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  • Gay Savoir

    Mêler Jésus-Christ et la parole de dieu à la manifestation de l'hystérie sociale en faveur du mariage est le plus grand péché du point de vue évangélique. Le plus grand péché parce qu'il altère la logique du message chrétien, universel.

    La fornication, qui désigne un péché de nature spirituelle et non charnelle, est le péché des hystériques défenseurs d'un ordre social qui n'a jamais existé et n'existera jamais, ainsi que la révélation chrétienne l'affirme sans ambiguïté.

    A toutes les questions sociales qui lui sont posées, sans exception, le Messie oppose une fin de non-recevoir. Pour le rétablissement de l'ordre social, voyez le pape et ses beaux discours théoriques contre nature (c'est-à-dire dont la nature n'offre aucun exemple, ni même les prémisses d'une probabilité).

    Quelle sorte de prêtre peut cautionner cette kermesse, quand le tiers de l'humanité crève des caprices de ceux qui maintiennent le monde dans le chaos ?

  • Encore le féminisme ?

    "Comment peut-on ne pas être féministe ?" Benoîte Groult.

    Venant d'une Bretonne, la question fait sourire, car pratiquement tous les Bretons marchent au pas que leur indiquent leurs mères/femmes depuis des siècles. On ne les a pas envoyés en première ligne en 14-18 par hasard. Pratiquement, j'ai failli me faire lapider une ou deux fois en Bretagne, en raison de ma misogynie ; non par des femmes, mais par des hommes.

    Discrètement, entraînez une femme dans un cimetière, et voyez sa réaction. Plus elle est femme, mieux elle s'y sentira. La réaction violente contre l'oppression s'exerce toujours contre des valeurs féminines. La mort et le cimetière en font partie.

    Les Bretons sont d'ailleurs recherchés par les femmes, comme les gays.

    Contre les billevesées peu scientifiques de Mme Groult, il faut dire que la violence masculine résulte le plus souvent d'une idéalisation excessive de la femme, suggérée par les mères à leurs fils. Ce qui retient au contraire les hommes d'être violents, c'est la conscience que les atouts des femmes sont limités ; comme dit Shakespeare, que la beauté de la rose passe vite, et que la spéculation de Perrette ne traduit pas l'intelligence mais la foi.

    La meilleure raison de n'être pas féministe aujourd'hui, c'est que c'est une valeur en crise. Le féminisme, fait pour servir au blanchiment des valeurs libérales, durera autant que ces valeurs libérales dureront. Elles sont aujourd'hui les plus suspectes d'être entièrement faites pour conduire à l'asservissement volontaire des peuples. Pour se renflouer, le féminisme doit miser sur le renflouement des banques et l'éternel retour du profit et de la laine tondue sur le dos des peuples opprimés.

    Pratiquement, ce que fait aujourd'hui la société libérale de Mme Groult, c'est d'exporter la violence masculine dans le tiers-monde. Il n'y a aucune société capitaliste qui n'ait envisagé une manière de canaliser la violence masculine et s'en servir. Car les hommes sont assez sincères pour, lorsqu'ils sont violents, l'être autant avec eux-mêmes qu'ils le sont avec autrui.

    Et le féminisme est une plaisanterie, comme toutes les valeurs libérales.

  • Subversion du christianisme

    L'essayiste Jacques Ellul impute la subversion du christianisme depuis le moyen-âge à l'Eglise catholique et sa doctrine imitant l'islam, ou complètement sous son influence. On peut noter comme une curiosité que Thomas d'Aquin, symboliquement décrété docteur majeur dans l'Eglise catholique, est plus "islamiste" qu'Averroès, dans la mesure où ce dernier traduit mieux Aristote, en particulier la méfiance de ce dernier vis-à-vis des matières spéculatives telles que l'algèbre ou le droit.

    La critique d'Ellul, doublement dirigée contre l'Eglise romaine et l'islam, était prédestinée à faire florès aux Etats-Unis où les catholiques sont peu représentés dans les élites, et les préjugés raciaux importants, comme dans toutes les nations où la science juridique tient les foules en respect, non comme en France où l'on a mieux conscience que le jugement d'autrui implique une forme d'aliénation mentale, et que la conscience scientifique s'érige contre le lien social.

    C'est ce qui fait de Moïse une des premières consciences scientifiques de l'humanité : le fait qu'il discrédite le lien social où Satan se tient tapi. Les Juifs ont restauré le lien social contre leurs prophètes ; c'est ce que leur reproche Jésus-Christ. La méthode des prêtres juifs a été reprise ensuite par l'Eglise catholique.

    La critique de Jacques Ellul n'est pas fausse, dans la mesure où l'islam fait place au droit naturel, que le Messie, anarchiste, ne cesse de remettre en cause en raison de la justification du péché et de la mort à laquelle les païens procèdent en indexant leur conscience au droit naturel.

    Où le jugement d'Ellul est faux, c'est qu'il est psychologique et non historique. Comme un musulman, comme un catholique romain, il se situe sur le plan psychologique ; celui-là même que le point de vue authentiquement chrétien de Shakespeare s'efforce de faire voler en éclat, au profit de l'histoire. L'Eglise romaine a toujours comploté pour empêcher l'histoire : c'est la marque de fabrique de la doctrine catholique romaine.

    C'est ce qui permet à Ellul, après avoir démontré la subversion catholique romaine, par imprégnation de l'islam, de blanchir subitement l'Occident, comme si l'Eglise romaine n'en était pas la matrice, et que l'Occident ne continuait pas de se conduire exactement selon son faux pas.

    Sur le plan individuel seul, la responsabilité est pleine et entière. Le monde seul oblige Thomas d'Aquin à subvertir le message évangélique pour y ajouter ce qu'il juge opportun. Tout mensonge est une concession au monde, et il importe de ne jamais le traduire comme un souhait de dieu.

    On peut se passer d'inculper l'islam pour examiner le procédé de la subversion. L'obligation de travailler est la principale cause pourquoi les foules se détournent de dieu dans les temps modernes. La consécration du travail est donc là où les esprits sataniques ont agi principalement, contre l'Esprit et la lettre des évangiles. La bourgeoisie libérale chrétienne est décrite comme une puissance infernale déterminante par les meilleurs théologiens pour cette raison ; parce qu'elle a rétabli l'esclavage de l'homme, son attachement viscéral à la terre, contre le Messie.

    Pourquoi les philosophes antiques sont beaucoup plus misogynes que les nôtres : parce qu'ils n'ont pas du travail ou du labeur une très haute idée, c'est mathématique. Pour Aristote ou Démocrite, par exemple, le travail est bon pour les animaux, et non pour les personnes humaines. Le travail est un mal nécessaire, et donc le philosophe doit s'efforcer d'échapper à ce mal nécessaire pour pouvoir penser autrement que selon lui, qui ne serait pas penser, mais vouloir en vain ; sinon, tant qu'à faire, autant travailler comme boulanger ou cordonnier. Voilà ce que pensaient Aristote et bon nombre de philosophes antiques du travail. Le libéralisme consiste à l'aide de quelques sophismes évolutionnistes à enchaîner le travail à la pensée. Le nazisme ne se dégage pas de l'influence libérale. Pratiquement le nazisme est une manière de vouloir pratiquer le libéralisme avec honnêteté.

    Pour que vous sachiez, enfants, entre les mains de qui vous êtes, et qui a l'odeur immonde du Danemark.

  • Le Christ anarchiste

    L'expression "éthique de la liberté" est la plus malencontreuse employée par l'essayiste protestant Jacques Ellul, à la suite de sa démonstration du caractère subversif de la morale catholique romaine.

    En effet, l'éthique de la liberté est l'argument typique du totalitarisme. Contrairement aux vieilles tyrannies de droit divin, qui prétendaient régler la société selon l'ordre pyramidal naturel, le totalitarisme prétend libérer les peuples : il se justifie à l'aide de cette éthique de la liberté. L'aspect convulsionnaire du droit moderne, si bien élucidé par Shakespeare, vient de là : de l'amalgame de l'éthique, nécessairement antichrétienne, c'est-à-dire étrangère à la spiritualité évangélique (comme Ellul le rappelle !), avec la liberté, que le droit païen ne connaît pas, puisqu'il est déterminé par la mort et la culture de vie.

    La décadence ne vient pas, comme le prétend l'antichrist Nitche, de la lâcheté ou du manque de virilité de Jésus-Christ, des chrétiens et des anarchistes : elle vient de la corruption irrémédiable des choses organiques, que les mauvais poètes intellectuels ne se résolvent jamais à admettre, car cet art est le leur ; et cette corruption prend une dimension de terreur mondiale en raison de l'amalgame de l'éthique et de la liberté, prônée par les pharisiens de la synagogue de Satan, trafiquants du sacrifice de l'homme le plus vain, afin de servir leur propre justification.

    Ne laissons pas l'éthique du curé germanique pénétrer l'Eglise, qui sous couvert du soin de l'homme organise l'incurie la plus terrible.

  • Impossible n'est pas chrétien

    Pour l'anthropologue, le mal est un fait banal. C'est la raison pour laquelle le christianisme vomit l'anthropologie et les anthropologues. Inconsciemment ou peu consciemment, Voltaire défend contre Pangloss-Leibnitz le point de vue chrétien. Ce qui n'est pas chrétien chez Voltaire, et revient à l'anthropologie, c'est de croire que l'on peut lutter contre le mal sur le plan social.

    A cette science-fiction rousseauiste ou voltairienne d'un monde meilleur pour remédier à la tyrannie égyptienne (oedipienne) de droit divin, les idéologies socialistes modernes ont, depuis, ajouté un cynisme extraordinaire, dont on ne peut accuser Rousseau, ni même Voltaire. La démocratie-chrétienne bat des records de cynisme, puisqu'elle défend et justifie ce qu'il est impossible de défendre du point de vue chrétien : la démocratie, c'est-à-dire, en réalité, le totalitarisme, un nouvel ordre oedipien.

    Les Etats-Unis dévoilent peu à peu leur satanisme profond derrière l'apparence démocrate-chrétienne et des parjures odieux cautionnés par Rome.

    La trahison des anthropologues chrétiens vient du fait qu'ils soumettent la parole de dieu à l'ordre civil, ce qui est le pire crime que l'on peut commettre contre l'Esprit.

    Toute tentative d'inventer une éthique chrétienne, suivant la rhétorique nébuleuse des philosophes boches, ou de justifier une politique par des arguments chrétiens, implique nécessairement la négation du péché originel. L'éthique juive consiste exactement dans la même trahison de la loi de Moïse, pire encore que les blasphèmes de Freud ou Einstein contre dieu.

    Le péché originel est effacé par les anthropologues ou les sociologues chrétiens au niveau de la famille, dont ils restaurent le sens sacré, purement païen et romain. Une fois la famille blanchie, comme toutes les institutions découlent de ce modèle -le président de la République française est le "pape" mystique des Français, ce sont toutes les institutions politiques qui sont blanchies par conséquent, quand le Messie ne cesse d'inciter à s'en détacher en raison de leur vice de forme macabre, c'est-à-dire du péché.

    Si le christianisme authentique de Shakespeare est aussi frappant, dans le sens de l'Esprit, c'est parce qu'il dénonce cette subversion du christianisme, qui consiste pour les institutions catholiques romaines à effacer le péché originel et à fermer ainsi la porte à l'apocalypse, qui prend pour symbole de l'Eglise une femme, qui contrairement à toutes les autres, qu'elles soient de chair ou des personnalités morales, n'est pas liée à la terre par le péché, mais liée au ciel par le rejet de l'ordre humain anthropologique ou artistique.

    Autrement dit, le salut chrétien est improbable ou impossible, mais il est le plus sûr, car les promesses des anthropologues ne s'accomplissent qu'après la mort, et elles ne sont rien d'autre que la mort. Toute l'astuce des anthropologues pour séduire le monde consiste à idéaliser la mort et lui prêter le caractère métaphysique qu'elle n'a pas. La morale pure est le baiser des imbéciles sur la bouche de la mort.

  • Rome ou la Prostituée

    Un certain nombre d'esprits réactionnaires, au sein de l'Eglise romaine, se sont élevés au cours de l'histoire de cette institution contre son clergé. Pour plus de commodité, je les qualifient "protestants", bien que leurs critiques visent les hommes : clercs, évêques ou papes, et non l'institution elle-même.

    Le cas le plus connu est celui de Dante Alighieri, qui retourne la morale catholique elle-même, puisque, pour ainsi dire, il projette les papes dans l'enfer. D'une certaine manière, les derniers évêques de Rome prouvent que Dante s'était lourdement trompé : le pouvoir politique ne peut être scindé du pouvoir moral ; l'économie est capitaliste, par conséquent les moeurs portent son empreinte, donc les démocrates-chrétiens sont des chiens, puisque leur puissance repose sur la sueur et le sang d'autrui et la négation de l'amour. Cette erreur de jugement de Dante -sa foi dans un régime laïc, dont l'Eglise sortirait purifiée-, n'est pas la seule raison pour Shakespeare de rejeter Dante : - que vient faire Virgile dans le christianisme ?

    On peut indiquer aussi parmi les "protestants", plus récemment, Léon Bloy et Georges Bernanos. Bloy n'hésite pas à vitupérer le clergé catholique, qu'il accuse d'être mondain. Bernanos ne ménage pas ses confrères catholiques, et affiche utilement son dédain du métier d'écrivain ou d'intellectuel, sentant sans doute trop le rapport que ce genre de "métier" peut avoir, dans le monde moderne, avec le pharisaïsme.

    Cette réticence à critiquer l'institution, ses fondements, sa mécanique institutionnelle, est le fait de l'ignorance historique, principalement. Bloy invente ainsi un âge d'or chrétien, médiéval, qui n'a pas existé, et qu'il aurait été le premier à détester, étant donné son peu de goût pour la casuistique et la philosophie platonicienne, dont les effets pernicieux se font particulièrement sentir en ce temps-là.

    La lecture de l'apôtre Paul renseigne aussi sur le fait que l'épouse du Christ, à laquelle l'Eglise est comparée, ne peut avoir une forme institutionnelle, puisque "les oeuvres de la loi", dit saint Paul, ne sauvent pas. L'Eglise romaine est donc dans le prolongement de la synagogue.

    Couramment les institutions politiques païennes sont représentées sous les traits d'une femme : ville, état, voire continent ; de médiocres artistes ont d'ailleurs souvent représenté Marie, mère de Jésus-Christ, dotée de symboles païens, oubliant que c'est ce que la soldatesque romaine fit avec Jésus-Christ, confondant sa royauté avec la monarchie divine des païens, qui repose sur le droit naturel et la providence. On observe ainsi que le symbolisme chrétien inverse le symbolisme païen élémentaire ou naturel. Comme le royaume de Jésus-Christ renverse les valeurs babyloniennes ou égyptiennes des royaumes humains dits "de droit divin", l'Epouse du Christ est un symbole historique qui renverse celui de la tentatrice primitive, Eve, dont la grande Prostituée ne fait que prolonger le discours.  Les siècles doivent s'achever avec l'union de l'épouse véritable, c'est-à-dire l'Eglise véritable, et non celle qui passe son temps à se justifier comme une prostituée, avec son époux.