jeudi, 10 juillet 2008
L'orgue de Barbarin
Vu à la télé le pathétique cardinal Barbarin, confronté à un rabbin goguenard, expliquer que le christianisme n’est pas vraiment une nouvelle religion, mais plutôt une nouvelle religion… ancienne. Dans ces cas-là, où le discours contemporain frise l’absurde, j’imagine toujours Alphonse Allais à mes côtés, qui se tape sur la cuisse et se pince en constatant qu’humour et science ont disparu. Les personnages comiques d’Allais sont devenus philosophes, artistes, avocats, professeurs, médecins, préfets, économistes, évêques, président de la République accrédités par les médias. Nul doute qu’Allais eût le pressentiment de ce tour, qui teinte ses contes de tristesse. Ce Barbarin est pour moi l’archétype de l’ecclésiastique cauteleux. L'Eglise catholique a sûrement mieux à faire que d’embrouiller une situation pourtant fort simple : ou un juif reconnaît en Jésus le Messie, comme Simone Weil ou Bergson firent, et dans ce cas il sort de la religion juive ; ou il refuse de reconnaître en Jésus le Messie, et dans ce cas il ne peut que voir dans le Nouveau testament une imposture. Tout le reste n’est qu’amabilités entre gens qui souhaitent bouffer au même râtelier sans s’envoyer les assiettes à la figure. Contre les barbarins il faut noter que dans l’histoire récente, les rapports se sont envenimés entre juifs minoritaires et luthériens majoritaires. C’est-à-dire entre des juifs et la religion chrétienne la plus archaïque, la plus “juive” qui soit, hostile à la Renaissance en toute logique. Connaissant l’hypocrisie des Yankis, entretenue par leur régime théocratique laïc, on peut d’ailleurs penser que leur philosémitisme de façade, comme leur antiracisme en général, pourrait fort bien d’un coup s’effriter, à l'occasion d’une crise économique ou politique grave.
12:02 Publié dans Anti-journalisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : philippe barbarin, alphonse allais, relion, judaisme, lutheranisme
lundi, 07 janvier 2008
Laisser-Allais
Quand Alphonse Allais inaugura l’art contemporain en grandes pompes (de clown) il y a plus d’un siècle, galerie Vivienne, déjà la civilisation montrait des signes de faiblesse. Toutes les conditions étaient réunies pour commencer de désespérer. Malgré tout Allais s’accroche à la légèreté française : avec lui les illusions valsent, au lieu de foutre le camp, comme chez Céline. L’humour potache érigé en art, le calembour élevé au rang de science, etc., il y a tout ça chez Allais, viking futuriste tiré à quatre épingles. Il possède dans sa pharmacie l’antidote au conformisme et à l'ennui démocratique. Il y a tout un tas de fioles cocasses. Un gugusse comme Finkielkraut, par exemple, improbable encore naguère, rendu possible aujourd’hui, semble sortir tout droit d’un conte défait d’Allais.
10:50 Publié dans Critique littéraire | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : alphonse allais, leon bloy, louis-ferdinand celine
mardi, 22 mai 2007
Saisir l'occasion
08:00 Publié dans Critique littéraire | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : alphonse allais, patrice delbourg
jeudi, 10 mai 2007
T'as ton yacht ?
Chaque semaine qui passe et l'absence d'Alphonse Allais dans le paysage intellectuel français se fait plus cruellement sentir… Avec un philosophe de cette envergure et de ce niveau de bagout, la démocratie était tout de même plus facile à avaler pour nos ancêtres ! Mais le bicarbonate de soude de la pensée moderne s'est dissout dans le Grand Tout moléculaire et le Parisien est, à présent, entièrement à la merci de la cuistrerie métaphysique. Elle le suit partout : à la rubrique "Éditorial" des quotidiens, du plus gratuit au moins payant, en version "light" dans la bouche de Claire Chazal, au bar bobo d'à-côté, où on diffuse Delerm en sourdine pour faire plaisir aux "professeurs des écoles" qui viennent siroter un sirop d'orgeat en mâchant du chewing-gum après la classe ; sans oublier de rendre à Onfray, BHL, Ferry et Finkielkraut, co-inventeurs de la "philosophie de gare", l'anti-hommage qui leur est dû. À la saillie modeste a succédé la platidude arrogante. Les temps sont mous…
14:25 Publié dans Anti-journalisme | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : alphonse allais, thierry breton
jeudi, 19 avril 2007
Petit bond en arrière
16:06 Publié dans Journal intime | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : kantisme, emmanuel kant, alphonse allais
mardi, 17 avril 2007
Intelligent design?
Pas plus tard qu'hier soir j'ai croisé Agnès Jaoui près de chez moi ; une semaine plus tôt c'était Fabrice Luchini : on ne se sent plus en sécurité nulle part !
11:40 Publié dans Anti-journalisme | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : alphonse allais


