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  • De l'Audace

    Je me demande combien ça prendra de temps avant qu'un des collabos du système d'exploitation capitaliste en berne ose reparler du "principe de précaution" ?

    Être libéral, c'est "tout oser" ; c'est à ça qu'on reconnaît un libéral, et ce qui explique que les gosses élevés dans ce régime finissent par ressembler à des singes. Le type libéral, dans n'importe quelle autre civilisation que la démocratie serait mis hors d'état de nuire, non pas en raison d'un principe de précaution, mais pour une question de bon sens.

    Ce qui manque aux gangsters pour être des politiciens libéraux accomplis, c'est le manque de culture. On peut y remédier très vite : il a suffi d'une ou deux générations pour faire J.F. Kennedy, canaille charismatique.

    Si le moteur économique redémarrait, les élites libérales retrouveraient leur audace à inventer de nouveaux systèmes d'exploitation et à les présenter comme le produit de l'évolution de la race humaine. Les vieux singes, pour continuer de peser sur les jeunes singes, doivent détourner à leur profit un instinct ou une audace que l'âge leur a ôtée.

    Car, bien sûr, l'audace du type libéral n'est rien d'autre que l'instinct ; son stimulant : la peur. D'où l'éloge de la théorie de l'évolution dans le monde libéral : elle fait la part belle à la l'audace du type libéral. 

  • Nietzsche antisémite

    Si L.-F. Céline est généralement inculpé pour ses propos antisémites, Frédéric Nitche en est lui, disculpé - récemment par ces fabricants de moraline à l'usage des gogos que sont M. Onfray et P.A. Taguieff.

    - Rassurez-vous, disent-ils à leurs ouailles, le porte-parole de Satan apprécie les Juifs à leur juste valeur.

    Bien qu'assez foutraque, la doctrine de Céline est, il est vrai, plus menaçante pour le veau d'or.

    En deux mots, pourquoi Hitler s'en prend aux Juifs, tandis que Nitche réserve ses diatribes au judaïsme et aux prophètes juifs ? Le nazisme est un mouvement révolutionnaire, tandis que la doctrine de Nitche ne l'est pas. Comme tout mouvement révolutionnaire, il est populiste, et requiert de désigner à la vindicte populaire une minorité intérieure, et un ennemi extérieur. Nitche escompte qu'il éradiquera le christianisme, qu'il juge moribond, à l'aide de sa doctrine, mettant ainsi en place une "paix mondiale" (sic).

    "(...) Comme il s'agit d'un coup destiné à anéantir le christianisme, il tombe sous le sens que la seule puissance internationale qui ait d'instinct intérêt à l'anéantissement du christianisme - ce sont les Juifs. Il y a là une hostilité instinctive, rien d'"imaginé" comme chez le premier "libre penseur" ou socialiste venu - je n'ai que faire de libres penseurs. En conséquence, il faut que nous nous assurions de toutes les forces de cette race en Europe et en Amérique -, et, de plus, un tel mouvement a besoin de l'appui du grand capital. C'est là le seul terrain naturellement préparé pour la plus grande guerre de l'histoire, et la plus décisive : quant au reste des partisans, ils n'entreront en ligne de compte qu'après, une fois ce coup porté. Cette nouvelle puissance qui se formera pourrait en un clin d'oeil devenir la première puissance mondiale (...)"

    F. Nitche

    Du point de vue chrétien, ce ne sont pas les Juifs les pires ennemis du christianisme, mais le monde et les doctrines sociales censées le pacifier. La "synagogue de Satan", ennemie du christianisme, ne désigne pas une institution juive, mais une institution ecclésiastique. Le "fils de perdition" dit saint Paul, s'élèvera au-dessus de tout ce qu'on appelle dieu, ou qu'on adore, jusqu'à s'asseoir comme un dieu dans le temple de dieu, voulant passer pour un dieu. Et la fin des temps n'adviendra avant que le fils de perdition ne soit advenu.

  • Amor fati

    "Amor fati" ou l'amour du destin. Cette devise résume tous les blasons de toutes les aristocraties du monde, et pourrait être peinte en lettres d'or sur chacun d'eux. L'aristocrate chrétien est frappé d'une aliénation mentale particulière, qui le pousse à se mettre au service des causes les plus absurdes. Shakespeare a bien vu ça (Richard II).

    L'antichristianisme est une voie pour Nietzsche, "aristocrate de sang pur polonais" (sic), afin d'éviter de sombrer dans la folie.

    Dans la version élitiste de l'histoire selon Nitche, il est nécessaire que le Messie ne soit pas ressuscité. D'où il invente cette idée de vengeance des apôtres, dirigée contre les princes de ce monde, qui ont assassiné le Messie. Shakespeare tient compte en revanche pour écrire son histoire de la révélation.

    Nietzsche invente une histoire de l'art et de la Renaissance, reprise par les conservateurs de musée, notamment français, les plus incompétents. Invention de Shakespeare baroque ou pré-romantique. L'art baroque est plus païen que l'art de la Renaissance. La contre-réforme soi-disant catholique convoque tous les effets fascinants de l'art, afin de contrer Luther. Elle mène tout droit au Grand Siècle satanique. Inconséquence de Nietzsche, qui ne reconnaît pas dans l'art baroque et la musique une tentative plus sournoise, mais similaire à la sienne, de reléguer le christianisme dans le décors. Au moins on ne trouve pas chez Nietzsche cette plaisanterie de "l'invention de la perspective par la Renaissance". Nietzsche est conscient que le perspectivisme est le contraire du réalisme. Il réclame pour la politique la perspective minimum. Les grandes perspectives sont celles des peuples masochistes.

    Encore une erreur de Nitche, l'art "dionysiaque" ; il ne voit pas que c'est l'art le plus décadent. Les Romains sont dionysiaques, remettent la psyché au goût du jour. Les Grecs sont beaucoup plus matérialistes.

  • No Future

    Comme les troupes de Pharaon furent englouties par la Mer Rouge, les chars et les missiles de la modernité sont happés par l'avenir, comme par un étang de feu.

    Nitche, au nom de Satan, ordonne le repli en vain. 

  • L'évêque de Rome et Lucifer

    L'actuel évêque de Rome tente dans sa dernière encyclique (Lumen fidei) d'opposer à la lumière solaire des cultes païens sataniques (et de nombreux tyrans modernes, faisant valoir au service d'un culte de la personnalité cet ordre naturel), la lumière chrétienne. Il prétend renverser ici le discours de l'antichrist Nitche, qui dit en substance : l'ordre naturel, et en particulier le soleil, c'est tout : la culture de vie, la création, l'art, la source du savoir ; et la lumière chrétienne, elle, n'est rien qu'une théorie.

    Le prophète Job fit remontrance à Iavhé de demeurer invisible et de ne pas se manifester, tandis que les dieux païens, eux, occupaient en quelque sorte "tout le terrain".

    - L'évêque de Rome répond que la lumière est divine, et l'assimile à la foi. Première remarque : même s'il indique que la foi n'est pas à l'intérieur de l'homme (comme peut l'être parfois une conviction religieuse intime), mais à l'extérieur, le pape traduit ici la lumière par un vocable humain abstrait, la "foi" ou "l'amour". Chacun conçoit en revanche aisément ce qu'il y a derrière le mot soleil et en quoi consistent ses effets, notamment en termes de vitalité. On ne peut pas dire que l'objection de Nitche soit combattue autrement que par des mots. D'ailleurs Nitche reproche au christianisme de se retrancher derrière des abstractions et des idéaux qui n'ont, pas plus que les postulats mathématiques, de réalité physique.

    - Suit cette tentative d'élucidation du pape : "D'une part, elle [la lumière] procède du passé, elle est la lumière d'une mémoire de fondation, celle de la vie de Jésus, où s'est manifesté son amour pleinement fiable, capable de vaincre la mort. En même temps, cependant, puisque le Christ est ressuscité et nous attire au-delà de la mort, la foi est lumière qui vient de l'avenir, qui entrouvre devant nous de grands horizons et nous conduit au-delà de notre "moi" isolé vers l'ampleur de la communion." Deuxième remarque : la lumière-foi, selon le pape, semble fonction du temps : on ne voit pas en quoi elle diffère du rayonnement solaire, sur lequel les théories physiques modernes s'appuient ? D'ailleurs l'histoire chrétienne, selon l'apocalypse, n'est pas un continuum de temps, mais l'affrontement des forces spirituelles et des puissances sataniques appuyées sur la puissance naturelle. Vaincre la mort, c'est d'ailleurs triompher du temps et de la nature. C'est le b.a.-ba du christianisme : ce n'est pas un message temporel. L'évêque de Rome ne fait que rééditer le coup de la vieille rhétorique hégélienne et son postulat d'une lumière chrétienne providentielle qui anime l'histoire de l'Occident.

    Ou bien la morale et les institutions politiques se réfèrent directement à l'ordre solaire, comme ce fut le cas dans l'Egypte antique, ou bien elles n'ont d'appui que dans la pure rhétorique humaine, c'est-à-dire qu'elles n'ont aucun appui. Il convient de le rappeler, puisque la stratégie de Hegel consiste à légitimer à l'aide de grandes phrases un ordre institutionnel judéo-chrétien allemand. La lumière divine est "extérieure" à l'homme dit le pape, avant de s'empresser d'en donner une explication la plus subjective et indéfinie possible.

    - Par ailleurs l'évêque de Rome cherche à démontrer le principe du monopole de l'Eglise romaine sur la foi, c'est-à-dire que la lumière passe nécessairement par son intermédiaire. Cependant, non seulement l'Eglise romaine est la matrice des nations occidentales modernes, dont la puissance est largement technocratique, mais elle encore actuellement sous la tutelle de ces nations. Quant à l'unité de l'institution ecclésiastique, dont l'histoire montre qu'elle n'a existé que le temps de l'usage par cette institution de moyens juridiques coercitifs, cette unité est celle de la Jérusalem céleste. Il n'y a aucun moyen de fonder une citoyenneté chrétienne sur les évangiles. Seul un imbécile peut avoir oublié l'effrontement sanglant des nations chrétiennes, ou tout miser sur la démocratie pour y remédier. Le pape ferait mieux ici de chercher à l'élucider le sens apocalyptique de ces affrontements entre judéo-chrétiens. Au monopole institutionnel, on peut opposer le sacerdoce selon saint Paul, et : "Car un seul est dieu ; un seul aussi est médiateur entre dieu et les hommes, le Christ Jésus homme, qui s'est donné lui-même en rançon pour tous : le témoignage en est rendu au temps voulu, et c'est à cette fin que moi j'ai été établi prédicateur et apôtre, - je dis la vérité, je ne mens pas, - docteur des gentils dans la foi et la vérité." (1re épître à Thimothée, II, 5). L'unité de l'Eglise ou du camp des saints résulte donc de la médiation directe du Christ Jésus.

    - Au petit éloge final de la procréation dans le cadre chrétien, un païen nitchéen opposera sans peine que l'intervention du soleil et de la nature dans le mouvement créatif est scientifiquement la plus certaine, outre l'action de l'homme.

  • L'Ethique du jean-foutre

    Un beau parleur laïc définit ainsi son éthique de jean-foutre : "Non pas une opinion religieuse, mais un principe de protection de toutes les expressions religieuses... à condition qu'elles soient conformes à la loi."

    Les mahométans font plus ou moins confiance à leurs imams, les juifs à leurs rabbins, tandis que les laïcs, eux, se fient à la police. Les lois des Etats totalitaires se présentent comme étant universelles ; d'où les efforts d'un clergé pléthorique pour leur donner une coloration scientifique. Le communautarisme aura beau jeu de faire valoir tel ou tel régime moral contre la démence croissante des autorités étatiques.

  • Hinterwelter

    "Baudelaire n'est pas seulement un décadent, mais aussi un idéaliste, un platonicien chrétien, ce qui le rapproche dangereusement des hinterwelter (amateur d'arrière-mondes)" F. Nitche

    "Platonicien chrétien" : une fois n'est pas coutume, l'accusation de Nitche vise précisément un courant de penseurs chrétiens, qui a tenté d'interpréter les évangiles à la lumière de Platon, lui-même pythagoricien. C'est donc le syncrétisme médiéval à quoi Nitche aurait dû limiter ses attaques, comme Shakespeare-Bacon l'a fait au nom du christianisme et de la pureté de la parole divine.

    Les idéologies modernes totalitaires, qu'elles soient nazie, soviétique ou démocratique sont toutes teintées de ce platonisme chrétien, dans lequel Hegel n'a fait qu'introduire une théorie de l'histoire truquée, destinée à donner le beau rôle aux élites occidentales.

    L'amalgame pratiqué par Nitche le plus souvent entre le "platonisme chrétien" et le christianisme authentique lui permet d'établir un lien entre le populisme ou l'anarchie, et le message évangélique, suivant la vieille tactique des historiens romains en quête de boucs émissaires. Mais, comme le montre Shakespeare-Bacon, le platonisme chrétien est une ruse des élites. Le syncrétisme est opéré par des moines catholiques pour le compte de potentats, badigeonnant le tout d'un prétexte compassionnel totalement étranger à l'esprit du christianisme.

    On retrouve la même ruse que celle, moderne, qui consiste à faire passer le populisme démocratique pour un mouvement populaire, en effaçant soigneusement des tablettes, par exemple, le profit du suffrage universel pour l'empereur Napoléon III, aussi crédible dans le rôle du chef d'Etat chrétien que Ponce Pilate.

    Depuis le moyen-âge, les universités occidentales ont persévéré dans leur rôle de blanchiment systématique des valeurs occidentales.


  • Dialogue avec l'Antéchrist

    - Volonté de Nitche étrangler la philosophie moderne dans les serres de l'art. Ultime tentative de sauver le monde.

    - Le monde prisonnier de Satan = christianisme/Satan prisonnier du monde = Nietzsche.

    - Modernité = victoire du sous-homme sur le surhomme, prélude à la fin du monde. Victoire de la quantité et de la masse indistincte sur l'art et les biens de qualité. Victoire de la physique quantique sur la physique égyptienne. Mais la quantité et la masse sont instrumentalisés par les élites.

    Mon dialogue avec l'antéchrist progresse.

  • Dans la Matrice

    Avant d'être autorisé à publier des poèmes faisant l'éloge de la condition humaine, un stage de quelques mois dans une mine de charbon, un champ de coton ou un bordel africain devrait être obligatoire. On serait alors débarrassés de 99% des curés qui chantent : "Y'a d'la joie, bonjour-bonjour les hirondelles..." Il ne resterait plus qu'1% de masochistes, pas de quoi fonder une Eglise.

  • Très grande bibliothèque

    La littérature est le signe le plus significatif du caractère essentiellement hérétique de l'homme. Si les anthropologues avaient des couilles, ils diraient ce qu'ils sont : les tenants de l'hérésie, qui lui doivent leur fortune et leur position dans le monde.

    Prenons un homme en quête de vérité. Mettons que ce soit le cas de Marx, et qu'il soit sincère dans sa démarche. Dans ce cas cet homme devra nécessairement affronter les serpents de l'anthropologie, que la caste infâme des anthropologues enverra contre lui.

    Il y a sans doute encore des jeunes gens qui espèrent que les vastes bibliothèques leur permettront de découvrir une vérité, au moins sous la forme d'un point d'appui, pour pallier les effets écoeurant du mouvement erratique du monde moderne.

    En fait d'expérience, les vieux tocards qui se permettent de donner des leçons de morale à la télé, n'ont appris que l'écoeurement et les méthodes pour se faire vomir afin de pouvoir en croquer encore un peu avant de mourir. Ils demandent le respect, alors qu'ils ne se respectent pas eux-mêmes.

    Les jeunes gens qui espèrent dans les vastes bibliothèques doivent être avertis qu'interroger l'anthropologie, c'est comme de demander son chemin au minotaure dans le labyrinthe. L'anthropologue ne connaît que l'hérésie et le moyen de s'en servir pour son propre usage, qui consiste essentiellement à occuper une position morale dominante, et à la conserver en posant le talon sur le visage de celui qui voudrait l'en déloger.


  • L'imposture chrétienne-libérale

    Mgr Dagens, membre de l'épiscopat français et de l'académie française, a le don de cumuler sur sa tête les plus vaines gloires mondaines qu'on puisse faire. Il ne lui manque plus qu'à présider le Rotary-club de son diocèse pour compléter le déguisement.

    - Sur son blog, il fustige l'attitude du parti catholique intransigeant ou réactionnaire, qu'il caractérise comme une volonté de reconquête d'une position dominante au sein de la société française. La sienne, d'attitude, consiste à lécher le bâton merdeux de l'éthique démocratique-libérale. Opposer la servilité à la rébellion, voilà en quoi consiste la tactique du démocrate-chrétien, sur la base d'un existentialisme que Bouddha inventa bien avant le sieur Dagens.

    - Disons deux mots du parti "intransigeant" ou réactionnaire. D'abord, s'il était réellement aussi intransigeant que ça, il y a belle lurette qu'il serait allé botter le cul de Mgr Dagens, ou qu'il lui aurait rappelé que tout porteur de bicorne exprime par-là son allégeance à Satan. Le christianisme de son prédécesseur Jean Guitton, est d'ailleurs le plus diabolique qui se puisse faire - une sorte de bénédiction de la technocratie et des technocrates.

    - Le christianisme libéral justifie toutes les réactions violentes contre lui, non pas chrétiennes mais politiques, en raison de l'infâmie qui consiste à indexer l'éthique sur les valeurs boursières. Et les Juifs qui se croient sous la protection de la démocratie-chrétienne feraient bien de se méfier, s'il n'y a pas derrière leur adhésion quelque motif du même genre que celui de Shylock.

    - Quant à la reconquête d'une position dominante, si elle n'a évidemment rien de chrétien ou d'évangélique, elle est la plus conforme à la théorie catholique romaine d'un christianisme institutionnel, hiérarchisé et militant. Sans cette position dominante, l'institution n'est plus qu'une ruine, fréquentées par ce qu'on peut qualifier de "touristes spirituels". L'Eglise romaine n'a d'ailleurs plus d'emprise, à l'instar de l'islam, que dans les nations ou sur les continents qui n'ont pas connu de véritable révolution industrielle, celle-ci ayant remis les instruments du pouvoir religieux dans les mains d'un nouveau clergé. Plutôt que dangereuse, il faut dire que la démarche des catholiques réactionnaires est vaine, semblable au combat mené par Don Quichotte, imaginé par Cervantès comme le prototype du chrétien qui se démène en dehors de l'histoire, tout en persistant à ignorer que le christianisme est la plus historique des espérances.

    Si le chrétien se détache des contingences morales et politiques, dont le monde ne peut se passer, pas plus que de conflits armés afin de régénérer sa culture, c'est pour la raison que le chrétien a sans cesse à l'esprit la fin du monde, à l'inverse du démocrate-chrétien, disposé à le prolonger le plus longtemps possible. Car le monde justifie le chrétien libéral et non dieu. Coupé du monde, de son bicorne, de sa mitre, de sa crosse et de son anneau, Mgr Dagens n'est RIEN. Qui voudra encore l'écouter en dehors d'affairistes douteux ? Qui lit encore les académiciens en dehors de rombières ?

    Dagens dénigre le don-quichottisme chrétien, mais hélas pour lui il n'est pas Cervantès, mais seulement un de ces nullibistes catholiques comme on ramasse à la pelle dans les coulisses de la culture "judéo-chrétienne".

    Quant à l'éloge par ce prélat des Etats-Unis et de leur simulacre de christianisme - les Yankees les plus honnêtes se réclament de Satan - il est une infâmie. Rien, dans le christianisme, ne justifie la démocratie, millénarisme plus frauduleux encore que la monarchie de droit divin des pharaons. La démocratie est entièrement tributaire de la tyrannie française d'ancien régime. C'est elle qui a opéré la conversion de l'ordre satanique égyptien en apparence d'ordre chrétien. Sans ce tour de passe-passe juridique, il n'y aurait aucun moyen de faire reluire aujourd'hui le mirage de la démocratie. Cracher dans la soupe de cet Hermès trismégiste incarné que fut le cardinal de Richelieu n'empêche pas le sieur Dagens de s'en délecter.