Dans un téléfilm australien, un prêtre catholique fait l'éloge de l'adolescence comme d'un âge où règne l'égalité, propice à la fraternisation. Il s'agit là d'une opinion utopique pédérastique (platonicienne).
En ce qui me concerne j'ai fréquenté à l'adolescence des bandes de garçons assez hiérarchisées et strictement sexistes ; la fréquentation des filles était perçue comme un signe de faiblesse, et ceux qui ne pouvaient se passer d'avoir une ou plusieurs petites amies les tenaient soigneusement à distance du groupe. Bien sûr la hiérarchie n'était pas très stable ; la force physique et l'astuce sont, à cet âge, deux sources d'inégalité.
Les bandes de filles n'étaient pas plus tolérantes vis-à-vis des garçons, à l'exception des plus efféminés d'entre eux, qui ont le don de plaire aux filles (sur le plan moral).
On ne peut pas parler d'amitié entre ados au sens philosophique du terme "amitié", célébré par Montaigne et La Boétie, car un adolescent, qui ne se connaît pas lui-même, n'a aucune chance de comprendre celui qu'il appelle son copain ou son pote. Le terme de "symbiose" me semble plus juste pour parler de l'amitié entre adolescents.
Depuis la fin de mon adolescence, je n'ai pour ainsi dire pas connu l'amitié. Au stade totalitaire, il faut dire qu'elle est presque impossible car, comme le montre Orwell, Big Brother interfère dans toutes les relations sociales, de sorte que quand un couple copule, l'Etat est présent dans le lit conjugal. Le "mariage gay" est une union bénie, non plus par le curé mais par l'Etat. Les marginaux ? Les personnes qui vivent en marge sont souvent les plus dépendantes de l'Etat. Julia et Winston Smith, dans "1984", représentent la lutte du pot de terre de l'anarchie contre le pot de fer de l'Etat ; leur démarche est suicidaire.
Jeune adulte, avant de saisir les répercussions du capitalisme sur le contrat social, j'ai fait une expérience qui a changé ma façon de voir l'amitié. Par politesse, j'ai accepté l'aide d'un type qui se proposait de m'aider à diriger un camp de vacances pour ados. J'ignore s'il me trouvait sympathique, ou bien si la perspective d'un camp de vacances à la montagne le motivait ? En ce qui me concerne je ne le trouvais pas sympathique du tout ; il m'avait pris par surprise, mais je me fis le reproche de m'être condamné à sa compagnie et son manque d'esprit. Nous n'avons pas sympathisé, mais j'ai pu compter sur ce type de la première minute à la dernière, ce qui m'a semblé a posteriori beaucoup plus important. Il m'a donné une bonne leçon, et je tiens depuis lors la sympathie en suspicion.
L'Etat capitaliste remplace entièrement la confiance entre les individus par l'argent. Il n'y a conséquemment, dans le "Brave New World" d'A. Huxley, pas de relations sexuelles "exclusives" : elles sont socialement injustifiées, liées à une conception bourgeoise périmée de la propriété. La liberté totale des moeurs des alphas n'est possible, dans cette fiction, qu'en raison du conditionnement et de l'esclavage des epsilons. John le Sauvage, qui a reçu une éducation tribale archaïque, ne peut pas le comprendre, et il finit par se suicider pour échapper à ce monde où il n'a pas sa place.
L'amitié entre K. Marx et F. Engels a ceci de particulier qu'elle a pour cadre un combat politique commun. Marx aurait pu se passer de se marier et de procréer, mais il n'aurait pas pu affronter l'Etat bourgeois seul, sans le soutien et l'aide d'Engels.
Hamlet a été trahi par sa fiancée et deux de ses amis, qu'il accuse d'avoir essayé de l'entuber ; il lui reste cependant un ami fidèle, Horatio. Jésus-Christ n'a pas d'amis, il n'a que des fidèles plus ou moins fidèles.
rendu public par les enquêteurs (CIASE). S'appuyant sur la méthode statistique, ce rapport évalue à 300.000 le nombre des crimes commis sur des enfants par des prêtres et des laïcs catholiques au cours des soixante-dix dernières années (1950-2020).