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politique - Page 5

  • Feu sur le Ramadan !

    La confiance utopique de Tariq Ramadan dans une possible "neutralité" de l'Etat laïc français, garantissant la liberté de culte, est typiquement mahométane. On retrouve néanmoins un tel a priori favorable vis-à-vis de l'Etat dans d'autres religions judéo-chrétiennes proches. Le jansénisme en France, théologie de la secte de Port-Royal-des-Champs (tout un programme) a ressuscité durablement le providentialisme médiéval au XVIIe siècle, rompant avec l'humanisme de la Renaissance. Sainte-Beuve a fourni une analyse sagace bien que partisane de l'idéologie janséniste. Cette analyse permet d'entendre tout ce qui lie le XIXe siècle romantique et bourgeois au "Grand Siècle" de l'absolutisme, par-dessus les "Lumières françaises" du XVIIIe.

    Le providentialisme, emprunt médiéval à la philosophie païenne romaine, en tant qu'il est procès de sacralisation du pouvoir politique, est inévitablement présent dans toutes les doctrines religieuses à tendance théocratique. Donc dans l'islam ou "les islams". Mais la philosophie nazie de G.W.F. Hegel, la morale existentialiste qui en découle est la déclinaison ultime de cette conception théocratique.

    Ce providentialisme peut aussi être comparé à une sorte d'idée maçonnique chrétienne, qui prête à la politique, qu'elle soit abstraite ou s'incarne dans un homme (ce qu'une idéologie peut difficilement éviter), qui lui prête peu ou prou le rôle de démiurge, de "grand architecte" traçant les plans du monde. Poussée à son point de rigueur et d'absurdité extrême (c'est ce qui en fait toute la valeur), le franc-maçon suisse Joseph de Maistre (cette géodésie totalitaire n'est pas sans rapport avec l'horlogerie) s'est fait le porte-parole d'une version quasiment "ottomane" de la France chrétienne (dont Baudelaire, sous l'influence délétère des spéculations juridiques de J. de Maistre, avoue le caractère satanique ; "Le prêtre, le poète et le soldat", ainsi Baudelaire résume-t-il l'arrière-plan moral et politique de son romantisme, plus romain que chrétien par conséquent).

    J. de Maistre se rêve en éminence grise d'un homme providentiel, Napoléon fournissant un exemple de criminel de guerre à la hauteur de son espérance (L'espèce de fièvre mystique de J. de Maistre évoque celle de Goebbels ultérieurement, même si la haine systématique de l'art, trait dominant chez de Maistre -haine quasi proustienne- fournit "a contrario" de précieux renseignements sur ce qui échappe au domaine de la seule mécanique ou du droit. La s–ret‚ du mauvais goût de cet horloger savoyard force en effet l'admiration.)

    A juste titre, Voltaire voit dans le jansénisme une sorte de reviviscence du judaïsme, iconoclaste et destructrice pour l'histoire. De fait le romantisme ne fait que sonner le glas de l'art, dont le cancer remonte à la période baroque. Rares sont les critiques qui au cours des derniers siècles ont su discerner dans la peinture de Rembrandt ou Rubens, par-delà leur virtuosité, les marques du délitement musical de l'art.

    Le contrat social de J.-J. Rousseau en revanche se rapproche assez de l'idéal de T. Ramadan. La rhétorique laïque grossière d'Eric Zemmour (petit "soldat belge" du cartel médiatico-militaire Dassault - "On n'est pas couchés", France 2 le 26 sept.) qui lui est opposée, T. Ramadan doit la prendre pour ce qu'elle est : un discours RELIGIEUX évacuant l'histoire, par quoi TOUTE thèse d'un pouvoir temporel neutre, repérable à son caractère statique, devra nécessairement passer. L'idée païenne du destin, véhiculée par Hegel jusqu'à nous sous la forme du providentialisme est en effet incompatible avec la recherche d'une logique historique. La propagande cinématographique capitaliste a poussé loin comme sa grande soeur nazie la destruction de la science historique, sans compter la tentation totalitaire récente de légiférer sur l'histoire.

    En l'occurence l'effacement des crimes de guerre atroces de Napoléon (ou de Gaulle) par Zemmour*, le refus d'en tirer la leçon (et au premier chef de voir la troublante ressemblance entre le régime napoléonien et le régime nazi, parfaitement équivalents sur le plan philosophique) s'apparente non pas à du "négationnisme", mais carrément à une négation cléricale de l'histoire elle-même.

    Goebbels pas mort !

    Deux exemples de mensonges grossiers, propagés à la vitesse du son par les médiats :

    1/ L'opposition binaire sans cesse réaffirmée entre un Etat "garant de l'intérêt général" et de grands groupes industriels et bancaires menant leur barque à leur guise - contre l'évidence que ces deux systèmes centripètes s'inscrivent dans le même cercle et ne peuvent être compris séparément. Pas de dictature ou de totalitarisme sans le sophisme, même sous-jacent, de la "loi naturelle". Le projet économique capitaliste COMME la doctrine de la nation laïque projet‚e vers l'avant reposent sur l'idéologie de la "loi naturelle" ; une loi naturelle d'engendrement, dont il faut avoir lu Aristote comme Marx pour comprendre qu'il s'agit d'un mouvement inéluctable de corruption. Shakespeare lui-même a vu venir cette pourriture et la nomme "Danemark", en référence à l'Apocalypse de Jean. Croire au destin revient à s'y soumettre. La mort préside au capitalisme comme au nazisme auparavant.

    Le voile de ténèbres baroque a ressuscité dans une Europe qui les avait vaincus, à l'instar des Grecs plus de deux mille ans auparavant, la fortune et le destin romains. Hitler n'est qu'un pion dans ce jeu d'échec.

    Complot médiatique contre la science traduite comme un complot

    Une illustration : le philosophe Luc Ferry, ex-ministre dont la philosophie est tellement circonscrite qu'elle possède toutes les caractéristiques d'une religion d'Etat elle aussi, ce clerc légitime à mots à peine couverts l'interdiction (renforcée récemment) faite aux parents d'élèves de concurrencer l'Education nationale en enseignant directement leurs enfants, par la raison que cette institution est la meilleure garante de la diffusion d'un idéal républicain commun. Libérer l'enseignement reviendrait à mettre en danger la foi dans l'Etat garant des libertés individuelles et de l'intérêt général, et n'irait sans doute pas dans le sens "capitaliste" qui est celui de Luc Ferry. La libre concurrence des idées est une liberté que l'Etat libéral totalitaire réprouve.

    2/ Deuxième mensonge convergent et aussi grossier, le mensonge selon lequel la "Révolution de 1789" marquerait un virage "humaniste" dans l'histoire de France, et même, la franchouillardise débridée de certains laïcards aidant, dans l'histoire de l'Europe, malgré le retard de plus d'un siècle de la France par rapport à l'Angleterre sur le terrain des idées et des efforts de la classe bourgeoise pour s'emparer du pouvoir. Si Tariq Ramadan a étudié de près la litt‚rature française comme il prétend, il peut constater :

    - que les régimes bourgeois qui ont suivi de près la Révolution ne correspondent en rien aux idées de Voltaire ou J.-J. Rousseau ; Napoléon et sa polytechnique assassine sont typiquement inspirés par la philosophie romaine - jusqu'à Stendhal qui prétend s'inspirer de la prose du code Napoléon ; tandis que Voltaire prend ses distances avec la théodicée germanique de Leibnitz :

    - que la France n'a jamais connu depuis la Révolution un régime de liberté d'expression aussi large que celui qu'elle connut sous Louis XV. Si Voltaire souhaite la libéralisation du régime de Louis XV, encore trop autoritaire à son sens, ni lui ni Diderot n'ont été traqués par la censure comme Marx et Engels l'ont été dans toute l'Europe il y a un siècle et demi seulement, à une époque où la presse représentait une force libre de contestation, danger écarté pour l'oligarchie désormais, notamment du fait de la fin de la lutte des classes en France dès le milieu du XIXe siècle (Déjà du temps de l'ORTF le danger n'existait pas, et personne n'a jamais vraiment pris la menace révolutionnaire des foules d'étudiants de Mai 1968 au sérieux, en dehors de de Gaulle lui-même et de quelques "bons pères de famille" bourgeois, vite rassurés.)

    Existentialisme et pédérastie

    La "révolution sexuelle" a d'ailleurs un aspect pédérastique notable, et nul n'est plus porté à se prosterner devant le Léviathan qu'un pédéraste (Il existe même une association de "gays" chrétiens baptisée... "Jonas" ; Jonas est d'ailleurs le "Juif errant" contre lequel la révolutionnaire Simone Weil a les mots les plus durs, ne le cédant en rien à Voltaire pour ce qui est de l'antijudaïsme. On peut fort bien s'abstenir de stigmatiser les "gays", tout en soulignant à quel point leur sexualité repose sur l'angoisse, et combien la propagande totalitaire joue sur le registre de la sécurité civile. Du reste l'homosexualité, déterminisme inventé au XIXe siècle, n'est que la conclusion rationnelle du mariage ; les pédérastes sont probablement beaucoup plus sensibles que d'autres au caractère incestueux d'une sexualité "hétérosexuelle". Moi-même j'ai fréquenté quelques pédérastes dont les mères ressemblaient comme deux gouttes de sperme à la puritaine BCBG Christine Boutin.

    Toute la philosophie existentialiste ou presque, d'ailleurs, qui est une théologie chrétienne invertie, peut être résolue à une sorte de querelle familiale intestine. Le problème que se pose la philosophie laïque de la "fin de l'histoire" (sic) et la question de savoir ce que devient la famille au-delà de la pédérastie, ces deux problèmes n'en sont qu'un, parfaitement grotesque. D'une part parce que la philosophie et la science la‹ques se sont toujours tenues à l'écart de l'histoire ; d'autre part parce que le droit de la famille est un principe de dérogation à l'inceste qui évolue au gré de l'organisation patrimoniale et politique.

    Existentialisme et pédérastie peuvent être compris ensemble comme le triomphe apparent de Dionysos sur Apollon (Dans le seul but pour Apollon d'asseoir plus solidement son pouvoir ; la République bourgeoise n'a pas inventé l'idée de substituer pour une plus grande efficacité le divertissement à la terreur policière.)

    La voie antiromaine

    Le progrès de l'islam ne peut se faire que dans le sens d'une reconquête scientifique, d'une théologie de la Libération par la science. Même si l'interdiction formelle de servir deux maîtres -Dieu et César- n'est pas dans l'islam comme elle est dans le Nouveau Testament chrétien, l'histoire montre que les autorités politiques font toujours un usage policier des doctrines religieuses, jusqu'à les subvertir complètement comme c'est le cas avec le national-socialisme de Hegel et ses lieutenants du désordre que sont les philosophes existentialistes, amphigouriques suppôts qui ne se connaissent pas eux-mêmes. Et la science est forcément un combat, comme le révèle la vision de Jean, car de la Libération les systèmes étatiques fondés sur la peur ne veulent pas.

    Sur le chemin de cette reconquête, il est d'ailleurs un savant musulman qui pose de très sérieux jalons : Averroès, "au seuil de l'histoire", et donc de la révélation, moins près de la pente théocratique que ne l'est Thomas d'Aquin lui-même. Un thésard démocrate-chrétien pas très sérieux (Rémi Brague) a tenté récemment à coup de néologismes vaseux de démontrer l'apport décisif de Rome à la civilisation européenne ; thèse proche de celle du pape Benoît XVI, parfaitement antihistorique comme toute thèse boche qui se respecte. Le pape n'hésite pas d'ailleurs à se référer à des philosophes parfaitement abscons comme Adorno ou Horckheimer, Popper, Heidegger, branleurs de l'espèce susdite qui font regretter amèrement au Français que je suis que toute la philosophie allemande et pollack ne se soit pas suicidée à la suite d'Hitler et de son état-major, au lieu d'émigrer aux Etats-Unis.

    Non, ce qui caract‚rise la pensée occidentale, comme Aristote en son époque décadente, en quoi elle est différente des pensées orientales ou romaine, c'est bien plutôt par son matérialisme radical, celui de François Bacon (ennemi juré de J. de Maistre) ou de Karl Marx (On en décèle notamment la radicalité au fait que, contrairement à la très grande subjectivité des philosophes épicuriens ou romains, Aristote comme Bacon -la dialectique marxiste-, excluent l'idée animiste de vide, déguisé en "Néant" dans la mystique providentialiste, qu'elle soit chrétienne, nazie, athée, capitaliste. Ce qui me fait dire que Bernanos ne va pas assez loin, parlant du hasard comme "le dieu des imbéciles", car un chrétien doit savoir reconnaître Lucifer dans la roue de Fortune et ses rayons puissants.

    *Pourquoi Zemmour peut exprimer publiquement chaque samedi soir des idées qui ont valu récemment à Le Pen les foudres de l'Inquisition médiatique ? Cela dit presque tout de la société civile française depuis la Libération. Phénomène Zemmour-Le Pen analogue à la condamnation de Louis-Ferdinand C‚line pour propos antisémites et l'absolution des industriels de l'automobile et de l'aviation ayant pourtant mis leur polytechnique de mort au service de l'Allemagne nazie. Industriels actifs pour ce qui est d'exciter le patriotisme vindicatif, mais dont la seule patrie est l'argent.
  • Eternel retard

    Dans le brouhaha médiatique, une partie du discours de Dakar rédigé par H. Guaino pour Sarkozy m'a échappé : la partie théoriquement valable dans laquelle Guaino à travers Sarkozy oppose l'histoire au mythe de l'éternel retour. Rien que pour ça, je me sens obligé de rendre un hommage discret à Sarkozy & Guaino, tant ce type de discours critique est rare de la part d'un chef religieux (si Sarkozy est plus "naturel", Guaino a tout à fait la dégaine d'un "monsignore" en tenue pourpre ou écarlate).

    Combien de curés démocrates-chrétiens ou nationalistes n'ai-je pas moi-même maudits à voix basse ou à voix haute à cause de leur apologie de la morale païenne et pédérastique de Nitche ? Cette apologie insane de F. Nitche permet néanmoins de comprendre indirectement pourquoi toute Eglise ou secte a tendance à se garder de la science historique comme d'une peste, jusqu'à finir par tomber comme ce fut le cas avec cette grenouille de bénitier idolâtre de Jean Guitton, dans la chronologie - pour ne pas dire la chronolâtrie.

    *

    La théologie marxiste de la Libération est de fait porteuse à la fois de la mort du clergé et des compromis théologiques avec les architectures païennes diverses, dont la métempsycose, qui ressurgit dans la "Phénoménologie de l'esprit" de Hegel. La conception esthétique de Hegel est typiquement une conception anti-historique qu'on peut qualifier de "statique". Au mépris de l'observation historique que différentes formes d'art coexistent - et se combattent les unes les autres -, dans la conception nationale-socialiste de Hegel différents "états" artistiques se succèdent. Hegel se garde bien d'expliquer autrement que par l'emploi d'une phraséologie germanique "claire-obscure", qui parfois n'a rien à envier à la philosophie médiévale remâchée de Kant, COMMENT s'opèrent les mutations d'un état de l'art à un autre, de l'architecture à la peinture par exemple. Hegel dissimule mal que son schéma de progression est un schéma algébrique. Toute l'algèbre étant enfermée dans une cercle, le philosophe évite d'ailleurs de conclure pour ne pas laisser voir le retour au "statu quo ante".

    Ce schéma rationaliste de mutations successives vers un progrès plus grand, on le retrouve bien sûr dans le transformisme darwinien, prédestiné lui aussi à susciter l'admiration de penseurs nazis. Le délire darwinien est perceptible dans la littérature fanatique d'un gugusse comme Pascal Picq, pas très loin du cinéma de série Z yanki quand il s'agit d'expliquer à ses ouailles ce que l'homme super-évolué sera.

    Il me semble qu'il faut dire immédiatement pourquoi les régimes nationalistes capitalistes se sont emparés de Hegel (blanchissant Heidegger et Arendt promptement), après le régime nazi, qui constitue bien une forme d'accomplissement du modèle juridique hégélien. La raison de l'emprunt à Darwin, Hegel et même Freud est précisément que ces doctrines, sous l'aspect de sciences véritables, dissimulent des idéologies parfaitement réversibles et malléables (suivant la définition matérialiste d'Aristote de l'idéologie dans sa "Physique") : Hegel, Darwin, Heidegger, Jünger, Nitche, Sartre, etc., sont antihistoriques, ne contiennent même aucune dialectique véritable. La destruction de la dialectique permet de faire place nette à l'idéologie.

    De la même façon que l'Eglise tend à éradiquer l'apocalypse (c'est-à-dire l'histoire), l'Etat totalitaire tend à éradiquer toute forme d'art et de science.

    *

    Il me semble à ce stade avoir expliqué suffisamment pourquoi la théorie valable de Guaino & Sarkozy heurte de plein fouet la réalité historique de régimes nationalistes et capitalistes eux-mêmes "hors de l'histoire", et qui non seulement en sont sortis, mais ont tout fait pour maintenir les pays en voie de développement la tête sous l'eau.

    Seul le représentant d'un régime totalitaire - et il n'est même pas certain qu'un dirigeant nazi aurait osé le faire face à une population allemande qui se souvenait peut-être encore alors des vitupérations de Luther contre les usuriers - seul le représentant d'un régime totalitaire peut poser l'équation suivante : progrès historique = accumulation de richesses. Dans ce sens le progrès est "Highway to Hell".

    N'importe quel Africain peut décider d'entrer dans l'histoire s'il le souhaite ; il n'a qu'à lire "Hamlet" et voir le sort que Shakespeare réserve à Claudius et son conseiller Polonius, ainsi qu'à toutes les petites femelles confites en dévotion/obsédées par le sexe et le mariage (Ophélie).


  • Maçonnerie

    La théorie du complot est au service du cinéma nazi dans sa démagogie contre les Juifs, avant que certains Juifs ne se mettent eux-mêmes à dénoncer, de plus en plus, des complots antisémites venant d'un peu partout (jusqu'à plusieurs par semaine sur la chaîne franco-allemande "Arte"). En espérant que son dessein ne soit pas aussi noir que celui du cinéma nazi, on constate que la revue de Claude Lanzmann "Les Temps modernes", développe un véritable discours religieux irrationnel à base de théorie du complot antisémite (on peut se reporter par exemple à l'autodafé posthume de l'oeuvre de Simone Weil par Francis Kaplan dans "Les Temps modernes" ; l'évolution de l'autodafé en autodafé idéologique n'est pas si étonnant quand on sait le rapport qu'entretient l'idéologie avec les éléments).

    On observe en outre que la théorie de la théorie du complot est elle-même une sorte de théorie du complot. On dira en effet : "Untel croit à la théorie du complot" pour dire que c'est un comploteur. Cette parfaite réversibilité indique qu'on est dans le domaine de la rhétorique partisane, véritable spirale médiatico-politique. De là vient certainement, dès ma génération, une suspicion assez générale et croissante à l'encontre des vérités officielles dispensées dans les médiats et l'Education nationale.

    Plus bête que la théorie du complot, y'a pas, sauf peut-être le "syndrome de Stockholm" qui est assez gratiné lui aussi.

    On devrait dire la théorie DES complots. Le seul complot unique et puissant en effet, c'est celui de l'ignorance, puisque l'histoire marxiste ou chrétienne a vocation à réduire tous les complots à néant.

    *

    Shakespeare en tant que chrétien conçoit même la révélation historique comme un combat contre les comploteurs. Là où il est tout à fait prophétique et prend le contrepied de l'idée commune, c'est qu'il peint le complot comme une arme au service de l'Etat : Polonius, Guildenstern et Rosencrantz au service de Claudius, pour mieux se débarrasser de l'homme de science et des vérités qu'il colporte (une situation que François Bacon a lui-même vécue).

    De fait les preuves sont nombreuses dans les siècles suivants, et même immédiatement après Shakespeare dans LE Siècle, que le mensonge le plus puissant est bien le mensonge d'Etat. Peu de temps après Shakespeare, la "monarchie de droit divin" préparée par Bodin ou Hobbes, véritable insulte au Nouveau Testament dans une Europe pourtant officiellement chrétienne, supercherie qui n'est qu'une première étape vers le régime totalitaire actuel, encore plus anthropologique. Comme Simone Weil l'a aussi courageusement prophétisé, à contre-courant, le raisonnement anthropologique est celui de l'esclave ou du primate.

    Nulle part n'a été mieux transmise que dans les Universités d'Etat la perversion cartésienne de la science, son éclatement qui ressemble à un cancer, puisque le meilleur moyen pour l'Etat de régner sur la science (jusqu'aux chercheurs du CNRS qui ne sont plus aujourd'hui pour la plupart que des larbins serviles, des enculeurs de mouches rêvant de se voir attribuer une chronique sur une chaine de télé quelconque, comme Enthoven Jr) est de la diviser en x cellules, comme une ruche.

    A Descartes comme aux nullibistes qui le précèdent ou le suivent jusqu'à Sartre, on peut en effet imputer la consécration rituelle du hasard, c'est-à-dire du destin ou de l'ignorance, comme clé de voûte de la connaissance. On peut lui imputer aussi l'assurance du branleur scolastique, assis sur un petit tas de spéculations, et qui contemple avec mépris des millénaires de savoirs antiques. Le chacal janséniste invente la façon de croire en Dieu et de ne croire en rien en se fondant sur les mêmes arguments cauteleux. Et c'est bien pour le compte de l'Etat qu'il accomplit son forfait.

  • Nid d'hirondelles

    Ce n'est pas Sarkozy qui change le discours sur la croissance et le PIB, mais la croissance et le PIB en berne qui modifient les discours de Sarkozy. Tel est l'homme "sorti de l'histoire" : une hirondelle qui zigzague dans le vent en attendant la tempête.

    Si Claude Allègre défend la notion de croissance industrielle, c'est que l'économie capitaliste est comme la science physique dans laquelle Allègre a foi, entièrement "virtuelle". Peut-on tourner sa veste et inverser la morale cyclique capitaliste, prôner la décroissance ? Théoriquement c'est possible ; vu que la fausse dialectique du progrès scientifique ou économique, indexée sur le temps, est entièrement de l'ordre de la rhétorique binaire, négatif et positif se valent, et en tant que dispositions de l'entendement sont interchangeables. Mais, sur le plan religieux, la perspective de la décroissance risque de n'être pas "porteuse" comme celle de la croissance, même si l'effort des écologistes pour présenter le nouveau capitalisme centripète comme une ascèse puritaine séduit les quelques bobos crétins qui votent Cohn-Bendit.

    *

    Cette affaire de croissance-décroissance fait furieusement penser à ces mondains du XVIIe siècle, Pascal ou Racine, qui endossèrent l'habit de Tartuffe au dernier moment pour tenter de sauver leur peau. Et ce d'autant plus que ces cacouacs ont inventé ce dérivatif à la charité qu'on appelle la grâce, courant alternatif qui circule entre l'oint et sa divinité. Or la grâce n'est autre que l'ancêtre du hasard. Avec la grâce disparaît l'esprit comme le hasard dissout la science. La science-fiction de Dieu engendre la science-fiction tout court. Pascal, Mersenne, Descartes, Gassendi, grenouilles à qui l'eau bénite sert de prisme, réintroduisent le poison du destin et du culte des morts romains dans l'Occident chrétien qui l'avait presque vaincu. Seul le prophète Shakespeare a vu que l'obsession sexuelle fonde aussi bien la putain que le puritain, que la même ferveur les anime ; pornographie et puritanisme sont des états unis.

    Il n'est pas faux de dire que dès le XIIIe siècle le capitalisme est en branle. Le désir de Dante Alighieri, qui possède une longueur historique d'avance sur Thomas d'Aquin, n'est-il pas déjà de préserver l'Eglise, dont la figure est prise entre les astres, de tout commerce avec le temps ? Mais ce n'est que trois siècles plus tard que la mécanique devient cet engrenage infernal et prend le pas sur l'histoire.

  • Le sens du devoir

    Ce serait quasiment une faute professionnelle de la part de Carla Bruni de ne pas donner un nouvel enfant au président de la R., comme je le dis depuis plus d'un an. Peu importe qu'il soit de lui et d'elle ou d'un des deux, voire d'emprunt, d'ailleurs.

    Il ne faut pas surestimer la capacité des journalistes qui suivent pas-à-pas les exploits de Sarkozy à tirer à la ligne. On peut lire sur le visage de Laurent Joffrin qu'il est à bout de souffle et réclame des biscuits.

    Au risque de paraître cynique - mais la politique n'est-elle pas machiavélique ?- je dirais même plus qu'un enfant emporté par la grippe A décuplerait les chances du couple d'être réélu.

    On n'a jamais que de mauvaises raisons d'avoir des gosses ; celle-là n'est pas la pire.

  • Symbole du 11-Septembre

    Dans un écrit posthume de Marx, la somme des systèmes séculiers républicain et capitaliste contre lesquels il s'est battu tout au long de sa vie sans trêve : un "attentat contre le réel", dont l'ampleur lui paraît catastrophique et qui de fait a anéanti les derniers vestiges de l'art occidental (si on tient l'art pour "ce qu'il y a de plus réel et de moins rêvé/déterminé").

    A ce stade on peut douter que Marx, si tant est qu'il y ait jamais cru, a envisagé une réaction de nature politique (encore moins "éthique" bien entendu. Il n'y a aucune raison de ne pas tenir la doctrine de Marx comme une doctrine artistique à l'instar de celle d'Aristote ou Shakespeare, c'est-à-dire pour une doctrine dressée en travers du temps et de ses armées).

    Evidemment, cette somme n'est pas sans rappeler au lecteur le sort de Babylone, ni comment le hasard s'insinua entre les architectes de Babel-l'Orgueilleuse.

    L'attentat contre le World Trade Center se présente, lui, comme l'exact contraire, c'est-à-dire comme un "attentat contre le virtuel". Tous à des degrés divers nous sommes des victimes du "virtuel" en l'an 2009 ; mais seuls ceux qui vivent sous la cloche de l'"inconscient collectif" ont de bonnes raisons de désespérer. Il est en effet écrit que "Celui qui veut gagner sa vie la perdra.", pour qu'on comprenne bien qu'il n'y a de gains que virtuels.

    (Occasion aussi de relire la prophétie de Marc-Edouard Nabe qui, à la date de l'attentat des hommes de Ben Laden fut le seul "Occidental" à ma connaissance à tenir tête à l'extraordinaire déferlement médiatique qui suivit, déferlement qui, fait significatif du processus médiatique, au lieu de parer l'onde de choc en assura sa propagation, de proche en proche, faisant même trembler l'architecture du Léviathan yanki jusqu'à des milliers de kilomètres à la ronde, jusque sur la côte Ouest, comme pour prouver que des Etats ne sont jamais unis que dans la secousse ou la mort.)




  • Totalitarisme et jansénisme

    Trait caractéristique d'un régime totalitaire et par quoi on peut le cerner : le refus de ses clercs de justifier la morale en vigueur. L. Wittgenstein, sinistre fonctionnaire, emploie ainsi une formule du genre : "Il est impossible de trouver un fondement à la morale" - signifiant par là une volonté non pas de creuser, mais d'enterrer.

    L'occultisme dans le domaine moral, c'est aussi l'existentialisme en général, proche de la philologie, qu'on peut définir comme une idolâtrie du langage, caractéristique du régime totalitaire. Le total ne s'opère jamais qu'avec des signes et la peinture stalinienne de Kandinsky forme bien un total, un "nombre d'or" comme dit l'architecte.

    L'occultisme de Wittgenstein est à rapprocher de l'hostilité qu'il manifesta vis-à-vis du Prix Nobel Bertrand Russell lorsque celui-ci prétendit sur le tard revenir en arrière sur le néo-pythagorisme qui avait été le sien. L'attitude de Wittgenstein en cette occasion prouve qu'il savait ou devinait le rôle des mathématiques de la secte pythagoricienne dans le nivellement moral (non pas actif, mais un rôle de "couverture"). A contrario l'attitude de "maître" Albert Einstein paraît celle du pur béotien qui énonce une théorie morale (théorie de la relativité) en croyant qu'elle a une signification physique, faisant ainsi imploser la doctrine de la loi naturelle par l'absurde... sans même s'en rendre compte ! Zénon d'Elée, lui, au contraire d'Einstein, maîtrise parfaitement le mode opératoire algébrique et le "schuss" sémantique. Tous les philologues boches d'aujourd'hui auraient été recalés au concours d'entrée de l'école de Parménide.

    *

    On note que, bien que trop pusillanime, Voltaire s'attaque dès le XVIIIe siècle à la thèse "judéo-chrétienne" de Leibnitz, dont la théodicée revêt déjà toutes les caractéristiques du totalitarisme, en particulier le fait d'être guidé par un ténébreux destin. La critique de Voltaire anticipe bien sûr celle, beaucoup plus radicale, de Marx à l'encontre du national-socialisme de Hegel au siècle suivant. L'erreur de tous les mathématiciens du XIXe siècle, leur infériorité par rapport aux Grecs tient à ce qu'ils croient que le cercle est engendré par la droite, et la droite par un point ; les Grecs savent eux que le signe primitif n'est pas le point mais le cercle, qui contient tout l'attirail anthropologique/mathématique.

    Grâce à la formule de Pangloss-Leibnitz que le capitalisme a recyclée : "Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles", on comprend aisément l'intérêt qu'un régime totalitaire peut trouver dans l'occultation des origines de la morale derrière des théories dérivées du principe de la "loi naturelle". C'est le meilleur moyen de protéger la politique de la critique et de la sacraliser, de noyer le poisson - politique encore une fois conçue dans le totalitarisme comme une sphère (Il faut reconnaître que la scène du "Dictateur" de Chaplin, dictateur qui joue avec une mappemonde, est bien "vue".)

    Sondons la morale "ad infinitum" pour mieux protéger le tabernacle de la politique. L'existentialisme de Sartre, qui a pu paraître "voltairien" à certains, découle bien plutôt en réalité de la morale nullibiste janséniste et du cartésianisme. Le moins qu'on puisse dire c'est que l'existentialisme n'a pas inventé le néant ni le hasard - ni même le culte des mots.

    *

    Il importe aussi de comprendre, non seulement que le totalitarisme est une version plus sournoise de la théocratie, mais qu'il n'est ni d'inspiration juive, ni d'inspiration chrétienne, mais un produit typiquement "judéo-chrétien". Sous couvert d'honorer l'Ancien Testament et le Nouveau, le "judéo-christianisme" quel qu'il soit : musulman, chrétien ou laïc, bafoue le judaïsme comme le christianisme. Le judéo-christianisme n'a certes pas inventé la théocratie "apollinienne", mais on ne peut concevoir sans lui la formule totalitaire "dionysiaque" qui de "l'attentat contre le réel" (Marx) - cinématique, juridique, musical, religieux - a fait litière.

    - Le peuple hébreu tient en effet sa loi directement de Dieu, via Moïse. Dieu et ses lévites en sont garants. Même s'il existe sans doute un "naturalisme juif", une sorte d'assimilation de Moïse au dieu Pan (cf. "La Sagesse des Anciens" de F. Bacon), et que l'on peut trouver la légitimation juive de la loi archaïque ou limitée, du moins les Juifs n'éprouvent-ils pas le besoin de passer par le trucage de la "loi naturelle" pour fonder leur morale ;

    - Le christianisme, quant à lui, est en quelque sorte "par-delà bien et mal" (rien à voir avec Nitche "au-dessous de la ceinture", cherchant l'entrée du con de sa mère comme Proust, victime de l'inceste) : par-delà bien et mal en tant qu'antithèse du judaïsme et de par son potentiel trinitaire. Même le plus moralisateur des théologiens, saint Augustin, est obligé de l'admettre : "La Loi ne justifie pas" ; et le figuier qui ne donne plus de fruits, il faut le couper, comme le Messie lui-même l'indique (figuier qui est le symbole de la science naturelle aussi bien que de la morale qui en découle, comme le lait du tronc du figuier incisé).

    La dynamique trinitaire chrétienne, quant à elle, est historique, apocalyptique, et donc étrangère à un processus de justification marqué par le raisonnement anthropologique païen ("Ce qui est bon pour Dieu est bon pour la Cité, et réciproquement." Un paganisme romain plutôt que grec.), et par l'avertissement solennel du Messie contre la tentation d'établir un Royaume de Dieu sur la terre.

    Quand j'entends l'expression d'"anthropologie chrétienne", je sors mon épée, et chaque chrétien devrait en faire autant car ce terme évoque immédiatement la putain de l'Apocalypse. Il n'y a jamais de mariage heureux entre le christianisme et la science païenne que dans la mesure où celle-ci n'a pas l'anthropologie pour gouvernail ; non seulement la théorie de la partition freudienne de l'âme n'est pas très sérieuse sur le plan scientifique, mais elle est antichrétienne.

    Si les docteurs catholiques du moyen âge, précédant Marx ou Bacon, ont pris appui sur Aristote jusqu'à la Contre-Réforme, c'est indubitablement parce qu'ils ont rencontré pour les meilleurs chez le Stagirite cette opposition à la "loi naturelle", en dehors même de la question de savoir jusqu'à quel point la religion grecque et ses mythes incorporent des éléments de l'Ancien Testament. Impossible en effet pour Aristote de faire coïncider des lois morales discontinues, relatives, biologiques, avec la physique continue et dépourvue de "juste milieu" (A noter que l'analyse d'Aristote des mathématiques, la notion d'incommensurabilité de la diagonale au côté entre autres, contient plus de deux mille ans avant A. Einstein ou H. Poincaré une théorie "éclairée" de la relativité.)

  • Essence de la laïcité

    Le prêtre perd son rôle de directeur de conscience au profit de l'instituteur au cours du XIXe siècle ; l'instituteur est remplacé à son tour par le journaliste après la Libération (sic). Le flux des décrets moraux vient à dépasser l'écluse de la politique, "signe rétrograde du temps" comme dit Frédéric Engels.

    On peut considérer que la trigonométrie de Hegel décrit le processus de vie et de mort des civilisations (Le philosophe souabe conçoit la politique comme une sphère, et son progrès, son histoire - qui n'en est pas une -, comme un cercle vertueux, au contraire de la sagesse des Anciens qui le sait vicieux.)

    - Naissance due à une conjonction de phénomènes attribués au hasard ("Big-bang"), progrès qui consiste dans la sublimation des institutions morales en institutions politiques (de Dionysos à Apollon), puis dégradation anarchique des institutions politiques en institutions morales. Et mort ("entropie"). La morale "existentialiste", qu'on peut résoudre à zéro, n'a pas d'autre sens ; elle ne fait qu'inverser les spéculations médiévales. Hegel retourne la robe de Thomas d'Aquin. Le même escalier que Thomas d'Aquin a monté, Hegel le descend. Ces deux docteurs "angéliques" (reste à savoir de quel ange le message de la phénoménologie de l'esprit de Hegel fait passer) se sont heurtés d'ailleurs heurtés à plus matérialistes qu'eux - Averroès ou Sigier de Brabant pour le premier, Karl Marx en ce qui concerne G. Hegel.

    L'anarchiste et le capitaliste ont en commun, l'un par naïveté, l'autre par hypocrisie, d'ignorer que la dictature morale est pire que la dictature politique, pour différentes raisons élucidées par Marx :

    - parce que la dictature morale est bien plus sournoise et nous prend par les sentiments. Mettons que la dictature est "apollinienne" et le totalitarisme "dionysiaque" ; la piquette des sentiments conduit à Marx ou à Shakespeare ;

    - parce que la dictature morale est un terminus et qu'on n'enfonce pas un butoir.

    Signe caractéristique, le droit qui dès le moyen âge commence à envahir la sexualité sous l'impulsion de clercs maniaques, bien que le Testament invite à relativiser l'importance de la sexualité et des conventions matrimoniales (Paradoxe : le moyen âge érige le sacerdoce et l'abstinence en vocation supérieure - paradoxe dont l'Eglise catholique ne s'est jamais remise et dans lequel le protestantisme s'est engouffré.) La législation et les rituels nuptiaux ont désormais envahi complètement la sexualité, jusqu'à la promotion de pratiques sexuelles comme le sado-masochisme, importé du Japon et des Etats-Unis, qui ne relèvent quasiment plus que du droit ou de la liturgie. L'aberration du mariage gay dévoile le mobile véritable du mariage chrétien, derrière les fanfreluches sentimentales.

     

  • Nouvel Observateur

    Selon Jacques Attali la France connaît une récession économique d'une ampleur inédite. Il se tient à la disposition des Français qui ne comprennent pas pourquoi les prévisionnistes ne prévoient jamais rien, et surtout pourquoi ils le font avec un tel aplomb.

  • L'Artiste et le poète

    La façon de Géricault de n'être jamais du côté de César, voilà ce qui fait de lui un artiste, au contraire d'Aragon. Et pourtant Géricault n'a rien d'un anarchiste.

    Mieux encore que Delacroix, Géricault rappelle Shakespeare.

  • Zéro limite

    Quand on voit les tics et les grimaces de Sarkozy et de ses disciples, on se dit que le capitalisme est plutôt long, surtout vers la fin.

  • Fier d'être misogyne

    On peut comprendre l'inversion de notre époque par ce biais : l'attribution aux hommes de vertus féminines telles que le goût pour le sexe et la guerre. "Génération et corruption" : en un titre, l'élève d'Aristote peut tout saisir de la raison totalitaire que nous subissons, au point pour les plus tarés de leur faire désirer la mort.

    Bien sûr, il y a des femmes plus viriles que des hommes, même si l'exemple de Simone Weil est le seul qui me vienne à l'esprit, et des hommes plus femelles que des femmes. Le grammairien judéo-boche Frédéric Nitche témoigne qu'il est le produit de l'angoisse vaginale, en concluant que seules sa mère et sa soeur auraient pu lui faire renoncer à son idée d'"éternel retour". Toutes les aberrations scientifiques participent d'ailleurs pour partie du raisonnement "génétique".

    Quelle signification peut avoir un "principe féminin" distinct d'une femme en particulier ? "Notre sainte mère l'Eglise" est de ces principes féminins, qu'il serait un peu long à disséquer. Elle est la première grande "personnalité morale" de l'ère moderne. Et lorsque des hommes politiques, Le Pen ou Kouchner, dépeignent les Etats comme des "monstres froids", il convient de rajouter que ces monstres froids auxquels sont dévoués les hommes politiques sont des femelles. Le capitalisme est un autre système féminin dominé entièrement par les cycles et la génétique, la recherche du temps perdu.

    C'est en appliquant la même logique aristotélicienne que Karl Marx a anéanti simultanément l'Eglise, l'Etat (national-socialiste) et le capitalisme afin de sauver de leurs griffes la Vérité, devant laquelle les femmes tournent le plus souvent les talons lorsqu'elles l'aperçoivent. Le prince des poètes, Baudelaire, pas très loin de l'homosexualité comme Nitche, conçoit même l'art comme une protection contre la vérité - étant donné qu'il fait aussi l'éloge du maquillage des femmes, on pourrait dire : comme un "masque de beauté". Le grand mérite de Baudelaire étant, contrairement au clergé actuel, de ne pas cacher qui lui inspire ses vers.

     

  • Impudique voile

    Vanter les mérites du tchador en tant qu'arme de séduction pour les femmes qui le revêtent est l'argument le plus astucieux de la défense. Comme la morale capitaliste est largement fondée elle-même sur la séduction et la suggestivité, elle reste sans voix contre le "sexy tchador". Ne reste plus qu'à organiser un concours de beauté entre femmes iraniennes et femmes californiennes pour trancher le débat.

    Les adeptes du voile pourraient même pousser le bouchon plus loin et avancer que la chirurgie esthétique est elle aussi pour certaines femmes un masque intégral.

    La séduction des fillettes exploitées par la presse féministe (les magazines féminins sont certainement le groupe de pression féministe le plus puissant), à l'opposé du modèle musulman, est d'ailleurs relative ; on doit éprouver la sensation d'avoir déjà un pied dans le cercueil en serrant contre soi un mannequin de Karl Lagerfeld, dont les défilés de haute couture font penser à des danses macabres.

    Là où les femmes musulmanes qui défendent le port du voile et les féministes qui s'en offusquent se rejoignent presque, c'est pour peindre les hommes comme des brutes épaisses contre qui il convient de se protéger. Pour moi qui me suis toujours assez soigneusement gardé des principes féminins, c'est une idéologie assez difficile à gober !

    Bref, on est typiquement dans le débat de société débile dont les politiciens et les journalistes font leurs choux gras, et où on n'est pas étonné de voir une grenouille de bénitier laïc du calibre d'Elisabeth Badinter s'engouffrer.

    Cette tactique a déjà été employée par Jacques Chirac naguère pour jeter de la poudre aux yeux de son électorat, et je me souviens de deux jeunes juives télégéniques fraîchement converties à l'islam, escortées de leur paternel athée, qui se répandaient dans les médiats avec leur numéro cocasse sous le prétexte habituel de donner de l'étoffe au débat démocratique. Rebelote avec Sarkozy, même si celui-ci avec son conseiller Bauer délégué aux questions de sécurité intérieure est bien placé pour savoir que les jeunes femmes musulmanes ne posent aucun problème d'intégration dans la société française, au contraire de leurs frangins parfois cagoulés.




     

  • Charité réelle

    L'aveuglement de la dernière encyclique pontificale ("Caritatis in veritate") laisse pantois, plus encore que la paraphrase de la théologie de saint Augustin à laquelle les fidèles lecteurs de Joseph Ratzinger sont habitués. Pour les "non-initiés" à la glose pontificale, précisons qu'il s'agit pour le pape d'émettre dans cette encyclique quelques avis et conseils dans le domaine de l'économie et de la morale économique.

    - Première remarque : le discours moralisateur du pape est comparable à la tentative de Luther de ramener les commerçants allemands à des moeurs plus chrétiennes, tentative infructueuse et qui n'a pas empêché l'Allemagne de devenir le pays d'exploitants, de commerçants, d'industriels esclavagistes et animés d'intentions guerrières qu'on sait. Pire que ça : malgré toute la sympathie que l'essai de Luther peut inspirer à un marxiste, force est d'admettre que la religion réformée est devenue LA religion bourgeoise par excellence, avec la désuétude des régimes aristocratiques et du catholicisme. La religion réformée est devenue celle de l'Empire romain germanique embourgeoisé que Marx a prise pour cible principale de sa critique, étant né dans ce merdier, pour parler "vrai".

    Or l'élite politique et économique est désormais moins que jamais, moins qu'elle l'était du temps de Luther, réceptive aux discours et conseils chrétiens. Elle ne peut même pas l'être, puisqu'elle déduit la prétendue modernité de ses principes laïcs de la ringardise de ceux des religions en général, de la chrétienne en particulier.

    De toutes les hérésies que l'Eglise a connue, on n'en trouvera pas qui excède le discours de ce monstre qu'il est convenu d'appeler "patronnat chrétien", puisque les discours du patronnat chrétien sont totalement étrangers à l'Evangile qu'on peut douter que les représentants du patronnat chrétien aient jamais lu (je cite l'un d'eux afin d'illustrer la grossièreté des mensonges du patronnat chrétien - Jérôme Bédier : "Dans l'Evangile, il y a beaucoup de personnages riches qui ne sont pas forcément critiqués (...)")

    - Deuxième remarque : Flaubert n'est et ne passe pour un grand théologien ; néanmoins et contrairement aux imbéciles représentants du capitalisme chrétien, Flaubert a lu le Nouveau Testament et relevé avec une sagacité mêlée de dégoût le caractère "antisocial" des paroles du Sauveur et de ses apôtres. Tout ce qui relève de la "doctrine sociale" est donc à verser à l'épais dossier du "paganisme chrétien", compromis souvent présenté par le clergé comme la christianisation d'institutions chrétiennes, mais dont les études historiques sérieuses, celles de Marx notamment, permettent de constater la stérilité, "a contrario" la subversion systématique du christianisme par la politique.

    Ce figuier greffé qu'est le "judéo-christianisme" ne porte pas plus de fruits que le figuier desséché de la religion juive.

    Le "socialisme" n'est d'ailleurs que la nouvelle manière de dire "la politique", c'est-à-dire d'ajouter à la politique la dose d'hypocrisie nécessaire pour essayer de compenser sa pente naturelle vers l'anarchie. Que Benoît XVI compte après Adolf Hitler ou Joseph Staline redorer le blason du socialisme, alors qu'il n'a aucun des pouvoirs régaliens dont ces derniers disposaient pour appliquer leurs doctrines statiques, et que l'auditoire du pape se limite à quelques chaisières, deux ou trois confréries d'hypocrites patrons chrétiens, et un clergé essentiellement constitué de poules mouillées, c'est ça qui laisse pantois !

     

     

     

  • Scholies d'Origène

    Le mépris réservé par le clergé à l'évangile de Jean, le "fils du tonnerre", et notamment à la révélation de Patmos, que les théologiens aussi bien libéraux qu'archaïsants zappent, m'incite à publier mes propres scholies sur l'Apocalypse au plus tôt - vu l'heure tardive.

    Quand l'Apocalypse n'est pas ouvertement discréditée comme étant une obsession de théologien "millénariste" par un clergé complètement absorbé par les valeurs séculières, elle est subvertie par des romans ou des films qui rendent le canevas historique de l'Apocalypse complètement abscon. Maurice Dantec est un exemple de cette subversion, du détournement de la Révélation au profit du Pacte Atlantique assoiffé d'or noir et armé jusqu'aux dents, Pacte auquel l'islam n'est en mesure d'opposer qu'un judéo-christianisme médiéval sans réelle force militaire. Or, non seulement l'Apocalypse n'est pas une lubie millénariste, mais elle est indissociable de toutes les grandes révolutions théologiques au cours de l'histoire, qui ont profondément marqué l'Eglise elle-même, avant que la religion laïque ne prenne le relais. Les passages un peu mystérieux de l'évangile de Jean concernent d'ailleurs les mêmes sujets que les passages demeurés assez mystérieux des épîtres de Paul.

    Mais il y a encore pire que Dantec, et qui explique sans doute la manière stupide qui consiste pour ce dernier à défendre l'Eglise en n'hésitant pas pour ce faire à se travestir en suppôt mélancolique (veste de cuir et lunettes noires), c'est l'exégèse officielle, validée par les autorités ecclésiastiques, de l'Apocalypse, qui revient le plus souvent à la disqualifier, à en faire un texte apocryphe.

    Je prends un seul exemple, l'ouvrage récent du franciscain yanki Stéphane Doyle, o.f.m. ("A catholic perspective on the book of revelation") : celui-ci, en fait de "perspective catholique", fournit une interprétation du texte à laquelle un adepte du soufisme musulman, un bonze tibétain ou un druide breton pourrait souscrire. Certainement pas un catholique, pour deux raisons :

    - Stéphane Boyle insinue que l'évangéliste Jean (le préféré de Jésus), n'est pas le véritable auteur de l'Apocalypse (!), mais qu'il s'agirait plutôt d'un disciple de saint Jean le Baptiste. Sans apporter aucune preuve ! simplement parce que l'Apocalypse dénote d'une bonne connaissance de l'Ancien Testament de la part de son auteur. Argument totalement absurde qui révèle qu'un franciscain accrédité aujourd'hui, ignore non seulement ce que la doctrine franciscaine doit à l'Apocalypse, mais aussi la Pentecôte et les dons de l'Esprit qui ne laissent AUCUN des évangélistes dans l'ignorance de l'Ancien Testament, auquel tous se réfèrent COMME Jésus lui-même. Jésus abolit la loi ancienne du sabbat, mais en toute connaissance de cause et d'effet.

    Argument débile, donc, mais lourd de conséquence, presque aussi stupide que la thèse des pasteurs protestants yankis selon laquelle l'Apocalypse -ici on se retient d'éclater de rire- serait un pamphlet contre saint Paul. Le franciscain yanki S.C. Doyle partage la même fascination que le dominicain français Philippe Verdin pour la théocratie, indubitablement satanique selon saint Jean, et c'est ce qui pousse bien sûr Doyle à un travail de sapeur sous couvert d'élucidation, procédé bien pire que celui d'un gugusse comme Dantec, qu'on n'est pas tenu de prendre au sérieux.

    - Pour interpréter le sens du nombre 666, que la vision incite à interpréter, S.C. Doyle passe par la numérologie ou la "guématrie", c'est-à-dire par une sorte de science kabbalistique qui, elle non plus, ne participe guère d'une perspective catholique ou chrétienne. Il traduit ainsi le "code 666" par "Néron", en se gardant de s'appesantir sur la démonstration. C'est une autre manière, elle aussi sournoise, de discréditer l'Apocalypse en frappant le texte de caducité. Le code 666 est cité en Ap. XIII, non loin de la phase ultime. Si 666 = Néron, l'Apocalypse n'a plus rien ou presque à nous dire, c.q.f.d. Je relève que sur internet, un autre site ouaibe passe par la guématrie, une guématrie qui paraît plus sérieuse que celle de Boyle, pour démontrer que l'antéchrist n'est autre que... Benoît XVI (Ce qui n'est pas sans rappeler les attaques ad hominem de Dante Alighieri contre les papes simoniaques.)

    En outre ce franciscain n'en profite même pas pour dénoncer -ce qui est le minimum dans un ouvrage de ce type- la scandaleuse récupération par le nationalisme européen de la symbolique chrétienne. Doublement scandaleux le procédé des chrétiens libéraux atlantistes dans la mesure où la femme aux douze étoiles N'EST PAS Marie, mère de Jésus, et ne peut pas l'être ("Les Pères et les interprètes catholiques sont presque unanimes à reconnaître dans cette femme un symbole de l'Eglise" dixit le chanoine Crampon, qui n'est pas un hurluberlu comme S. Boyle, lui.)

    Aussi scandaleux car l'Apocalypse contient la condamnation sans appel de la doctrine nationaliste en général, les nations étant animées par le diable, et en particulier celle, européenne, de Maurice Schumann et Jean Monnet, nation peut-être "aryenne", napoléonienne, laïque, démocrate-chrétienne, tout ce qu'on voudra, mais sûrement pas chrétienne.

    En attendant de donner mes propres scholies, et puisque le temps me serre à la gorge comme tout un chacun, je fais la publicité des scholies attribuées à Origène, perspicace contrairement à Boyle, et dont je m'apprête à recopier ici même quelques extraits. Il faut signaler ici que toute exégèse "augustienne" de l'Apocalypse est plus ou moins oblitérée par le fait que saint Augustin est pénétré de principes platoniciens décadents gênants pour comprendre l'association dans l'Apocalypse entre le diable, la "bête de la terre", et la politique des nations, qui confirme s'il était besoin l'interdiction prononcée par le Sauveur lui-même de sacraliser toute institution humaine.

    Les sept étoiles et l'épée acérée (1,16)

    "Dans sa main droite il a sept étoiles et de sa bouche sort une épée acérée, à double tranchant, et son visage, c'est comme le soleil qui brille dans tout son éclat."

    Il est écrit au Psaume 56 : "Les dents des fils des hommes sont des armes et des traits, leur langue un glaive acéré." (Ps 56,5). Non que les paroles soient absolument condamnables ; si elles sont les armes des justes (Ep 6,17), des traits choisis et une épée honorable (Is 49,2), - car tous les fils des hommes combattent, les uns pour Dieu et sa justice, les autres pour le mauvais et le péché -, il ne faut pas non plus en douter pour ce qui est dit ici de celui qui est devenu Fils de l'homme et qui a dans sa bouche une épée tranchante.

    Il a dit lui-même : "Je ne suis pas venu apporter la paix sur la terre, mais le glaive" (Mt 10,34) et "un glaive qui peut pénétrer jusqu'à la division de l'âme et de l'esprit" (He 4,12). Les méchants qui méditent sur les fausses doctrines ont fortement aiguisé leur intelligence comme une épée acérée (Ps 64,4), pour la rendre capable de faire du mal à leurs auditeurs, mais les autres ont aiguisé leur intelligence dans les divines Ecritures, pour leur propre salut et pour le salut de leurs auditeurs : leur langue est devenue une épée acérée pour le salut ; car les méchants blessent comme une épée, mais les sages guérissent par leur langue (Pr 12,18) et blessent d'amour : le Sauveur nous a donc blessés de son amour (Ct 2,5).

  • Être Persan ?

    La fraude électorale -non pas les 60% d'abstention aux européennes, mais les trafics de bulletins de vote en Iran-, a provoqué ce matin une vive émotion chez les journalistes de "Radio Lagardère". Jean-Pierre Elkabbach se déclare même "moralement" choqué et accuse le coup en ne mâchant pas ses phrases. C'est un fait qu'on observe fréquemment chez les journalistes employés des trafiquants d'armes : ils ont la morale à fleur de peau ou pas de morale du tout. Les affaires sont une chose, et si les émirs arabes et la Chine insistent pour être nos clients, on ne peut tout de même pas les évincer comme ça, surtout en période de crise ; mais les affaires ne doivent pas empêcher d'avoir des principes par ailleurs. Démocrate ou voyou, il faut choisir, sinon plus personne n'aurait de principes, vu que tout le monde a des affaires.

    Bon, cela dit personne n'est vraiment dupe de Jean-Pierre Elkabbach et de pourquoi il rêve d'une révolution en Iran qui ferait le boulot à la place des GI's yankis et permettrait au monopole nucléaire de faire la grasse matinée au lieu de se faire jeter du lit sans ménagément par ses créanciers. Non, le vrai faux-derche sur "Radio Lagardère" c'est Pierre-Louis Batz. Celui-là avec sa philosophie de supporteur de football de gauche à la Bégaudeau me flanque vraiment la nausée. Je devrais changer de station de radio, mais je n'y arrive pas ; j'ai trop peur de découvrir que c'est exactement la même morale hypocrite sur les autres stations, la même musique de merde, le même humour vulgaire, la même putasserie publicitaire... En un sens je crois que ça me rassure de me dire que tous les pires enfoirés sont regroupés dans une seule station.

    (Au cas où d'autres blogueurs seraient intéressés, et vus que les blogueurs sont régulièrement attaqués par les médiats subventionnés par l'industrie pour leur "manque de professionnalisme", si un Prix du Journaliste professionnel le plus veule de l'année 2009 était décerné, je serais prêt à faire partie du jury. Et si cette noble académie existe déjà, merci de me tenir informé.)

  • Obamamania

    Le discours plein de bons sentiments de Barack Hussein Obama à l'égard de l'islam écarte-t-il le risque d'une attaque de l'Iran par les forces du Pacte Atlantique ? Seul un imbécile peut croire que ce sont des raisons sentimentales qui ont poussé les Etats-Unis à changer leur fusil d'épaule vis-à-vis de Saddam Hussein. Le gouvernement français a-t-il déclaré la guerre à l'Allemagne en 1939 parce qu'il était choqué par les dicours d'Hitler ? La réalité et les processus historiques sont un peu plus compliqués que les documentaires d'"Arte" qui, dans le meilleur des cas, ne jettent sur les faits qu'une lumière électrique blafarde.

    Léon Blum, beau parleur lui aussi comme Obama, voulait la guerre contre l'Allemagne, puis il a été soulagé que les accords de Munich la repoussent... avant de la vouloir de nouveau.

    John Kennedy a beau avoir un côté "sexy et sympathique" et s'être gargarisé des Droits de l'Homme tout au long de sa carrière comme un bureaucrate s'asperge de Guerlain pour Homme avant d'aller poser son cul dans un bureau à La Défense, il n'en reste pas moins l'un des présidents des Etats-Unis les plus assassins.

    Le débarquement en Normandie, célébré avec tout le faste républicain qui s'impose, non plus décisif dans le triomphe des forces alliées en 1944 que les bombes atomiques larguées sur le Japon, ce débarquement a fait près de vingt mille victimes la plupart innocentes en Normandie. Que faisaient les troupes anglaises dans les barges de débarquement, si ce n'est repousser un peu plus loin, non pas les forces allemandes dont la défaite était prévisible, mais l'Armée rouge. 

    Le vent de stupidité que les médiats et les politiciens soufflent sur des troupeaux d'électeurs dociles est tel désormais qu'on parvient à faire croire que dans une économie mondialisée où les cartels multinationaux font la loi, où les groupes de pression sont officiels, la décision de faire la guerre ou pas repose sur un homme SEUL ?! Il ne s'agit même pas de discuter la démonstration de Marx que l'économie capitaliste entraîne inexorablement ses acteurs vers le conflit armé, mais carrément d'effacer les faits historiques.

    Que l'amour-propre des mollahs iraniens se trouve mieux des déclarations d'Obama, c'est une chose ; l'histoire en est une autre et son oblitération complète par les idéologies nationalistes qui se sont succédées en Europe au cours des deux derniers siècles n'est certainement pas sans rapport avec le processus guerrier. Les nations guerrières n'ont pas d'Histoire, en quelque sorte, et c'est pourquoi on devine, derrière le nationalisme, quel que soit son échelle, la main de Satan. Le nationaliste, dans le nouveau Testament, c'est Judas Iscariote, qui prend Jésus pour un nouveau Moïse sans comprendre la radicale nouveauté du message évangélique.

  • L'Arche européen

    Grâce à la crise le caractère mystico-religieux de l'Europe apparaît plus clairement, derrière le mobile capitaliste. Si bien peu de travail a été accompli depuis la "Libération" dans le sens de l'unité des nations, en dehors de la législation monétaire et agricole, c'est que les cartels craignent une surveillance accrue de l'administration sur leurs activités ; les Etats-Unis d'Amérique sans les fonctionnaires du Trésor et l'administration fiscale yankis, voilà le rêve brisé par la crise. Ne reste plus que la coquille idéologique : le nationalisme européen. Or le véritable ciment du nationalisme, depuis le XVIIe siècle, c'est la guerre.

    Les politiciens, y compris d'extrême-gauche, sont comme "possédés" par l'idée européenne. La position d'Olivier Besancenot est absurde. De quelle sorte d'Europe veut-il, s'il ne veut pas d'une Europe capitaliste ? La politique colbertiste puis jacobine n'a pas de sens historique en dehors du mobile économique capitaliste. L'internationale prolétaire communiste était destinée à renverser les cartels industriels et bancaires, auxquels les syndicats semblent désormais sentimentalement aussi attachés que les parlements le sont cyniquement. L'idéal européen de Besancenot apparaît donc comme une sorte de néo-stalinisme additionné d'une dose de métissage culturel, sur le modèle yanki ; cet idéal est complètement étranger à Marx ou même Che Guevara. Le principal facteur de métissage, hier comme aujourd'hui, au demeurant, c'est l'esclavage. En soi le métissage n'a pas plus d'intérêt que l'épuration aryenne de la race.

     

    *


    Mais c'est plutôt Daniel Cohn-Bendit qui bat tous les records de crétinisme, ce qui n'est pas étonnant vu que l'énergumène doit presque toute sa légitimité à une série de sketches télévisés.

    La religion de Cohn-Bendit est le pacifisme, dit-il ; la réconciliation du peuple allemand et du peuple français seraient à mettre au crédit de l'Europe, selon lui ; ce connard de bobo a-t-il jamais ouvert un bouquin d'histoire de sa vie ? Les populations françaises et allemandes ne se sont jamais "haïes", c'est complètement grotesque. Les deux nations ont été dressées l'une contre l'autre par leurs élites, essentiellement pour des raisons économiques et financières. L'hostilité à la philosophie germanique est le fait de Marx et d'intellectuels communistes au XIXe et XXe siècles, ainsi que de quelques écrivains catholiques isolés comme Léon Bloy ou Ernest Psichari, Péguy (le cas de l'athée Maurras mis à part, étant donné qu'on peut difficilement faire plus boche que Maurras qui pousse le vice jusqu'à aimer la religion sans Dieu, trait de caractère typique d'une femelle germanique)... mais les peuples allemand et français n'ont rien à voir dans les déclarations de guerres barbares qui ont opposé l'Allemagne à la France au long des XIXe et XXe siècle. La plupart des poilus interrogés après la guerre de 1914-18 déclaraient ignorer tout des motifs ayant entraîné leurs chefs à les mobiliser.

    Drieu La Rochelle dans son "Journal" -que Cohn-Bendit est sans doute beaucoup trop sectaire pour apprécier-, ne cesse de souligner pour la déplorer, mais peu importe, l'absence de combativité des Français en 1940.

    Cohn-Bendit ne fait donc que reprendre les termes de la grossière propagande gaulliste, de ce parti nationaliste à demi-mafieux qui a certainement causé beaucoup plus de tort à la France que n'importe quel autre parti au cours du siècle dernier. De Gaulle n'a d'ailleurs jamais eu que l'estime d'une frange de la bourgeoisie et très peu celle du peuple, encore moins que Pétain, à qui le peuple des soldats savait au moins gré d'avoir épargné quelques vies au cours de la bataille de Verdun.

    Comme quoi on peut être un Juif apatride comme Marx et n'être pas pour autant une lumière. La race judéo-boche de Cohn-Bendit ne fait pas pour autant de lui un élu.

    (Un type comme Besancenot ne devrait pas laisser passer un tel mensonge, car l'inculpation des peuples est une des principales stratégies de la bourgeoisie pour dissimuler sa responsabilité dans les marées de sang versé.)

     

  • Dieudonné en campagne

    Conformément à sa théologie qui veut qu'on peut très bien être antisioniste et ne pas pour autant haïr les Juifs, les amalgamer, Dieudonné a placé sur ses affiches un rabbin.

    Exploitation du scandale médiatique se disent certains en regardant l'affiche, l'effet de surprise passé. Il est vrai que les médiats, eux, n'ont jamais, ô grand jamais, exploité la banlieue et son championnat de stock-car. Cette affiche c'est "Plus Belle la Vie", et voilà tout.

    S'offrir les services d'un VRP comme BHL n'est d'ailleurs pas très malin de la part du parti atlantiste. Quoi que puisse dire BHL, ça n'aura pas d'écho à l'extérieur de son club d'intellos du PS, atlantistes déjà convaincus et forcés de l'être. Tandis qu'un antisioniste qui fricote avec un rabbin, c'est quand même plus original que l'humour gras de "Rabbi Jacob", d'un cinoche populaire qui se fout de la gueule du peuple.

    (Dommage que le parti de Dieudonné n'ait pas les moyens de se payer une photographe compétent.)


  • Ad Mariam Europa !

    Les promoteurs démocrates-chrétiens de cet étrange manège qu'est l'Europe, dont le pacifisme est aussi bien dissimulé que la charité dans un sermon janséniste ou le christianisme dans le "Parti orange" de François Bayrou, ces promoteurs n'ont pas hésité à mettre le Nouveau Testament au service d'un projet pharaonique. On pourrait même faire tout un florilège de paroles d'Evangile que les démocrates-chrétiens ne veulent pas entendre voire, pire, de paroles qu'ils ont converties en devises de singes, à commencer par : "Mon Royaume n'est pas de ce monde."

    "Puis il parut dans le ciel un grand signe : une femme revêtue du soleil, la lune sous ses pieds, et une couronne de douze étoiles sur sa tête. Elle était enceinte, et elle criait, dans le travail et les douleurs de l'enfantement." Ap. XII,12.

    C'est ce passage de saint Jean qui a été détourné par les "parrains" de l'Europe lors de sa mise à flots, et répété depuis comme une antienne, sachant que l'ancrage du christianisme dans la géographie est impossible sans des contorsions théologiques doublées de mensonges historiques. Pour bâtir la thèse d'une Europe "latine", il faut beaucoup plus de mythomanie que d'Histoire.

    C'est ici que s'insère la critique de Voltaire, car la calote dont le catholicisme a été recoiffé malgré toutes les admonestations de Jésus contre l'édification d'un royaume terrestre, cette calote est un couvre-chef de plaideur romain, dont le surplis pourpre recouvre tout le branlement canonique (C'est ici qu'on voit aussi que Nitche, "libertin hypermoraliste", est bel et bien un imbécile comparé à Voltaire.)


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    La femme revêtue du soleil, la lune sous ses pieds, a été indentifiée à Marie, mère de Jésus, et les douze étoiles du drapeau européen sur fond d'azur interprétés comme un symbole marial. Jamais aucun théologien sérieux n"a soutenu une telle blague, que la suite du texte interdit (où un séjour prolongé dans le désert de cette femme est peint, femme qui donne ensuite naissance à plusieurs enfants) : premier mensonge qui en entraîne un deuxième plus grave, puisque cette distorsion jette un voile sur la Révélation. En effet la femme revêtue du soleil, symbole comme l'or de la Foi, c'est l'Eglise de Jésus. La substitution relève bien du sabotage historique. Le subterfuge de la part des "parrains" vient peut-être de ce qu'ils craignaient de heurter avec leur propagande des nations protestantes comme l'Allemagne ou les Pays-Bas, l'Angleterre ? La dévotion mariale des luthériens a peut-être été jugée une astuce plus flatteuse ?

    (Dans certaines Eglises protestantes yankies, on déduit que la femme de l'Apocalypse est "Israël". La logique de l'Ecriture est à peine moins altérée que d'en faire Marie ; il s'agit encore là d'une dérive du "judéo-christianisme", c'est-à-dire de la doctrine qui consiste à peu près à additionner l'Ancien Testament et le Nouveau et non à les confronter véritablement, comme le Sermon sur la Montagne y invite, confrontation d'où naît la bonne intelligence du Paraclet. Comme le judéo-christianisme "romain", son cousin yanki a pour effet de substituer Moïse à saint Paul et de déboucher sur une autre forme de Léviathan, un sionisme tout aussi géographique et non moins absurde. Dès la Genèse d'ailleurs, à la suite du combat de Jacob avec l'ange de la fin du temps, Israël devient "la maison de Jacob" dont certaines tribus regagnent le sein d'Abraham (Gen. XLIX, 1-27).


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    La résurgence d'un parti catholique ou chrétien est plus que jamais illusoire en Europe, un fantasme laïc entretenu avec soin, mais la formule diabolique de Hobbes, qui contient les ferments des constitutions agnostiques ultérieures, elle, persiste.

    Les démocrates-chrétiens européens prêtent donc à leur Eglise la virginité de Marie, comme s'ils se disaient à propos de cette Eglise : "Pourvu qu'elle ne soit pas une putain !"