mardi, 06 mai 2008
Le plein de Super-héros
Encore à propos de Fourniret et de sa vie de couple, proposée en contre-exemple à ne pas suivre : à quoi sert l'existentialisme, si on ne peut pas le traduire en actes ?
Superman, c'est juste bon pour le cinéma et après on rentre chez soi manger une pizza !? Nitche, Sartre ou encore Houellebecq sont des peine-à-jouir qui s'arrêtent au seuil de la loi. Et l'hédonisme de Michel Onfray ? Il ne vaut que pour ceux qui ont un casier judiciaire vierge ?
Ce qui classe à coup sûr pour moi Fourniret parmi les philosophes existentialistes héritiers de l'idéalisme allemand ? Cette remarque du serial killer qui se déclare mortifié d'avoir épousé une femme QUI N'ETAIT PLUS VIERGE ! Bien sûr, ce n'est qu'un prétexte bidon destiné à émouvoir les experts-psychiatres et le jury, mais le choix d'une telle justification ne doit rien au hasard des pensées de Fourniret. Symétriquement Fourniret exigeait de sa "compagne" de plaisir qu'elle se comporte avec lui comme une pute.
Car s'il y a bien un courant philosophique qui place son idéal au fond de la culotte, c'est l'existentialisme. Onfray et Houellebecq sont des caricatures contemporaines, c'est entendu, l'une officielle, l'autre incorrecte, de l'existentialisme : mais il n'y a pas de fumée sans feu.
La morale de Nitche, c'est en grande partie une morale de dragueur, de paon qui fait la roue ; Heidegger c'est le plouc qui se fait professeur pour mieux séduire les jeunes Allemandes qui, dès qu'on leur cause culture, soulèvent leurs jupes. Même Sartre, pourtant plus malin, grâce à Voltaire, ne philosophe pas beaucoup plus haut. Dans un couple existentialiste, cherchez qui tient la culotte, c'est un bon moyen de répertorier ces moralistes.
On objectera : mais Fourniret n'arrête pas de parler de Dieu ! Et alors ? Il y a bien une branche existentialiste chrétienne non-athée, même si c'est la plus débile (puisque l'existentialisme est conçu pour rejeter les conventions religieuses et draguer plus à l'aise). Et Nitche, comme Sartre et Heidegger, ces soi-disant athées, sont obsédés par Dieu en réalité ; ils ne rompent jamais le fil du dialogue avec lui, comme si c'était un camarade d'école ou de faculté, une vieille connaissance, une ruine d'éternité mûre pour l'humanité : c'est seulement après Jésus, l'Esprit saint, l'Eve nouvelle, que les existentialistes en ont.
Et puis dans la mesure où l'existentialisme est désormais la doctrine commune laïque ou presque, de l'ajusteur au Président de la République en passant par les avocats et les magistrats, nul n'est mieux placé qu'un tueur existentialiste comme Fourniret pour douter de la justice des hommes.
11:48 Publié dans Anti-journalisme | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : houellebecq, sartre, nietzsche, michel onfray, fourniret
jeudi, 28 février 2008
Certifié non conforme
Tant que l'Internet ne met pas en danger le pouvoir libéral démocratique, le pouvoir libéral démocratique n'a pas intérêt à le censurer.
L’Internet est même au service de la propagande bobo. Si les régimes bourgeois occidentaux ne s’autolégitimaient pas, c’est pas les pays du tiers-monde qui le feraient à leur place !
De temps en temps, un bobo bénin vient rappeler au bon peuple des téléspectateurs que la censure n’existe pas ou presque sous nos latitudes évoluées, et qu’au moins, de ce point de vue-là, c’est un monde meilleur que le nôtre, en toute objectivité.
Comme par hasard ce sont toujours des gens qui n’ont rien à dire qui prétendent que l'autocensure n’existe pas.
Le fait que Michel Houellebecq soit passé au travers de la censure, comme Le Pen avant lui, n’implique pas que la censure n’existe pas mais au contraire la prouve. On se trompe si on prend Houellebecq pour un écrivain, un poète ; c'est un acteur politique qui est parvenu à soulever le couvercle de la censure et à narguer le système pendant quelques années.
On se souvient du tollé qu'il déclencha en racontant que le patron puritain de “Nouvelles Frontières”, Jacques Maillot, jamais avare d’un petit prêchi-prêcha, comme tout bon démocrate-chrétien qui se respecte, Jacques Maillot trempait dans dans le business du sexe en Asie.
Même "bronka" lorsque Houellebecq prétendit que les Allemands étaient des gens plus sympathiques que les Français, ce qui n’est anodin que pour un crétin.
Apparemment Houellebecq est retombé sous les fourches caudines de la censure démocratique depuis, même si son "pavé dans la mare", "Plateforme", est toujours d'actualité. C'est curieux, H. a l'air de douter que le prix Goncourt n'est qu'une garantie de finir dans les oubliettes de l'histoire, à brève échéance. D'une certaine façon, les provocations de Le Pen et de Houellebecq sont involontaires, spontanées. D'ailleurs aucun des deux ne remet vraiment en cause les fondements de la bourgeoisie, puisqu’on peut résumer Le Pen et Houellebecq à deux nostalgiques de la IIIe République, des anti-soixante huitards qui n’ont pas compris ou font semblant de ne pas comprendre que “Mai 68” n’était qu’un mouvement antirévolutionnaire conservateur. Seule la mode vestimentaire a changé. On comprend que Sarkozy ait pu séduire Le Pen et Houellebecq, qui ne font qu'exprimer un "désir de sincérité" presque enfantin. Ce sont des victimes de l'hyperhypocrisie qui se rebellent contre elle. Un peu comme Nitche.
La censure démocratique n'est pas "positive", elle ne répond pas à des principes moraux, comme sous Louis XV ou dans un régime communiste, en Iran ; la censure ne se réveille dans un régime démocratique que pour protéger le pouvoir bourgeois de critiques radicales qui pourraient saper ses fondements économiques et politiques.
La traque de Marx à travers l’Europe à une époque où les pamphlets, les ouvrages politiques avaient un impact certain, cette traque n’est plus d’actualité depuis que la télévision et le cinéma ont pris le dessus. Rien n’est plus facile que de contrôler des lopettes décérébrées comme PPDA, Pujadas, Claire Chazal, toute la clique des animateurs télé. Pas besoin d’une conscience politique très développée pour comprendre ça.
La police de Louis XV ne décida pas d’arrêter Diderot et de le mettre au vert pendant quelques semaines parce que sa prose "libertine" menaçait le pouvoir royal, solidement établi, mais parce que le pouvoir estimait qu’il avait publié un ouvrage licencieux, immoral. Le pouvoir de Louis XV ne voulait pas se protéger mais punir un contrevenant.
Sans même parler de la loi Fabius-Gayssot, dont on ne peut parler dans le détail sans tomber sous le coup de la loi et qui revient à promulguer l'histoire par décret (avec la complicité de la communauté "scientifique" européenne toute entière !) : la censure des ouvrages et sites pédophiles, qui a d'ailleurs elle aussi un aspect juridique délirant, cette censure a été mise en place sous la pression populaire, les manifestations gigantesques en Belgique qui ont déstabilisé le pouvoir belge, par exemple, et qu’on veut éviter de voir se produire en France. Le pouvoir politique bourgeois ne s'est pas avisé que la promotion de la pédophilie par le canal de l'Internet pouvait avoir des effets moraux désastreux, mais il redoute les manifestations populaires de protestation contre l'inefficacité de la Justice qui peuvent être dangereuses.
Si le bourgeois a une hygiène, voire deux hygiènes par jour, histoire de récurer sa crasse virtuelle, il n'a pas de morale en revanche.
Si l'internet devait pour une raison ou une autre menacer les fondements du pouvoir oligarchique en place, si la propagande télévisée perdait de son influence au profit d'autres médias, c'est évidemment très loin d'être le cas aujourd'hui, y compris aux Etats-Unis, alors les avocats de la liberté d'expression se transformeraient immédiatement en censeurs zélés ; aucun doute n'est permis là-dessus. A titre préventif, un certain nombre de penseurs bourgeois aussi différents que Jacques Julliard, Bernard Stiegler, Emma Drucker, Maurice Dantec, dénoncent déjà l'expression d'une pensée "différente" sur le ouaibe, "négationniste", "anti-américaine", "pro-nazie", "révolutionnaire" ou "islamiste". Ces cochons exigent la censure de ceux qui ne peuvent pas s'exprimer publiquement ou très peu.
Et la probité, la déontologie du journaliste, rouage essentiel du système, n'est pas la règle : on ne rencontre cette probité et cette déontologie dans le journalisme que de façon exceptionnelle, à gauche comme à droite.
Ni les bobos de gauche de “Libération”, ni les ringards de droite de “Valeurs actuelles” ou du “Figaro” ne peuvent prétendre sérieusement à un autre titre que celui de valets du capitalisme, des grandes banques d’affaires douteuses ou des marchands d’armes cyniques.
13:28 Publié dans Anti-journalisme | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : houellebecq, le pen
jeudi, 08 novembre 2007
Triptyque politique (II)
Après les Etats-Unis et la France, passons au Royaume-Uni. Nul doute que les Britanniques surpassent en intelligence les Français. Ils n’ont pas élagué l’arbre en commençant par les racines, comme la bourgeoisie française. Ils n’ont pas renié Shakespeare comme nous avons renié Molière ou Racine. Mais les Britanniques, dissimulant derrière un double-jeu politique leur mépris pour la “civilisation” yankie, les Britanniques, pris à leur propre jeu machiavélique, ne savent plus très bien eux-mêmes où ils en sont, du côté de Shylok ou du côté d’Henri V. L’Allemagne, c’est une affaire entendue, après son écartèlement et sa décapitation, se réveille à peine. Ce raseur de Gunther Grass peut passer en Allemagne pour un penseur. Les Allemands en sont même réduits à importer pour se nourrir la littérature de Beigbeder, Eric-Emmanuel Schmitt ou Houellebecq ! L’Allemagne, d’ailleurs, a-t-elle jamais vraiment existé ? Tout au plus de 1870 à 1943, et dans la cervelle embrumée de Maurras et des gaullistes.
07:55 Publié dans Anti-journalisme | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : gunther grass, maurras, houellebecq, beigbeder
mardi, 31 juillet 2007
À la baisse
Je le redis, je tiens Michel Houellebecq, non pas tant pour un grand écrivain que pour un grand acteur, bien supérieur à Michel Serrault, qui en faisait des tonnes, à vous dégoûter du théâtre. Un grand acteur “moral”. Car le talent de Houellebecq consiste à faire bien voir, en quelques minutes seulement, par comparaison, en quoi consistent les autres acteurs de la télé, BHL, Sollers, Karl Zéro, etc., ou ceux qui l’ont interviouvé, Laure Adler, Thierry Ardisson* : des seconds rôles minables. On pourrait dire aussi des figurants, des “utilités” ; à quoi servent-ils ? Mais, pardi, à combler le silence qu’il y aurait à la télé s’ils n’étaient pas là pour boucher les blancs ; comme la cassette (ou le dévédé) qui transforme votre poste en aquarium, en clapier ou en boule à facettes.
13:57 Publié dans Critique littéraire | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : houellebecq, baudelaire


