mardi, 11 décembre 2007
Petite pause
Une petite pause dans mes "études marxistes" pour lire une biographie de Gen Paul, peintre montmartrois, par Jacques Lambert ("La Table ronde").
Non que Gen Paul m'intéresse particulièrement, mais vu que Céline a entretenu avec ce rapin pittoresque une correspondance, une amitié qui a fini par se briser, il est au centre réel du bouquin.
Jacques Lambert fait porter à Céline plus souvent qu'à son tour le chapeau, le rend fautif des querelles entre les deux lascars à la langue bien pendue. Il y a là une injustice de la part du biographe. Car, primo, que serait la biographie de Gen Paul sans Céline ? Deuxio, au XXe siècle, l'entente entre un peintre et un poète était-elle possible, dans l'Europe des banquiers et des industriels ? J. Lambert y fait bien une allusion ou deux, mais ne le souligne pas. La verve de Céline, son caractère de pamphlétaire moderne ont fini par être trop "encombrants" pour Gen Paul.
Le cas Houellebecq a montré récemment qu'un écrivain peut l'emporter seul contre la société liguée pour le faire taire. (L'usage que Houellebecq a fait de sa "victoire", c'est un autre problème. Houellebecq n'est pas Céline et il n'y avait pas entre Houellebecq et les puissants, comme entre Céline et les puissants, une opposition radicale mais un simple malentendu - qui a semble-t-il fini par se résorber, Houellebecq s'étant rangé derrière le même sponsor que Sarkozy et ayant décidé d'apporter sa graisse à l'excroissance.
La peinture, au sens noble du terme, est plus solide. Cinq siècles que Dürer dure ! Mais elle est aussi plus fragile. Tant que Gen Paul était plus ou moins dans la dèche il pouvait, bras-dessus, bras-dessous, avec son fangin Céline, ruer dans les brancards. Le succès officiel du peintre a changé la donne. La bourgeoisie se contente pas de dominer, elle exige qu'on lui lèche le cul. Plus question de lâcher des bombes, de tirer des pétards avec Ferdine, dans ces conditions. Même Picasso, pourtant solide sur ses bases, indomptable et madré comme pas deux, on peut douter qu'il a tenu le défi et qu'il s'est pas fait baiser tout compte fait.
11:35 Publié dans Critique littéraire | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : gen paul, celine, montmartre, picasso
vendredi, 02 février 2007
Petit traité d'art contemporain (3)
12:20 Publié dans Journal intime | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : picasso, heidegger, existentialisme
mardi, 30 janvier 2007
Victimes non consentantes
« Regarder la télé rend parano ! » dit Polac. Sur ce point je suis d’accord avec lui. De voir Jean-Philippe Domecq apparaître dans des émissions de propagande grand public, je trouvais ça louche, je pensais que d’une manière ou d’une autre, il n’était pas libre de s'exprimer. Le système ne va pas se saborder en offrant une tribune à un trouble-fête, logique… Mais comme j’avais tout pour m’intéresser à Domecq, étant donné que je fais partie comme lui des victimes non consentantes de l’art contemporain, la curiosité a fini par l’emporter et j’ai acheté son essai (Artistes sans art). Pour faire court, c’est un essai honnête, un discours sincère dans lequel je me retrouve. Je vois Domecq comme une sorte de samouraï désabusé qui pourfend la bêtise de l'art contemporain. Désabusé car il sent bien la résistance de cette bêtise, son épaisseur, la masse des intérêts à renverser. Sur sa stratégie, je m'interroge. Domecq vise-t-il vraiment un organe vital ? Au plan rhétorique, je dirais que le tort de Domecq est de s'abaisser à débattre avec des minables. Il ne faut pas croiser le sabre avec des estropiés, des bancals, des borgnes. Pour que le combat soit beau et que le vainqueur triomphe avec éclat, il faut affronter des sophistes qui ont un minimum d'envergure : André Lhote, Malraux, Apollinaire, Picasso. En ce qui concerne Catherine Millet, Jean Clair, Marc Jimenez, Soulages, Yves Michaud, et toute la bande des contemporains, ce ne sont que des pions. Les passages du bouquins de Domecq qui sont comme des "haïkus" vengeurs sont les meilleurs. Maintenant je sais pourquoi Domecq, à la télé, on ne le laisse jamais finir ses phrases.
12:40 Publié dans Anti-journalisme | Lien permanent | Commentaires (33) | Envoyer cette note | Tags : jean-philippe domecqq, michaud, lhote, picasso, malraux



