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  • Ubu-pape

    La querelle autour du procès en béatification de Pie XII est du domaine de la propagande de la foi. Foi chrétienne, foi juive, et même foi laïque, par-delà le cas de Pie XII, se disputent le Ciel (Ou le Purgatoire dans lequel la bourgeoisie, en raison de ses crimes maquillés en compromis, a toujours été tentée de croire.) La bourgeoisie n'est pas loin, ici, de mettre le Ciel à l'encan.

    La propagande est la queue de la comète politique ; aussi ne concerne-t-elle pas le christianisme. On peut être sûr d'une chose : la canonisation ou la béatification, si elle passionne les gens de robe, est la dernière des choses qui préoccupe les saints.

    Pour ce qui concerne les Juifs, si les pharisiens demeurent célèbres pour leur goût du sanhédrin, leur culte des mots, surtout lorsqu'ils permettent de se justifier ou de tendre des pièges, on peut lire néanmoins dans l'Ecclésiastique, et ce bien que ce livre soit un des moins messianiques et des plus moraux :


    "La gloire et la honte sont dans la parole,

    et la langue de l'homme cause sa perte."

     

    (La spirale du "Père Ubu" est celle du langage ou de la rhétorique politique.)

  • Identité, piège à belons

    La formule identitaire la plus raffinée que j'ai pu trouver, celle qui fait le moins énarque gaulliste ou polytechnicien national-socialiste, c'est celle-ci : "Mon pays, c'est ma langue" : elle est du franco-italien Rivarol. Une gazette réactionnaire (hors du lobby réac sarkozyste) pour officiers de marine retraités a d'ailleurs choisi de s'intituler "Rivarol".

    "La gloire et la honte sont dans la parole,

    et la langue de l'homme CAUSE sa perte..."

    Le distingué Rivarol n'avait manifestement pas lu l'Ecclésiastique, pas plus que Judas Iscariote, saint patron des nationalistes ou du part libéral depuis l'interdiction de la politique, Judas allé se pendre par le cou au figuier (stérile) au moyen d'une corde.



  • Le métèque Stendhal

    (Le débat sur l'Identité française invite aussi à faire le tri dans les produits d'importation littéraires.)

    Pour faire pièce au propos de l'académicien gâteux (pléonasme) Michel Déon, disons "a contrario" que qualifier le coup de foudre amoureux de "cristallisation" de la part de Stendhal, est un des rares traits d'esprit de ce physiocrate rital (tout penseur libéral peut être qualifié de "physiocrate", de Diderot à Darwin en passant par Stendhal, voire Delacroix, dont les couleurs traduisent une gastronomie intense).

    Au stade guimauve où est rendu Déon sur l'échelle libérale, peut-être la cristallisation n'a pas lieu mais seulement l'adhérence? Quoi qu'il en soit, la théorie de la cristallisation (à peine oiseuse) permet de relier le coup de foudre à la politique aisément. Les femmes, que leur excédent d'âme rend plus "politiques" que les hommes, croient d'ailleurs que "les diamants sont éternels" (Dans la philosophie nazie en rouge et noir, l'âme est constituée d'un bout de carbone.)

    "Quand on passe sa vie entre les bras d'une femme, tout semble obscur." : encore un coup où Stendhal vise juste et honore sa patrie d'adoption, différente sur ce point de l'Italie ou l'Allemagne, où l'idée est beaucoup plus répandue que par chez nous, Freud redoublant saint Augustin (sans compter Luther et sa bonne femme), que "la femme est à l'origine du monde", concentré de connerie anthropologique.

    *

    A part ça Stendhal aime Shakespeare pour la plus mauvaise raison du monde : parce qu'il le trouve "romantique" (sic), confondant ainsi Shakespeare avec le boeuf Rossini ou Verdi. Les détracteurs de Stendhal plaident qu'aucun argument solide ne soutient la thèse de Stendhal que Shakespeare est plus romantique que Racine ; de fait, ce serait plutôt le contraire, si on considère que le fait de basculer du libertinage dans le puritanisme, comme Racine, est un trait de caractère dominant du type romantique (Ben Laden est le dernier dans ce cas). Le romantisme, dans Shakespeare, c'est Ophélie.

    Et si on donnait Shakespeare et Racine devant un public de nonnes et de putes mélangées, il est presque certain que ce dernier aurait la préférence de ces demoiselles.

    Le constat que les détracteurs de Stendhal ne disposent pas d'arguments plus solides que ceux du Rital m'as-tu vu, incite à classer le XIXe siècle sur le plan artistique au niveau du moyen âge, un moyen âge "descendant".

    Je décide donc de signer l'arrêté de reconduite à la frontière de la littérature de Stendhal (que j'ai toujours eu honte d'avoir apprécié, à l'âge de dix-sept ans, vu qu'on est toujours un peu branleur quand on a cet âge-là).

  • Et l'identité serbe ?

    Slobodan Despot dans le poste a frôlé la limite de ce que la censure permet de dire à la télé. L'officiant Frédéric Taddéi qui l'accueillait sur son plateau a bien failli en avaler son hostie de travers.

    Et moi qui disait il y a à peine quelques semaines que tous les Serbes sont des couilles molles comme leur ambassadeur Patrick Besson qui profite que Céline a le dos tourné pour cracher dessus et se faire mousser ainsi auprès de ses créanciers juifs. Le problème de l'identité, c'est qu'il concerne plus les bessons que les Serbes ou les Français.


  • Identité, piège à berniques

    "Elle est passée par ici, elle repassera par là, elle court, elle court l'Identité française..." ; serait-ce une cousine de l'Arlésienne? On peut regretter l'absence d'Alphonse Allais, super Français du centre de Paris (Il y a toujours au moins un tiers de Belge, de Boche ou de Rital, dans le provincial), très bien placé pour tirer tout le comique de cette situation algébrique, extraire le PGCD ou la racine carrée de la patrie.

    Car faire rire du néant au lieu d'en tirer des conséquences astronomiques, voilà bien qui distingue le Français de ses cousins germains et qui oblige, si on choisit d'élire comme moi Allais architype français, de reconduire Blaise Pascal et Jean-Paul Sartre à la frontière illico.


  • Vivons cachées ?

    La femme, en France, a bien le droit d'être une pute, mais pas celui d'être soumise. Le maquereau succède au mari. Telle est la religion féministe, plus bête qu'Eric Zemmour (mais tout aussi capitaliste).

    L'hypocrisie féministe qui consiste à dissocier le pouvoir de l'argent se retrouve curieusement chez Maurras ; on comprend ainsi que le féminisme est un pur produit politique et culturel, un sexisme ordinaire, plus bas encore que le sexisme méditerranéen qu'il dénonce, car fondé sur une conception du sexe et de la politique plus mécanique encore.

    Pourquoi deux poids, deux mesures, alors que n'importe quel imbécile est capable de comprendre que la soumission à l'argent est la pire des soumissions, puisque l'argent concentre l'essence du pouvoir politique (On note lorsqu'on est chrétien que les trente deniers versés à Judas sont la conséquence de sa déception politique : Jésus n'est pas venu pour régner sur Israël) ?

    Bien sûr parce que la loi politique/naturelle du plus fort implique que la conjuration des putains et de leurs maquereaux, auxquels il est permis depuis Fourier d'ajouter les bons pères et les bonnes mères de familles bourgeoises abonnés à "Madame Figaro", cette conjuration pèse beaucoup plus dans la société civile que les quelques péquenots musulmans et leurs femmes en tchador.

    Ensuite parce que la prostitution est le mode de soumission préféré du bourgeois, celui qui épargne le mieux son tabou de l'inceste et préserve son désir de consommation.

  • Victimes de la mode

    "La catastrophe naturelle est dans les médiats" : pour dire non pas seulement que la mort et la désolation en Haïti sont dans le poste de télé et les journaux, mais que les médiats participent eux-mêmes de la catastrophe naturelle, ventilant la bêtise à travers le monde comme un poison mortel.

    Ainsi lorsque les médiats se précipitent pour traduire "apocalypse" par "cataclysme", alors que dans l'Apocalypse la catastrophe n'est pas surnaturelle mais artificielle, le combat des partis du diable entre eux, précédant leur extinction. L'excitation de la bêtise humaine passe par l'hypertrophie de l'âme, effet de la politique. Et rien n'est plus efficace pour développer l'âme qu'un miroir comme le cinéma ou la télé. Placer un enfant devant la télévision est le meilleur moyen d'en faire un pédéraste. Salaud de Newton !

  • Signes d'Alzheimer

    La religion de la choa ou le "devoir de mémoire", qui a remplacé peu à peu l'histoire, est la maladie d'Alzheimer de la société bourgeoise française. On décrit parfois la maladie d'Alzheimer comme un manque de mémoire, mais c'est en réalité l'inverse, un excès, une saturation de la mémoire qui traduit le blocage du raisonnement binaire.

    Ainsi le capitalisme, parfaitement binaire lui aussi, est un projet qui se nourrit de nostalgie et de souvenirs. En somme il meurt de son paradoxe qui traduit la perte d'esprit critique.