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vendredi, 29 juin 2007
À l'encan
Je ne vais pas me plaindre de ce climat un peu frisquet, plus propice au travail. Toutes ces belles étrangères en tenues légères dans Paris, l'été venu, ne facilitent pas la concentration. Et puis au moins, pendant ce temps, les journalistes n'osent pas nous soûler avec le "réchauffement".
Un exemplaire des Fleurs du Mal dédicacé à Delacroix a été mis aux enchères et acquis pour la somme de 600.000 euros, environ, peu importe, tous ces zéros n'impressionnent que les lecteurs du Monde, du Figaro ou de Beaux-Arts magazine ; ils n'ont pas de sens précis.
Bernard Arnault, via Vuitton, sponsorise bien, lui, un ouvrage sur Marx…
Ça ne fait pas pour autant de Baudelaire et Marx des auteurs "bourgeois", "capitalistes" ou "sarkozystes", pour parler le langage actuel. On peut même voir en Baudelaire un anti-Littell parfait. Condamné pour certains de ses poèmes des Fleurs, pour leur défense il écrivait :
« Le livre doit être jugé dans son ensemble, et alors il en ressort une terrible moralité. (…) Il y a plusieurs morales. Il y a la morale positive et pratique à laquelle tout le monde doit obéir. Mais il y a la morale des arts. Celle-ci est tout autre, et depuis le commencement du monde, les arts l'ont bien prouvé.
Il y a aussi plusieurs sortes de Liberté. Il y a la Liberté pour le Génie, et il y a une liberté très restreinte pour les polissons. »
Cela signifie que la civilisation est une chose subtile, si subtile qu'il ne vaut mieux pas la confier à des "libéraux" cyniques, forcément cyniques. Car la liberté dont il est question ici, c'est celle des banquiers. Leur morale ? Elle consiste à s'enrichir coûte que coûte. De Guizot à Sarko, on n'en sort pas.
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jeudi, 28 juin 2007
Stratégie artistique*
L’art contemporain fait constamment référence, de manière appuyée, à des “valeurs sûres” ; il y a ces classiques de la littérature pieusement rangés dans les vitrines du Pompidou, le titre emprunté à Céline par Anselm Kiefer, “Voyage au bout de la nuit” (“Guignol’s band” aurait mieux convenu, mais il ne faut pas surestimer la culture générale des bobos), les pastiches de Michel-Ange par Lapicque, etc.
Je me demande, est-ce que c’est pour méduser le public, ou bien juste pour avoir la scoumoune que Kiefer fait ça ? Une sorte de gri-gri ? Ou alors c’est une tradition de l’art contemporain, depuis le cours d’art plastique prononcé par môssieur le professeur Picasso sur Vélasquez…
C’est parce que Baudelaire avait l’amour de la peinture qu’il pouvait se permettre de critiquer, en des termes choisis, le peintre Gérome : « Il est impossible de méconnaître chez M. Gérome de nobles qualités, dont les premières sont la recherche du nouveau et le goût des grands sujet », et, plus loin : « La facture de M. Gérome, il faut bien le dire, n’a jamais été forte ni originale**. »
L’amour de Baudelaire pour la peinture entraîne une déception lorsqu’il décèle des carences ou des faiblesses chez un peintre. En général, d’ailleurs, Baudelaire s’avoue déçu par la peinture présentée aux Salons ; mais il n’abandonne pas pour autant, il se refuse à désespérer de l’art. Le même état d’esprit le pousse à propulser Delacroix, avec Rembrandt, Rubens, Puget, parmi les phares.
Le mépris des esthéticiens contemporains pour Gérome, les Catherine Millet, les Jean Clair, les Yves Michaud, pour ne citer que les plus médiatiques porte-parole d’une esthétique à la portée des caniches, ce mépris est tout différent. C’est d’abord du conformisme, une façon de se conformer à ce qu’ils ont cru comprendre du “message” de Baudelaire ; et puis, surtout, c’est une ruse grossière, mais qui fonctionne très bien, pour se faire valoir, eux et tout leur bazar, sur le dos de Gérome. Nains immodestes et insignifiants à qui on confie des responsabilités politiques.
*En hommage à Fernand Divoire, auteur méconnu, et pour cause.
**Ceux qui savent lire observeront que c’est sa “facture”, autrement dit son savoir-faire, que Baudelaire reproche à Gérome, tandis qu'il loue ses innovations.
11:40 Publié dans Anti-journalisme | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : baudelaire, gerome
mercredi, 27 juin 2007
Sans chauvinisme
Curieusement, Céline, qui est plutôt du côté de Chenavard, comme blessé à mort et assombri, Céline est une cure de jouvence malgré tout, comme les réactionnaires. C'est peut-être, je ne sais pas, son côté "animal" ; il a beau être aux abois, traqué par la hyène Sartre et les autres, c'est l'instinct de survie qui domine chez lui.
Un de mes potes, qui chasse à courre, m'expliquait récemment que le cerf, si la traque dure un peu, s'asphyxie ; son sang devient noir, ses organes le brûlent, il va souvent se jetter dans un étang, un plan d'eau, dans un geste désespéré.
« Je supporte de moins en moins la musique "en boîte" ; d'ailleurs je n'écoute pour ainsi dire plus de disques… »
Mireille Delunsch est chanteuse lyrique. Je ne suis pas très sensible à la musique "moderne", les rares fois où j'ai mis les pieds à l'opéra, les premières notes m'ont donné envie de me trisser à toute berzingue, mais j'ai assez d'oreille pour distinguer un artiste d'un simulacre d'artiste. Petit mérite dorénavant, les contrefaçons sont tellement grossières, les soi-disant artistes contemporains ont des gueules de représentants de commerce si tranchées ! Daumier s'en serait donné à cœur joie.
Et Mme Delunsch est une artiste. Je note sa remarque aussi - elle se défend de tout chauvinisme -, que l'Alsace est la seule région française où la musique est vraiment importante.
Lorsqu'on lui demande quel est son bouquin préféré, Madame Delunsch répond : Belle du Seigneur ; et son tableau préféré : Guernica ; et son événement historique préféré : L'abolition de l'esclavage ; ça n'enlève rien à son caractère d'artiste, à son goût de la perfection et de l'effort pour l'atteindre. Rares sont les artistes capables de comprendre les arts qu'ils n'exercent pas, en définitive. Delacroix est une exception.
08:35 Publié dans Anti-journalisme | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
mardi, 26 juin 2007
Sourdingues
Pas seulement la “fête de la musique”, mais aussi toutes ces gonzesses qui, automatiquement, se fourrent dans les transports en commun un écouteur dans l’oreille ; et tous ces blogueurs qui font “partager” à leurs congénères le dernier tube en vogue, toutes ces fêtes où, en sourdine - en sourdingue plutôt -, des amplis crachent des mélodies balourdes et des rythmes simplets, la multiplication à la télévision des émissions musicales ; les bars où on boit dans le vacarme artificiel, jusqu’au restaurant où on dîne “en musique”, au supermarché où on fait ses courses “en musique”, bref, cette vaste conspiration démocratique contre le silence… je ne peux pas m’empêcher de penser au peintre Chenavard.
Que Baudelaire décrit ainsi :
« Le cerveau de Chenavard ressemble à la ville de Lyon ; il est brumeux, fuligineux, hérissé de pointes, comme la ville de clochers et de fourneaux.
(…) Chenavard sait lire et raisonner, et il est devenu ainsi l’ami de tous les gens qui aiment le raisonnement [allusion à Delacroix] ; il est remarquablement instruit et possède la pratique de la méditation.
(…) [Pour Chenavard] L’humanité est analogue à l’homme.
Elle a ses âges et ses plaisirs, ses travaux, ses conceptions analogues à ses âges.
L’âge de l’homme se divise en “enfance”, laquelle correspond dans l’humanité à la période historique depuis Adam jusqu’à Babel ; en “virilité”, laquelle correspond à la période depuis Babel jusqu’à Jésus-Christ, lequel sera considéré comme le zénith de la vie humaine ; en âge moyen, qui correspond à la période dans laquelle nous entrerons prochainement et dont le commencement est marqué par la suprématie de l’Amérique et de l’industrie.
L’âge total de l’humanité sera de huit mille quatre cents ans.
De quelques opinions particulières de Chanavard. De la supériorité absolue de Périclès.
Bassesse du paysage, - signe de décadence.
La suprématie simultanée de la musique et de l’industrie, - signe de décadence. »
Baudelaire, donc, oscille entre l’admiration et la moquerie. Mais Chenavard est trop intelligent, trop pittoresque, trop proche de Delacroix, pour que Baudelaire l’écarte avec mépris, d’une phrase, comme il fait des petits professeurs d’esthétique de son temps, vite enfouis et qui préfiguraient la gnose d’un Panofsky, d’un Malraux ou d’un Gombrich, sans compter les petits esthéticiens actuels, tous les Daniel Arasse, les Jean Clair, les Catherine Millet, les Philippe Dagens et les Yves Michaud, etc., les quarante publicitaires d’un art à la portée des bobos, qui, désormais, tiennent le haut du pavé, sans partage.
L’attitude de Delacroix vis-à-vis de Chenavard, son ami, est sensiblement différente. Il est impressionné lui aussi par la somme de savoir de Chenavard, mais s’efforce de ne pas prêter trop d’attention à ce discours de Cassandre - Chenavard peint la décadence à chaque phrase -, craignant de basculer dans le nihilisme ou la mélancolie ; pour un peintre qui, comme Delacroix, se veut créateur et poète, ça serait une catastrophe.
Chenavard est donc sans doute trop évolutionniste, trop systématique, plus systématique que Baudelaire et Delacroix encore, pour qu’on puisse le ranger comme ses amis parmi les grands réactionnaires modernes, avec Barbey, Bloy, ou Marx… qui ont la particularité d’être de grands ranimeurs d’espérance, des combattants exemplaires, qui répandent l’énergie spirituelle autour d’eux et dont le contact réchauffe.
10:03 Publié dans Anti-journalisme | Lien permanent | Commentaires (78) | Envoyer cette note | Tags : chenavard
lundi, 25 juin 2007
Revue de presse (VI)
« Que le musée d’Art et d’Histoire du judaïsme monte une exposition qui ne parle pas des “des années les plus sombres de notre histoire” mais d’un âge d’or est une bonne surprise. Ce ne sont que gentils protestants et riches Juifs vivant en termes fraternels - sous-entendu : à l’abri du méchant catholique persécuteur.
Mais, tout de même, dans le contexte d’antisémitisme actuel, quand l’enseignement de la Shoah est si difficilement délivré dans les classes de banlieues réticentes à l’enregistrement de l’histoire convenable, (…) est-il judicieux de mettre sous les yeux du commun l’ouvrage de Joseph Penso de la Vega, dans lequel celui-ci explique comment spéculer en bourse sans argent ni même actions, activité qu’on nous présente comme typique des Juifs portugais d’Amsterdam particulièrement adroits à ce jeu ? (…) »
Samuel (“Présent littéraire”, 2 juin 2007.)
Juifs et protestants aiment à se dire “minoritaires” en France, car le mot est synonyme d’“opprimés”, et que c’est très chic, surtout dans les milieux bobos, de faire partie des “opprimés”.
C’est une manière d'évaluer les choses un peu rapide. Si on va par là, dans l’Irak de Saddam Hussein aussi, les sunnites étaient “minoritaires”.
Famille chrétienne (24-29 juin), pour convaincre ses lecteurs des bienfaits du scoutisme, né il y a cent ans environ, cite les témoignages enthousiastes de Jean-Jacques Goldman, Jérôme Bonaldi et Bruno Masure. Comme ça, maintenant, il n’y a plus de doute permis.
Lu dans le tract sarkozyste quotidien, matinPLUS, imprimé à plusieurs centaines de milliers d'exemplaires et distribué gratuitement à l’entrée du métro (tellement grossier que, même gratuit, les gens n’en veulent pas !) :
« Ironman France : une course en mer et sur terre en pays niçois. Ils étaient 1500 concurrents à s’élancer pour le 3e triathlon Ironman France qui se déroulait hier à Nice (Alpes-Maritimes). Ces “hommes de fer” ont démarré la course tôt le matin par 3,8 km de natation en mer, suivis de 180 km à vélo, avant d’enchaîner sur un marathon (42,195 km) en course à pied. »
Toute cette débauche d'énergie, c'est incroyable, on ne va pas me dire que ces "hommes de fer" récupèrent ensuite en 24 heures ? La plupart sont sûrement fonctionnaires. Qu'est-ce que Sarkozy attend pour remettre les Français au travail comme il l'a promis ?
« C'est une photo banale qui a été prise, mardi 19 juin, lors de la visite de François Fillon dans une usine textile de Tourcoing. On y voit le premier ministre en compagnie de la ministre de l'économie, des finances et de l'emploi, Christine Lagarde, et du député du Nord, Christian Vanneste. Publiée mercredi sur le site officiel de Matignon, cette image a été mystérieusement amputée de l'un de ses personnages le lendemain : les internautes ne voient plus M. Vanneste sur le site du premier ministre.
Il faut dire que ce député est un personnage embarrassant. M. Vanneste, qui est l'auteur de l'amendement contesté sur le rôle "positif" de la colonisation, est le premier citoyen français à avoir été condamné pour homophobie en vertu de la loi du 30 décembre 2004 sanctionnant les propos injurieux envers "une personne ou un groupe de personnes à raison de leur orientation sexuelle".
[…] Dans un arrêt rendu le 25 janvier, la cour d'appel de Douai avait condamné M. Vanneste à 3000 euros d'amende et 6000 euros de dommages-intérêts. "Il s'agit d'une présentation tendancieuse de l'homosexualité qui est de nature à susciter chez les lecteurs des réactions de rejet (…)", soulignait la cour. En stigmatisant le comportement homosexuel comme ne pouvant qu'être exclu ou vécu dans la clandestinité, (Christian Vanneste) a manifesté de manière outrageante son intolérance envers les personnes qui ont fait le choix d'une orientation homosexuelle."
La "disparition" de M. Vanneste du site de Matignon a été découverte jeudi par Alain Piriou, le porte-parole de l'Inter-LGBT (lesbienne, gay, bi et trans), qui organise la Marche des fiertés, à Paris. "Comme nous avions un rendez-vous à l'Elysée, j'avais fait mercredi une capture d'écran de la photo, raconte-t-il. Je comptais expliquer à nos interlocuteurs que le compagnonnage avec un député condamné pour homophobie n'était pas une très bonne idée. Mais jeudi, lorsque je suis retourné sur le site, la photo avait été recadrée à la mode soviétique pour que Christian Vanneste n'apparaisse plus aux côtés de François Fillon !"
Après la condamnation de la cour d'appel de Douai, Nicolas Sarkozy avait eu des mots très durs pour le député du Nord. "Il ne sera pas réinvesti aux législatives, avait-il déclaré au Figaro le 31 janvier. Je condamne fermement ce qu'il a dit. Je ne veux, ni de près ni de loin, être associé à des propos homophobes." »
(lemonde.fr, 23 juin)
Alain Piriou, de l'Inter-LGBT, qui traite Fillon de "soviet", c'est un peu l'URSS qui se moque de la Bulgarie.
« Le premier ministre britannique Tony Blair s'est longuement entretenu avec le pape Benoît XVI, samedi 23 juin au Vatican, une rencontre qui alimente les rumeurs sur sa possible conversion au catholicisme.
(…) Tony Blair a implicitement confirmé samedi dans le "Times" qu'il parlerait avec le souverain pontife de son souhait d'embrasser la religion catholique. Une démarche qui n'impose pas un nouveau baptême (anglicanisme et catholicisme sont deux branches de la même religion chrétienne), mais une "profession de foi", c'est-à-dire une déclaration d'adhésion aux dogmes catholiques.
Autre signe : Tony Blair a offert au pape des photographies du cardinal Henry Newman, un prélat de l'Eglise anglicane converti au catholicisme à la fin du XIXe siècle. Enfin, à sa sortie du Vatican, Tony Blair est allé déjeuner au collège britannique catholique de Rome, où jamais aucun chef du gouvernement britannique ne s'était rendu avant lui.
Selon des proches cités par la presse britannique, M. Blair, un chrétien fervent [?], envisage depuis longtemps une conversion au catholicisme, mais il n'a pas voulu franchir le pas pendant son mandat pour conserver à sa pratique religieuse sa dimension privée. En outre, une telle démarche l'aurait mis en porte-à-faux avec le parti travailliste dont il est le chef jusqu'à dimanche, et dont les positions en matière d'avortement ou de mariage homosexuel sont combattues par l'Eglise catholique. Le communiqué du Vatican fait d'ailleurs allusion à des questions "particulièrement délicates" abordées durant l'audience, comme "certaines lois approuvées par le Parlement du Royaume-Uni". »
(lemonde.fr, 23 juin)
Comme si on avait besoin d'un faux-derche de plus dans l'Église catholique, Philippe Sollers suffit amplement !
13:32 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
vendredi, 22 juin 2007
Fête de la musique
« - Je me demande ce qu'ils ont tous à vouloir faire de la musique alors qu'ils se …ladent …jà …oute ……née ……pod ………reille !
- Hein ?
- L'i-pod, ils se baladent toute la …née …ec !!
- Et alors ?? je …ge pas ton …stoire …pod !? …Arle …lus …ort !!
- …erde ! …ment veux tu que je cau… …lus …ort que ce …nard …vec …on …icro !!!
- …aisse …omber …i-pod et vise plutôt cette nana en tee-shirt vert, les nibards d'anthologie qu'elle a !!! »
01:14 Publié dans Journal intime | Lien permanent | Commentaires (35) | Envoyer cette note
jeudi, 21 juin 2007
Chacun son style
Sur le blogue d'Alain Juppé, il y a des "Coups de cœur", mais aussi des "Coups de gueule", et des "Réflexions". Au mois de mai, par exemple :
« (…) J'avance lentement dans la lecture du roman de Jonathan Littell, "Les Bienveillantes".
Récit insoutenable de l'extermination des Juifs, au fur et à mesure de l'avancée de la Wehrmacht et des Waffen-SS en Ukraine. Nausée!
De la cime à l'abîme. »
Vous remarquez comme c'est habile ; tandis que les crétins, se disent : « Ô, "de la cime à l'abîme", comme c'est beau ! et puis cette compassion pour les Juifs ! Quand même, on a perdu là un humaniste et un grand poète gaulliste ! », les types comme moi, qui ont du mal à avaler le "business de la choa" à la sauce charabia franglais de Littell se disent : « Ouais, il avance lentement, ça veut dire qu'il a du mal à dépasser la page 2 du pensum. Hypocrite MAIS lucide… »
Une chose est sûre, Juppé a tout compris à l'usage commun du blogue : en remettre une couche dans le politiquement correct et les bons sentiments qui ne mangent pas de pain.
Décidément, la société française est trop injuste vis-à-vis des grands chauves brillants. Ce qui est bien, c'est que maintenant Juppé va avoir tout le loisir d'achever les "Bienveillantes".
13:58 Publié dans Anti-journalisme | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note
mercredi, 20 juin 2007
Créationnisme (2)
Les vrais biches, elles, s’enfuient lorsqu’elles se sentent observées. Celle-ci, au contraire, s’abandonne aux regards volontiers, sur la "plage". C’est une brune, au visage un peu commun, certes, mais qui ne manque pas de caractère. Le meilleur, c’est cette anatomie délicate, ces muscles allongés et ces articulations délicates qui permettent des désaxements variés ; pour moi, il y a beaucoup de perspective chez cette fille. Je ne réclame pas de preuve supplémentaire de l’existence de Dieu.
En rentrant, je tombe sur ce mot de Delacroix : « J’aimerais autant une société où on n’aimerait pas la vertu, que celle où il serait possible d’avoir le culte du laid. »
Les Méditerranéennes sont plus pudiques que les gonzesses du Nord, on dirait ; elles sont plus nombreuses à s’approcher jusqu’au bassin enveloppées dans un drap de bain, et la présence d’hommes dans les douches pendant qu’elles font leurs ablutions paraît les troubler davantage. Peut-être, en revanche, les gonzesses du Nord sont-elles plus secrètes sur le fond de leur pensée ?
« Il y a peu de femmes dont le mérite dure plus que la beauté. » relève Delacroix dans La Rochefoucauld.
11:14 Publié dans Journal intime | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
mardi, 19 juin 2007
Créationnisme (1)
Le “marché de l’art”, cette invention-là a de quoi soulever le cœur d’une âme classique ou même romantique !
Jean-Philippe Domecq, spécialiste de Ruisdael par ailleurs, a souligné la bêtise de la critique d’art contemporain. Mais Domecq est un idéaliste. À le lire, en le simplifiant un peu peut-être, mais quand même, on peut croire que le résultat que nous avons sous les yeux, tout cet amoncellement de bluff, Anselm Kiefer & Cie, une conjuration de critiques, d’universitaires et de galeristes foireux en sont directement responsables. C'est trop leur faire d'honneur. Non, les causes de l'éclipse sont beaucoup plus profondes.
Ce que Domecq n’explique pas, c’est comment l’imbécillité et la malhonnêteté ont triomphé de la clairvoyance et de la franchise. Domecq n’insiste pas assez sur le cynisme qui se cache derrière le barnum de l’art contemporain. L'ignorance est secondaire. Des trissotins comme Catherine Millet, Jean Clair, Yves Michaud, Daniel Arasse, il y en a toujours eu, mais ils ne jouissaient pas d'une telle faveur jadis.
Pourquoi la production française d'art contemporain n'est-elle pas à la hauteur de celle de ses concurrents allemands ou yankis ? Je parle ici de "hauteur" en dollars, un critère sur lequel la critique d'art contemporain garde les yeux rivés.
Probablement, entre autre, parce que le centralisme français a un effet de corset qui ne favorise pas l’expression de personnalités artistiques dans une direction toujours plus inattendue ou saugrenue. Ou, autrement dit, en France on n’achète ou ne produit que ce qu’il est de bon ton de produire à tel ou tel moment. Paris donne le “la”, pour le meilleur comme pour le pire, actuellement. Et Paris ça veut dire une poignée de gugusses.
À un moment donné, par exemple, il n'y a pas si longtemps, il y a eu à l’école des Beaux-Arts de Paris, le chef-lieu de l’académisme depuis David, une interdiction faite aux peintres qui y avaient échoué de… peindre. On n'imagine pas une telle directive aux États-Unis, au contraire, où le sens du commerce domine et où un minimum d’intelligence des affaires incline à penser que la future mode ne ressemblera pas à la mode actuelle.
Pourquoi l’art français est à la remorque, c’est parce que les artistes français prennent plus au sérieux l’art contemporain que les Yankis eux-mêmes ; ils cherchent à imiter une pratique dont une des caractéristiques est, précisément, d’être inimitable.
Duchamp lui-même, ce pauvre philosophe dont la punition est d’être attaché “ad vitam aeternam” au concept d’urinoir, Duchamp lui-même était abasourdi de voir des imitateurs débarquer dans son usine à gaz pour lui soumettre de nouvelles versions de son "innovation".
Si Sarkozy, comme il en a exprimé le vœu récemment, veut faire repasser en tête l’art contemporain français dans la compétition, il n’ a pas beaucoup d’autre choix que de parfaire l’américanisation de la société française.
Ce qui serait dommage, c’est qu’une fois cette tâche accomplie, dans le sens de l’Évolution et du Progrès, ça soit le goût russe qui s’impose au monde (le goût chinois, il n’y a guère de risque, vu que le capitalisme ajouté au communisme en Chine devrait pour longtemps couper les Chinois de toute vie artistique.)
(PS : Je me réjouis que mon pote H. ait enfin ouvert son blogue ! [http://happeur.hautetfort.com]. On ne sera pas trop de deux pour défendre l’art créationniste occidental et provoquer un krach de l'art bidon de Pinault & Arnault.)
15:50 Publié dans Anti-journalisme | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
lundi, 18 juin 2007
C'est fini
Plein de bonnes nouvelles à la radio ce matin… D’abord le cœur de Ségolène Royal est de nouveau à prendre. C’est une occasion neuve qui s’offre aux amateurs, comme moi, de grandes femmes bien élevées comme Ségolène ; j’avoue que si elle n’était pas en âge d’être ma mère…
D’emblée j’évacue l’objection de mes amis “fachos” comme quoi elle serait “de gauche”. Et alors ? Depuis la première, c’est un peu une tradition chez les femmes d’être de gauche et de prendre le contrepied du bon sens ; le tout est, au contraire d’Adam, de ne pas laisser sa femme prendre trop d’initiatives. Et puis du moment que Ségolène ne s’habille pas comme une femme de gauche, comme Sylviane, Cécilia, ou bien la régulière de Juppé (son prénom m’échappe)…
D’ailleurs quel homme aujourd’hui ne rêve pas, à voix haute ou secrètement, d’une femme comme Ségolène, autonome, qui vaque à ses affaires et laisse son homme respirer, qui ne réclame pas une attention constante de sa part, voire pas d’attention du tout !? On n’imagine pas Ségolène en effet réclamer son quota d’orgasmes mensuel, comme une vulgaire lectrice de Elle.
La preuve que mon choix est bon, c’est que tout au long de ces élections interminables, lorsque j’ai confessé ici ou là que j’en pinçais pour Ségolène, cela m’a valu des réflexions féminines acerbes ou ironiques, du genre : « Ben voyons, vous les hommes vous n’êtes gouvernés que par votre queue ! »
Par respect pour les dernières femmes de la trempe de Ségolène, j’éviterai de dire, moi, à quoi je compare l’orifice féminin !
Je précise que je n’ai aucun mépris vis-à-vis de François Hollande, au contraire, il m’est plutôt sympathique, il me fait penser à un Brueghel (de velours un peu cauteleux), et j’ai bien aimé sa façon, virant au Bosch, de fustiger le “traître Éric Besson” ; à une époque un peu plus “shakespearienne” que la nôtre, je sens que Hollande n’aurait pas hésité à faire passer le goût des petits calculs mesquins à cette face de comptable véreux en le faisant molester par des spadassins du parti. À la bonne heure ! Mais le sieur Hollande n’est pas marié à madame Royal, que je sache ; par conséquent il n’est pas interdit à d’autres hommes de la convoiter.
Seconde bonne nouvelle, les Bordelais ont rappelé Juppé aux affaires municipales. J’avoue que je trouve ça touchant, cette idylle des Bordelais pour leur édile. Celui-ci a la bobine d’un qui ne touche jamais à une goutte de vin, mais il est bardé de diplômes et de citations, et, apparemment, c’est un genre qui séduit encore en Aquitaine (On se souvient que Montaigne n’est pas des plus comiques non plus, quand il n’est pas carrément rébarbatif et plat comme la forêt des Landes).
Mais le vin, le vin c’est une chose sérieuse ! Et le bordeaux est en danger, menacé par la montée des eaux et le réchauffement climatique. Un maître de chais qui boit de l’eau minérale est donc ce dont Bordeaux a le plus besoin en ce moment. Pour se rendre au Ministère de l’Écologie Urgente en vélo, si possible sur la roue arrière pour impressionner les médias, ce pantin de Hulot fera bien l’affaire, ou Roselyne Bachelot à trotinette.
12:32 Publié dans Anti-journalisme | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note


