lundi, 05 mai 2008

Créationnisme

Si l'identification au singe est de l'ordre de l'anthromorphisme - Darwin n'est pas un canon de beauté - alors que signifie l'identification à l'amibe ? Serait-ce un rapprochement cette fois, non plus avec l'enveloppe extérieure, la forme, le dessin, mais avec la vie intérieure de l'homme contemporain laïc, qui met des capotes avant de faire l'amour et se brosse les dents trois fois par jour en guise de morale ?

Simple hypothèse créationniste de ma part ; que j'appuie cependant sur un indice, un exemple significatif :

J'étais en train d'examiner la société contemporaine à travers la télévision en prenant des notes, la télé qui révèle surtout la mentalité des élites citoyennes qui la font, lorsqu'elle a diffusé un reportage sur le photographe-reporter Yann Artus-Bertrand. Les photographes, comme les cinéastes ou les avocats, sont de bons clients pour le genre d'étude que je mène.

 Au cours d'un voyage au-dessus de la planète en avion, afin d'édifier la foule des téléspectateurs à l'aide de quelques clichés colorés représentant des végétaux ou des animaux exotiques, Yann (on appelle les aventuriers par leurs prénoms) décide de s'aventurer jusqu'au domicile d'une éminente "primatologue" britannique, Jane Goodall, afin de s'entretenir un brin avec cette papesse de la bonobomie.

Selon moi cette donzelle a plutôt gâché de longues cuisses fuselées et une anatomie très évoluée par rapport à celle d'une guenon à crapahuter des lustres et des lustres dans la jungle. Mais ce n'est que mon avis et il est sans doute un peu terre-à-terre et bien peu missionnaire. Moralement rien ne dit d'ailleurs que le destin de Miss Goodall n'était pas au milieu des chimpanzés plutôt que des hommes, ces salauds.

 Dans une tentative despérée (car Yann a de longues moustaches) de séduire ce qui n'est plus qu'une vieille peau écologiste, après un long blabla sur l'humanité des singes et les mimiques des hommes, ne voilà-t-il pas que Yann propose à Jane de la quitter en la saluant "à la manière des singes" ?! Et le couple improbable s'enlace alors, museau contre museau, en poussant des petits grognements simiesques. Sans aucune arrière-pensée ni crainte du ridicule, ça va de soi.

samedi, 15 mars 2008

Créationnisme

L'épistémologie c'est la fin de la science, la queue de la comète. Je propose la métaphore suivante afin de mieux comprendre le principe, l'épistémologie qui gouverne la science évolutionniste. C'est comme un inspecteur de police qui serait confronté à un suspect, sur le point d'avouer, lorsque son adjoint introduirait tout à coup dans la salle d'interrogatoire cinq nouveaux suspects, avec des mobiles et des alibis différents. À son commissaire qui l'interroge sur les progrès de l'enquête - vu que les médias exigent des nouvelles fraîches -, cet inspecteur répond : « On avance, chef, rendez-vous compte, on a pas moins de cinq nouveaux suspects ! » Mathématique, n'est-il pas ? Les créationnistes yankis se sont parfaitement insérés dans la lacune de la théorie "néo-darwinienne". Ils sont utilisés comme repoussoir par les évolutionnistes, mais en réalité les hypothèses sont exactement les mêmes. D'ailleurs le créationnisme est illustré depuis des lustres par Spencer, par Bergson, sans que ça choque aucun journaliste. Les créationnistes yankis mettent en lumière la fin de la pseudo-science du plagiaire Darwin et de l'épistémologie impotente de Kant ou de Popper. Voilà ce qui met en rage les néo-darwiniens. Les créationnistes sont aussi indispensables aux évolutionnistes pour exister que les racistes sont utiles aux antiracistes. Ou que la droite libérale à la gauche libérale. On est en présence, non pas d'une dialectique mais d'un raisonnement binaire manichéen. Hegel et Marx n'ont rien à voir avec ces palinodies, avec le scandale qui consiste à désunir la politique, la science et la poésie, pour mieux les anéantir par le raisonnement philosophique. La palme du crétinisme mathématique, je la décerne à l'évolutionniste Stephen Gould, en tête de gondole à la Fnac. Car il n'y a pas de hasard. Du point de vue scientifique, même le fanatisme religieux laïc de l'évolutionniste Richard Dawkins est préférable car, au moins, lui n'est pas détourné de son objectif par une tonne de démagogie niaise. Le fanatisme est un humanisme. Du moins c'est un fait historique que nul prétexte n'a fait plus de victimes que le prétexte de défendre la démocratie ou celui d'instaurer la paix et les droits de l'homme dans le monde entier, de faire respecter le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Un prétexte qui continue de faire des victimes par centaines tous les jours.

mardi, 04 décembre 2007

La Révolution contre L'Evolution

Mon pote H. insiste pour que nous allions visiter la Grande galerie de l'Evolution. Jusque-là j'avais dit non, comme un païen qui hésite sur le seuil d'une cathédrale gothique. Mais mon tempérament d'enquêteur a repris le dessus. Crachons par terre tout de même avant d'entrer.

Je suppose que c'est le buste de Lamarck qui trône au milieu. C'est toujours mieux que celui de Darwin. Lamarck aurait-il approuvé cette mise en scène macabre, ces squelettes d'enfants, ces foetus humains exposés à côté de ceux des singes et des lézards ? J'en doute. Lamarck n'est pas un homme du XIXe, c'est un moderne.

Tout ça est cousu de fil blanc. Même les dinosaures ont l'air truqués. Mélange de reconstitution et de fragments, les gros sabots de Kant, de Darwin, de Nitche. Où sont passés le naturalisme, l'esprit critique, la science de l'Occident ?

*

Lévi-Strauss exprime au nom de l'ethnologie ses réticences vis-à-vis de l'évolutionnisme. Mais il en reste au stade du constat de fait. On ne peut pas demander plus à un libéral.

Les Etats-Unis ont subsisté sur les acquis de la science nationale-socialiste allemande pendant quarante ans. Ils croient qu'avec leurs dollars ils pourront débaucher en Inde, en Asie ou en Russie les meilleurs savants et entretenir l'illusion. Ils se trompent, seuls les médiocres trahiront. La science et l'humanisme authentiques se moquent de l'Argent.

A l'avenir les grandes découvertes scientifiques seront le fait des musulmans ou des orthodoxes. Crétins mélancoliques libéraux qui pensent que l'Histoire s'est arrêtée : Philippe Muray ou Tilinac.

 

 

 

vendredi, 27 juillet 2007

Créationnisme (11)

Ce n'est pas seulement Pascal Sevran que le Niger devrait attaquer en justice en raison de ses préjugés évolutionnistes néo-colonialistes, mais tout le paysage audiovisuel français. L'évolutionnisme est en effet un des dogmes les mieux partagés par les journalistes qui font désormais la pluie et le beau temps en matière de préjugés et d'idée reçues. Malthus, méprisé des contemporains de Flaubert, bientôt les capitalistes lui attribueront un boulevard. Pas plus tard qu'hier, c'est un gugusse, bombardé spécialiste scientifique à Europe 1 (joujou d'Elkabbach, capitaliste pluridéficitaire), qui parle dans sa chronique de notre "proche cousin le singe" d'une voix de ravi de la crèche. Qu'est-ce que ça signifie, "proche cousin" ? Proche par la ressemblance ? Proche moralement ? Proche dans le temps ? Plus proche que le lynx ou le poisson-lune dans le tronc généalogique des évolutionnistes ? On serait dans une émission religieuse, je comprendrais, mais la chronique est censée être scientifique et un scientifique ne pas prendre forcément ses désirs pour des réalités. Le gugusse en question poursuit en détaillant la théorie inepte d'un évolutionniste de Tel Aviv selon laquelle les larmes humaines, provoquées par l'émotion, un de nos "privilèges" par rapport au singe, les larmes ne seraient en fait que le résultat d'une mutation, une adaptation de l'homme à son environnement. Pour expliquer que les larmes constituent un atout dans la compétition entre les individus au sein de l'espèce, l'argument invoqué est tellement foireux et incohérent qu'il m'est impossible de le retranscrire ici de façon cartésienne. En dehors d'un historien, Franck Ferrand, tous les journalistes d'Europe 1, à commencer par le directeur, donnent l'impression d'avoir fait leur éducation dans "Pif-Gadget". Chaque fois que j'écoute Franck Ferrand parler sur Europe 1, j'ai l'impression d'entendre le représentant d'une espèce en voie d'extinction.

jeudi, 12 juillet 2007

Picq de la Roccambole

Dans ma précipitation j’ai oublié, hier, de citer un extrait du sermon évolutionniste du père Picq, qui donne une idée assez exacte de cette religion à la mode. Fustigez l’obscurantisme (catholique ou islamique) aujourd’hui, et vous aurez le droit ensuite de vous vautrer dans l’idéologie pure, brute de poésie qui plus est, sous les applaudissements du public. Chargé de critiquer le bouquin de Picq, Lucy et l’obscurantisme, dans le dernier numéro de la Quinzaine littéraire, le critique Jean-Paul Deléage ne songe pas une seconde faire son boulot simplement et relever les insuffisances et les contradictions du bouquin de Picq. Avec fanatisme, il reprend l’argument de Picq à son compte : « L’évolutionnisme est aussi une science historique. Retraçant l’origine de l’arborescence du vivant profondément enraciné de la passé de la Terre, l’évolution est représentée avec bonheur par la métaphore de l’arbre. Ses racines constituent le passé, ses branches l’avenir (…) » C’est creux comme un sermon post-conciliaire ! Et maintenant, l’envolée lyrique, qui vaut son pesant de… cacahuètes : « Pour les évolutionnistes, par contre, une certitude : il n’y a que co-évolution, car ce sont les communautés écologiques, et non les espèces isolées, qui évoluent [vachement scientifique, le mec]. C’est donc la responsabilité humaine qui s’avère scientifiquement impliquée dans les drames écologiques de notre temps. La mondialisation inclut des femmes et des hommes de différentes cultures ou croyances qui devront, en tout état de cause, construire le monde à venir. Or si aucune culture ne peut prétendre imposer ses valeurs propres à toute autre dans ce processus, force sera cependant de construire un socle commun de valeurs aussi universelles que fondamentales. Ainsi devrons-nous agir pour que continue l’évolution. Cette situation inédite confère un sens profond à la grande idée de laïcité, seule garante de la diversité culturelle dans le désir que survive l’humanité dans une communauté de destin avec la planète Terre et sa biosphère. La laïcité est donc bien le nouvel enjeu de l’évolution : [citant Picq] “L’évolution nous dit d’où nous venons, l’enseignement de l’évolution nous dit comment nous pouvons aller (sic). De Lucy à la laïcité, il n’y a qu’un long récit universel entre notre passé à tous et notre avenir à tous.” » Si j’ai bien compris ça pose un problème MORAL à l’Église évolutionniste démocratique si le singe ou Lucy, devenu homme, évolue ensuite en gros connard barbare au lieu de circuler sur les vélos écolos de Bertrand Delanoë ?? Au point où la théorie évolutionniste est rendue - la métaphore de l’arbre cache une forêt d’énigmes pour les généticiens, les paléontologues, les zoologues -, les évolutionnistes ont colmaté la brèche en invoquant l’opération du saint Hasard pour expliquer les mutations. Le saint Hasard est peu compatible avec le programme écolo-laïc du père Picq, les nazis inspirés par le struggle for life de Malthus et Darwin étaient plus cohérents ; mais ce n’est pas la rigueur scientifique qui étouffe les fidèles de l’Église évolutionniste.

mercredi, 11 juillet 2007

Créationnisme (4)

Parlons un peu de la manière révélatrice dont les évolutionnistes font passer les créationnistes pour une menace grandissante pour la science, et par conséquent pour l’humanité tout entière - car pour ce qui est d’extrapoler les évolutionnistes sont fortiches. La sortie d’un bouquin de Pascal Picq, Lucy et l’obscurantisme, me fournit l’occasion. Pascal Picq est, disons, un vulgarisateur scientifique médiatique à l’audience assez large, quelques millions d’auditeurs. Dans ce bouquin, l’artillerie lourde est de sortie contre les blasphémateurs créationnistes, pêle-mêle les islamistes, les électeurs de George Bush et de Le Pen, en gros tout ce qui inspire des cauchemars au lecteur lambda de Libé, avide comme on sait de progrès, de justice et de liberté. Moi j’entends Picq un peu partout exprimer ses vues ; jusqu’à preuve du contraire je ne suis pas fou. En revanche, je prétends que ceux qui entendent des islamistes prêcher un credo créationniste dans les médias ont “des voix”, et qu’ils feraient bien de se faire ausculter. À commencer par Picq.

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Le “danger créationniste”, ça fait doucement marrer… Alors que les évolutionnistes ont été en mesure d’obliger le pape, en dehors bien sûr de ses fonctions, de son rôle et de sa spécialité habituels, à admettre officiellement que la théorie évolutionniste est une théorie plausible. Un tel geste aurait eu du sens pour protéger un art ou une science menacée, mais nul ne peut prétendre que le darwinisme n’a pas un très large écho, y compris chez les catholiques eux-mêmes, qui l’admettent souvent comme une vérité immanente. Les évolutionnistes ont ainsi remporté une victoire, puisque les médias se sont empressés de traduire la déclaration du pape comme une caution, un peu ringarde, certes, à leurs yeux, mais une caution quand même, fournie à la théorie de Darwin. Un comble de la part d’évolutionnistes qui se réclament de la science, de la logique et d’une certaine forme d’athéisme ! C’est exactement comme si on avait forcé le pape à se convertir à l’esprit du temps. Car il ne s’agit pas vraiment d’un complot évolutionniste, mais plutôt d’une manifestation de la force de l’esprit du temps, des préjugés contemporains, qui n’ont jamais été aussi univoques et indiscutables que depuis que les moyens de propagande moderne, télévision, cinéma, journaux “gratuits”, se sont imposés en Occident, au point de contraindre un pape à légiférer “in nihilo”. Il faudrait être un scientifique bien naïf pour prétendre que l’esprit du temps, les croyances communes, qui forment en définitive une religion nouvelle, n’ont pas une influence déterminante sur la recherche scientifique. Il faut avoir une cervelle bien kantienne pour isoler Copernic, Newton, Darwin ou Poincaré du socle de leurs croyances ou de leurs convictions.

lundi, 16 avril 2007

Un singe au Vatican

Beaucoup de bruit autour de Charles Darwin ces derniers temps à l’intérieur de publications assez sérieuses pour demeurer "confidentielles". Les nombreux bouquins de Stephen J. Gould (1941-2002) - le chaînon manquant pouvait dormir peinard pendant qu'il les écrivait -, continuent de faire débat ; Claude Allègre trouve le temps, en plus de nous prévenir contre les gesticulations de ce grand chimpanzé de Nicolas Hulot, de donner des cours d’histoire et de dégraisser la théorie de Darwin des préjugés que l’Éducation nationale a laissé croître autour négligemment ; et il y a même le pape qui vient de délivrer quelques phrases-clefs sur l’évolutionnisme et la Genèse à l’attention des dernières bigotes qui le lisent - environ cinquante personnes en France, dont votre serviteur. Et je viens de lire dans un mensuel plein d’ambition intitulé Reconquête un long entretien entre le Dr Xavier Dor et Cécile Montmirail - un patronyme plutôt "girond", mais c’est surtout le titre de l’article qui a capturé mon attention : Évolutionnistes contre créationnistes, la fausse opposition. Cette opposition est exploitée par des journaux à scandale comme Le Monde ou Présent ; mais il est si vrai que cette querelle est complètement artificielle, fabriquée, que l'"évolutionniste" S. Gould, dont personne n’oserait nier les titres et les compétences en paléontologie et en zoologie, notamment, accorde du crédit au discours créationniste. Car la conviction que certains mettent parfois à croire au singe est inquiétante ; si on leur dit un jour que nous serions plutôt issus de la moule ou de l'oursin que du bonobo, ne se sentiront-ils pas d'un seul coup orphelins ? Tous les discours raisonnables sont les bienvenus, et certains "créationnistes" sont raisonnables, dit en substance S. Gould ; ajoutons que Gould est très proche dans la démarche épistémologique de Benoît XVI ou de Claude Allègre ; lorsque Claude Allègre explique le danger que le consensus démocratique peut représenter pour le progrès, il se fait l’écho de Baudelaire (pas le Baudelaire au programme du baccalauréat, évidemment), esprit moderne et d’avant-garde s’il en est, honni pour ses jugements sociaux sévères et ses critères intellectuels cinglants.

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Quant au Dr X. Dor, dont il m’est arrivé d’éprouver la grande capacité d’écoute, d’être surpris qu’il ne s’irrite pas de mes boutades quelquefois impertinentes, je trouve son propos à la fois trop scientifique… et trop peu. Un peu "décalé", en fait. Pour synthétiser l’opinion du Dr Dor, il reprend en gros à son compte l’idée développée par Bergson d'évolution consciente ; "la conscience est consubstantielle à la vie" dit l’humaniste Bergson, pour qui la plus petite pâquerette est dotée d’une conscience ; ça paraît idiot comme ça, mais ça ne l’est pas plus que les "animaux-machines" de Descartes, auquel Bergson s’oppose ouvertement ; c’est amusant de le signaler vu que Descartes est un parangon de la raison, dont on a un peu tendance à nous rebattre les oreilles en démocratie. Le Dr Dor n'hésite donc pas de se dire catholique et "évolutionniste". Dans le détail, le premier de ses arguments à l’appui de ce credo, c’est l'"unité du monde vivant" - le fait que tous les êtres vivants ont un point commun, une signature commune, l'ADN. Je ne sais pas si X. Dor le fait exprès, mais cet argument est plutôt un argument "créationniste", car la ressemblance n’implique pas forcément l’évolution, le dynamisme. Dire, en présence d’êtres complexes et d’êtres plus simples qui ont des ressemblances, que les uns descendent des autres, c’est justement ce que les savants s’efforcent de démontrer à partir d’indices qui PARAISSENT significatifs, mais sans être parvenus encore à un taux d’indices suffisant. Il ne faut pas se hâter de conclure, surtout lorsque la réponse n’a pas un caractère urgent. Toute l’ambiguïté de la démarche scientifique, qui échappe au saucissonnage kantien, c’est que le chercheur fait simultanément un raisonnement intuitif complet, à cet égard l’imagination, le goût, l’éducation, le savoir historique sont utiles, et un raisonnement déductif, progressif et qui exige confirmation. Ne sont-ce pas l'évidence et la hâte qui ont entraîné Lamarck à cette erreur que le cou des girafes avait poussé pour leur permettre d’atteindre les feuilles des arbres et de paître plus à leur aise ? Une déduction trop rapide que Darwin n’hésita pas à reprendre à son compte, tant le désir de Darwin d'arriver était grand. L’erreur n’est pas seulement humaine, elle est scientifique, mais il ne faut pas en abuser. Ce n’est pas un hasard si tous ces gobemouches des médias, ces journalistes arrogants et vaniteux, ont emboîté le pas à Nicolas Hulot, comme les gamins de Hamelin se ruèrent à la suite d’un joueur de pipeau, tandis que des têtes un peu plus froides, scientifiques, au contraire, se montrent réfractaires à glisser sur la peau de banane écologiste.
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D’ailleurs, si cela était prouvé, que tous les êtres vivants sont issus successivement d’une même "matrice", en quelque sorte, il faut bien voir qu’il serait alors beaucoup plus difficile de faire un classement chronologique que, par exemple, de classer rétrospectivement dans l'ordre les cinquantes tableaux miraculeusement retrouvés, de la main d’un même peintre décédé sans laisser de testament. Xavier Dor comme Benoît XVI entendent démontrer que le créationnisme et l’évolutionnisme sont deux idées que l’on peut conjuguer fructueusement, ou, si l’on préfère, qui ne se nuisent pas l’une l’autre. C’est un discours d'apaisement. Le Dr Dor est pur, TROP pur ; ce n’est pas la première fois que je me fais cette réflexion à son sujet. En vérité, aucun des grands savants qui collectionnent les indices permettant de prouver un jour quelque chose n’est gêné en quoi que ce soit par le discours "créationniste". Ceux qui accusent les "créationnistes" de manipuler l’opinion ne sont pas de bonne foi. Il n’y a pas QU’UN SEUL discours de propagande, un seul mysticisme, celui des musulmans ou des sectes protestantes yankies - cqfd. Il y a d’autre part et d’abord la propagande de Darwin lui-même, son mysticisme, sa foi aveugle dans le singe. « La religion est l’un des plus grands fléaux du monde, comparable à la variole mais plus difficile à éradiquer. » : ce propos est de Richard Dawkins, un autre grand savant évolutionniste en pointe. Si ça ce n’est pas aussi un discours mystico-religieux, je ne sais pas ce que c’est… Se pencher sur la genèse ne doit pas faire oublier la Chute. Il n’y a plus d’homme qui s’avance avec des intentions complètement pures depuis cet événement. On n’est pas forcé de croire à cette histoire, mais dès lors qu’on y consent, la présomption d’innocence est contrebalancée par la présomption de culpabilité, surtout vis-à-vis des innocents aux mains pleines, des vertueux citoyens, toujours prompts à dénoncer les ténèbres de l’islam ou du Moyen-âge. Mieux encore que de cette vague "raison" dont personne ne peut dire exactement en quoi elle consiste, c’est de méfiance que le chrétien doit s’armer contre la prétendue neutralité laïque, que je n'ai pour ma part jamais rencontrée hors de pompeux traités de droit ou dans la bouche de braves crétins qui en étaient eux-mêmes les victimes inconscientes. Si les chrétiens persistent à tenir des discours de pandas naïfs, ils seront parqués dans des zoos et éliminés lentement mais sûrement par ceux qui les traquent. Je préfère être un chrétien méfiant, libre et sauvage !