jeudi, 08 octobre 2009

Movida mon cul

Etonnement médiatique autour du look "gothique" des gosses de Zapatero. On oublie un peu vite que l'Espagne, notamment celle du Sud, est une autre Allemagne. L'atmosphère de fête de la sangria et du jambon sec à Madrid n'est pas très éloignée de celle de la fête de la bière à Munich. Adolf Hitler à sa manière est une sorte de Don Quichotte enfiévré de philosophie boche.

Même Barcelone n'est pas épargnée par les cornes pointées vers le ciel de Gaudi, comme pour prouver la statique parfaite de l'art bourgeois depuis le moyen-âge.

On oublie aussi que le puritanisme franquiste et la movida d'Almodovar ne sont que le côté pile et le côté face du même médaillon. L'une ne va pas sans l'autre et réciproquement. Un penseur matérialiste comme Aristote le dit, le martèle même : l'idéologie a toujours double figure. Une fois le côté face dévoilé, ce n'est plus qu'un jeu d'enfant de découvrir le côté pile. Et ensuite le corps ou la matière d'où dérive l'idéologie ; en l'occurrence, ici comme dans le cas de l'idéologie libérale, ça sent le cadavre à plein nez.

Toute l'architecture romane chrétienne qui recouvrait la main de fer de la monarchie d'un gant de velours pourpre, les architectes laïcs n'ont eu qu'à la retourner pour en faire leur cathédrale totalitaire. "Morale d'abord" pourrait être la devise du capitalisme, qui ne fait que pousser le slogan satanique de Maurras, "métèque insane" comme dit Drieu La Rochelle justement, à son point d'absurdité extrême.

Pour ne pas trop charger la mule espagnole, on peut prendre l'exemple de la révolution sexuelle française de "Mai 68". On dispose aujourd'hui d'assez de preuves, avec Cohn-Bendit, Finkielkraut, Glucksman, Bruckner, pour ne citer que les plus médiatiques de cette bande de terroristes intellectuels, du caractère parfaitement conventionnel des révolutionnaires du sexe français, dont l'hommage à de Gaulle aujourd'hui est tout ce qu'il y a de plus normal et naturel. Des gosses qui se réconcilient avec leur paternel dès lors qu'il s'agit de gérer la boutique.

Difficile d'aller plus loin que Bruckner dans l'abrutissement complet et le mensonge. Trente ans après avoir fait l'éloge de la prostitution, il fait désormais -au nom du devoir de vérité (!)-, l'apologie du mariage bourgeois ! Il mériterait lui aussi amplement le portefeuille de la Cuculture. Je me demande si j'ai jamais vu écrivain se foutre plus ouvertement de la gueule de ses lectrices, qui doivent porter des bas-bleu résilles de putes sentimentales et cocues. Car pour couronner le tout de suprême connerie universitaire, Bruckner est l'auteur d'un essai imbitable sur Charles Fourier, Fourier qui démontre que mariage et prostitution sont comme tenon et mortaise. De fait pendant que le moyen âge forge la thèse juridique de l'indissolubilité du mariage (Il est beaucoup plus aisé de fonder l'interdiction formelle du port d'arme sous peine de damnation éternelle sur le Nouveau Testament que l'indissolubilité d'un contrat dont le Christ ne cesse de répéter aux Juifs qu'il est temporaire, c'est-à-dire parfaitement dissoluble, comme toute institution humaine.), pendant que la prostitution tient le haut du pavé rue des Dames.

Il faut accorder aux "gothiques" d'ailleurs la franchise de Baudelaire qui consiste à se réclamer ouvertement du diable quand la bourgeoisie hypocrite, "nitchéenne", "maurrassienne", "hégélienne", "libérale", sacrifie à un culte beaucoup plus obscurs. C'est un fait de l'histoire que Jésus-Christ fait plus de convertis parmi les possédés que parmi les pharisiens.


07:14 | Commentaires (2) | Tags : zapatero, gothique, franco, madrid, pascal bruckner, don quichotte, mai 68 | |

jeudi, 16 octobre 2008

Révélations

"Les catholiques ont été réveillés par les protestants et par le concile Vatican II. L'amour de l'Ecriture est plus grand aujourd'hui." Mgr Barbarin

La célébration de Mai 68 a permis de prendre conscience, à travers les aveux de Cohn-Bendit, Glucksman, Alain Geismar, Finkielkraut, de la tendance majoritairement libérale et anticommuniste du soulèvement de Mai 68. Un mouvement libéral qui n'a pas eu beaucoup de difficultés à rallier de Gaulle et les gaullistes à sa cause, comme deux courants d'air tiédasses se mélangent facilement.

L'Eglise catholique était déjà "à la remorque" lorsque le concile Vatican II s'est tenu. N'empêche, l'hommage conjoint au protestantisme et au concile de V2 du Premier Barbarin de France est révélateur. Déjà au XIXe siècle le traître Frédéric Ozanam, catholique par devant, libéral par derrière, s'était fait le secrétaire dévoué du ministre Victor Cousin. Rien de nouveau par conséquent sous le soleil de Satan. Le lobby catholique pro-yanki, qui a marqué des points lors de l'élection de Sarkozy - que certaines gazettes proches du "Figaro" n'ont pas hésité à présenter quasiment comme le Messie -, ce lobby a deux moteurs : l'intérêt d'une part ; la bêtise de l'autre, qui les emportera à la fin.

La deuxième affirmation de Mgr Barbarin selon laquelle "l'amour de l'Ecriture est plus grand aujourd'hui" relève du foutage de gueule intégral. La nullité des théologiens démocrates-chrétiens est bien plutôt un des éléments constitutifs de la barbarie actuelle. Pas un seul écueil contre la galère capitaliste, contre la guerre civile fomentée en Afghanistan par les troupes françaises !

Le Sieur Barbarin illustre mon propos dans la suite de l'interviou où il assimile la Parole de Dieu à une personne, puis à un glaive, additionnant bêtement l'Ancien et le Nouveau Testament comme c'est la mode aujourd'hui, et contribuant ainsi à la confusion des images actuelle.

 

 

 

08:03 | Commentaires (2) | Tags : cardinal barbarin, vatican ii, mai 68, oswald, plunkett | |