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  • Le Coup d'Etat permanent

    La jeune génération, dont la mémoire est systématiquement effacée par les écrans de télévision, ignore que la "révolution MAGA" a déjà eu lieu en France en 1981 : "l'Etat profond", c'est alors l'Etat gaulliste et sa constitution monarchique, conçue pour annihiler la représentation nationale, accusée de la défaite française de 1940.

    Dans un ouvrage paru dans les années 60, au titre éloquent - "Le Coup d'Etat permanent" - François Mitterrand faisait le procès des institutions bonapartistes mises en place par le général de Gaulle et son constitutionnaliste Michel Debré. On note au passage le soutien du parti communiste français et des grandes centrales syndicales au régime monarchique républicain, et l'évolution du communisme vers un corporatisme ouvrier.

    Non seulement ce dispositif gaulliste-bonapartiste est antirépublicain, mais il représente selon F. Mitterrand une menace d'évolution vers un pouvoir technocratique. C'est à croire que F. Mitterrand avait lu "1984" !

    L'accusation de "coup d'Etat permanent" est exactement celle portée par Donald Trump et ses partisans à l'encontre de la politique de l'Etat fédéral. Un tel dispositif est particulièrement odieux aux Etats-Unis où le pouvoir monarchique est considéré, tant sur le plan politique que religieux, comme une atteinte aux valeurs fondatrices des Etats-Unis (tandis qu'en France la culture démocratique est quasiment inexistante).

    Le plus intéressant dans "Le Coup d'Etat permanent" de F. Mitterrand, est qu'il est le plus dissuasif de "l'utopie constitutionnaliste" de certains militants d'une rénovation républicaine proches du mouvement des Gilets jaunes.

    En effet le réflexe de F. Mitterrand, à peine élu, fut d'endosser les habits du monarque républicain, et de repeindre le gaullisme en rose. Ce coup de peinture était destiné à berner ses électeurs, à créer l'illusion d'un changement de régime, bien sûr, mais aussi, comme l'indique la parenthèse giscardienne précédemment, à rénover les valeurs gaullisto-communistes désuètes, marquées par l'austérité de la guerre.

    Le truc du "changement sociétal", en phase avec la société de consommation, sous le règne de Giscard avait déjà ringardisé les valeurs gaullisto-communistes.

    On peut ici soupçonner ou accuser F. Mitterrand de duplicité, d'avoir trahi ses électeurs à qui il avait promis de changer un système que les manifestants de "Mai 68" avaient fustigé comme excessivement coercitif, comme "fasciste", en oubliant que le fascisme n'est qu'un ersatz italien du bonapartisme.

    Mieux vaut plutôt se demander si le projet de F. Mitterrand de rééquilibrer les pouvoirs exécutif et législatif ne s'est pas plutôt heurté à une réalité politique de type totalitaire, telle que G. Orwell l'a décrite, au point que "l'Etat de droit" ne devienne un pur slogan du type : "L'Etat de droit, c'est l'Arbitraire".

    Une raison de politique étrangère a pu pousser F. Mitterrand à s'accommoder du système monarchique gaulliste : l'étau formé par le bloc russe et le bloc OTAN, enserrant l'Europe et travaillant à son asservissement. Cette pression politique extérieure rendait problématique l'instauration d'une république authentique : en aucun cas la constitution française et ses institutions ne représentent des barrières contre la CIA et le KGB.

    F. Mitterrand a fait le choix, entériné par ses successeurs, d'un pacte économique et monétaire avec l'Allemagne, qui s'est avéré perdant puisque l'Union européenne est un échec sur toute la ligne ; de surcroît, une union monétaire n'est pas une union économique - sur ce point aussi, les Européens ont été trompés par la propagande capitaliste.

    Le nouveau clivage idéologique à la mode en 2025, qui oppose les "sionistes" aux "antisionistes", a ceci de particulier que c'est un clivage qui découle de la Guerre froide entre blocs et non d'une quelconque réalité franco-française, ni même européenne. Le sionisme de la caste technocratique qui dirige l'Allemagne est même ubuesque, puisque l'Allemagne a subi une attaque "sioniste" extrêmement déstabilisante (NordStream).

    Le sionisme de la caste dominante, vaut l'accusation immédiate aux antisionistes de complicité avec le régime de Poutine. Le sioniste opère selon le maccarthysme aux Etats-Unis dans les années 1950, sa rhétorique paranoïaque de "l'ennemi intérieur". On constate, sur ce plan, que le pouvoir judiciaire n'a pas plus d'indépendance que le parlement.

    On doit noter encore ici la justesse de la satire d'Orwell, qui montre à quel point les citoyens d'Océania, dans l'immédiat après-guerre, sont conditionnés par la Guerre froide entre Océania, Eurasia et Estasia, tout en ignorant parfaitement les tenants et aboutissants de cette guerre lointaine sans fin. L'ONU est bien sûr représentée dans "1984" par la ruse de la Fraternité.

    Le "Coup d'Etat permanent" de F. Mitterrand indique donc aux Gilets jaunes qui se veulent "constituants" trois échecs constitutionnels successifs : le premier est l'échec de la constitution monarchique de 1958, qui s'est avérée inefficace à empêcher la prise du pouvoir par une oligarchie (le monarque républicain E. Macron n'est plus qu'une pièce secondaire sur l'échiquier, en dépit de ses gesticulations).

    Le second échec est celui de Mitterrand et son parti à restaurer l'équilibre des pouvoirs : il se heurte à l'hostilité du pouvoir oligarchique, doté d'un pouvoir inconstitutionnel mais néanmoins très efficace - les médias de masse, qui ont le caractère d'un pouvoir religieux. Le troisième échec est celui de la constitution européenne, qui s'est avérée impuissante à desserrer l'étau des blocs rivaux russe et étatsunien.

    L'impuissance constitutionnelle est celle de la théorie ou de la science politique. Le pouvoir des médias de masse est le plus intéressant car il est à la fois le plus illégitime, le plus archaïque en dépit des technologies sophistiquées qu'il met en oeuvre, et le plus étroitement lié à l'économie capitaliste.

  • La Guerre (mondiale) des Sexes

    Il n'est pas une semaine qui passe sans que l'actualité ne fournisse une illustration à la guerre des sexes. J'en citerai deux exemples récents : - le procès truqué des "violeurs de Mazan", et la campagne pour les élections présidentielles américaines, du moins telle qu'elle est rapportée par les médias européens atlantistes.

    Pourquoi le procès des "violeurs" de Mme Pélicot est-il truqué ? 1. Parce qu'il est médiatique et médiatisé : il s'agit à travers ce procès-spectacle de dire aux Français les plus faibles d'esprit quoi penser. 2. Parce qu'il élude soigneusement le problème de la misère sexuelle, inhérente à la société de consommation. Les violeurs de Mazan sont des consommateurs de produits illicites (c'est plus excitant), et Mme Pélicot a épousé une sorte de maquereau-dealer-sociologue tout à fait dans le coup (le profil parfait d'un candidat à la députation).

    C'est loin d'être la première fois que les médias se servent d'une affaire judiciaire - en particulier d'une affaire de moeurs - pour endoctriner l'opinion publique française.

    Le second exemple est plus intéressant que ce procès immoral, qui ne fait pas avancer la justice (la violence à l'égard des femmes n'est pas moins grande dans les pays dotés d'une législation féministe) :

    Lle vote en faveur de D. Trump est présenté comme un "vote masculin", et le vote en faveur de Kamala Harris comme un "vote féminin" par certains journalistes européens. Aussi ridicule soit cette présentation, elle traduit une forme de diabolisation de l'homme qui n'est pas spécialement le fait du sexe féminin (les mouvements féministes sont très peu représentatifs), mais qui est typiquement cléricale, multiséculaire.

    Le féminisme qui cherche à s'imposer à travers les médias de masse est une éthique étatiste. D. Trump a su habilement faire de l'appareil d'Etat une cible, et fédérer un électorat chrétien évangéliste, par principe anarchiste et anti-impérialiste (isolationniste). Cet électorat a pris conscience, il y a déjà plusieurs décennies, de la nécessité de s'organiser contre l'appareil d'Etat, afin de ne pas se voir imposer les réformes "sociétales" des technocrates de Washington.

    L'électorat de D. Trump n'est pas moins composé de femmes que d'hommes. L'hostilité aux valeurs familiales n'est pas plus féminine qu'elle n'est masculine. Le féminisme contemporain est  une variante de l'égalitarisme, dont le démagogue D. Trump est bien obligé, lui aussi, de prendre en compte. Ce qui fait du discours égalitariste un discours totalitaire, c'est son absolutisme. L'Etat capitaliste est le plus égalitariste, en même temps qu'il est le plus inégalitaire (on retrouve-là le dispositif paradoxal mis à jour par G. Orwell dans "1984").

    Les jeunes "masculinistes" (sic) ont tort de s'en prendre aux femmes : l'incrimination des hommes est en réalité le fait d'une sorte de doctrine bureaucratique, dont Sandrine Rousseau se fait la porte-parole.

    La contribution des "masculinistes" à la guerre des sexes fait le jeu de l'Etat totalitaire. Ce sont des idiots utiles, la preuve requise par le clergé totalitaire que le diable existe bel et bien.

    Pourquoi le féminisme du parti démocrate américain est-il un cléricalisme ? Parce que l'Etat moderne totalitaire exige une légitimation religieuse - c'est un Etat non-pragmatique. Il entend régenter la vie sexuelle des citoyens en les incitant à procréer dans certaines circonstances (besoin de main-d'oeuvre ou de soldats), ou au contraire à ne pas procréer (main-d'oeuvre surabondante dans des régions du monde désindustrialisées).

    La guerre des sexes est donc dans l'intérêt de l'Etat ultra-moderne ; il est difficile pour la jeune génération de s'en affranchir, car, en Europe, l'Etat est omniprésent et appuyé par toutes les sortes de clergé ou presque ; c'est probablement encore pire au Japon, où beaucoup de jeunes Japonais font le choix radical de renoncer à la sexualité, tant le couple représente une source de conflit et d'échec social. La "valeur travail" modèle la sexualité au stade totalitaire : cela aussi, "1984" le montre.

    Cette renonciation forcée n'est pas loin de la misère sexuelle révélée par le procès Pélicot et dissimulée par les médias et leur discours sur la "culture du viol".

    Les sectes évangélistes soutenant D. Trump, dans une nation où l'emprise de l'Etat est moins large et plus récente, paraissent donc le dernier rempart en Occident de la famille. Il n'est pas rare de voir chez des défenseurs européens de la famille... un poste de télévision ! Le chrétien évangéliste américain, lui, est un peu plus sérieux : il sait parfaitement que la famille et la télévision sont incompatibles.

    Mais le renoncement de ces sectes à l'anarchisme souligne l'illusion sur laquelle leur démarche repose. En effet l'Etat capitaliste est nécessairement impérialiste et colonial. Le parti démocrate de Kamala Harris est le parti de la justification de l'impérialisme, mais le moyen de cet impérialisme est le capitalisme.

    L'égalitarisme totalitaire, les "réformes sociétales" sur le dos du tiers-monde, ne font que refléter l'économie capitaliste. La Chine moderne est le meilleur exemple que l'on puisse citer de la complémentarité de l'Etat totalitaire et du capitalisme. Mais la Chine est aussi l'illustration de la fragilité de l'Etat totalitaire. La soumission et le conditionnement totalitaire des masses n'est pas inéluctable ; la sidération des masses par les écrans de télévision, les divertissements bas de gamme, les récompenses pavloviennes, absorbent une bonne partie des forces de cet Etat : c'est là en grande partie l'explication de la faillite de l'Education nationale française, tombée au niveau des mathématiques : instruire et éduquer au-delà du niveau de l'intelligence artificielle est contre-productif pour un Etat totalitaire.

    D. Trump est donc, lui aussi, un parfait hypocrite : la dépénalisation de l'avortement est typique d'une économie capitaliste au stade tertiaire, où la production est largement déléguée à des esclaves dans le tiers-monde. La neutralité de l'Etat, neutralité "hobbésienne", dont rêvent les électeurs de Trump aux yeux desquels l'Etat centralisé incarne Satan, est une illusion semblable à celle du bolchevisme ou du marxisme-léninisme.

    Deux mots sur la "culture du viol", la vraie. Elle est inhérente à la guerre, de sorte qu'il n'y a pas de guerre, antique ou moderne, sans viols, plus ou moins brutaux, qui sont des rituels de soumission aux vainqueurs ou aux forces d'occupation. Les femmes qui couchent par dizaines de milliers, voire centaines, avec les forces d'Occupation allemandes, sont-elles consentantes ? Oui et non. Nul ne peut prétendre sérieusement qu'il se plie de son plein gré aux lois de la Nature.

    Les quelques exemples de femmes incorporées dans des armées modernes démocratiques ont montré qu'elles sont aussi capables de sévices sexuels et de tortures. Quiconque prône la guerre, prône en même temps la culture du viol.

    Ceux qui parlent de "guerres propres" ou de "guerres éthiques", de "frappes chirurgicales", on les appelle communément "pharisiens".