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  • Le bénéfice du doute

    Je souffre chaque fois que j'entends quelqu'un déclamer contre la vérité, surtout quand c'est un homme issu du peuple. Je souffre d'autant plus que c'est un artiste, qui coupe ainsi les ailes de son art, le ramenant ainsi au niveau de la musique.

    Si les mathématiques sont élevées au niveau de la science dans les régimes technocratiques, de même que la musique est élevée au rang de l'art, c'est pour une question de pouvoir : afin de mieux diviser. Ainsi la vérité ne subsiste plus qu'en tant qu'elle est religieuse, c'est-à-dire fondée sur la foi et la raison. Quel capital donnera des fruits, sans le doute et sans la foi ? Les déments qu'on voit s'agiter dans les salles de marché, sont sous l'emprise d'un délire de religieux.  

    La foi de Benoît XVI dans l'avenir trahit que sa théologie est une mystification.

    Si l'on ne doit retenir qu'une seule chose de Marx, c'est celle-ci : la vérité est ce qui dérange le plus les élites, et, bien entendu, cela inclut les soviétiques et leurs poètes avides du sang des peuples. Qu'il y ait des "poètes communistes", des fêtes pitoyables "de l'humanité", cette absurdité signifie que le prolétariat a été maintenu dans l'ignorance et l'esprit de sacrifice, exactement comme les paysans furent par le clergé romain.

    La masse est assimilable au néant pour Marx, comme elle l'est pour tout chétien. Aucune aspiration à la liberté n'est compatible avec le raisonnement quantitatif.

    L'obstacle de la foi religieuse et du doute, n'est pas seulement levé dans le christianisme ; il l'a été bien avant, dès l'Antiquité. Le bénéfice du doute est toujours pour les élites. A cet égard, le jansénisme est la théologie judéo-chrétienne la plus exécrable, dans laquelle on retrouve l'origine de tous les méfaits accomplis par l'Occident moderne. Musique, mathématique, foi et raison, forment le socle d'un culte satanique, dont les symboles sont transparents, et dont le maléfice est accru des oripeaux chrétiens qu'il porte, qui éclabousse l'épouse du Christ du sang versé par la race de fer.

    A la suite de Shakespeare, transperçont donc ces chiens, planqués derrière la tenture de l'éthique.

    Pape romain, geignant sur les maux de la terre et la possession des propriétaires, ne se prive pas pourtant de bénir les puissances démocrates-chrétiennes, qui dans la zizanie ont trouvé le dernier moyen de faire durer le monde.

  • A la fin des temps

    Passé la soirée à écouter un mahométan répéter la doctrine de l'Eglise romaine: respect de la mère de famille, honnêteté, juste milieu. Lui explique que j'ai longtemps pensé comme lui. Déterminisme familial. Avant de découvrir, car j'ai aussi appris à lire, que le Messie des chrétiens n'a cure de la famille et de ses obligations. Le type est berbère, donc plus honnête et moins byzantin que la racaille islamique qui fait affaire avec les Yankees, et se moque bien du prophète.

    Les païens carburent à l'espoir. Les athées, déments qui font confiance aux derniers gadgets technologiques, carburent encore à l'espoir. Jésus-Christ et ses apôtres s'adressent aux hommes qui ont perdu l'espoir, aux suicidaires, pour qui l'ordre social est insensé. L'homme du peuple ne peut se permettre le luxe de flirter avec la folie. La faiblesse dans l'ordre social est une force au regard de l'Esprit de Dieu. Molière, Shakespeare, vrais chrétiens parmi les traîtres, je répète en boucle, j'argumente comme un de ces satanés avocats en robe noire. Rare l'intelligence, on ne peut pas s'attendre à autre chose. Victoire certaine au bout du compte, des apôtres de Jésus-Christ.

  • La Subversion romaine

    "Martin Luther (1483-1546), moine et prêtre de l'ordre des Augustins, professeur à l'université de Wittenberg en Saxe, poussa jusqu'à l'extrême les conclusions d'Erasme contre le sacrement du mariage. Dès 1518, il abandonne l'affirmation classique du sacrement efficace par lui-même. Puis il affirme que le texte de saint Paul aux Ephésiens (V, 32) : "Ce mystère est grand, je veux parler du Christ et de l'Eglise.", ne désigne pas le sacrement de l'homme et de la femme, mais seulement le mystère qui unit le Christ à l'Eglise. (...)"

    Michel Rouche, professeur à la Sorbonne, dans l'hebdomadaire européen et démocrate-chrétien "Famille chrétienne" (19-15 janvier 2013).

    Tous les éléments sont là, et pourtant l'éminent professeur de la Sorbonne (il y a peu de professeurs de la Sorbonne parmi les apôtres), à l'aide de quelques arguments spécieux tirés de la vie personnelle de Luther, conclut quelques lignes plus loin que Luther finit par rejoindre la "tradition catholique", synonyme ici de trahison. M. Rouche ajoute même cette parole grotesque : "Il s'agit ici d'un des inconvénients du refus de l'Histoire, au nom de l'adage "Sola Scriptura", l'Ecriture seule."

    Grotesque, car l'Eglise romaine est une spécialiste du négationnisme de l'Histoire, suivant une tradition constante qui consiste notamment à vider l'Apocalypse de son sens (cf. Bossuet), alors même que la vision de Jean est le récit symbolique ou mythologique de l'histoire de l'humanité; grotesque, car Paul ne dit pas "Sola Scriptura", il parle d'un grand mystère, par conséquent à élucider.

    On voit que l'Eglise romaine accomplit une double manoeuvre : elle prête à l'acte de chair un sens mystique qu'il a seulement dans les religions païennes les plus archaïques, tout en empêchant l'élucidation eschatologique du grand mystère indiqué par Paul et Martin Luther, pour laquelle  l'apocalypse fournit de nombreux indices, pointant sa nature historique. Ce procédé de canoniste romain relève selon E. Swedenborg de la "fornication", au sens véritable qui n'est pas charnel, mais celui de prêter à la chair des vertus qu'elle n'a pas. Le symbolisme chrétien et les métaphores chrétiennes renversent habituellement le symbolisme et l'ordre païens érotiques. Il n'y a de christianisme "érotique" ou "dionysiaque" que dans la cervelle de clercs allemands ou italiens aliénés, dangereux suppôts entraînant les gosses qui leur sont confiés à la perdition démocrate-chrétienne.

    Il est sidérant de voir l'Eglise romaine fonder sa défense de la famille païenne (en réalité, c'est surtout la défense du droit de propriété derrière cette manoeuvre) sur le mince argumentaire d'un Sorbonnard.

    Sur le plan moral, l'Eglise romaine poursuit l'entreprise de subversion qu'elle mena sur le plan politique, conférant aux puissants de la terre une légitimité chrétienne.

     

     

  • Tradition et Modernité

    Ces deux mots vont de pair ; ils m'évoquent la nation dont l'âme est la plus étrangère à la France : le Japon.

    "Tradition et Modernité" : si ce processus de métamorphose des institutions n'est pas près d'être accepté par un vrai Français, doté de l'esprit critique, comme une description réaliste de l'évolution du monde, cela s'explique par l'influence exercée par l'histoire et les historiens dans ce pays, combattant l'influence opposée du clergé, qui nie l'histoire, ou l'enferme dans une formule elliptique.

    L'art français n'est pas seul au monde à peindre le clergé et la magistrature sous l'influence du diable, mais il s'y applique avec plus de constance, depuis Rabelais jusqu'à Céline. L'art français n'a jamais atteint la hauteur de vue prophétique de Shakespeare, mais il a constamment lutté contre la musique et la culture, qui ont pour effet de circonscrire la conscience humaine au plan social.

    L'influence de l'histoire explique que les Français ne vivent pas tous entièrement sous la cloche à fromage de l'inconscient religieux, ainsi que les Japonais, qui s'entraînent à penser comme des cadavres, avant même d'être décédés. C'est ce qui explique que le suicide soit la manière de penser la plus noble des hommes japonais. Elle serait la mienne aussi, s'il n'y avait pas d'autre choix possible que la vie sociale ou le suicide, tant la vie sociale est une chose qu'un homme viril ne peut supporter, et qu'il verra toujours comme une chose abjecte et impure : un Yankee. D'ailleurs le suicide viril n'est pas ma façon de penser non plus, car il ne fait que conforter la vie sociale. Les lâches continuent de vivre en encensant des morts, qui ne respireront jamais le parfum de cet encens. Le suicide ne permet donc pas d'échapper à la corruption sociale. Hitler est encore épargné, mais pour combien de temps ? Jusqu'à ce que des banquiers juifs ou démocrates-chrétiens véreux redonnent aux étendards nazis leur dignité ?

    Le lecteur japonais me pardonnera mon profond dégoût de la culture japonaise, égal à celui que j'éprouve, proche de la nausée, dans les foires d'art contemporain, où Ubu règne avec le plus grand sérieux, typique de la messe, du clergé et de la magistrature. La plupart des Japonais n'aiment d'ailleurs en France que ce qui n'est pas français : Versailles, aussi japonais que le Japon. Autant dire que les Japonais, à l'instar des femmes, ne savent pas aimer : ils ne savent que se prosterner.

    Les femmes sont le plus souvent "modernes", car c'est le courant dominant. L'homme, en revanche, est le plus souvent réactionnaire. Le mouvement actif de la culture, autrement dit le mouvement de  "contre-culture", est presque toujours actionné par des hommes. 

  • Saint Molière

    S'il y a "peu d'élus" selon les saintes écritures chrétiennes, c'est parce que très peu d'hommes échappent au plan social et aux illusions qu'il procure. Il y a certes beaucoup d'amour chez un homme comme Molière, bien plus que chez Rousseau par exemple, parce que Molière incite son prochain à regarder la société comme le néant spirituel. Tandis que, si J.-J. Rousseau n'est pas le béat socialiste que nous peignent les manuels scolaires modernes, il n'a pas conscience que le mouvement social est nécessairement déclinant. Rousseau est sentimental, comme tous les Allemands. Moi qui suis né au milieu des attrape-couillons libéraux, il y avait de grandes chances que je contracte ce sentimentalisme, qui est pire que de perdre un bras ou une jambe. Je sais donc tout l'amour que j'ai reçu de Molière, et qui a mille fois plus de prix que les vagues ondes chaleureuses de ma propre mère dans ma direction.

    Il faut dire ici le vice particulier des mères juives ou catholiques, qui explique sans doute l'imbécillité d'une majorité de rabbins et de curés catholiques, leur acharnement à prêcher le faux. Je parle surtout pour les curés catholiques, que je connais mieux. Mais pour que le judaïsme soit exprimé en France comme cette moraline pernicieuse sur la shoah, on peut supposer des rabbins la même stupidité.

    Le grand public, c'est-à-dire le public laïc, entretenu dans l'ignorance laïque de tout ce qui n'est pas le calcul mental le plus débile, pompeusement qualifié de "cartésien", le grand public croit que les curés catholiques expriment des points de vue catholiques, alors qu'il n'en est rien. 99 % des curés catholiques ne font qu'exprimer dans leurs sermons les leitmotivs que leurs mères leur serinaient dans l'enfance, un peu comme si c'était Marthe qui avait enseigné Jésus et non l'inverse. Cette volonté farouche, caractéristique des femmes, de n'accorder dans leur vie aucune place à la vérité, on la retrouve dans le clergé catholique.

    C'est ainsi à peu près la seule catégorie d'hommes qui appréciera dans ce pays la littérature apéro-digestive de Proust, qui résume bien à quoi ces fainéants boches sont occupés : la recherche du temps perdu, c'est-à-dire une des seules activités où l'homme se place au-dessous de l'espèce animale : le luxe de la pensée. Voilà à quoi ces chiens sont occupés : à nous présenter le luxe de la pensée comme l'humanisme. Aussi salauds sont-ils que Molière est saint.