Avant de répondre à cette question, en ce qui me concerne et de façon plus générale, observons que la culture moderne véhicule la peur des hommes et non celle des femmes, présentées comme des êtres inoffensifs et purs.
Huxley et Orwell, en montrant que l'éthique totalitaire est puritaine, qu'elle soit communiste ou démocrate-chrétienne, fournissent l'explication de l'inculpation systématique des hommes par la culture étatique totalitaire. L'homme incarne le péché de jouissance, antisocial au stade totalitaire. John Le Sauvage est triplement 1. un homme ; 2. inassimilable au Meilleur des Mondes ; 3. un "loser". Sa mère est au contraire inconsolable d'avoir coupé le cordon avec la matrice totalitaire et le confort qu'elle procure aux citoyens "alphas".
On pourrait qualifier John Le Sauvage de misanthrope si l'espèce humaine n'était pas, dans le Meilleur des Mondes, au niveau du singe. John Le Sauvage rejette en réalité un monde où rien de grand n'est possible, une société horizontale.
Dans "1984", Julia ne craint pas de défier Big Brother. C'est elle qui entraîne Winston Smith, moins audacieux, dans la dissidence. Elle est plus jeune et se laisse guider par son désir, à l'instar de Juliette dans "Roméo & Juliette" ou de Viola dans "La Nuit des Rois". Cela dit le dispositif totalitaire n'indispose pas Julia comme il indispose Winston Smith, choqué par un ordre public bâti sur le mensonge.
Si l'on devait représenter l'Etat totalitaire, on le représenterait sous les traits d'une mère abusive, s'opposant obstinément à l'émancipation de ses enfants, le genre Angela Merkel.
- En ce qui concerne ma peur des femmes, maintenant, j'appelle ça de la prudence. Pourquoi aurais-je moins peur des femmes que des avalanches ou des cyclones, des gouffres sans fond et des tempêtes en mer ? Roméo aurait été bien inspiré de se méfier de l'attraction fatale que les femmes exercent sur lui. Qui n'a connu dans son entourage un homme victime d'une femme fatale ? Pour ma part j'en ai connu deux. On ne comptabilise pas parmi les victimes de violence féminine les hommes qui se suicident par amour, et l'on fait bien car c'est avant tout une question d'éducation.
Ulysse diffère de tous les super-héros de la culture de masse américaine par sa peur des femmes, qui n'est pas une peur panique mais une méfiance raisonnable. Elle ne l'empêche pas de fréquenter des femmes, mais Ulysse conserve son caractère de héros prométhéen, qui ne craint pas d'affronter les forces de la nature, avec la protection d'Athéna.
Le groupuscule de femmes suprématistes blanches "Némésis" ne s'y est pas trompé en choisissant le nom d'une divinité femelle qui inspirait, dit-on, aux hommes les plus vertueux et les plus prudents, la peur.
pas animé par un esprit moderne ; en effet l'homme moderne est seul, tel Rimbaud, face à son destin. Parfois, au dernier moment, sous pression, il appelle Dieu au secours, quand il n'a plus sa mère.