascon pour signifier le retour à la terre et le “modem” pour indiquer les nouveaux gadgets technologiques. Mais entre les électeurs de Sarkozy et ceux de Bayrou, il n’y a qu’une différence, c’est la ménopause. Ménopause moins le quart ou moins dix, l’électeur de Bayrou est un électeur de Sarkozy virtuel. S’il y a encore une jeunesse en France, en Europe, elle ne peut être que dissidente et mépriser les vieux fétiches bobos que des vieillards-nés lui ont inculqué.
10:20 Publié dans Anti-journalisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, francois bayrou, segolene royal, dominique de villepin
lundi, 21 janvier 2008
Trop de télé ?
La nuit dernière, j’ai fait un cauchemar : Sarkozy était assassiné, comme son modèle Kennedy, par un mafieux, et les médias rééditaient le coup d’un président jeune, (beau), plein d’avenir, bourreau des cœurs, fauché par un vilain méchant dans la fleur de l’âge, avant d’avoir tenu toutes ses promesses mirobolantes : Cécilia en Jackie Kennedy, Carla Bruni en Marilyn Monroe, de TF1 à Arte ; intervious dans la rue des mémés et des pépés en pleurs qui l’avaient élu, par peur de voir leur voiture en “leasing” partir un jour en fumée, brûlée par un de ces sauvageons-terroristes de banlieue, plus ou moins membres d’Al Kaïda. En présentant le journal de 20h00, Claire Chazal avait des sanglots dans la voix et butait sur son prompteur. Même Le Pen essayait de se rendre à l’enterrement, célébré par Mgr Vingt-Trois, avec un panégyrique de Simone Veil, mais il était refoulé à l’entrée de Notre-Dame, vu qu’un militant d’extrême-droite était soupçonné du meurtre… Seuls Jacques Chirac, D. de Villepin, François Fillon et Cécilia, qui avaient bien connu Sarkozy, poussaient un “ouf” de soulagement. Merde, je me suis réveillé en sursaut, et ensuite il m’a été difficile de me rendormir : il m’est déjà arrivé de faire des rêves prémonitoires, mais là je crois que j’ai simplement abusé de la télé.
10:05 Publié dans Anti-journalisme | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, dominique de villepin, carla bruni, kennedy, françois fillon


