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  • Télévision et courte vue

    Vu que Sarkozy est tout le temps dans la télé, il devrait se produire entre sa déroute et la prise de conscience de sa déroute comme un léger différé. Perfectionnement démocratique oblige, les directs se font de plus en plus rares. On se souvient que même Chirac, pourtant un peu plus classique, a continué de parler dans le poste aux Français encore une fois ou deux alors qu'il était déjà "out".

     Philippe Sollers, lui, pense que Sarkozy sera réélu. C'est ça la littérature aujourd'hui, il faut miser sur le bon cheval. Des Philippe Sollers on en croise plein au bord des champs de course en province, l'oeil vif, pétillant.

    Mais l'avis de Sollers sur Sarkozy n'est que l'avis d'un homme de télé sur un autre homme de télé. On peut le prendre à la légère. Que Sollers soit déjà "out" depuis hier, ou pas avant demain, quelle différence ça fait ?

  • Table rase de la télé*

    *En remplacement de la chronique de Patrick Besson, trop occupé à cirer les pompes de BHL.

    "Flash back" sur Danielle Mitterrand, l’Antigone du Parti Socialiste : je comprends mieux François Mitterrand. Danielle est laide mais elle est jeune. Comme dit le poète romantique Hogarth : « La beauté, c’est la vie. » Une beauté que le cinéma et la télé sont à peu près incapables de rendre. Le cinéma c’est la mort. Dans le meilleur des cas une danse macabre : Charlie Chaplin.

    Mais je m’égare. Danielle Mitterrand remonte aux temps héroïques. Je l’imagine en cotte de mailles, escortée de quelque vengeur masqué, faisant pendre haut et court les traîtres du parti socialiste par charettes entières.

    Il y a deux façons de voir François Mitterrand. Comme celui qui a ouvert la boîte de Pandore et déchaîné les baveux, la presse, cet organe qui charrie la merde comme une canalisation d’égout. Ce point de vue est un peu anachronique vu que Giscard avait déjà ouvert largement les vannes de la modernité version gadget libéral.


    Ou alors on peut voir Mitterrand comme un homme seul, impuissant à faire la révolution antilibérale. C’est pas les imbéciles et les traîtres qui ont manqué dans son entourage. Pour les imbéciles il y a Mauroy, Rocard, Dumas, la liste est longue. Pour les traîtres il y a Jacques Attali, évidemment, mais aussi Lionel Jospin. On peut être un imbécile ET un traître. Lent suicide de cet homme couvert de femmes après son échec.

  • Radio libre

    Sur “Europe 1”, surnommée “Radio-Sarko n°1”, on ne compte plus les décérébrés, Jean-Pierre Elkabbach en tête, vieux et moins vieux valets du système pub+blablabla ensuite : Jean-Luc Morandini, Pierre-Louis Batz, Julie Leclerc, Karen Chéryl, Philippe Tesson. Moi je dis qu’au “Figaro”, ils peuvent presque être jaloux de l'équipe de "Radio-Sarko n°1".

    Évidemment la boutique ne serait pas complète sans une chronique “politiquement incorrecte”, d’un certain Frédéric Bonnot, qui fait une sorte de revue de presse vaguement antisarkozyste, assez pour abuser les crétins "de gauche" qui écoutent encore cette station.

  • Slogan marxiste

    "SARKOZY, T'ES FOUTU, LA REALITE EST DANS LA RUE !"

  • Reader indigest

    Pas une ligne sur les mille pages que compte ce catalogue aux éditions Quadrige, pas une ligne consacrée à Simone Weil ! Même Simone Weil, ce cuistre a dû la trouver trop révolutionnaire…

    Socialiste, parti, France, etat, politique, nicolas sarkozy, pouvoir, marine le pen, europe, etat, chine, etats-unis, communiste, pouvoir, ministre, finance, ump, attac, philippe de villiers, grande-bretagne

  • L'œil du cyclone

    « Ainsi c’est donc ça, Raymond Aron ! je me dis en parcourant en diagonale une grosse compilation - Les sociétés modernes -, non pas la sagesse et la modération qu'on prétend, mais plutôt une sorte de bouddha, un gros néant… »

    Je m’y attendais un peu, mais pas à ce point. Les sociétés modernes, il y a tout l’ennui de l’université contemporaine dans ce machin-là, ses fausses leçons, ses fausses grèves, ses fausses révolutions. Rabelais est mort, Céline hante les charniers de la démocratie.

    « Essayons tout de même de trouver un point d’appui là-dedans. », je conclus, pragmatique. Marx a prouvé qu’on peut partir d’une philosophie décadente, celle de Feuerbach, pour retrouver l’esprit de l’Occident : foi et raison. Même preuve par Bloy, Péguy.

    *

    Raymond Aron se veut centriste. Le centrisme, c’est aussi la posture de Sarkozy. Le centre de Sarkozy, en réalité, c’est l’œil du cyclone médiatique, ce tourbillon qui l’engloutira.

    Comme Sarkozy est le représentant de commerce de la France, Aron est le représentant de commerce de la philosophie, avec son catalogue sous le bras.
    Pourquoi Aron préfère-t-il l’aveuglement de Tocqueville à la lucidité de Marx ? Ou Durkheim et Weber, leurs petites définitions de sociologues impuissants ? Mieux que ça, cette outre d’Aron se goure au point de faire de Thorstein Veblen (!) un esprit plus fort que Marx.
    En tant que centriste, forcément, Aron s’efforce d’entretenir le mythe libéral de la “gauche” et de la “droite”. Sans lui, le centre s’évanouit. Au plan idéologique on peut réduire l'idéal libéral au vieux manichéisme. On retrouve celui-ci dans tous les dogmes libéraux : l’évolutionnisme, le racisme, l’antiracisme, l’égalitarisme, le féminisme, etc. Bernard-Henri Lévy se cache derrière les nazis comme Hitler se cachait derrière les juifs.

    *

    Pourquoi Aron se trompe systématiquement ? Parce que Weber et Veblen ne sont pas révolutionnaires, contrairement à Marx, voilà le mobile d’Aron. Un jugement de classe ; faire passer pour universel un jugement de classe. C’est le contraire de la politique.

    Décidément Aron a tout pour plaire aux bobos. Une parodie de philosophe pour une parodie de bourgeoisie.

  • Progrès et Néant

    Devant un haut-relief sculpté du XVIIe siècle, une allégorie de la Charité allaitant deux enfants dodus et distribuant des fruits à deux autres, un groupe de lycéens venus se cultiver en masse sous la houlette d'un professeur super patient. Séquence devinette : «S'rait pas la mère de Jésus, des fois, M'dame ?», lance le plus éveillé. Vu qu'il "brûle", la prof le laisse deviner encore un peu.

    On voit que les vains efforts du journaliste Jacques Duquesne pour démontrer que Jésus faisait partie d'une famille nombreuse recomposée n'ont pas été si vains. Je ne suis pas sûr que la méthode historico-critique de Benoît XVI fasse le poids face à Jacques Duquesne et à ses réclames dans le "Figaro".

    Ces gamins issus de l'Education nationale, tout ce qui est cohérent dans l'art, tel un relief sculpté du XVIIe siècle, ils l'assimilent comme par réflexe à Jésus ou à l'Evangile. Enlevez la science, il reste l'instinct. Voilà pour l'œuvre moderne de l'école républicaine.

     

  • Table rase de la télé

    Le psychanalyste Gérard Miller qui dénonce les astrologues et l'astrologie comme une imposture scientifique, c'est l'hôpital qui se moque de la charité !

    *

    Le polygraphe Philippe Sollers défend l'enseignement de la littérature à l'université. Très bien tant que ce n'est pas la littérature de Philippe Sollers.

    *

    Même Jean-François Kahn et son frère Axel jugent qu'il y a quelque chose de pourri dans la République française. Même eux... Sarkozy est en quelque sorte la goutte qui fait déborder le vase d'aisance bourgeois. Mais il ne faut pas demander à des libéraux de gauche comme les frères Kahn autre chose qu'un simple constat de fait.

    *

    Danielle Mitterrand et Eric Zemmour s'entendent pour condamner le capitalisme et le néo-colonialisme yanki. Mais pour l'instant ils n'envisagent pas de démissionner du PS ni du "Figaro". C'est ce qu'on appelle une stratégie collaborationniste.

    Danielle prétend qu'avec l'ouverture des archives, on va découvrir que son François était un grand résistant et que sa francisque n'était en fait qu'une couverture. Cocufiez votre femme : ou elle vous quitte avec une pension, ou elle vous voue un amour aveugle et éternel.

    *

    Benoît Julliard, président de l'UNEF, contre Valérie Pécresse, ministresse : match de nuls 0-0.

     

  • Le Libéralisme pour les Nuls

    - DROITS DE L'HOMME : S'en souvenir entre la poire et le fromage dans un dîner d'affaires. Les oublier ne serait pas pragmatique. Nommer un ministre pense-bête.

    - VILLIERS-LE-BEL : Décalage croissant entre la toponymie et le Progrès et l'Evolution. Nommer une commission pour effectuer une mise en conformité.

    - FACHISTE : Le voisin d'en-face. S'il y avait moins de fachistes, ça irait mieux.

  • L'Essence de la démocratie-chrétienne (II)

    “L’essence de la démocratie”, “L’essence de la pensée démocrate-chrétienne”, c'est une allusion à Feuerbach, quand même moins nul que Kant ou Nitche.

    Il faut signaler la médiocrité des exégètes marxistes français ici. On ne peut pas affirmer que Marx emprunte à l’athéisme de Feuerbach sans remarquer également l’opposition presque radicale de leurs modes de raisonnement. Marx est un antiphilosophe qui rejette le raisonnement dit “ontologique” de Feuerbach, c’est-à-dire un raisonnement spéculatif et antihistorique, antipolitique. Nul n’incarne mieux que Marx le retour à la raison grecque, à ses principes écartés par la bourgeoisie et par les barbares yankis.
    Feuerbach, n'est qu'un philosophe aimant les sophismes.
    On a tort de croire que Marx a exercé une influence sur la société française, à l'exception de quelques historiens subtils. Les élites en France sont républicaines ou démocrates-chrétiennes, tournées vers le passé, attachées à de vieilles lunes, et par conséquent imperméables à la modernité de Marx. On confond Marx avec Trotski, alors que celui-ci n'est qu'un opportuniste, comme ses disciples français, Lionel Jospin en tête. Quel rapport entre le jargon idéologique de Lionel Jospin et Marx ? Encore faut-il reconnaître à Trotski et à Lénine le mérite d'avoir importé en Russie la pensée occidentale de Marx.
    Le marxisme chez nous a largement été étouffé par les palinodies de Sartre, prophète de l’égotisme bourgeois, les mièvreries de Debord ou de Baudrillard, qui plaisent tant aux bobos. Sous prétexte d’actualiser Marx, on n'a fait que le désamorcer.
    En revanche, oui, les sophismes de Feuerbach imprègnent largement les dogmes démocratiques en vigueur. On peut d’ailleurs dire de Feuerbach qu’il est le trait d’union entre la pensée démocrate-chrétienne et le paganisme. Un démocrate-chrétien qui lirait L’essence du christianisme plutôt que Harry Potter ou Johnatan Littell, il se verrait dedans comme dans un miroir.

    *

    Quelle est la théorie de Feuerbach ? De façon systématique (et assez fastidieuse), Feuerbach s’applique à “retourner la chaussette” ; ce n’est pas Dieu qui a créé l’homme à son image, mais l’homme qui a créé Dieu à son image.
    L’erreur de Feuerbach est assez criante et elle a certainement frappé Marx et Engels, dont l’enthousiasme pour Feuerbach fut passager. C’est typiquement une erreur de puritain et d’iconoclaste protestant. D’ailleurs l’idéologie, en général, n’est-elle pas une forme de puritanisme, un dégoût des choses matérielles et de la peinture dont la société de consommation et le cinéma sont l’aboutissement logique ? Il n’y a pas de paradoxe dans cette société yankie puritaine dont l’économie repose de plus en plus sur l’escroquerie, l’abus de confiance et la prostitution.

    *

    Feuerbach, qui prend pour référence non pas la religion catholique mais le protestantisme, plus authentique selon lui (plus pur, croit-il), et une partie de la théologie chrétienne, confond religion et théologie. Pourquoi ? Parce que c’est lui-même un théologien, un athéologien si on veut. La théologie est l’opium des intellectuels, voilà en réalité la démonstration involontaire de Feuerbach.
    Il croit démontrer que l’homme a inventé Dieu à son image alors qu’il prouve, ce n’est pas faux et c’est ce que Marx a retenu, que la théologie n’est qu’anthropologie. On n’est pas loin de ma démonstration que la pensée démocrate-chrétienne tend à n’être qu’un paganisme ordinaire.

    Ce que Marx a emprunté à Feuerbach, c’est seulement la volonté de gratter les sépulcres blanchis de la bourgeoisie, de s’intéresser aux mobiles. La condamnation du régime birman pour mieux "dealer" avec la Chine : immondes capitalistes !

    Mais Marx creuse beaucoup plus profond. Alors que les interprètes français de Marx, dans leur grande majorité, Althusser, Balibar, etc., ont fait de Marx un philosophe ordinaire, comme Feuerbach.

  • L'essence de la démocratie-chrétienne (I)

    La pensée démocrate-chrétienne participe du paganisme actuel. Pas besoin d’être grand clerc pour voir que tout l’effort de la démocratie-chrétienne a consisté à élaguer le catholicisme pour le faire entrer dans le moule du libéralisme.

    Comparons la France aux Etats-Unis : dix pour cent de croyants d’un côté, quatre-vingt dix-neuf de l’autre. Mais opposer radicalement ces deux nations n’aurait pas de sens. Français et Yankis, majoritairement, ont désormais des croyances, des principes communs.
    Le niveau de la pratique religieuse aux Etats-Unis dissimule un relativisme au moins aussi fort qu’en Europe, une absence d'esprit scientifique de plus en plus flagrante.
    François Mitterrand a pu dire en privé : “L’Amérique, voilà l’ennemi !”, mais Mitterrand était un Français de souche, élevé dans le catholicisme, puis proche des idées de Maurras, gagné enfin par des idées socialo-marxistes, son cas reste exceptionnel (un "itinéraire" proche de celui de Drieu La Rochelle).

    *

    La pensée démocrate-chrétienne a emprunté la voie du relativisme pour trahir le catholicisme. C’est très net dans le cas de politiciens comme François Bayrou, Jean-Pierre Raffarin, Xavier Darcos, Pierre Méhaignerie, Pascal Clément, etc. : au catholicisme, méthode concrète, a été substitué un double langage sur le modèle du byzantinisme kantien.
    Tel le fameux épisode de l’Evangile où les Pharisiens tendent un piège à Jésus, lui demandant s’il faut ou non payer l’impôt à César ? « Rendez à Dieu ce qui est à Dieu et à César ce qui est à César ».
    Les démocrates-chrétiens se sont appliqués dans leur catéchèse à trahir le sens de l’Evangile. Ils lui ont fait dire l’inverse. En deux temps ; d’abord en bâtissant une idéologie peu catholique (et peu marxiste) selon laquelle il serait possible de scinder le plan politique et le plan religieux.
    Ensuite ils ont prétendu que Jésus, par ces mots, ordonne de payer l'impôt et d’obéir à César. En définitive, la doctrine des démocrates-chrétiens, c’est que César prime sur Dieu, le pharisaïsme sur l’Evangile. Et ils se conforment à cette doctrine.
    Alors que Jésus indique au contraire dans ses paroles la supériorité du royaume de son Père.
    Si Benoît XVI entend sincèrement restaurer la raison et l’esprit scientifique, il doit avant tout s’attaquer au double langage démocratique.
    Invoquer les racines gréco-romaines de l’Occident est largement insuffisant. C’est une abstraction de plus. Même les penseurs décadents Nitche ou Heidegger se réclament des Grecs et des Romains !
    Benoît XVI ne doit pas craindre de trancher, de séparer le bon grain de l’ivraie, la pensée profondément occidentale et moderne de Hegel, Baudelaire, Marx, Péguy, Bloy, Claudel, d’un côté, et la pensée barbare de Kant, Nitche, Heidegger, Freud, de l’autre. Sinon autant pisser dans un violon.

  • L'Essence de la Démocratie

    Pour un catholique marxiste, il n’y a pas véritablement d’athées, il est plus conforme à la réalité de parler de “paganisme”.
    La démocratie a toutes les caractéristiques d’une religion d’Etat, ce qui explique d’ailleurs le zèle des démocrates à condamner le catholicisme, l’islam, la scientologie, voire le communisme, bref tout ce qui paraît représenter une menace ou une concurrence pour les dogmes démocratiques et libéraux.

    Au plan juridique, les démocraties sont des théocraties, au même titre que les Etats musulmans ou que le Royaume-Uni, si ce n’est plus. Evidemment pour un marxiste l’idée abstraite de “théocratie” n’a pas beaucoup de sens. C’est un gadget des libéraux pour donner un air supérieur, émancipé, au régime bourgeois. Franchement est-ce que Robert Redeker, BHL, Finkielkraut, Michel Onfray, Luc Ferry, ont des gueules d’émancipés ? Ils ont plutôt l’air constipés et foireux. Les petits systèmes de pensée de ces Spinoza de poche ne passeront pas le quart de siècle. Ils le sentent et c’est ça qui les rend bilieux.

    Disons que l’athéisme en tant que tel fut seulement il y a quelques lustres le fait d’une toute petite minorité de philosophes indépendants comme Feuerbach, Nitche, Maurras, Sartre… Leurs théories leur servaient de chapelles personnelles. Ils sont en quelque sorte au paganisme contemporain ce que les chanoines sont au catholicisme.

  • Table rase de la télé d'Etat

    La télévision publique de M. Patrick de Carolis du Figaro propose un nouveau reportage sur "Le Pen tortionnaire en Algérie", désormais un grand classique du cinéma d'horreur qui va encore faire frissonner dans les chaumières bobos.

    De la part de Patrick de Carolis, qui doit sa carrière à un fabricant d'avions de chasse, Serge Dassault, c'est bien généreux de se soucier du sort des victimes de la guerre. Il est vrai que dans la guerre moderne on ne torture plus, du moins pas officiellement, on se contente de frappes chirurgicales griffées Lagardère ou Dassault. Et l'ONU ne se bat pas, elle est là pour rendre service, demandez aux Hutus et aux Tutsis.

    *

    C'est plutôt un bon signe pour Le Pen, cette émission. Il n'est pas question de l'enterrer. Au contraire ; l'UMP - via Carolis -, craindrait un regain de popularité du FN suite à la déconfiture de la grande réforme américaine sur un air de Johnny Halliday de Sarko. & co. qu'elle ne s'y prendrait pas autrement.

    Étant donné l'aptitude des journalistes de la télé publique à truquer l'histoire et à la présenter sous un jour manichéen, on peut s'attendre à ce qu'ils expliquent comment l'armée française a pratiqué la torture en Algérie… sans que De Gaulle soit tenu au courant.

  • De Goebbels à Sarkozy

    Comparer Sarkozy aux nazis, à Hitler, peut paraître exagéré. Le fait est que les circonstances historiques sont très différentes. Hitler se situe plus près de l’apogée du capitalisme, Sarkozy, lui, est plus près de sa décomposition.
    Reste que ma comparaison n’est pas plus absurde que celle que les médias ont osée entre Sarkozy et Napoléon. Entre l’empereur et le führer, les points communs sont d’ailleurs nombreux. La principale différence, c’est que Napoléon est censé incarner la France, ce qui conduit l’Education nationale où règne le chauvinisme, le nationalisme le plus étriqué, à opposer deux figures historiques pourtant proches, qui ont modifié nettement leurs nations avant de les conduire à la catastrophe en passant par des victoires éclatantes.

    *

    Le goût prononcé des Français pour les gendarmes, pour l’uniforme, “Le prêtre, le poète ET le soldat” dit encore Baudelaire au XIXe, ce goût les Allemands en ont sans doute hérité de Napoléon et des Français. Indiscutablement, au XVIIIe, et jusqu’au début du XIXe siècle, la France a exercé une forte influence sur l’Allemagne, la Prusse notamment. Aujourd’hui encore, l’ouvrage de Mme de Staël, De l’Allemagne, est célèbre dans les milieux intellectuels allemands malgré la faiblesse de son argument.
    Ce qui a probablement séduit une partie des artistes et des intellectuels français les plus brillants dans l’Allemagne hitlérienne, de Céline à Brasillach en passant par Drieu La Rochelle, c’est l’effet de miroir. Ça n’a pas duré, car comme le reconnaît vite Drieu avec dépit, Hitler n’est qu’un bourgeois comme les autres. Le seul point commun idéologique entre Drieu, qui a touché un peu à tout, et les nazis, c’est le paganisme bouddhiste - Nitche, pour simplifier. Mais quel bourgeois ne s’entiche pas, à un moment ou à un autre, de Nitche ? Drieu est d’ailleurs assez lucide pour reconnaître que ce qui lui plaît le plus dans le bouddhisme, c’est sa nouveauté (cinquante ans plus tard Houellebecq fait figure d’attardé sur ce plan comme sur beaucoup d’autres).

    *

    Une observation parallèle : de Barbey à Drieu la Rochelle et Céline, en passant par Baudelaire, Bloy, Marx, ce qui fait leur force c’est que ce sont, à des degrés divers, des marginaux. Voltaire et Diderot n’en étaient pas. Et Rousseau l’était moins, guère indépendant. Qu’est-ce que ça change ? C’est ce qui leur donne un point de vue plus élevé, ils ne défendent pas instinctivement les intérêts de leur classe sociale ni même d’une quelconque catégorie. Les insultes lancées par Céline à toutes les institutions et à tous les lobbys influents de son époque ont cette signification. L’accusation d’antisémitisme dirigée contre Céline est le fait d’un bourgeois, d’un social-traître comme Sartre, ou d’un imbécile comme Siné, anar pour rire.
    Mais ces écrivains ne sont pas pour autant “antisociaux” ; de leur point de vue, c’est la bourgeoisie et ses institutions nouvelles qui sont antisociales.

    *

    Au plan idéologique on peut isoler un tronc de dogmes, de valeurs, de références communs aux libéraux de gauche, de droite, aux démocrates, aux nazis, même aux démocrates-chrétiens. Entre ces “partis”, il n’y a pas de frontières étanches. On a affaire en réalité à un vaste grenier (beaucoup de ces idées prétendument modernes remontent en réalité à plusieurs siècles av. J.-C.) où moisit tout un attirail idéologique dans lequel le régime capitaliste dit “démocratique” puise des slogans.
    Dans ce tronc on retrouve notamment l’évolutionnisme, une certaine forme d’anthropologie abstraite, le credo capitaliste selon lequel le capitalisme serait le meilleur des systèmes possibles (credo qui évoque fortement Pangloss), un certain positivisme scientifique, c’est-à-dire l’assimilation du progrès à la science et de la science à la technologie, l’égalitarisme et sa branche féministe, en pleine efflorescence, et l’athéisme, ou, pour être plus précis, une certaine forme de paganisme. Voilà pour les valeurs communes de la bourgoisie au pouvoir en Occident, transmises à 99 % des Occidentaux, étant donné la force des moyens de propagande dont la bourgeoisie au pouvoir dispose. On peut citer comme “docteurs” de cette Église : Nitche, Sartre, Heidegger, Darwin, Tocqueville, Malthus, Kant, Freud… à verser au contraire aux fossés de l’histoire pour un catholique marxiste.

    *

    On objectera l’antiracisme de Sarkozy, opposé au racisme d’Hitler. Il n’est pourtant pas difficile de voir qu’on a affaire là à deux conceptions assez idiotes et restrictives, toutes deux “antisociales”. La base de l’antiracisme, c’est le racisme. Il ne suffit pas de renverser une idée idiote pour faire une idée féconde. D’ailleurs, que reste-t-il de ces “philosophies”, au sens contemporain du terme, lorsqu’on les confronte à la réalité ? Hitler n’a pas hésité à mettre au service de sa politique des races non-aryennes. Quant à l’antiracisme, il n’empêche pas les bobos qui y adhèrent de vivre à l’écart des noirs.
    Les Etats-Unis, la plus grande nation antiraciste, est d’ailleurs fondée sur l’esclavage. L’esclavage des nègres dans les champs de coton, relayé par l’esclavage des immigrants dans l’industrie. Qu’est-ce que signifie une "économie tournée à 75 % vers les services" si ce n’est que 75 % de la production est assurée par des esclaves en Asie ? Toute la politique de “quotas de races” menée aux Etats-Unis n’a qu’un but, dissimuler l’écart criant entre les discours démocratiques et la réalité capitaliste. En Afrique du Sud ils ont élu Nelson Mandela, c’est le même genre de stratégie de communication.

    (Il me reste à démontrer que l’idéal démocrate-chrétien n’est pas très différent du paganisme pour compléter mon raisonnement. Mais ceci est une autre histoire.)

  • Doublon

    Comme si Jean-François Kahn c’était pas déjà un peu trop, avec son style “catcheur”, ses accroches et ses canards navrants, il faut maintenant en plus se farcir son frangin, Axel, à peine moins racoleur. On ne peut pas perdre de vue que ces deux-là sont installés confortablement au cœur du système qu’ils égratignent.
    Si les politiciens ont une responsabilité dans le politiquement correct actuel, alors que dire des médias qui le cultivent, le peaufinent quotidiennement ?
    Si les politiciens ont une responsabilité dans l’eugénisme actuel, alors que dire du corps médical qui reste muet sur les pratiques douteuses auxquelles il est confronté tous les jours ? On n’entend parler que du bénin Pelloux de “Charlie-Hebdo” qui ventile des banalités.

    *

    Avec tout ça, malgré la faiblesse de leurs positions, nos deux Kahn n’ont pas de mal à enfoncer les défenses des “sarkozélotes”, plus ridicules les uns que les autres. Après Jacques Attali, Jacques Marseille - pour qui l’histoire se résume à “Vive Napoléon et Degaulle !” et à quelques statistiques écomiques plus ou moins significatives -, voici venus en renfort Jean Montaldo et Michel-Edouard Leclerc.

    Je passais étant gamin une partie de mes vacances d’été en Bretagne et le père de Michel-Edouard est sans doute le premier capitaliste démocrate-chrétien que j’ai détesté spontanément. L’horreur des hypermarchés Leclerc, ces alignements de bouffe infâme éclairés au néon, la tristesse des poulets gélatineux élevés en batterie, a-t-on jamais inventé un système moins poétique ? Et tout ça au nom de principes hypocrites comme les démocrates-chrétiens savent inventer, pour permettre aux pauvres de bouffer de la viande ; idem pour les caissières en uniformes ridicules soudées à leurs caisses six jours sur sept au nom du féminisme ou de je ne sais quelle autre imbécillité démocratique.

  • Valeurs actuelles

    Les partisans de Sarkozy invoquent sa “légitimité démocratique” pour exiger que cesse la grève. Ils feraient bien plutôt de réclamer des tickets spéciaux pour circuler, comme ceux dont étaient munis les supporters de foot qui ont remplis le stade de Saint-Denis samedi dernier comme un jour de circulation normale pour applaudir la morne pièce qui s’y jouait, un match diplomatique entre l’équipe du Maroc et l’équipe de France B.

    *

    La “légitimité démocratique”, ce truc est bon pour les collégiens en cours d’éducation civique. Et encore, les banlieusards ça doit les faire ricaner, eux qui sont affranchis sur les “principes” du système dès le plus jeune âge.
    Sarkozy a été élu avant tout par des vieillards sur le slogan : « Travailler plus pour gagner plus. » Légitimité tu parles.
    On comprend que les cheminots de la SNCF se moquent bien de ces petits vieux et de leur vote sacré ; par le froid qu’il fait, c'est tout juste si elles se risquent dehors, les têtes chenues, alors question de botter les fesses aux cheminots, faut pas trop compter sur eux.
    Légitimité démocratique mon cul. Les bourgeois libéraux et leurs “valeurs actuelles” me donnent la nausée. Il n’y a pas de “légitimité” immanente, il n’y a que des rapports de force, "a fortiori" dans le système capitaliste.

    *

    Mettez-vous à la place de la poignée d’étudiants gauchistes bretons qui occupe le devant de l’amphi. À eux seuls ils ont défrisé naguère le panache du ministre Villepin en moins de temps qu'il n'en faut pour convoquer une AG de fumistes. L’“homme de commando” de Chirac a été obligé de se replier dare-dare avec toute sa panoplie napoléonienne.
    Pourquoi cette même poignée d’étudiants se priverait-elle de faire subir la même Bérézina-express à Fillon, voire à Sarko tant qu’à faire ? Le pouvoir, quand on y a goûté, il paraît qu’on ne s’en lasse pas.
    J’ai tendance à mettre libéraux de droite et libéraux de gauche dans le même panier de crabes, mais s’il fallait établir une hiérarchie je dirais que les libéraux de gauche sont quand même un peu moins cons. Dans le fond ils prennent moins la démocratie au sérieux que leurs homologues de droite, sans doute parce qu'ils savent qu'ils l'ont inventée de toutes pièces.

    En définitive, ceux qui ont le plus intérêt à un accord et à un redémarrage des trains, après avoir montré leur force, ce sont les dirigeants des centrales syndicales, Bernard Thibault en tête, qui a le cul entre deux chaises. Le problème c'est que la compromission avec le système est de plus en plus visible, y compris des syndicalistes de base, qui rechignent à obéir aux votes truqués et en organisent d'autres dans l'autre sens.
    Le syndicalisme "à l'allemande" dont Thibault, Sarko et le patronnat rêvent, comme Perrette de son pot-au-lait, n'est pas pour demain.

  • L'honneur du vieillard

    En vingt ans de spectacles divers et variés, je n'ai recueilli si ma mémoire est bonne qu'une seule réaction de bon sens. À la sortie d'une pièce d'Anouilh, Becket ou l'Honneur de Dieu, un vieillard à sa petite-fille qui le soutenait : « C'était très mauvais, surtout cet acteur, là, Giraudeau, il déployait des efforts ridicules. » ; celà après une "standing ovation" et trois ou quatre "rappels" de la foule enthousiaste.

    Il faut dire que, comme le laisse deviner le titre de la pièce, le théâtre d'Anouilh est médiocre et les acteurs avaient peu de chance de sauver le morceau.

  • Sur la pente

    De Sarkozy, bientôt, on dira peut-être : « Il faisait pourtant un bon maire de Neuilly ! »

    Mon antipathie vis-à-vis de Sarkozy est proportionnelle à la confiance qu’ont placée en lui les démocrates-chrétiens de tous poils et autres experts-comptables patentés.
    Cette quasi-unanimité du patronnat français, aussi, de Bolloré à Pinault en passant par Arnault, Dassault, Lagardère, Bouygues, Michelin, etc., est inquiétante. Car que vaut cette élite ? Sur le plan intellectuel, le “Figaro” est un bon indicateur : la théologie de Jean d’Ormesson, la critique littéraire de Philippe Tesson et la politique d’Eric Zemmour, voilà pour les sommets. Sur le plan moral, Pinault et Arnault donnent le “la” en collectionnant les boîtes de sardines "customisées" et "millésimées", et en inaugurant des fondations pour entreposer leurs trésors de bêtise.

    *

    Il faut replacer les choses dans le contexte historique. Dès le début, avec plus ou moins de franchise, les artistes ont détesté le régime démocratique et bourgeois, Baudelaire et Delacroix en tête. Mais cette bourgeoisie était encore capable de singer l’aristocratie dans son comportement et ses goûts. Moins d’un siècle plus tard, le désespoir de Drieu La Rochelle est complet.

    Petit extrait de L’Œuvre de Zola, une description de la réaction de la foule devant la peinture nouvelle exhibée au Salon :
    « Dès la porte, il voyait se fendre les mâchoires des visiteurs, se rapetisser les yeux, s’élargir le visage ; et c’étaient des souffles tempétueux d’hommes gras, des grincements rouillés d’hommes maigres, dominés par les petites flûtes aiguës des femmes. En face, contre la cimaise, des jeunes gens se renversaient, comme si on leur avait chatouillé les côtes. (…) Le bruit de ce tableau si drôle devait se répandre, on se ruait des quatre coins du Salon, des bandes arrivaient, se poussaient, voulaient en être.
    (…) Ceux qui ne riaient pas, entraient en fureur : ce bleuissement, cette notation nouvelle de la lumière, semblaient une insulte. Est-ce qu’on laisserait outrager l’art ? De vieux messieurs brandissaient des cannes. Un personnage grave s’en allait, vexé, en déclarant à sa femme qu’il n’aimait pas les mauvaises plaisanteries. »


    L’hypocrisie de Zola, qui raille ici les bourgeois, est connue. En effet il a fourni sans scrupule à la bourgeoisie brutale une caution sans réserve, faisant l’éloge du travail quand les mineurs crevaient dans les puits, s’acharnant contre les derniers restes de l’Eglise et de l’armée, qui auraient pu faire trébucher ses commanditaires.

    Mais ce n’est pas le point où je voulais en venir. On est plutôt frappé dans cette description par la capacité à réagir des bourgeois, quelle que soit cette réaction. Ils seraient même capables de distinguer, selon Zola, différentes façons de "noter la lumière" !? Que l’on compare cette réaction à celle du bourgeois contemporain. Visitant un musée, siégeant à l’opéra ou au théâtre, il applaudira sur commande, quel que soit son rang. Qui aurait l’idée de faire un scandale au musée Pompidou, au milieu des fétiches en plastique, serait immanquablement dénoncé aux flics dans la minute qui suit.
    La bêtise du public est telle qu’elle a même ébranlé dans ses convictions modernistes mon pote Henri des Etats-Unis, pourtant élevé dans la propagande yankie, lorsque je l’obligeai, pour son édification, à suivre un groupe de badauds et leur guide, au Pompidou. Même les employés aux guichets y sont frappés d’une stupidité particulière que les caissières de supermarché n’ont pas, comme s’ils se prenaient pour les gardiens du Temple.

  • Table rase de la télé

    C'est toujours au moment de partager le magot qu'on voit le vrai visage des gangsters.

    "- Salauds de patrons libéraux, profiteurs !

    - Bande de syndicalistes irresponsables, khmers rouges  !"

    Mêmes visages écoeurants à gauche comme à droite, franchement il est difficile de dire si la vulgarité de Valérie Pécresse ou de Xavier Bertrand excèdent celle de Bernard Thibaut, ou si c'est l'inverse ? Je zappe aussi vite que je peux pour éviter ces visages mous et autoritaires à la fois. Je tombe sur Catherine Robbe-Grillet, égérie d'un autre académicien décadent (pas Jean d'Ormesson cette fois). C'est une sorte de mamie Nova du sado-masochisme, lancée dans des explications techniques : ennui mortel ! Elle dicterait sa recette de confiture de myrtilles, ça serait plus excitant. Seul cet acteur débile, François Berléand, sur le plateau, semble intéressé.

    *

     Le succès de Sade et du sadisme dans la France compassée des Droits de l'Homme peut paraître étonnant. En réalité, ça ne l'est que pour ceux qui ne connaissent pas Sade. Albert t'Serstevens fournit, lui, l'explication :

    "(...) A bien examiner l'affaire d'Arcueil, celle de Marseille et celle de La Coste, les seules applications réelles des principes du fameux marquis, on découvre qu'il ne s'offrait que des débauches de petit bourgeois, prostituées de bas-étage, boniches, laquais, le tout en catimini, dans des rues dérobées ou dans une retraite campagnarde (ce qui l'a d'ailleurs perdu) ; et pour finir, à petite dépense, car il a encore plus tiré le diable par la queue que le diable n'a tiré la sienne.

    Quelle autre allure ont dans la corruption le prince de Conti et tant d'autres dont les inspecteurs de M. de Sartine nous révèlent les perversions sexuelles, y compris la fustigation ! C'était priapisme de grands seigneurs, avec des femmes en vue ou même de qualité, un étalage au grand jour, qui bravait la réprobation de toute la noblesse et du roi lui même. Si les thuriféraires du triste Sade avaient impérieusement besoin d'une idole, que n'ont-ils choisis le maréchal Gilles de Rays, seigneur de Laval, qui, après avoir violé, torturé et décapité une centaine d'enfants, garçons et filles, mourut, la corde au cou (...).

    Rien de plus minable que l'affaire d'Arcueil. Ce glorieux marquis ramasse dans Paris une mendiante qui n'est ni jeune ni jolie, promet un mince salaire à sa complaisance, l'emmène en fiacre dans sa villa de banlieue, la fait se dépouiller de ses guenilles, la fouette et la scarifie sans conviction, et lui propose une indemnité pour acheter son silence. Ce sont là plaisirs de petit rentier, sans goût, sans raffinement, sans générosité. C'est l'économie dans la dépravation la plus banale.

    Car je n'ai pas besoin de le dire, ce prétendu novateur n'a rien inventé. La déformation sexuelle à laquelle il a donné son nom est vieille comme l'histoire et peut-être la préhistoire, à l'égal de la sodomie et du tribadisme. Tout ce qu'il érige en système est déjà dans Brantôme, dans Saint-Simon et dans Tallemant des Réaux. Il est seulement le premier à avoir délayé à l'infini ce sujet scabreux, à l'avoir poussé jusqu'au paroxysme, à avoir fait une théorie de ce qui n'est qu'un phénomène pathologique.

    Ses livres sont le produit d'une imagination surexcitée par l'abstinence, par l'impossibilité d'atteindre au réel, faute de moyens, même physiques, de partenaires et aussi de courage. Il a mis dans ses oeuvres toutes les rêveries d'une surabondance luxurieuse à quoi peut se complaire un onaniste. Les trois ou quatre fois qu'il tente de réaliser ses divagations solitaires, il ne rencontre, comme il fallait s'y attendre, que le bas et le médiocre : putains de bordel, valets, maritornes, bouges à punaises, fessées et martinets, petits coups de canif, grossesse ancillaire, et pour châtiment, au lieu de l'enfer éternel, la police, le cachot, le cabanon. (...)"

    Dans ces temps tristes de naufrage politique, on n'éprouve de réconfort que dans la fréquentation d'esprits aristocratiques tels que t'Serstevens. Les bons livres sont le meilleur remède contre la démocratie.

     

  • Marx pour les Nuls (4)

    Si on pouvait douter naguère du bien-fondé de la méthode d'investigation de Marx, le doute n'est plus permis aujourd'hui. Il y a cette preuve flagrante, il suffit d'appuyer sur le bouton de la télé pour l'obtenir : comment des types comme François Pinault, BHL, Guy Sorman, Finkielkraut, Sollers, Luc Ferry, et toute la clique, avec des idées aussi faibles, à faire passer Tariq Ramadan pour un humaniste, comment ce parti-là peut-il avoir le pouvoir et le conserver ?

    C'est précisément la preuve que son pouvoir vient d'ailleurs que de la poésie et des idées.