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  • Dialogue avec l'Antéchrist

    - Tout au plus les antichrists peuvent-ils accuser les chrétiens d'être parfaitement inutiles sur le plan social : des parasites, comme le Reich allemand accusa les juifs et les communistes (pour ne pas se priver de trop de "bonnes troupes chrétiennes").

    - L'accusation de détruire la civilisation, en revanche, est infondée et participe de la recherche de boucs émissaires par la société.

  • Vitesse Moderne

    Pour comprendre la modernité il suffit d'observer une femme, puisque celle-ci est l'objet de culte central dans cette religion, comme fut l'hostie précédemment dans le culte des vieux catholiques latins, suivant un plan mystique exactement semblable.

    Même la démocratie et l'idée du peuple que cette idéologie véhicule exige en réalité un "peuple" le plus effeminé possible, tel que le Japon, l'Inde, les Etats-Unis, l'Allemagne, les pays orientaux en général, comme par hasard ceux qui subissent la férule de la dictature en bronchant le moins, qui ont même inventé de trouver dans l'humiliation et la douleur un surcroît de plaisir. Voilà pour qui la démocratie est faite.

    Les hussards roses de la démocratie prennent le peuple pour de la chair à saucisse malaxable à volonté, et leurs arguments sont exactement ceux du pédéraste pour approcher sa victime.

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    Pour comprendre la "vitesse moderne", il faut comprendre le principe de fuite en avant des femmes. Elle explique l'irresponsabilité similaire des hommes politiques, non pas accidentelle, mais atavique. La science politique n'a JAMAIS EU DE SOLUTION, ni de but, LA POLITIQUE N'A JAMAIS EU QUE DES MOYENS DE FUITE. Toutes les utopies politiques sont formulées de façon hypothétique, c'est-à-dire de la manière la plus religieuse qui soit. C'est le grand service rendu par la polytechnique nazie aux élites démagogiques qui gouvernent la France au gré de leurs intérêts : doter cette élite d'une science statistique et de la mystique grostesque d'Einstein qui va avec, afin de faire croire au peuple que son élite sait ce qu'elle fait, alors qu'en réalité les élites françaises n'ont que des moyens de fuite, s'amenuisant de plus en plus, et que les experts au chevet de la France ne sont que des imbéciles du calibre de Jacques Attali.

    Petite tapette désargentée, si tu crois que la politique va t'inclure dans son plan d'évasion fiscale, tu peux toujours rêver. Les politicards n'ont pas besoin de toi, à moins que tu ne saches sucer ou ramasser les poubelles, ou en tant qu'assassin. Tu sais tenir une arme ? Alors tiens-toi à l'arrière-garde, s'il-te-plaît, pendant qu'on met nos valeurs à l'abri. Ah, tu peux bien être fier d'être gay, connaud. Exige plutôt des branlées à la police !

     "Les peuples intelligents ne se laissent pas gouverner facilement." : vous pouvez être sûr que ce n'est pas un/une féministe qui a prononcé ces paroles. Pour les féministes, il faudrait au contraire inculquer artificiellement aux hommes des raisons de trembler qu'ils n'ont pas naturellement. Ainsi feront-ils de plus parfaits dévots, avides de toutes les sortes de drogues religieuses, parés pour l'abattoir.

    Encore une fois, c'est très facile d'écrire un bouquin sur les penseurs français modernes : leur liste tient sur une page. Même chez Proust, le plus religieux et fétichiste qui soit, on peut trouver quelques lignes blasphématoires vis-à-vis de la religion et de la société. Mme de La Fayette peut être classée parmi les modernes... mais qui lit en France encore Mme de La Fayette en dehors de quelques institutrices semi-frigides et qui bouffent déjà les pissenlits par la racine ? Même aujourd'hui où la religion n'a jamais été aussi forte en France, la démocratie avec une puissance que l'Eglise catholique n'a jamais eu pour inculquer la messe, même à ce niveau la France n'est pas assez moderne pour empêcher ses enfants de lire Louis-Ferdinand Céline et d'y trouver les vérités les plus dérangeantes sur "les artisans de guerre au nom de la paix". La France n'est pas assez moderne pour imposer l'éthique nationale-socialiste à ses enfants, c'est-à-dire la grossière tactique pour imposer la défense de la propriété au nom de la liberté.

  • Gospels don't sing

    Motherfucker does like music -son of anarchy does mistake it. Anarchy and music? Why not drug and anarchy? School and anarchy? More teachers!?

    Behind mass-murderers, or even the little serial-killer, you can find the music principle. And if musicians were not those hypocrits, they would praise Hitler as the best conductor of its generation! As the 1936's Olympic Games were a hit! It is not proven that Jewish are sub-human, but music fanatics are, in the physical sense.

    As a Christian and a French guy (if you cross a French who does love music or mathematics, he is a fake one, probably one of those Italian motherfuckers), I have been impressed for a long time by the deep understanding of Satan's code that music players have. I remember this US-music when I was younger by Kurt Cobain: because they hate life and brake their satanic instruments, rockn'roll singers are closer to Christian people than stupid pagan praising life to seduce and fuck their neighbors easily. There was a baby on the cover-disk; this was brilliant from Cobain to make the link between his suicide-appeal and a sub-human. Nirvana of Music fanatics is indeed their mother. '1/The motherfucker, 2/the suicide and 3/the happiness or Nirvana, 4/the music', everything was there about the Slavery or the matrix-system.

    Of course, in Modern Times, the most satanic as Shakespeare does explain it, is the Christian music: playing satanic music 'in the name of the Gospels'. A. Hitler was too frank or to stupid to understand it. United-Kingdom gave US-German culture this lesson. But Shakespeare is painting this world as a Hell, where Music is just a pill for people who are not courageous enough to commit suicide at once. 

  • Christine Boutin

    En voyant cette figure -la figure de Christine Boutin- qu'on croirait tout droit sortie de la "comedia del arte", je me demande combien de temps cela prendra pour en faire une "icône gay", et l'Eglise romaine avec elle ?

  • Quel Nouveau Monde ?

    Il a fallu que je voyage jusqu'aux Etats-Unis pour comprendre que le "Nouveau Monde" ne l'est pas. En dépit de la réclame et de la promesse de nouveauté, rien de neuf aux Etats-Unis. Plus jeune, la vieille Europe, ou moins vieille si l'on veut. Les Etats-Unis sont un sanatorium de vieilles idées transparentes, tellement elles ont servi.

    Les Etats-Unis sont vieux au sens où Francis Bacon dit que nous sommes antiques, et que l'antiquité, elle, était jeune. Un Américain est obligé de réagir contre ça, comme un gosse élevé par des parents trop vieux doit absolument réagir. C'est ça, les gosses yankees font pitié comme les enfants de vieux, gâtés par la peur de leurs parents ; même la province française n'est pas aussi sinistre, et dieu sait qu'il y a de quoi crever d'ennui, rien qu'à traverser à pied la ville de Bordeaux.

    Il a fallu que je voyage jusqu'aux Etats-Unis pour avoir confirmation que l'enfer est ici-bas, et nulle part ailleurs. D'où l'importance du rêve, dans lequel les vieillards croient pouvoir battre en retraite.

  • World War III

    Politics or Ethics when it is under the Christian-Jewish flag is far more dangerous than any other. It is more dangerous than nazi's one. Switch-off the propaganda and stupid movies made for people to forget that: 1/Germany was defeated very quickly; 2/Hitler's army worked for the USA that got a huge benefit of this war, thanks to Roosevelt's trick; 3/German-culture and USA-culture are as close as possible; and culture always gives the reason to make war. Typically, the culture is making of labor and property a dream for those who are unemployed and poor. This is the reason why free people want no culture.

    You cannot find any reason in the Christian Gospels to praise any kind of ethics or politics. So why do these 'Christian clergymen' sing the song of 'Christian values' all the time? Without hesitating to commit a crime against God Spirit, that Hitler himself did not committed?

    Because USA-propaganda does need it, as Goebbels needed racist theories, no matter if he was believing that these were true or not. Of course there are plenty of brave guys, who are paid for doing this job: marry people or burry people in the name of someone -Jesus-Christ- who never got married and never died. But Hell is nevertheless full of that kind of brave guys. Professional-liar, even if it seems to be good for Society is a job that you cannot do in the name of Jesus-Christ. You cannot use HIS words to play YOUR own game -or just go to Hell as Pharisees did.

    Why don't USA dare making the War 'in the name of Satan', as Hitler did?

  • Orwell ou Shakespeare

    A qui me fait remarquer que Georges Orwell fut un écrivain visionnaire, je réplique qu'Orwell a près de quatre siècles de retard sur Shakespeare ; "rétro-visionnaire" paraît donc mieux adapté.

    Comparés à Shakespeare, tous les poètes occidentaux paraissent "modernes", c'est-à-dire producteurs d'ouvrages de circonstance, voués au rebut, suivant cette vérité éternelle que le temps commence d'abord par frapper de ses rayons ceux qui croient malin de lui réclamer des dividendes.

    Bien qu'il ne se passe pas un jour sans qu'un professeur complote d'assassiner Hamlet une bonne fois pour toutes, Shakespeare demeure, bien plus contondant qu'Orwell, une pierre dans la botte de l'oppresseur, le genre de caillou dont Goliath ne croyait pas devoir se méfier.

    Beaucoup mieux qu'Orwell, Shakespeare montre que l'oppression s'accroît du faux savoir livresque, autrement dit de la "culture", n'interdisant pas la lecture, mais rendant au contraire obligatoires les ouvrages les plus vains -tout ce qui relève de la psychologie-, passion qui trahit l'onanisme des intellectuels ; la grande majorité des lectrices ne fait que boire comme du petit lait le foutre de curés ou d'enfants de choeur, croyant ainsi se fertiliser la cervelle. Les imbéciles, chez Shakespeare, sont presque toujours des ecclésiastiques (Polonius, Thomas More, Erasme), sachant la contribution majeure de l'intelligentsia catholique aux divertissements psychologiques. La foi et la raison totalitaires sont inscrites pour Shakespeare dans le plan des hommes depuis le jour où un homme, Jésus, est parvenu à échapper à la condition humaine, privant le clergé et la culture de toute fonction, et même la fonction de sa fonction. 

  • Mathématiques modernes

    Comme je doute depuis longtemps que les femmes soient bien réelles, l'abstraction des musulmanes dans leurs grands linceuls noirs ne me surprend pas. Masque de beauté ou masque d'éthique, cela revient au même.

  • La Preuve de Satan

    Si tu es démocrate-chrétien et que tu ne crois pas dans Satan, va à Los Angeles, au pays où l'on fabrique le cinéma et l'on feint moins d'ignorer qu'il y a deux sortes d'anges que dans les lieux d'aisance aseptisés de la démocratie-chrétienne.

    Dans l'ensemble, les Etats-Unis valent pour leur foi peu dissimulée dans Satan, qui éclate pratiquement dans chacun des discours de leurs édiles. La "grâce", notamment, est une invocation très commune des sectateurs de Lucifer, qui indique au chrétien le "deus ex machina" des cultes païens amateurs de musique.

    Interrogez ce type de suppôt qui invoque le Christ, par ruse ou confusion, sur la différence entre "la grâce" et "l'esprit" : il balbutie. La grâce est une notion presque exclusivement éthique ou politique, qui pourrait presque être bannie du vocabulaire chrétien ; la grâce est faite pour autoriser la passivité et la faiblesse d'esprit humaine, niant ainsi l'Esprit. Celui qui voit la correspondance de la grâce dans la géométrie et l'algèbre comprendra pourquoi les juifs et les chrétiens sont aussi hostiles à admettre l'intrusion de l'hypothèse mathématique dans la science expérimentale.

    En principe, pour peu que tu sois un tant soit peu français, et non curé ou publicitaire, l'atavisme te permettra de déceler l'esprit manipulateur de l'espèce des cinématographes, comme la mangouste renifle le serpent à longue distance. Personnellement, causer avec Adolf Hitler, à supposer que les théories néo-nazies d'Einstein soient vraies et qu'on puisse voyager dans le temps, une discussion avec Hitler me serait moins pénible qu'avec un de ces cinéastes qui n'ont pas le courage d'aller s'amuser en enfer seuls, mais réclament la compagnie des petits enfants pour pouvoir se livrer sur eux en toute légalité à un maximum de sévices délicieux.

    En effet, d'une certaine façon, Hitler a mis sa peau au bout de ses idées ou de son cinéma, tandis que dans l'engrenage du cinéma moderne et ses conséquences catastrophiques, au sein de la grande théocratie égyptienne restaurée par les nations occidentales, on peut faire confiance aux cinéastes pour faire tout pour se disculper, arguer qu'ils sont "responsables mais pas coupables", le genre d'argument que seuls les plus lâches officiers ont osé au procès de Nuremberg.

  • La Bêtise

    Comme il est prouvé que la bêtise contribue au bonheur, les laboratoires pharmaceutiques, qui financent les partis politiques, en ont trouvé la formule chimique et la distribuent dans leurs officines sous forme de pilules remboursées par la sécurité sociale.

  • En construisant

    ...la Tour de Babel

    "Tu étais en train de purger ta peine et tu travaillais comme manoeuvre.

    Des grimaces de l'aube jusqu'au ricanement du soir,

    le travail était dur comme la terre, l'hiver, pour le fossoyeur,

    et cela faisait longtemps qu'il nous avait coupé la respiration

    et longtemps que l'espoir d'une évasion n'était pas grand-chose de plus

    qu'une giclée de salvive piétinée par le pied nu.

    Le caractère éphémère de tout ce qui était spirituel

    était si effrayant que beaucoup d'entre nous auraient volontiers cru dans l'immortalité de la chair.

    Nous commencions à rencontrer nos doubles...

    En ce qui te concerne... Mais non !...

    Il suffisait que la femme de Psentostris

    longe le haut rempart de bitume

    pour que tout cet énorme édifice inhumain

    qui devait survivre à l'éternité

    t'apparaisse aussitôt pure improvisation.

    Les ruines étaient si immédiates

    qu'elles étaient comme la certitude de l'amour...

    V. Holan (Trad. D. Grandmont)

  • Hamlet, mon frère

    Il faut toujours ruser avec le diable pour vivre, cela Hamlet l'a bien compris ; c'est-à-dire vivre au-dessus des moyens que la Nature procure.

  • Histoire contre Ethique

    Comme le rappelle Jacques Ellul, le judaïsme introduit l'histoire dans le monde. Pour le meilleur et pour le pire, l'éthique païenne ne se remettra jamais de ce progrès de la conscience humaine.

    Perfectionnement du judaïsme et accomplissement des prophètes juifs, le message évangélique termine l'histoire, en opérant la jonction avec le vrai dieu. Si Marx n'est pas antichrétien ou antijuif, bien qu'il a pu penser l'être au commencement de son mouvement de révolte, c'est parce qu'il combat l'obscénité religieuse, ainsi que Jésus lui-même en a donné l'exemple, obscénité éclatante dans l'idée de civilisation chrétienne. Si Marx est aussi farouchement antirépublicain qu'il s'oppose aux institutions chrétiennes, c'est en raison de son constat, historique, que l'éthique républicaine prolonge la civilisation chrétienne, très loin de rompre avec elle selon sa propagande. On peut effectivement dire l'institution chrétienne la "matrice" des nations occidentales modernes. L'idéologie démocratique est un exemple frappant, puisque la démocratie n'a aucun fondement évangélique, pas plus qu'il n'est possible de l'appuyer sur la loi de Moïse, à cause de cette idée juridique centrale dans la démocratie de "souveraineté populaire". Le gadget de la démocratie n'est que le produit de la métamorphose ou de l'adaptation de l'éthique au cours des derniers siècles. Il emprunte à l'Ancien Régime la notion de souveraineté : rien, encore une fois, au christianisme. La démonstration de Marx que l'évolution économique est le principal facteur de la métamorphose de l'éthique occidentale permet même de situer la démocratie au niveau qui est le sien du "marketing". L'économie détermine l'éthique démocratique, en même temps que les lois de l'économie démentent les idéaux démocratiques. On est en présence du pharisaïsme le plus pur, qui justifient de regarder la démocratie comme un populisme injecté dans le peuple par ses élites dirigeantes. Sur le plan psychologique, la démocratie répond au besoin d'étouffer le progrès de la conscience humaine véhiculé par l'histoire. A la conscience historique, qui réduit l'impact du providentialisme et de l'éthique, l'idéal démocratique s'oppose en restaurant le carcan de l'éthique.

    "Dieu est mort !" signifie dans la bouche de Nitche : les juifs, les chrétiens et les anarchistes ont tué Dieu, celui qui dans la culture antique la plus horizontale permettait de soumettre les foules à une éthique indiscutable, d'origine divine. Nitche n'applaudit pas à la mort de dieu, il la déplore ; on retrouve la même déploration chez un logocrate parent de Nitche, Georges Steiner, sans la franchise d'avouer chez ce dernier l'antichristianisme et l'antijudaïsme, c'est-à-dire la haine de l'histoire. Ce dernier type illustre l'extraordinaire duplicité des castes dirigeantes américaines, qui consiste à masquer leur idéologie négationniste derrière des slogans judéo-chrétiens, c'est-à-dire à provoquer un choc des cultures qui n'a pas lieu d'être : le judaïsme et le christianisme sont ici destinés à militariser la conscience des citoyens des Etats-Unis. Sans ce judéo-christianisme, trucage de la plus basse espèce, la culture américaine perdrait sa vocation mobilisatrice et sa stratégie impérialiste en serait diminuée, faute de pouvoir revenir à l'éthique nitchéenne ou nazie démodées. Même un culte du dollar, non seulement officieux, mais officiel, ne permettrait pas la même mobilisation, à cause du caractère beaucoup trop pratique de ce culte, contre lequel Nitche ou Hitler ont eux-mêmes précédemment été forcés d'ériger leurs morales pures respectives, le premier pour des raisons aristocratiques ou esthétiques, le second au contraire pour des raisons électorales ou démagogiques.

    - La conscience païenne éthique droite, c'est-à-dire non pas gauchie par le besoin d'adaptation aux changements économiques de l'ère moderne, cette conscience incite l'homme à la vertu, et à refléter ainsi le dieu le moins caché de tous : la nature. Le régime de la vertu est aussi celui qui permet le mieux de jouir. L'athéisme moderne tient beaucoup à l'extension du domaine de l'esclavage, et à la frustration qu'elle engendre, dissuasive de rendre un culte à dieu. Dans la conscience païenne gauchie, et comme étriquée, les systèmes d'exploitation de la nature paraissent plus puissants et féconds que la nature elle-même. Dans la foi païenne antique, la nature ne peut trouver dans l'homme un concurrent vraiment sérieux.

    - La conscience historique, elle, non seulement dissuade de la nostalgie de croire le retour de l'ancienne vertu possible (L'histoire ne repasse pas les plats, au contraire de la culture qui ressert toujours les mêmes mets, accommodés différemment), mais elle oriente l'homme vers la révélation d'un dieu caché, dépourvu d'utilité dans ce monde, dont il ne permet pas de satisfaire les besoins temporels. Tout l'intérêt de la poursuite de l'éthique ou de la vertu est pour l'homme, en revanche, sans qu'il y ait aucun progrès véritable à attendre. C'est, du point de vue historique chrétien, par l'espoir de l'amélioration de sa condition, ou la suggestion de celle-ci, que l'homme se coupe du progrès de l'esprit, et verse dans les illusions de la morale pure ou de la religion. Une fois l'homme déçu par la vertu, sur le plan social parce qu'il ne l'a pas vue accomplie, mais le rapport d'asservissement social indéfiniment perpétué, ou bien parce que sur le plan personnel, la jouissance est derrière lui, ou il ne l'a jamais obtenue, l'homme déclare le progrès nul et non avenu, celui-là même qui l'avait toujours déterminé et n'a jamais existé que dans l'inconscient social. L'éthique n'est du point de vue chrétien historique qu'un fruit qui, une fois consommé, laisse sur sa faim.

    - Il n'y a pas de leçon de morale dans la vie de Jésus, mais une leçon d'histoire, en quoi l'apocalypse correspond parfaitement avec la vie du Messie. Les obstacles rencontrés par Jésus au cours de sa vie publique préfigurent tous auxquels l'humanité se heurte au cours de l'histoire moderne, à commencer par la consolidation de la civilisation à tous les étages contre la vérité et la liberté, les mille ruses et objections des tenants de l'éthique afin de faire passer l'individualisme pour ce qu'il n'est pas -un existentialisme ou un narcissisme-, mais le refus de soumettre son esprit au plan social macabre.

     

     

     

  • Matérialisme ou animisme

    Le débat entre matérialisme et animisme est au coeur de la quête spirituelle de La Bruyère, à quoi on peut résumer son oeuvre, plutôt qu'à un enseignement moral. Cela prête d'ailleurs à sourire d'entendre des commentateurs modernes parler du "matérialisme de Nitche", car Dionysos est une divinité qui repose entièrement sur le principe de l'âme et tient peu compte de la matière, d'où le rang inférieur accordé à cette divinité de l'opium et de la religion dans le panthéon des philosophes grecs matérialistes, qui excluent dans leur métaphysique, non pas dieu mais l'âme. Le matérialisme ne va jamais sans une critique des mathématiques et de la musique. On la retrouve chez Marx, le moins "dionysiaque" des penseurs du XIXe siècle, pour qui les mathématiques sont une façon de caractériser les choses par ce qu'elles ont de moins essentiel. Le matérialisme est donc une caractéristique depuis des millénaires, non pas de l'athéisme, mais de l'anarchie et de l'irréligion.

    "L'âme voit la couleur par l'organe de l'oeil, et entend les sons par l'organe de l'oreille ; mais elle peut cesser de voir ou d'entendre, quand ces sens ou ces objets lui manquent, sans que pour cela elle cesse d'être, parce que l'âme n'est point précisément ce qui voit la couleur, ou ce qui entend les sons : elle n'est que ce qui pense.

    Or comment peut-elle cesser d'être telle ? Ce n'est point par le défaut d'organe, puisqu'il est prouvé qu'elle n'est point matière ; ni par le défaut d'objet, tant qu'il y aura un dieu et d'éternelles vérités : elle est donc incorruptible."

    La Bruyère

    - Il n'est pas prouvé que l'âme ou la pensée persiste lorsque l'homme est, plongé dans le noir ou le silence durablement, coupé de ces informations que sont la couleur et le son. Des expériences ont même montré que, privé de ces repères physiques élémentaires, l'homme bascule rapidement dans une folie morbide.

    - Pour La Bruyère, l'âme est un principe passif, c'est-à-dire le réceptacle d'informations. Il assimile la pensée à la réflexion et aux réflexes, dont on peut penser que l'homme n'a pas le privilège exclusif, mais qu'il est partagé par les espèces animales. A tel point que dans l'ordre éthique ou politique, où l'animal est placé sur un piédestal, c'est aussi la réflexion qui est, comme chez La Bruyère, le mode de pensée binaire privilégié. On peut penser que l'ordinateur est un animal-machine, ou une âme, et que lorsqu'on l'éteint, il décède.

    - C'est par un syllogisme que La Bruyère démontre que dieu est une âme, ou un objectif, et on peut comprendre qu'il n'est ainsi que le produit d'une réflexion ou d'un calcul. C'est une caractéristique de la philosophie animiste et non chrétienne, comme le pensait La Bruyère, de faire la preuve de dieu à partir de celle de l'âme ou de la pensée humaine. Dans le christianisme, dieu est impensable par le moyen de la pensée humaine ordinaire ; il est bien plutôt expérimental ou expérimentable. C'est la raison de la grande suspiscion de la part des chrétiens des formulations religieuses hypothétiques ou mathématiques, qui ont pour effet en théologie de démontrer que dieu existe, sous prétexte que l'homme vit. Suivant un raisonnement parallèle, on peut démontrer que, puisque l'homme meurt, ainsi que les civilisations qu'il a construites afin d'affirmer son âme, dieu n'est pas. Nitche déplore d'ailleurs la mort de dieu, en même temps que celle de la civilisation, qui sont effectivement deux notions liées dans les régimes théocratiques. Dieu ne justifie pas l'homme dans le christianisme, mais Satan.

    - Sur le plan historique, on peut remarquer qu'il n'y a entre le dieu du chrétien La Bruyère et celui du déiste Voltaire, qu'une différence d'étiquette.