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  • Imitation de Jésus-Christ

    Faut-il pousser l'imitation de Jésus-Christ jusqu'à traiter de suppôt de Satan les soi-disant apôtres qui confondent leur désir avec la volonté de Dieu ?

  • Lettre à Flora

    J'ai recopié ci-dessous (éd. Gallimard-Pléiade) une leçon de théologie d'un certain Ptolémée, adressée à sa "soeur" Flora (au sens chrétien du terme) et rédigée dans la première moitié du IIe siècle.

    Ptolémée fournit à Flora des explications sur la Loi de Moïse, compte tenu du bouleversement dans la compréhension des écritures saintes dû à l'avènement de Jésus-Christ.

    - Deux petites remarques sur cette édition (2016) ; d'abord son titre générique "Premiers écrits chrétiens" n'est pas exact, car le volume englobe quelques écrits païens et juifs antichrétiens.

    - Secundo, le qualificatif de "gnostique" appliqué par l'auteur de la note à ce Ptolémée est récusable, puisque l'adjectif "gnostique" n'a plus ou n'a pas de signification précise. Son usage polémique par l'Eglise romaine a fait que la signification de "fausse science" du terme "gnose" est devenu son sens courant. Mais on pourrait considérer comme "gnostiques" des ouvrages réputés catholiques, de moines ou de poètes, mélangeant les références chrétiennes et la philosophie païenne de Platon (Dante Alighieri est un exemple célèbre de ce syncrétisme "gnostique").

    L'intérêt du propos de Ptolémée tient dans la manière rigoureuse, analogue à celle de l'apôtre Paul, dont il s'appuie sur les écritures saintes pour étayer sa démonstration. Avec Paul ce Ptolémée a aussi en commun d'expliquer pourquoi le nouveau testament est plus lumineux que l'ancienne loi de Moïse.

    (J'introduirai ultérieurement des commentaires en gras dans cette longue missive qui provoque la réflexion)

    Ptolémée à Flora

    La loi instituée par Moïse, belle Flora, ma soeur, n'a pas été comprise jusqu'ici par beaucoup de gens, car ils ne connaissent avec précision ni son auteur ni ses prescriptions : tu le verras bien, je pense, quand tu sauras quels avis divergents sont émis à son propos.

    I-LA LOI EST L'OEUVRE D'UN DIEU JUSTE

    Selon les uns, la Loi a été instituée par Dieu le Père ; les autres, au contraire, affirment qu'elle l'a été par l'Adversaire, le diable corrupteur, à qui, de même, ils attribuent la création du monde et qu'ils appellent "le père et le créateur de cet univers".

    Ils se trompent : les uns comme les autres, se contredisant réciproquement, sont passés à côté de la vérité sur ce sujet.

    Car, à ce qu'il semble, la Loi n'a pas été instituée par Dieu le Père, qui est parfait (elle est, de fait, postérieure), puisqu'elle est imparfaite et a besoin d'être achevée par un autre et qu'elle comporte des prescriptions inadaptées à la nature et au dessein d'un tel Dieu. A l'inverse, on ne peut non plus lier la Loi à l'injustice de l'Adversaire, puisqu'elle interdit l'injustice. Et au vu de ce qui suit, cette idée et celles de gens qui n'ont pas bien entendu les paroles de Sauveur : "Une maison ou une ville divisée contre elle-même ne peut rester debout", a déclaré en effet notre Sauveur.

    En outre, en disant que la création du monde est son oeuvre - puisque par lui tout a été fait et que sans lui rien n'a été fait -, l'Apôtre réduit d'avance à néant la sagesse creuse de ces menteurs : la création n'est pas celle d'un dieu corrupteur, mais celle d'un dieu qui est juste et qui hait le mal. C'est là l'idée d'hommes imprudents, qui ne tiennent pas compte de la providence du démiurge et dont l'oeil, non seulement de l'âme, mais aussi du corps, est aveuglé.

    Qu'ils sont passés du côté de la vérité, ce que je dis là te le montre. Chacun des deux partis le fait à sa manière : les uns par ignorance du Dieu de justice, les autres par ignorance du Père de toutes choses, que seul a révélé lors de sa venue celui qui seul le connaît.

    Il nous reste, à nous qui avons été jugés dignes de la connaissance de l'un et de l'autre, à t'exposer avec précision la Loi elle-même, sa provenance et celui par qui elle a été instituée - son législateur. Ce que nous allons dire, nous en fournirons la preuve par les paroles de notre Sauveur, les seules qui permettent de conduire sans faux pas à la compréhension de ce qui est.

    PREMIERE TRIPARTITION DE LA LOI : DIEU, MOïSE, LES ANCIENS

     Il faut donc savoir, en premier lieu, que l'ensemble de cette Loi, contenue dans le Pentateuque de Moïse, n'a pas été institué par un seul, je veux dire par Dieu seul, mais que certaines de ses prescriptions l'ont été par des hommes. Et cette Loi, les paroles du Sauveur nous apprennent qu'elle se divise en trois.

    En effet elle se divise selon qu'elle se rapporte à Dieu lui-même et à son institution de la Loi, puis à Moïse (non en ce que Dieu a institué par son intermédiaire, mais en ce que Moïse a institué sous l'impulsion de sa propre pensée), et enfin aux anciens du peuple, puisqu'il se trouve que ce sont eux d'abord qui ont introduit des préceptes venant d'eux-mêmes.

    Comment donc les paroles du Sauveur montrent-elles qu'il en est ainsi ? Tu vas l'apprendre dès à présent. Alors que le Sauveur discutait avec ceux qui l'interrogeaient au sujet du divorce qui était permis par la Loi, il leur dit : "C'est à cause de la dureté de votre coeur que Moïse vous a autorisés à répudier vos femmes ; car au commencement, il n'en était pas ainsi." Car c'est Dieu, dit-il, qui a joint cette union conjugale, et "ce que le Seigneur a joint, que l'homme, dit-il, ne le sépare pas."

    Il montre ici qu'une loi, celle de Dieu, défend à la femme d'être séparée de son mari, et qu'une autre, celle de Moïse, a autorisé à séparer, à cause de la dureté du coeur, ce qui était uni par le lien conjugal.

    A cet égard, la Loi instituée par Moïse est contraire à celle de Dieu ; en effet, maintenir le lien conjugal est le contraire de ne pas maintenir le lien conjugal. Mais si nous examinons le dessein de Moïse qui lui a fait légiférer ainsi, on trouvera qu'il ne l'a pas fait selon sa volonté propre, mais selon la nécessité, à cause de la faiblesse des personnes soumises à la Loi.

    En effet, ceux-là ne pouvaient garder le dessein de Dieu leur interdisant de chasser leurs femmes, avec lesquelles il était désagréable à certains de vivre, et, pour cette raison, ils risquaient de passer davantage du côté de l'injustice et, par là, d'aller à leur perte. Moïse voulut donc leur épargner ce désagrément, à cause duquel ils risquaient d'aller à leur perte, et préférant, en la circonstance, un moindre mal, leur donna de lui-même une seconde loi, celle du divorce : de la sorte, s'ils ne pouvaient garder la première, ils garderaient du moins la seconde et ne passeraient pas du côté de l'injustice et du mal, ce qui aurait entraîné leur perte complète.

    Voilà dans quel dessein Moïse s'est trouvé instituer une loi contraire à Dieu. Au reste, que la Loi de Moïse lui-même est autre que celle qui vient de Dieu, nous l'avons démontré ici de façon incontestable, bien que nous ne l'ayons fait pour l'instant que par un seul argument.

    Il y a aussi des traditions des anciens qui ont été mêlées à la Loi. Cela aussi, le Sauveur le rend évident quand il déclare : "Car Dieu a dit : "Honore ton père et ta mère, afin d'être heureux." Mais vous, dit-il en s'adressant aux anciens, vous avez dit : "Il est à Dieu, le don que tu aurais reçu de moi", et vous avez invalidé la Loi de Dieu par la traditions de vos anciens. Isaïe l'avait clamé haut et fort : "Ce peuple m'honore des lèvres, mais leur coeur est loin de moi. En vain ils me révèrent, car leurs préceptes sont enseignements d'hommes."

    Il a donc été clairement démontré que l'ensemble de la Loi se divise en trois : nous y trouvons, en effet, une législation de Moïse lui-même, une des anciens et une de Dieu lui-même. Ainsi établie par nous, la division de l'ensemble de cette Loi a donc dévoilé ce qu'il y a de vrai en elle.

    [Comme l'apôtre des Gentils en ses épîtres, ledit Ptolémée (IIe siècle) explique pourquoi et comment le Messie Jésus est venu remplacer les lois instituées par Moïse afin de mener le peuple hors d'Egypte.

    - Comment : en abolissant ce qui n'était pas pur dans la loi de Moïse.

    - Pourquoi : afin de préparer l'entrée dans la Jérusalem céleste/Terre promise (figuration symbolique de la réunion de l'homme avec Dieu, le père du Sauveur Jésus).

    Ptolémée souligne, citant le prophète Isaïe, que l'impureté des lois juives résulte de ce qu'elles sont, pour partie, des solutions humaines.

    Le lecteur moderne sera surpris par la théologie de Ptolémée tant l'époque moderne est marquée par des catégories philosophiques (monothéisme/polythéisme) impropres à rendre compte de l'esprit des écritures saintes juives et chrétiennes ; la philosophie est elle aussi un "enseignement d'homme", à l'instar de ceux fustigés par le prophète Isaïe.]

     DEUXIEME TRIPARTITION : LOI PURE/MÊLEE AU MAL/SYMBOLIQUE

    A son tour, la première partie -la Loi de Dieu même- se divise en trois : la législation pure, sans mélange avec le mal - celle que l'on appelle Loi au sens propre et que le Sauveur n'est pas venu abolir mais accomplir (car il n'était pas étranger à celle qu'il a accomplie ; et celle-ci avait besoin d'être accomplie) ; puis celle qui est mêlée au mal et à l'injustice et que le Sauveur a supprimée parce qu'elle était inappropriée à sa propre nature. La dernière division concerne ce qui est figuré et symbolique, institué à l'image des réalités spirituelles et transcendantes : c'est ce que le Sauveur a fait passer du sensible et de l'apparent au spirituel et à l'invisible.

    La Loi de Dieu, pure et sans mélange avec le mal, c'est le décalogue, ces dix paroles divisées en deux tables, qui visent à proscrire ce qu'il faut éviter et à ordonner ce qu'il faut faire ; bien que leur législation fût pure, comme il leur manquait la perfection, elles avaient besoin de leur accomplissement par le Sauveur.

    La Loi mêlée à l'injustice, c'est celle du talion et de la compensation des injustices déjà commises, qui ordonne d'arracher "oeil pour oeil et dent pour dent", et de rendre meurtre pour meurtre. Car il ne commet pas moins l'injustice, celui qui la commet en second : l'ordre seul change, l'acte et le même.

    Cette prescription était et est juste par ailleurs ; c'est en raison de la faiblesse des personnes soumises à la Loi qu'elle a été instituée en transgression de la Loi pure, mais elle est inappropriée à la nature et à la bonté du Père de toutes choses. Elle était peut-être adaptée mais, plus encore, elle était le jouet de la nécessité ; car celui qui ne veut pas qu'il y ait un seul meurtre lorsqu'il dit : "Tu ne tueras pas", dès lors qu'il commande de punir le meurtrier par le meurtre, en instituant une seconde loi et en présidant à deux meurtres alors qu'il y en ait un seul, sans s'en apercevoir a été joué par la nécessité.

    Voilà pourquoi le Fils, venu de sa part, a supprimé contre partie de la Loi, tout en reconnaissant qu'elle aussi était de Dieu. Il est en accord avec l'ancienne observance, notamment quand il dit : "Dieu dit : "Celui qui maudit son père ou sa mère est passible de mort."

    Enfin, il y a la partie figurative, qui est à l'image des réalités spirituelles et transcendantes, j'entends par là la législation sur les offrandes, la circoncision, le sabbat, le jeûne, la Pâque, les pains sans levain, etc. Toutes ces prescriptions en tant qu'images et symboles, ont été modifiées depuis que la Vérité a été révélée : ce qu'elles ont de spirituel a été élevé ; les noms sont restés les mêmes, mais les réalités ont changé. Par exemple, le Sauveur nous a commandé de présenter des offrandes, non pas en sacrifiant des animaux ou des victimes, mais par des louanges, des glorifications, des actions de grâces spirituelles et par le partage avec nos prochains et la bienfaisance à leur égard. Quant à la circoncision, il veut que nous ayons non celle du prépuce de notre corps, mais celle, spirituelle, du coeur. De même l'observance du sabbat : il veut en effet que nous cessions de faire des oeuvres mauvaises.

    Le jeûne aussi : il veut que le trône soit non pas corporel, mais spirituel, dans l'abstinence de tout ce qui est mal. Cependant, le jeûne visible est observé chez nous également, puisque, pratiqué avec raison, il peut profiter à l'âme quand il n'est fait ni pour imiter certains, ni par habitude, ni parce que c'est le jour fixé pour le faire.

    Aussi bien on le pratique pour rappeler le jeûne véritable, afin que le jeûne visible rappelle ce jeûne-là à ceux qui ne veulent pas encore le pratiquer.

    De même pour la Pâque et les pains sans levain, l'apôtre Paul montre que c'étaient des images : "Notre Pâque, dit-il, a été immolée : le Christ" et "pour que vous soyez, ajoute-t-il, des pains sans levain, ne vous mêlez pas au levain (par "levain" en réalité il veut dire le mal), mais soyez une nouvelle pâte."

    CE QUI A ETE ACCOMPLI, SUPPRIME OU MODIFIE

    Ainsi donc la Loi reconnue comme divine se divise elle-même en trois. D'abord, ce qui a été accompli par le Sauveur : "Tu ne tueras pas, tu  ne commettras pas d'adultère, tu ne feras pas de parjure" se comprennent, en effet, comme l'abstention de la colère, de la convoitise ou du jurement. Ensuite, ce qui a été complètement supprimé : "oeil pour oeil et dent pour dent", dans la mesure où cela se mêlait à l'injustice et constituait en soi un acte d'injustice, a été supprimé par le Sauveur qui a commandé le contraire ; or deux éléments contraires s'annulent : "Car moi je vous dis de ne pas vous opposer du tout à qui vous fait du mal, mais si quelqu'un te frappe, tends-lui l'autre joue." Enfin, une partie allégorique a trait à ce qui a été modifié et changé du corporel au spirituel : c'est la Loi symbolique, instituée à l'image des réalités transcendantes. Car les images et les symboles, qui représentent d'autres réalités, étaient valables avant que ne paraisse la Vérité ; mais depuis que la Vérité est apparue, il faut agir selon la Vérité, non selon l'image.

    Ces trois parties, ses disciples les ont évoquées, de même que l'apôtre Paul : celle des images, ainsi que nous l'avons déjà dit, à travers la Pâque immolée pour nous et les pains sans levain ; la Loi mêlée à l'injustice, quand Paul dit : "La Loi des commandements a été invalidée dans les enseignements" ; celle sans mélange avec le mal, quand il dit : "La Loi est sainte, le commandement est saint, juste et bon."

    TROISIEME TRIPARTITION : LE PERE, LE DEMIURGE ET SATAN

    Pour résumer -s'il est possible-, je pense t'avoir suffisamment montré qu'une partie de la loi vient des hommes et que la loi même de Dieu se divise en trois.

    Il nous reste à dire quel est ce Dieu qui a institué la Loi ; mais je crois te l'avoir montré par ce que j'ai déjà dit, si tu as bien écouté. Car si cette Loi, comme nous l'avons enseigné, n'a été instituée ni par le Dieu parfait, ni par le diable, ce qu'il n'est même pas permis de dire, c'est donc un autre qui a institué la Loi, et celui-là est le démiurge et le créateur de cet univers et de ce qui est en lui ; comme il est différent des autres par la substance et qu'il se situe entre les deux, on pourrait à juste titre lui donner le nom d'Intermédiaire. Si le Dieu parfait est bon par sa propre nature - et il l'est (car il n'y a qu'un Dieu bon : notre Sauveur a affirmé que c'est son Père, qu'il a lui-même révélé) -, et si l'Adversaire est par nature mauvais et méchant et se caractérise par l'injustice, celui qui se situe entre les deux, sans être bon, ni vraiment mauvais, ni injuste, pourrait plus spécifiquement être appelé juste, puisqu'il préside à la justice, qui se fait selon lui.

    Ce Dieu sera au-dessous du Dieu parfait et inférieur à sa justice, parce qu'il est engendré et non pas inengendré (car seul le Père est inengendré, lui de qui vient toute chose et de qui dépend toute chose spécifiquement), mais il sera plus grand et plus fort que l'Adversaire, son essence et sa nature étant différentes de l'essence de deux autres. En effet, l'essence de l'Adversaire est corruption et ténèbres (car il est matériel et divisé en maintes parties), et l'essence de l'Inengendré, Père de toutes choses, est incorruptibilité et lumière en soi, simple et de forme unique, tandis que l'essence du Démiurge a produit une double puissance - mais il est lui-même une image du Dieu supérieur.

    Ne va pas, à présent, te soucier de savoir comment l'unique principe de toutes choses -celui que notre foi reconnaît pour tel, celui qui est inengendré, incorruptible et bon-, se sont constituées ces natures, celle de la corruption et celle de l'intermédiaire, qui ne sont pas consubstantielles, alors que par nature ce qui est bon engendre et produit des êtres qui lui sont semblables et consubstantiels. Car tu apprendras par la suite, si Dieu le veut, leur principe et leur origine, lorsque tu seras jugée digne de la tradition apostolique que nous avons reçue nous aussi par succession, et cela, une fois que nous aurons étayé tous ces propos par l'enseignement de notre Sauveur.

    Voilà, ma soeur Flora, ce que je n'ai pas eu de peine à te dire en quelques mots. J'ai écrit là de façon résumée et, en même temps, j'ai suffisamment développé le sujet.

    Par la suite, cela te sera très utile, si, comme une belle et bonne terre qui a reçu de fécondes semences, tu fais pousser le fruit qui vient d'elles.

  • Votez con !

    Voter est ce qui s'appelle du point de vue chrétien "se jeter dans la gueule du loup".

    Redisons ici à quel point la démocratie prouve Dieu et l'Histoire, à travers l'acharnement bizarre de cette idéologie moderne et de ses prêtres à flatter le peuple dans le sens opposé à celui indiqué par l'évangile de dieu, auquel la démocratie-chrétienne se garde de s'attaquer directement.

    En cela la démocratie-chrétienne diverge nettement de la tactique d'éradication du judaïsme et du christianisme prônée et ourdie par Nietzsche.

    Comme je l'ai déjà écrit ici, la tactique démocrate-chrétienne est tactiquement bien supérieure à celle des suppôts de Satan qui s'expriment ouvertement comme Nietzsche.

    C'est un fait aisément démontrable que la "démocratie-chrétienne" tend peu à peu à n'être plus qu'un "parti démocrate", composé d'adorateurs du veau d'or ; cependant elle ne doit pas trop s'éloigner de la mission qui lui a été assignée par Satan de former entre le peuple et Jésus-Christ une sorte de cordon sanitaire.

    On peut soupçonner à travers le propos de la démocratie-chrétienne elle-même son antichristianisme sournois, et d'une espèce plus redoutable que l'apologie de Satan. La démocratie-chrétienne est en effet assimilable à une promesse de salut universel ; au contraire Jésus-Christ annonce que "peu seront élus" par le Père, invités au festin de la vie éternelle, car il sait combien le pouvoir d'attraction de Satan est grand, et l'homme faillible dès lors qu'il est privé de la force de l'esprit.

    Il est un fait constatable, dans la littérature et la culture démocrate-chrétiennes, c'est l'effacement progressif de Satan. Cet effacement a pour corollaire ce que les anthropologues modernes qualifient de "triomphe de la raison sur les mythes". Quel mythe lesdits anthropologues cherchent-ils à faire passer à la trappe ? L'apocalypse, c'est-à-dire l'histoire tragique du combat de l'homme contre Satan.

    L'asservissement dont Jésus-Christ nous explique que l'homme est victime, et dont la mort est la conclusion effective, cet asservissement l'idéologie démocrate-chrétienne le nie, tout en assignant au peuple un but dont les évangiles ne comportent pas l'amorce.

    On peut par conséquent être chrétien et ne pas se sentir concerné par le mysticisme frelaté et somptuaire de l'élection du président au suffrage universel. En revanche les mensonges proférés par les démocrates-chrétiens au nom de Jésus-Christ requièrent que nous indiquions où se situe la vérité - dans la direction opposée au piège tendu par la démocratie-chrétienne et ses représentants, laïcs ou prêtres. 

  • Foi et Raison

    Un catholique authentique, se réclamant de la Parole de Dieu, ne peut amalgamer la foi et la raison, ni même les juxtaposer. - Seule la foi sauve, dit justement l'apôtre Paul, et non les oeuvres. Cette mise en garde de Paul, fortement étayée, est dépourvue d'ambiguïté.

    Il faut en déduire que la "raison" n'a pas de portée universelle selon Jésus-Christ. Aucune société n'a de d'ailleurs de mérite particulier aux yeux de Dieu. Le "peuple juif" n'est pas un peuple, une société ordinaire, dont les membres seraient liés par le sang ; quant aux expressions de "France chrétienne" ou "d'Occident chrétien", elles sont entièrement dénuées de sens - ce sont des expressions sataniques, c'est-à-dire des expressions faites pour dissimuler la signification spirituelle des Evangiles.

    Quel besoin les propriétaires ont-ils de la bénédiction de leur propriété par Jésus ? Pourquoi ne la réclament-ils pas plutôt à Satan ? Ou, si le mot de Satan leur déplaît, à Bouddha ou Zarathoustra ? On voit bien, ici, que le besoin est d'abord pour Satan de régner à travers des mensonges.

    Comme l'antichristianisme procède surtout de l'enfouissement de la Parole divine sous des mensonges, le chrétien se doit de dévoiler l'antichristianisme, comme dans l'allégorie imaginée par Shakespeare, "Hamlet, Prince de Danemark".

    Dans cette tâche, le chrétien peut compter sur l'assistance de l'Esprit de Dieu (figuré dans "Hamlet" par le spectre du roi assassiné).

    Qu'est-ce qui se cache derrière l'invocation de la raison ? La philosophie. Au moyen-âge, certains clercs catholiques prétendirent s'appuyer sur Platon ou Aristote ; aujourd'hui, c'est la philosophie de Hegel qui soutient le discours des hauts dignitaires du clergé catholique.

    Or Jésus-Christ s'adresse à ses apôtres largement par le biais de l'allégorie ou de la parabole, et non comme un philosophe s'adresse à un collège de disciples. L'auteur de "Hamlet" est ainsi justifié de passer par le biais de l'allégorie.

    Si le discours philosophique de la raison peut être regardé comme désuet au regard de la foi chrétienne, autour de laquelle se jouent l'avenir et la fin de l'humanité, Jésus-Christ ne prône pas la folie pour autant. Il rend à Platon ce qui est Platon, comme il rend à César ce qui est à César.

    Quand un chrétien se mêle de philosophie ou de politique, il ne peut manquer d'établir une hiérarchie entre sa foi chrétienne et la raison qui gouverne temporairement les hommes. Ainsi firent par exemple le savant chrétien Francis Bacon ou René Descartes à sa suite, distinguant avec netteté, au contraire des théologiens dits "scolastiques", les vérités et recherches relevant de la foi supérieure, des raisonnements et sciences subalternes, c'est-à-dire "anthropologiques".

    C'est l'amalgame entre la foi et la raison qui équivaut au péché de fornication, dirigé contre l'Esprit de Dieu, et qui représente la colonne vertébrale de l'antichristianisme. Il s'agit ici, de façon sans doute plus intentionnelle et rusée, de conférer à la philosophie ou à la raison l'aura d'une parole sacrée.

    Un observateur attentif de notre société mondialisée peut mesurer à quel point le discours visant à amalgamer la foi et la raison, suivant diverses stratégies (dont l'hégélianisme n'est pas le seul exemple), est représentatif de l'idéologie dominante, que celle-ci soit confessionnelle ou laïque, voire athée.

    Ainsi l'utopie démocratique moderne n'emprunte à Platon pratiquement aucune de ses modalités pratiques ; en revanche elle est, comme chez Platon, constituée d'un mélange de foi et de raison.

    On peut mesurer aussi à quel point, non seulement la foi chrétienne se trouve altérée par cet amalgame, mais également la raison philosophique ou politique, voire la science.

     

  • Folie de la croix, folie des hommes

    On retrouve sous la plume de Sainte-Beuve («Port Royal», 1840) l’expression «folie de la croix» pour parler de l’exécution de Jésus-Christ.

    Sympathisant du mouvement janséniste hostile aux méthodes jésuites et à la théologie médiévale, Sainte-Beuve était et demeura néanmoins athée. Il est l’auteur d’une impossible étude du christianisme d’un point de vue extérieur, sous l’angle de la crise janséniste du XVIIe siècle, qu’il définit comme une tentative de réforme protestante interne à l’Eglise romaine. «Impossible étude» -car Sainte-Beuve ne pouvait l’ignorer, qui cite parfois les évangiles et saint Paul- le Messie des chrétiens a proclamé que «CELUI QUI N’EST PAS AVEC LUI EST CONTRE LUI».

    La casuistique laïque, qui dissocie artificiellement «vie publique» et «vie privée», par exemple, n’est pas sans rappeler le jésuitisme. Du point de vue chrétien authentique, il ne peut y avoir de posture neutre vis-à-vis de Jésus-Christ et de la parole de dieu. La thèse laïque apparaît donc comme une imposture, notamment dans sa version « démocrate-chrétienne », la plus cauteleuse.

    L’expression « folie de la croix » est malheureuse parce qu’elle est pleine d’ambiguïté. A qui attribuer cette folie ? Un chrétien répondra sans hésiter : - au clergé juif qui a comploté l’assassinat de Jésus-Christ, le Messie annoncé par les prophéties juives ; ou encore : - à la soldatesque romaine, qui a torturé et exécuté l'envoyé de Dieu.

    Du point de vue païen ou athée, qui est celui de Sainte-Beuve, la folie peut passer pour celle de dieu lui-même, qu’il ne comprend pas ou auquel il s’oppose. Du point de vue biblique, c’est-à-dire juif, puis chrétien, la folie est le propre de l’homme sans dieu ou bien idolâtre. L’idolâtrie contemporaine, du veau d’or ou de l’Etat, dont les régimes totalitaires font étalage, prouve que le point de vue chrétien n’est pas insensé, ni la prédiction des apôtres sur le règne de l’Antéchrist.

  • Nietzsche ou le Christ ?

    C'est une remarque juste de la part de Nietzsche que l'artiste, en tant qu'il va au-devant du risque, se retrouve isolé dans les Temps modernes où le confort est surtout recherché par le commun des mortels, comme une sorte d'anesthésie ante-mortem, une vie de chat.

    Où courent tous les citoyens des grandes villes modernes au petit matin ? Ils ne courent pas gagner leur vie, ils courent gagner leur confort. S'ils se contentaient de gagner leur vie, ils couraient sans doute moins vite. Où courent-ils le soir ? Jouir du confort qu'ils ont payé de leurs efforts.

    (L'amour n'est pas la seule chose qui rend l'homme stupide - la peur a sa part aussi.)

    Mais l'exhortation de Jésus-Christ à la pauvreté n'effraie pas seulement le jeune homme riche de la parabole, elle fait prendre aussi à l'homme moderne ses jambes à son cou.

    A en croire Nietzsche, Jésus-Christ et son évangile seraient derrière ce mouvement de lâcheté général. A trop prôner le pardon, le Juif Jésus-Christ aurait encouragé le laxisme et la décadence, d'une certaine manière. Ou bien Nietzsche n'a pas lu l'évangile, ou bien il ment, car le Christ a découragé tout mouvement social de s'exprimer en son nom. La meilleure réponse est, je pense : Nietzsche défend l'intérêt de sa caste. Le mensonge est un ingrédient de l'art comme il est un ingrédient de la civilisation.

    Il ne devrait rien y avoir de plus suspect qu'une civilisation qui prétend se diriger vers la vérité, ou encore se laisser conduire par la science.

  • La Compassion

    La compassion pour autrui n'est souvent qu'une manière de s'apitoyer sur soi.

    On peut le constater avec le massacre au camion perpétré à Nice, qui a ému les Français et les téléspectateurs ; des milliers de personnes meurent de faim dans le monde chaque jour, dans l'indifférence, ou encore tué dans des conflits armés. Plus la victime d'un drame est proche, plus la compassion est grande.

    Cette compassion, réelle ou feinte, n'est pas une preuve d'amour mais de faiblesse. Quand s'ajoute à cette compassion un désir de vengeance ou de représailles, l'hypocrisie est avérée et parfaite.

    L'orchestration de la compassion et de l'émotion par les médias s'explique par la manière démagogique de gouverner les peuples désormais, probablement au moins aussi dangereuse que les méthodes terroristes.

    Voyons maintenant en quoi la compassion de Jésus-Christ diffère de ce que nous avons décrit, et qui n'est autre qu'un sentiment superficiel.

    D'abord, Jésus-Christ ne compatit pas "en général", mais tel homme ou telle femme suscite sa compassion - Lazare, un aveugle, un homme rossé et laissé pour mort dans la parabole du bon Samaritain...

    Jésus-Christ ne prononce pas des discours inutiles d'hommage aux victimes, au contraire des politiciens démocrates-chrétiens qui ne sont pas avares de simagrées.

     

  • Le piège du monothéisme

    Comme je l'ai déjà expliqué sur ce blog, la clef de la pensée moderne est le problème dit "de la preuve de dieu" et la réponse binaire à cette question : oui ou non ; de sorte qu'il n'y a pas, au sein de ceux qui assument la culture et la pensée modernes, des "croyants" et des "incroyants", mais des personnes qui, alternativement, croient ou ne croient pas, en fonction des circonstances de leur existence.

    Et si mon propos évoque l'expérience dite du "chat de Schrödinger", n'y voyez aucune coïncidence ou hasard, mais plutôt la preuve de ce que j'énonce en préambule : la pensée moderne est issue d'une forme de théologie spéculative très particulière.

    On comprend aussi pourquoi le pseudo-savant évolutionniste britannique Richard Dawkins a cru opportun de tenter la démonstration scientifique de l'inexistence de dieu il y a quelques années (2006), au lieu de s'efforcer de combler les lacunes de son hypothèse évolutionniste.

    En tentant cette démonstration, R. Dawkins semble dépasser les limites laïques que la "communauté scientifique" s'est elle-même assignée. En réalité, l'outil et la méthode scientifiques de Dawkins sont marqués par la démonstration de la preuve de dieu. Avec le même outil, il est possible de construire deux types d'architectures antithétiques ; la preuve de l'existence de dieu et la preuve de son inexistence ont en commun d'être très largement infondées sur le plan expérimental.

    Une analyse un peu plus poussée des hypothèses scientifiques à la mode aujourd'hui au sein de la "communauté scientifique" permettrait d'établir ceci : que les hypothèses sur l'origine de l'univers tendent à faire la preuve de dieu, tandis que les hypothèses sur la fin du monde ou de l'univers, "tournées vers le futur", tendent à faire la preuve de son inexistence.

    La relation que l'on peut faire entre l'alternance doute/foi et la volonté humaine, plus ou moins affirmée en fonction de l'âge, des circonstances de la vie, laisse deviner que cette théologie est une anthropologie.

    Comme je le fais remarquer sur un blog voisin, seule la culture anthropologique moderne est un "monothéisme". En effet le monothéisme est une manière de parler des religions et de leur évolution, étrangère non seulement au christianisme et au judaïsme, mais aux religions antiques également. Il ne s'agit à travers la définition du monothéisme que d'établir la supériorité du raisonnement anthropologique moderne, c'est-à-dire de la philosophie sur la théologie.

    On comprend sans peine que la définition du monothéisme et le problème de la preuve de dieu sont étroitement liés. En effet, pour croire le christianisme et le judaïsme réductibles à des "monothéismes", il faut croire que le christianisme repose sur la preuve philosophique de dieu, ce qui revient à confondre la philosophie catholique romaine avec le message évangélique.

    Pour les douze (apôtres), à cause de mauvaises raisons, avant d'épouser les meilleures raisons, le problème de la foi et de l'existence de dieu ne s'est jamais posé. D'abord parce que le doute est une notion moderne, ensuite parce que les apôtres ont éprouvé la présence de dieu à travers son fils Jésus-Christ ; les apôtres n'ont pas cru dans une construction intellectuelle ou théorique, un stupide "pari de Pascal" ; les évangiles indiquent même qu'ils ont cru, jusqu'à un certain point, sans même comprendre ce que le Christ leur disait.

    Du point de vue chrétien, la question de la foi en dieu est une question caduque. Elle est rendue caduque par la foi dans le salut. La question ne se pose pas pour le chrétien de savoir si dieu existe, mais de savoir comment le rejoindre. Et ce n'est pas un hasard si les philosophes soi-disant catholiques ou chrétiens font appel à une casuistique plus vieille que la Révélation du salut par le Christ.

    Par conséquent l'anthropologie moderne provient de la philosophie médiévale catholique, de ses différentes constructions et représentations d'un dieu unique, qui n'est pas figuré comme tel dans les écritures saintes, mais bien plutôt comme un dieu supérieur aux autres dieux. En fait de supériorité de la philosophie et de l'anthropologie sur la théologie et la métaphysique, on remarque la substitution par le clergé catholique, à travers des sermons qui sont des démonstrations creuses, de la philosophie ou de la psychologie au contenu du message évangélique lui-même.

    Il va de soi qu'un dieu psychologique est soumis à la théorie de la relativité. La philosophie catholique est donc un cénacle rempli d'imposteurs. La meilleure preuve en est que le protestantisme et le catholicisme se rejoignent désormais par la philosophie, c'est-à-dire sur la base d'une sorte de PPCM ou de PGCD insignifiant. Ils se rejoignent pour la même raison qu'ils se sont séparés. En réalité, seule la fidélité à la parole de dieu accomplit l'unité de l'Eglise.

    Le chrétien est exactement dans la même position qu'un savant mis en demeure de prouver que la science existe bien, aussi démuni que ce savant de belles démonstrations établissant que la science est bien là, progressant au milieu de la bêtise du monde dont les journaux rapportent chaque jour une nouvelle preuve éclatante. - Où est la science dans tout ça ?

    Montrer les stupéfiantes réalisations du génie humain ne suffit pas, car cela revient à prouver dieu par les cathédrales gothiques ou les pyramides. La science n'existe pas plus que dieu car elle est expérimentale, tandis que la bêtise et l'ignorance résultent d'un manque d'expérience beaucoup plus constant et évident. La seule chose probable, depuis l'origine de l'humanité, c'est la constante détermination de l'homme à essayer de résoudre le problème de l'absurdité de la condition humaine. Ne pas se satisfaire de l'absurdité est ce qui fait l'individu, détaché de la masse.

    Comme l'absurdité, principalement sous la forme d'un discours scientifique paradoxal, règne dans les régimes totalitaires, on peut s'interroger sur la nature de la puissance qui s'oppose constamment depuis l'aube de l'humanité à la libération de l'homme de ses chaînes, puissance dont les évangiles proclament, et c'est sur ce point que porte la foi des chrétiens, qu'elle finira par céder devant dieu, au terme d'un affrontement sans merci, auquel nul ne peut vraiment se soustraire.

     

     

  • L'Esprit du Judaïsme

    "L'Esprit du Judaïsme" est le titre du dernier ouvrage de Bernard-Henry Lévy, dont il assure la défense et la promotion actuellement dans les médias.

    Cet essayiste est peu convaincant dans la mesure où c'est un juif mondain ; de même, qui accordera foi au clergé catholique, dont la religion consiste à inclure les mondanités dans la foi chrétienne ?

    L'histoire est un combat sans merci entre le monde et le camp des saints, qui s'achèvera par la ruine des mondains et de leurs temples. A la mondanité, les prêtres retors et qui se piquent d'avoir fait de longues études donnent le nom "d'anthropologie chrétienne". Lire les épîtres de Paul guérit de croire dans le truc de l'anthropologie chrétienne, et bien sûr chaque parabole de Jésus. L'anthropologie chrétienne est l'anthropophagie moderne : on la retrouve à l'arrière-plan de tous les grands génocides modernes.

    On croira plus volontiers quelqu'un comme Karl Marx, à propos de l'esprit du judaïsme, qui voua son existence à combattre le veau d'or capitaliste, ce qui revient bel et bien à affronter un dragon.

    Qui s'efforce de définir, de résumer, de faire comprendre "l'esprit du judaïsme" se place, volontairement ou non, sur le même plan que Jésus-Christ, venu dire aux juifs qu'ils avaient égaré l'esprit du judaïsme, enfoui sous de vaines coutumes et réglementations sociales.

    Jésus-Christ qui résume en un mot l'esprit de la loi de Moïse : amour ; mais un amour qui n'est pas l'amour que les petits d'hommes ont instinctivement pour leur mère, et les mères pour leur progéniture, mais un amour "extérieur" à l'homme. Tandis que Satan brille de l'éclat de la beauté, l'expression de "dieu invisible" est assez judicieuse pour décrire le dieu des prophètes juifs, aussi improbable que la présence de l'amour véritable dans le monde. Le chrétien sommé de prouver l'existence de l'amour sur terre ne sera-t-il pas relativement désemparé ? Et sans doute plus la fin des temps approche, plus le chrétien aura du mal à rapporter cette preuve. L'antéchrist est décrit dans les saintes écritures comme l'ultime résistance de Satan à ce qui le détruira : l'amour. Si chacun d'entre nous, athée ou croyant, suppôt de Satan ou chrétien, peut éprouver en son for l'affrontement de ces deux puissances, dès lors qu'il ne se place pas volontairement en état d'inconscience, à l'aide de telle ou telle drogue, chimique ou psychique, cela ne signifie pas pour autant que ces deux puissances sont contenues en lui.

    L'esprit du judaïsme, et plus encore celui du christianisme, est donc parfaitement pur de tout raisonnement anthropologique. Ce raisonnement est fait pour trahir l'esprit évangélique ; par conséquent le sage qui veut élucider le nombre 666, QUI EST UN NOMBRE D'HOMME, n'aura qu'à creuser la piste anthropologique.

    Pas d'anthropologie juive ou chrétienne, c'est-à-dire aucune solution sociale juive ou chrétienne. Comme la tâche ordinaire d'un clergé, quel qu'il soit, est de contribuer à l'organisation sociale, cela permet de comprendre la logique de l'affrontement entre le Christ et le clergé.

    Une petite parenthèse sur l'islam et Mahomet, décrit et défendu par les mahométans comme l'ultime prophète : le Coran n'illustre pas la démarche, caractéristique du Christ et des apôtres guidés par l'Esprit, qui consiste à éradiquer le raisonnement anthropologique du coeur ou du sein de l'homme. Autrement dit, si Paul explique pourquoi le message évangélique parachève la loi de Moïse, Mahomet ou le Coran ne donnent pas d'explication, et font pour ainsi dire aux juifs le reproche opposé du reproche qui leur est fait par le Christ. Les mahométans reprochent aux juifs de n'être pas assez scrupuleux de la Loi, tandis que le Christ reproche aux pharisiens d'avoir étouffé l'esprit de la loi sous leurs scrupules.

    Quant à celui qui définit l'esprit ou le "génie" du christianisme, selon l'expression malheureuse de Chateaubriand, traduisant l'athéisme de son auteur, il se place directement en concurrence avec Paul de Tarse, l'apôtre des gentils. Or Chateaubriand trouve une fonction et un but au christianisme, que Paul de Tarse lui refuse absolument, à cause de l'interdiction absolue formulée par Jésus-Christ à ses apôtres de chercher à bâtir le royaume de Dieu sur la terre, c'est-à-dire à planter sur le génie humain un quelconque signe religieux chrétien. Un autre que Chateaubriand a trouvé du "génie" au christianisme, ou pour être plus précis au catholicisme, c'est F. Nietzsche ; et ce dernier est plus "éclairant" que Chateaubriand, car il salue la contribution de l'Eglise catholique à la restauration du paganisme "au nom de Satan".

    N'est-il pas fascinant, mystérieux, intriguant, de voir un juif mondain, c'est-à-dire un non-juif, prendre le relais du catholique Chateaubriand, et proférer à propos du message apocalyptique juif les mêmes contre-vérités ou inexactitudes que Chateaubriand ? C'est d'autant plus fascinant que BHL parvient à imposer son autorité intellectuelle à une France qui se réclame de la laïcité, et qui prétend ainsi avoir rompu avec son passé clérical. D'une certaine façon, la nation israélienne a la même influence politique extérieure que Rome au temps de sa puissance politique. Beaucoup de catholiques romains ne se reconnaissent sans doute pas dans BHL : ils ont tort, car celui-ci est typique de l'esprit de la propagande catholique, falsification de la vérité sous le prétexte anthropologique.

    Une contradiction majeure fait voler la rhétorique de "l'esprit du judaïsme" selon BHL en éclats, et cette contradiction est également au coeur du catholicisme romain. A juste titre, BHL récuse l'adjectif "identitaire", et s'oppose à ce qu'il soit appliqué au judaïsme. Un théologien catholique ne pourra pas, de même, faire autrement que récuser cet adjectif, car ce serait avouer publiquement que le catholicisme est un culte païen. La bestialité et Satan sont explicitement associés dans les évangiles aux éléments naturels, et la terre, royaume des morts, au péché. L'expression de "France chrétienne" ou de "France catholique" ne peut par conséquent avoir de sens spirituel profond ; elle relève de la pure idéologie, ou bien d'une commodité de langage.

    Or la nation israélienne, par ailleurs, que BHL défend comme un "refuge pour les Juifs", répond nécessairement à un besoin et un but politique ; le sionisme n'est autre qu'un culte identitaire. Israël, dans la bouche des prophètes juifs, est la représentation mythologique du salut, comme l'Egypte est la représentation mythologique du satanisme. On ne peut servir deux maîtres à la fois : d'une part le dieu des juifs, et de l'autre une des nombreuses idoles que l'homme fabrique pour se rassurer, dont la nation israélienne fait partie. Pas plus les serments que les présidents des Etats-Unis font sur la bible ne doivent faire croire que les Etats-Unis sont une "nation chrétienne".

     

     

  • De l'Athéisme

    "Je respecte Dieu. En effet, c'est l'homme qui l'a inventé ; et s'il l'a inventé c'est parce qu'il en avait besoin." Dixit un athée (un peu benêt).

    On respectera l'Argent pour la même raison.

    Le Dieu des chrétiens ne répond à aucun besoin humain, c'est là sa différence avec les autres dieux, et pourquoi on peut parler de "dieu inconnu", car il n'entre pas dans le champ de la réflexion et du raisonnement humain. L'homme peut parfaitement vivre sans amour, sans paix, sans liberté, sans vérité, choses qui ne contribuent en rien au bonheur. C'est sans doute l'effet que Jésus-Christ fit autour de lui, l'effet d'un homme hors du commun, car il n'y a pratiquement aucun homme vivant qui se laisse conduire entièrement par l'amour.

    "Tu ne tueras pas" est incompréhensible du point de vue humain. Tuer est un besoin humain essentiel, même s'il convient de respecter les formes légales. Tuer : les hommes lâches tuent au nom de dieu, de la liberté, de la démocratie, de la raison d'Etat, de la révolution ; et les hommes courageux tuent en leur nom propre. L'homme a des besoins atroces, à côté d'aspiration un peu moins basses.

  • 666 - Number of the Beast

    666 is about DEATH and Agreement with DEATH, especially in so-called 'CHRISTIAN' or 'CATHOLIC' Churches.

    Devilish people are not always as frank as Nazi soldiers were, belonging to Security Squads, with their Skulls & Bones on their shoulders; devilish people are mostly cowards and hypocrits who are hiding their intentions to their own children.

    That is why the Apostle Paul does explain that DEATH is the result of SIN - and Jesus-Christ: 'Let the DEAD bury their DEAD' (Luke IX, 60).

    (For more details, read this blog -in French- or Christian Theologian E. Swedenborg's explanations about the Book of Revelation; E. Swedendorg did not belong to any HUMAN CHURCH)

  • La grande apostasie

    Je suis passé avant-hier à la nuit tombée par hasard devant la petite "Eglise de Jésus-Christ, roi de France" (Paris) ; vu l'heure tardive, je n'ai pas pu pénétrer à l'intérieur de cette secte satanique, dont la porte d'entrée était barrée d'une croix noire.

    La France n'est qu'une idée humaine et le christianisme est la moins idéologique des religions. Le christianisme révoque toutes les méthodes conçues par l'homme afin d'échapper à sa condition de mortel, dont la France fait partie, avec son parfum de gloire un peu éventé.

    Je suis moi-même Français, et j'ai souvent rendu grâce pour être né et avoir été éduqué dans ce pays où le "savoir-vivre" n'est pas un vain mot, plutôt que dans un pays germanique, de culture féminine, où le "savoir-mourir" est ce qui compte d'abord. Que le Français n'ait foi pas dans la démocratie et l'égalité - je dirais qu'il soit trop viril pour y croire -, est une bonne chose, sachant les foules innombrables qui ont été sacrifiées en vain sur l'autel de la démocratie et de l'égalité... dont le sang n'a pas fini de sécher.

    Mais si toutes les civilisations font semblant d'être immortelles, les chrétiens savent qu'aucune ne l'est. Il n'importe pas que Jésus-Christ soit juif, ce qui compte c'est qu'Il est éternel. Le patriotisme chrétien (ou juif) manifeste une totale incompréhension de la religion chrétienne (ou juive). La boue de la terre sur laquelle le chrétien est né ne colle pas à ses semelles.

    On pourra trouver l'intitulé d'"Eglise de Jésus-Christ, roi de France", délicieusement suranné, ou au contraire ridiculement ringard. En réalité, si le catholicisme romain s'est adapté aux changements économiques et politiques des derniers siècles, il continue de reposer sur la formule apostate que je viens d'évoquer. Il continue de reposer sur une idéologie humaine, baptisée de façon sophistiquée par ses clercs "éthique judéo-chrétienne", mystique identique au patriotisme, mais mieux faite pour méduser les foules, substituant à la franchise démodée l'habileté rhétorique.

    Comprenez ici pourquoi l'Eglise catholique romaine est extrêmement moderne (non l'Eglise luthérienne comme Nietzsche pense). Elle l'est pour la raison que j'énonce plus haut, à savoir que la culture patriotique est TROP MANIFESTEMENT antichrétienne. On peut en dire de même du "sionisme" ou du patriotisme juif : il ne peut tromper qu'un imbécile - un juif qui a lu Moïse et les prophètes ne pourra être abusé par la mystique sioniste et s'y attacher. Satan ne peut se contenter de rallier seulement les imbéciles à sa cause.

    Aucune autre religion que le catholicisme romain ne peut mieux servir de matrice à une religion ou une "culture universelle", miroir fascinant pour l'humanité dans lequel on retrouve la flatterie primitive de Satan à Adam et Eve, la promesse de puissance (ne croyez pas qu'un culte soit rendu par l'Eglise catholique romaine à Marie, mère de Jésus ; il l'est en réalité à Eve, mère de l'humanité).

    Le catholicisme romain est à l'origine de la culture totalitaire ultime, véritable lame de fond contre laquelle la vertu politique ou morale humaine, la philosophie, s'avèrent impuissantes.

    On peut s'opposer à la culture totalitaire moderne suivant deux points de vue opposés. Du point de vue culturel (F. Nitche, A. Arendt), en soulignant que la culture moderne est la plus artificielle ou la plus abstraite de toutes les cultures. Ou bien du point de vue opposé de la liberté (K. Marx), en soulignant que la démocratie n'empêche la domination d'une partie de l'humanité par l'autre, que les "droits de l'homme" se limitent à l'homme égoïste, ou bien que l'Etat tentaculaire moderne est un obstacle à la liberté - ou encore qu'il n'y a dans le "libéralisme" qu'un effort pour anéantir la liberté dans le rêve.

    Or le catholicisme romain est fait pour saper à la fois la raison humaine et la confiance en un dieu surnaturel, en amalgamant les deux, pour créer ainsi un sentiment de toute-puissance chez l'homme, parfaitement illusoire. Le catholicisme romain fait croire que la pensée humaine est en quelque sorte "divine", et en même temps que dieu est quelque chose d'analogue à la pensée humaine. La physique et la métaphysique, que les évangiles ne manquent pas de distinguer (les paraboles du Messie soulignent les limites de la vertu), le catholicisme romain les réunit pour fonder une pataphysique absurde, mais extrêmement fascinante, à la manière d'une drogue puissante.

    On pourra objecter que toutes les religions sont plus ou moins hallucinogènes ; certes, même l'art, la moins hallucinogène des religions, est hallucinogène. Mais le catholicisme romain est hallucinogène à un point qu'aucune religion n'égale avant lui, puisqu'il est destiné à stupéfier toute l'humanité - il en a la capacité.

    Le catholicisme romain est la mécanique, la roue qui fait avancer le monde. A certains l'Eglise romaine présente seulement son apparence de nef en ruine, désertée, comme une femme peut paraître une "faible femme" ; mais son idéologie demeure très puissante, continue d'irriguer de façon moins visible les infrastructures de la culture moderne qui se présente comme une "solution finale".

    Mais Satan, disent les écritures, a posé un piège et il est tombé dedans.

  • Ethique

    Si l'homme juge avec beaucoup plus de sévérité ses contemporains que les hommes du passé, c'est parce que ces derniers sont un bien moins grand obstacle à ses intérêts.

    Mais Jésus-Christ, lui, sera sans cesse conspué ou trahi par les sociétés humaines, en raison de la menace permanente que ses paroles font planer sur celles-ci.

    La plus grande fortune en ce monde est d'avoir de la vertu, plutôt que des illusions modernes. En cela on ne peut démentir le suppôt de Satan Nietzsche. Mais c'est avoir une ambition limitée dans le temps que de viser la seule force de caractère que procure la vertu.

  • Imitation de Jésus-Christ

    Je supporte mieux la fréquentation des personnes sataniques que celle des démocrates-chrétiens.

    Par "sataniques", j'entends les personnes qui ont vécu, qui ont l'expérience de quelque-chose, et dont l'existence n'est pas purement rhétorique. Ces personnes croient généralement au diable, au destin, elles sont mal à l'aise sur les plateaux de télévision.

    Au départ, je suis mû par le même mouvement que Nitche, à cette différence qu'il a littéralement failli mourir sous le poids de la culture protestante (en son temps il y avait encore une petite différence entre le catholicisme et le protestantisme qui s'est abolie depuis), tandis que j'ai seulement cru mourir d'ennui. On peut croire Nitche véritablement habité par Satan, comme le sont souvent les hommes qui osent violer les lois et devant lesquels les femmes se pâment, ou bien qu'elles fuient en poussant des cris, car la psychologie des femmes n'est pas très éloignée de celle des foules.

  • Voeux pieux

    Ne croyez pas que je suis venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive.

    J.-C.

    Ce sont les voeux de bonheur qui sont pieux, et le christianisme qui est impie. C'est pour tenter de sauver le monde que le zélé Judas a vendu Jésus-Christ. Il s'est aperçu ensuite que le monde n'en valait pas la peine.

  • La Modernité

    La modernité n'est pas dans la négation de Jésus-Christ, comme l'affirme Léon Bloy. La modernité n'est pas non plus dans la négation de Satan, comme le prétend F. Nitche.

    La modernité consiste dans la double négation de Jésus-Christ ET de Satan. La modernité consacre le point de vue anthropologique. L'homme moderne trouve sa plus grande justification dans la mort. Elle constitue l'événement le plus rationnel d'une vie ubuesque.

  • Saint Molière

    Le culte des saints légendaires dans l'Eglise romaine est un scandale, vu la coïncidence de la propagande et du mensonge. Le témoignage chrétien est l'inverse de la propagande patriotique. Le blanchiment de religieux ayant trempé dans le crime ou la politique n'est pas un scandale moins grand; le cas du sinistre Bernard de Clairvaux est le plus frappant, complice d'assassinats et de manigances politiques.

    Quant aux saints "théologiens", quant ils écrivent n'importe quoi, ce qui est fréquent dans les ordres religieux conventuels, leur canonisation signale la bêtise extrême de ceux qui les ont "canonisés", procédure en soi démentielle, et irrecevable sur le plan spirituel chrétien, car elle relève de l'idolâtrie et du culte de la personnalité.

    L'imbécillité est fréquente chez les moines, à cause des règles de vie qu'ils édictent, et qui vont chez les plus fous se substituer à la parole de dieu. Une caractéristique des évangiles, c'est qu'ils ne fournissent pratiquement aucun règlement de vie. Le point de vue existentiel condamne le christianisme ; le mérite de l'antichrist Nitche est plus grand que de très nombreux prétendus "saints" de le préciser : le Messie des chrétiens n'a aucune considération pour les valeurs sociales, mais ne se soucie que de la vérité.

    Je dois beaucoup à Molière. Il m'a gardé de devenir un intellectuel ou d'avoir du style, ce que j'aurais pu devenir à cause de mon héritage familial et du goût décadent pour l'intellectualisme, qui fait la littérature contemporaine aussi médiocre et fière de l'être que les romans de M. Houellebecq.

    La faiblesse du monde et sa chute imminente probable sont liées au fait qu'il est dirigé actuellement par des intellectuels, c'est-à-dire ceux-là que le Français élevé par Molière voit comme des parasites dans l'ordre de l'esprit, premiers responsables de la bestialité humaine et des génocides. Hitler ? Un irresponsable, mais pas plus que n'importe quel homme politique ; et quelle pureté, à côté de l'extraordinaire duplicité de la haute société britannique.

    Voyez comme les polytechniciens sont blanchis, combien en ce domaine la doctrine nazie de la banalité du mal a plein effet.

    Les intellectuels constituent en quelque sorte l'âme du monde, réalité qu'ils inventent et qui n'existe pas. Rien d'étonnant à ce que Sartre déduise le néant: c'est le territoire de prédilection des intellectuels. L'abstraction fournit un refuge plus sûr aux intellectuels que les postes avancés ou se tiennent les politiciens. Que Marx ait cru bon de démissionner de l'Université afin de pouvoir dire la vérité, c'est quelque chose qu'un esprit français peut assez facilement comprendre.

    L'abstraction ou le langage: on perçoit chez saint Molière qu'il est une chose impure. C'est une notion que les artistes chrétiens authentiques ont toujours tenu à préserver. Ce qui sort de la bouche de l'homme est cause d'impureté, affirme Jésus-Christ, ce qui constitue une condamnation sans appel de l'anthropologie, c'est-à-dire de la foi et de la raison égyptienne ou romaine.

    Aussi peu chrétien en apparence soit L.-F. Céline, cette notion l'explique largement. Si, comme la brute nazie, Céline avait pris le langage pour une chose sacrée, il ne se serait pas permis de le réorganiser. Et d'ailleurs Céline a conscience que la justification du génocide du peuple par les élites, dans les moments où celles-ci se sentent menacées, passe d'abord par le langage, qui sert toujours de caution à la violence. L'ignominie de Bernard de Clairvaux est d'abord d'être un rhéteur, quand la parole de dieu ne fait pas de place à la rhétorique. Et déjà auparavant le combat de Moïse fut celui du mythe contre la rhétorique égyptienne.

     

  • Gay Savoir

    Mêler Jésus-Christ et la parole de dieu à la manifestation de l'hystérie sociale en faveur du mariage est le plus grand péché du point de vue évangélique. Le plus grand péché parce qu'il altère la logique du message chrétien, universel.

    La fornication, qui désigne un péché de nature spirituelle et non charnelle, est le péché des hystériques défenseurs d'un ordre social qui n'a jamais existé et n'existera jamais, ainsi que la révélation chrétienne l'affirme sans ambiguïté.

    A toutes les questions sociales qui lui sont posées, sans exception, le Messie oppose une fin de non-recevoir. Pour le rétablissement de l'ordre social, voyez le pape et ses beaux discours théoriques contre nature (c'est-à-dire dont la nature n'offre aucun exemple, ni même les prémisses d'une probabilité).

    Quelle sorte de prêtre peut cautionner cette kermesse, quand le tiers de l'humanité crève des caprices de ceux qui maintiennent le monde dans le chaos ?

  • Difficile ralliement

    En quoi l'homme est spécialement retenu de rallier Jésus-Christ et préfère faire le choix de l'antichrist, me semble-t-il par l'expérience de ma propre faiblesse et l'observation de celle des autres, c'est par la fonction sociale qui lui est attribuée dans le monde plein d'iniquité où nous sommes, et qui n'est autre que l'enfer, c'est-à-dire le prolongement de la chute.

    Les pauvres n'ont pas, dans l'ordre social providentiel, de véritable fonction en dehors de servir de repoussoir.

    - La fonction du prêtre, notamment, quand celui-ci croit qu'il a un rôle social à jouer, alors même que la société requiert le mensonge pour durer. On voit ainsi les prêtres, investis du règlement des travaux et des jours de leurs ouailles, privés de la force de l'Esprit qu'ils invoquent parfois sincèrement. Pas de pitié, en revanche, pour les séminaires et leur enseignement de la casuistique la plus vaine.

  • Le Christ anarchiste

    Il y a des abrutis qui s'interrogent pourquoi Jésus-Christ est anarchiste. Mais tout simplement parce que la société procède d'actes violents et criminels recouverts de l'onction du droit.

    Le meilleur service d'ordre, c'est l'Eglise romaine et son affirmation que Jésus-Christ est une victime, et qu'il faut ainsi l'imiter. L'Eglise romaine est comme un frein mis par Satan à l'histoire. Le truc du clerc de base, milicien du diable, c'est de faire croire que la philosophie apporte quelque chose à l'apôtre Paul, alors que la mission que se donnent les philosophes catholiques romains est d'empêcher l'accès aux Evangiles.