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  • Rejouer le match ?

    Au bord de mourir d'un cancer du foie à l'hôpital Saint-Antoine, un homme d'une soixantaine d'années à peine mais qui en paraît deux mille à cause du mal méconnu qui le ronge, procède à son examen de conscience (il est chrétien), en attendant que l'infirmière passe le border pour la nuit (elle lui rappelle sa femme Juliette au temps de son coup de foudre).

    Il a travaillé toute sa vie pour l'"Abeille-Assurances", et ses gosses désormais font des études de droit et de commerce qui devraient les propulser selon toutes probabilités dans une voie royale équivalente. Il caresse même l'espoir avec son épouse que la petite dernière, Faustine, décroche le concours de l'X. Bref Monsieur Z. croit pouvoir partir en paix en ce mois de décembre 2009 où les affaires ne vont pas très bien, certes, mais où les meilleurs experts assurent que le capitalisme devrait sortir plus fort encore de la crise, selon la loi de Darwin... ou de Nitche ? Il ne sait plus très bien. La lassitude aidant, ses idées les plus nettes ont tendance à se mélanger dans sa caboche. Bref, ce n'est pas son genre de céder au pessimisme, y compris dans un lit d'hôpital, à la veille ou l'avant-veille de voir la mort face à face. D'ailleurs il ne souffre même pas !

    Sans doute il ne pourra pas essayer la nouvelle auto électrique, cadeau des enfants pour leurs trente ans de mariage, mais... "Qui veut gagner sa vie la perdra." : tout d'un coup il vient de saisir le sens de cette phrase du Nouveau Testament ; quelques instants auparavant, il s'était contenté de la lire dans une vieille Bible posée à plat sur sa poitrine, abandonnée par quelqu'un dans le tiroir de la table de nuit. Un doute l'étreint et le fait même grimacer ; ses paupières se crispent : il voit dans le noir ce vieil homme à la barbe blanche, familier de ses rêves depuis sa plus tendre enfance, et il lui adresse cette prière spontanément : "Est-ce que par hasard Vous ne pourriez pas me laisser... rejouer le match ?" Avant d'expirer, il a tout juste le temps d'apercevoir un bonnet rouge pointu, posé sur le siège négligemment à côté du vieillard, et de reconnaître le Père Noël qu'il avait toujours pris pour Dieu le Père lui-même...

    L'éloge funèbre du Père Lebonbougre fut un peu raté. Il ne connaissait pas le défunt, ayant dû remplacer au pied levé son confrère le Père de Becdelièvre, ami de la famille mais qui s'était cassé le fémur droit quelques jours auparavant en bricolant. Or il n'est jamais facile de faire le panégyrique d'un inconnu. La procession des dix petits-enfants de Monsieur Z. en revanche, entourant le cercueil vernis, chacun portant qui une carotte, qui une courgette, chacune des variétés de légumes que leur grand-père cultivait amoureusement depuis sa retraite dans son potager, fit bel effet auprès des habitants de Clochemerle-les-deux-Eglises où les Z possédaient une résidence secondaire.

     

  • Marx et la femme

    Si Marx se préoccupe peu de "féminisme", c'est qu'il ne se berce d'aucune illusion sur l'inefficacité du droit à réparer une injustice qu'il sait être précisément d'origine juridique. Le sexisme en général n'est qu'une conséquence du droit romain et de l'organisation politique.

    Marx et Engels se contentent d'observer que le droit patriarcal est synonyme d'archaïsme, et qu'il n'a rien de "naturel" puisque ce patriarcat a été précédé par des régimes matriarcaux (dans lesquels la femme est la référence généalogique).

    L'égalité est une idée républicaine, voire nazie, étrangère au communisme (l'égalitarisme n'est pas opposé à l'exclusion des "métèques", bien au contraire, mais quasiment son corollaire mathématique).

    D'ailleurs en aucun cas Marx n'est "sociologue" ; la sociologie n'est autre qu'un mouvement de politisation du marxisme par des fonctionnaires.

    *

    Mais, cependant Marx réintroduit la femme dans l'histoire d'une façon très intéressante. Il vaudrait mieux dire le "sexe faible"  ou la fonction assignée à la femme par la politique jusqu'à ce que celle-ci ait pris un tour existentialiste hyper-moral il y a quelques années (Si l'ordre hyper-moral dans lequel les Etats-Unis sont entrés les premiers traduit un pourrissement de la politique, il n'en reste pas moins une conséquence du cancer politique diagnostiqué par Marx, sa métastase. La politique est comme le sida : elle ne tue pas directement mais place le corps dans la situation de ne plus pouvoir se défendre. Ceux qui refusent d'admettre que le cancer est politique sont comme des sidaïques qui affirmeraient que le rhume ou la grippe est en train de les tuer.)

    Le reproche majeur de Marx aux historiens et philosophes bourgeois est de négliger ou plutôt de dissimuler le rôle décisif des calculs économiques dans l'évolution historique et de ramener celle-ci à une simple confrontation d'idées (nazisme et capitalisme sont largement des propagandes et de l'ordre de la foi).

    Or, sur le plan des rapports moraux, politiques et économiques, l'activité des femmes représente justement souvent la partie cachée de l'iceberg, c'est-à-dire un rôle qui n'est certes pas le rôle-titre mais dont Marx souligne pas le caractère essentiel bien que terre-à-terre. Au cours des guerres capitalistes, tandis que les hommes tirent, les femmes fabriquent les fusils. Le côté pile et le côté face se retrouvent dans toutes les entreprises capitalistes, au demeurant.

    Si cette critique de Marx comporte une part de misogynie, en révélant que la roue du Capital est actionnée d'abord par des femmes, autrement dit qu'il est essentiel d'incorporer à l'histoire l'activité généralement dévolue aux femmes pour ne pas écrire une histoire philosophique ou "bourgeoise" éthérée, cette misogynie ne semble pas avoir été volontaire de la part de Marx comme de François Bacon ou Shakespeare, en référence à la Bible (cf. le personnage d'Ophélie, fille à papa, "Marthe" entêtée du parfum des lys, comme aimantée par les reflets de la mare argentée).

    S'il était brouillé avec sa mère, Marx en revanche a toujours été soutenu par sa femme malgré des conditions d'existence difficile et le dédain du carriérisme de son mari.

  • Point cardinal

    Il y a entre Joseph de Maistre et Régis Debray ou Charles Maurras l'écart qu'il y a entre Don Juan et Sganarelle. Tandis que le premier maîtrise parfaitement la ronde-bosse et la grisaille maçonnique, le principe architectural fondé sur le nombre 666, fonction suprême de subversion de la vérité, grande matrice du paradoxe et du hasard, mastic idéal, Debray ou Maurras, eux, ne font que réclamer en pleurnichant des gages à la politique, comme des gosses qui se mettent à chialer dès que leur mère fait trois pas hors de leur vue.

    "Nique ta mère !", encore une fois quel trait d'esprit du rap ! Aliénés, sans doute, à commencer par l'âme argentée du Capital qui les tient par les couilles, mais au moins ils ont pigé d'où vient l'aliénation. A comparer au "Seule ma mère ou ma soeur aurait pu me faire renoncer à l'éternel retour" du pédéraste Nitche.

    L'imbécile Galilée (Galileo galilei), parangon du judéo-christianisme, prend Dieu pour une équation ; il faut dire que dans ce cas ce n'est plus "Dieu le père" mais carrément "Dieu la mère".

    De Maistre n'est qu'un point, mais il est cardinal. Il mérite la pourpre. De la haine de Joseph de Maistre pour François Bacon, Voltaire ou la peinture, on peut tirer un enseignement, faire un choix. Maurras ou Debray ne font que dodeliner de la tête comme des bonzes qui ont appris leur leçon par coeur. Des gosses qui ne sont jamais sortis des jupes de leur mère.

  • Qui sont ces Suisses ?

    "Par solidarité avec les pays musulmans bafoués par la prohibition en Suisse des mosquées, les pays humanistes du monde entier doivent répliquer en interdisant les établissements bancaires sur leurs propres territoires." B. Kouchner

    Je déconne, bien sûr, car c'est pas demain la veille que Bernard Kouchner cessera de nous prendre pour des bobos. Après avoir dénoncé les idées nazies de Le Pen pendant vingt ans, quelques mois après avoir été nommé au gouvernement, Kouchner reprenait l'argument de Le Pen des Etats qui ne sont que des monstres froids, et la banalité du mal blablabla (de fait le mal, notamment sous la forme du sado-masochisme, est banalisé dans la société totalitaire capitaliste -cf. la dinde Hannah Arendt, sans doute dans le but de disculper son amant, l'étronime connard nazi Heidegger), banalisation que l'on retrouve dans les sociétés tribales païennes.

    Dans le cas précis on devine que les moulinets "humanistes" de B. Kouchner ont pour but de détourner autant que possible l'attention des manoeuvres de l'armée yankie en Afghanistan, qui prouvent que la mission de blanchiment de la politique extérieure des Etats-Unis par Barack Obama est accomplie. Probable que MacCain aurait eu beaucoup de mal à imposer une décision semblable. Sachant que la hausse du chômage ne laisse pas d'autre choix aux cartels yankis que de mener une politique de couverture sociale des salariés yankis qui ne sont pas syndiqués (Il restera toujours assez de Mexicains clandestins pour servir de main-d'oeuvre corvéable à merci si nécessaire).

    Qui mieux que Bernard Kouchner incarne le libéral de gauche dont Karl Marx se méfie particulièrement à cause de la ruse dont il est capable, contrairement au réac de droite imbécile ?

    De fait, sans les sociologues de gauche (qui m'ont moi-même longtemps dissuadé de lire Marx et Engels), le marxisme n'aurait pas été éradiqué aussi efficacement des Universités françaises où règne un esprit laïcard complètement étranger à la science marxiste puisque nul mieux que Marx n'a démoli les thèses des principaux fondateurs de la religion laïque allemande.

  • Sale quart d'heure

    Le "quart d'heure de gloire" du moraliste Andy Warhol est un enterrement de troisième classe. Une idée de la barque de Charon comme d'un ferry boat.

    Les Yankis sont assez crétins pour croire que Achille ou Ajax vont se pousser pour faire la place à leurs super-héros nitchéens de plastique. Même pas sûr qu'Adolf Hitler soit à la hauteur.

  • Waltz

    WONDER WHY DEAD CAN DANCE AS MUCH AS THE QUICK DO?

    WONDER WHY WALTZ IS WAVERING ABOUT THE FUTURE?

    A TRUE SCIENCE-FICTION?

    ASK RENAISSANCE ICONS AS EZRA POUND

    BEFORE THE BAROQUE SPLIT OF EVERY BODY

    BEFORE THE BALLET OF GERMAN BOURGEOIS

    WHO GO TO HELL LIKE HAMELIN'S CHILDREN:

    MUSIC AT THE POLITICAL LEVEL, MUSIC MADE WAR AND TORTURE.

     

     

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  • Philologie

    Le suicide d'une société qui a le culte des mots est programmé. Voyez le long cou du curé janséniste prédestiné à la corde. Si l'on vous dit : "Seuls les rats quittent le navire !", pensez plutôt comme Scapin : "Qu'allais-je faire dans cette galère ?" Car Molière comme tous les artistes honnêtes n'a pas de style.

  • Infantilisme

    On a atteint le stade où les jeunes enfants sont moins stupides que leurs parents. Je le dis sans démagogie puisque les enfants ne votent pas.

    Deux intelloïdes sur un plateau télé :

    Le premier (Régis Debray) :

    - Politique d'abord ! (Comme si Maurras n'avait pas été condamné quelques années auparavant par toutes les autorités politiques, morales et religieuses du pays, athées comme catholiques, pour avoir tenu des propos similaires, et avec l'excuse de les avoir proférées dans un français intelligible.)

    Le second :

    - Non, existence d'abord !

    La sempiternelle question de l'oeuf et de la poule, de Gaulle contre Cohn-Bendit, le père contre son rejeton. Ubu roi. Un dessin d'Alfred Jarry en dit plus que cinquante traités de branleurs comme Maurras ou Régis Debray, et on ose qualifier le théâtre de Jarry de "théâtre de l'absurde". Cherchez l'erreur.

    Une société presque entièrement pédérastique comme les Etats-Unis est une société où les gosses portent très tôt sur le front et la main la marque du temps. Des écrans de cinéma un peu partout sont disposés pour empêcher tous ces gosses qui se prennent pour des cow-boys ou des super-héros alors qu'ils ne sont que des fonctionnaires, de crever de trouille sur place. 

     

  • L'Argent du Beur

    Le pire, ce sont encore ces intellos bobos : Finkielkraut, Bruno Gaccio, etc., qui feignent d'ignorer que le football est une entreprise politique bourgeoise crapuleuse DEPUIS LE DEBUT. Sans compter ses effets d'abrutissement sur les familles les plus modestes. Non seulement les industriels français ont importé une main-d'oeuvre africaine à bon marché pour effectuer les tâches ingrates pour pas un rond, mais ils l'ont flanquée devant la télé et les matchs de foot.

    L'impossibilité pour un politicien qui le souhaiterait de remettre en cause le foot tient non seulement au poids de l'industrie dans ce secteur, mais aussi au fait que le football "participe du lien social" comme disent les sociologues dans leur langage vulgaire. Un point qui permet de laver Marx du soupçon qui pèse sur lui de n'être qu'un "sociologue". Marx et Engels savent trop bien l'aspect "cultuel" de la culture. Le communiste qui ne voit derrière ce "ciment social" autre chose que le meilleur moyen pour la bourgeoisie de communiquer aux ouvriers, aux employés et aux fonctionnaires sa religion de l'argent ne peut être qu'un ancien stalinien qui n'a lu qu'une version de Marx amputée.

    Marx tenant d'ailleurs à juste titre les réactionnaires en général pour des imbéciles nostalgiques complètement coupés des réalités historiques (excepté Balzac), n'a jamais ignoré la menace particulière que les sociaux-démocrates, plus rusés, font courir à la vérité.

    Probable que si les fils d'ouvriers n'avaient pas été détournés de Marx vers le football, la politique et la sociologie, les flonflons de la Marseillaise en guise de cache-sexe, la France ne serait pas aussi bas aujourd'hui. Même le milieu anar pourtant plus radical semble ne pas avoir évolué depuis Marx ! Incapables les anars de voir quelles sont les deux catégories d'individus qui font référence à Nitche en dehors d'eux: les curés démocrates-chrétiens (Onfray y compris) et les supporteurs du PSG, et que la meilleure interprétation du surhomme de Nitche est le super-héros de la culture yankie qui est un super-flic au-dessus des lois (un peu comme un chef d'Etat).

    Etant donné le lien politique entre le foot et la guerre, je ne peux m'empêcher de penser à "Henry V" où Shakespeare brocarde comme dans quelques autres pièces l'esprit chevaleresque façon Chrétien de Toyes, avec une bonne longueur d'avance sur les "Monty Python", et non sans souligner contrairement à eux le caractère satanique d'une telle littérature. Si Shakespeare avait été entendu, la littérature romanesque moderne ne serait jamais née. Les intellos-bobos d'aujourd'hui sont les Tartuffe jansénistes d'hier.