A propos de la tentative de viol et de l'assassinat d'Anne-Lorraine Schmitt, une jeune stagiaire du Courrier Picard et de Valeurs actuelles dans le RER D du côté de Creil, le principal n'a pas été dit dans la presse. On s'est contenté de larmoyer et de crier au scandale de l'insécurité dans les transports en commun. C'est ça, on peut toujours rêver d'un monde parfait où il n'y aurait ni violeurs, ni assassins, ni pick-pockets…
Ce fait divers sanglant est pourtant significatif à plus d'un titre des "valeurs actuelles" démocratiques.
Certaines questions se posent lorsqu'on n'est pas spécialement manichéen, comme : que faisait cette fille à peine sortie des jupes de sa mère, seule, un dimanche matin, dans le RER D ? Pour quel bénéfice les photos de famille de la victime ont-elles été jetées en pâture dans la presse à scandale (Paris-Match) ?
Lorsqu'un père de famille musulman se fait pincer à exercer des pressions sur sa fille pour retarder son émancipation, il est aussitôt la cible de tous les médias. Haro sur l'obscurantiste !
C'est sans doute parce qu'elle s'est défendue contre son violeur que Mlle Schmitt a été tuée. Il ne s'agit peut-être que d'un réflexe, et elle a sous-estimé son agresseur. Dans son homélie funèbre, le prêtre a traduit que la jeune fille avait "défendu sa chasteté jusqu'au martyre" ; je ne peux pas m'empêcher de voir dans cette interprétation le vieux puritanisme démocratique. Qu'est-ce que ces salamalecs signifient ? Qu'une jeune fille qui aurait préféré sa vie au reste aurait eu tort ? Chaste, mais morte : ça c'est intelligent.
On instruira bientôt le procès de l'assassin. La société, elle, s'en lave les mains. Responsable mais pas coupable.
Lapinos - Page 135
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Autopsie d'un meurtre
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Retourné !
J'étais curieux de voir comment Alain Soral se débrouillerait à la télé. Les occasions de voir des dissidents dans le poste se font de plus en plus rares depuis que Polac est mort.
Soral voudrait-il tout dire d'un coup, ses déboires littéraires, sa haine de la démagogie, cela tournerait-il au gargouillis confus de son pote Nabe, plus à l'aise avec un stylo qu'avec un micro ?
Mais, très vite, la jeune féministe maghrébine Houria Bouteldja a capté toute mon attention. En moins de temps qu'il ne faut pour le dire elle a fermé son clapet à ce barbon pontifiant d'Alain Touraine, prix Alzheimer de la pensée démocratique. Rien que pour ça, merci Houria.
Plus amusant, elle a forcé Dominique Jamet à admettre l'existence d'un "lobby juif" en France. Pauvre Jamet, il passe son temps à essayer de faire oublier le passé collabo de son père, et voilà Houria qui met les pieds dans le plat !
Pour un peu, je tombais amoureux.
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Le temps des "Experts"
Sarkozy ne parle pas d'"historiens" mais d'"experts". A force de fréquenter des beaufs milliardaires et des journalistes idiotes, ça finit par déteindre sur son vocabulaire.
Il est vrai que parler d'historiens dans un pays où les historiens sont fliqués par la loi Gayssot, où les bouquins et les disques sont "certifiés non-conformes" par la FNAC, dans un pays où l'enseignement de la morale républicaine manichéenne passe par l'enseignement de l'histoire au collège et au lycée, c'est plus pudique de parler d'experts.
Essayez de causer histoire avec un gaulliste, immanquablement vous basculerez dans la "mythologie De Gaulle". Peu de chance que Sarkozy demande pardon pour la politique de décolonisation criminelle de De Gaulle, "du pétrole contre des harkis", lui qui pratique les droits de l'homme à géographie variable.
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Plus précisément je dirais : des experts en déminage, vu que l'histoire contemporaine est un terrain miné.
La propaganda capitaliste vise à faire le maximum de bruit autour des crimes d'Hitler, comme si la bourgeoisie libérale allemande, les Krupp, les Thyssen, Von Papen & cie, n'avait pas vu en Hitler un homme providentiel - d'autre part le maximum de bruit sur les crimes de Lénine et de Trostski, comme si ce n'était pas la guerre de 14-18 avant tout qui avait abattu le régime tsariste et plongé l'empire russe dans l'anarchie.
Omerta en revanche sur les crimes des Yankis, des Britanniques et, accessoirement, des Français, vu que ceux-ci n'ont joué qu'un rôle accessoire, se contentant de déclarer la guerre à l'Allemagne, en quelque sorte. Les Français sont toujours fortiches pour les grandes déclarations depuis la Révolution, c'est bien connu.
L'accusation de révisionnisme peut péter à la gueule de l'historien-expert contemporain à n'importe quel moment s'il se montre imprudent, ne serait-ce que dans le choix des mots. En France on n'a jamais connu une telle censure auparavant, sauf peut-être sous Napoléon.
Un exemple tiré de la Quinzaine littéraire (16-30 novembre) ; un certain Enzo Traverso y rend compte de l'ouvrage d'un expert anglo-saxon, Christopher Browning, au style de garagiste d'ailleurs tout à fait typique de l'expert patenté.
Où on démontre que la "Solution finale" est une construction intellectuelle a posteriori (une bombe !) tout en martelant cette expression de "Solution finale" comme pour mieux l'ancrer dans les esprits faibles. L'historien-expert sait faire la part de l'histoire et de la propagande. Il compte sur les romanciers débiles comme J. Littell pour élever la propagande au rang de chef-d'œuvre.
"(...) Ils caressaient [les nazis] le projet de les déporter à Madagascar, un projet auquel ils ne renoncèrent que pendant l'automne 1940, lorsqu'ils comprirent que la résistance britannique en entraverait la réalisation."
"La naissance des ghettos en Pologne (...) ne s'inscrivait pas encore dans un projet meurtrier. Elle visait à résoudre, en termes pratiques, le problème de la colonisation germanique du Wathergau. Résultat d'une interaction complexe entre choix idéologique, stratégie militaire, politique de colonisation des territoires conquis et "dynamique bureaucratique" des multiples segments de l'administration nazie."
Au centre de l'"interaction complexe", comme dit ce cuistre, il y a surtout la défaite militaire de l'Allemagne nazie, son entêtement ainsi que celui des Anglo-saxons à persévérer dans une guerre perdue pour l'Allemagne dès 1941-42. La souffrance des prisonniers allemands n'a d'équivalent que la souffrance des populations civiles allemandes au même moment.
Pour gommer l'impression défavorable que son bouquin pourrait laisser à une cervelle contemporaine, malgré ses précautions, on ne sait jamais, Browning compense avec un témoignage pour illustrer la cruauté des nazis.
"Je vise déjà calmement et tire fermement sur un grand nombre de femmes, d'enfants et de bébés (...) les bébés volent en l'air dans un large cercle et nous les abattons en vol avant qu'ils ne tombent dans une fosse et dans l'eau."
Ce témoignage est censé être celui d'un policier viennois, W. Mattner, écrivant à sa femme (!). Cherchait-il un prétexte pour qu'elle le quitte ? On peut s'interroger sur la valeur d'un tel témoignage et sa présence dans un bouquin d'histoire sérieux ; un témoignage de nature à faire sourire un autre genre d'expert - en balistique cette fois.
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La Révolution contre L'Evolution
Mon pote H. insiste pour que nous allions visiter la Grande galerie de l'Evolution. Jusque-là j'avais dit non, comme un païen qui hésite sur le seuil d'une cathédrale gothique. Mais mon tempérament d'enquêteur a repris le dessus. Crachons par terre tout de même avant d'entrer.
Je suppose que c'est le buste de Lamarck qui trône au milieu. C'est toujours mieux que celui de Darwin. Lamarck aurait-il approuvé cette mise en scène macabre, ces squelettes d'enfants, ces foetus humains exposés à côté de ceux des singes et des lézards ? J'en doute. Lamarck n'est pas un homme du XIXe, c'est un moderne.
Tout ça est cousu de fil blanc. Même les dinosaures ont l'air truqués. Mélange de reconstitution et de fragments, les gros sabots de Kant, de Darwin, de Nitche. Où sont passés le naturalisme, l'esprit critique, la science de l'Occident ?
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Lévi-Strauss exprime au nom de l'ethnologie ses réticences vis-à-vis de l'évolutionnisme. Mais il en reste au stade du constat de fait. On ne peut pas demander plus à un libéral.
Les Etats-Unis ont subsisté sur les acquis de la science nationale-socialiste allemande pendant quarante ans. Ils croient qu'avec leurs dollars ils pourront débaucher en Inde, en Asie ou en Russie les meilleurs savants et entretenir l'illusion. Ils se trompent, seuls les médiocres trahiront. La science et l'humanisme authentiques se moquent de l'Argent.
A l'avenir les grandes découvertes scientifiques seront le fait des musulmans ou des orthodoxes. Crétins mélancoliques libéraux qui pensent que l'Histoire s'est arrêtée : Philippe Muray ou Tilinac.
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Maurras comme Rousseau
Les royalistes maurassiens ne sont que des démocrates-chrétiens comme les autres. Plus purs sans doute, moins compromis avec les bourgeois libéraux capitalistes du "Monde" ou du "Figaro", mais n'empêche.
La preuve : l'hommage funèbre de Pierre Pujo prononcé par Paul-Marie Coûteau, gaulliste décadent, idéologue républicain chevènementiste de la pire espèce. Après trente ans d'inaction française, à quoi pense "L'Action Française 2000" ? A renouveler le bail.
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Odeurs de Paris
J'ai l'odorat très fin. Je serais capable de renoncer à une femme rien qu'à cause de son parfum, et je préfère de loin l'odeur des nègres à celle d'une femme qui s'est aspergée de Gaultier, de Mugler ou de Lacroix après le p'tit-déj' pour aller au turbin. Je change de wagon. Gênant aussi une jeune gonzesse qui porte le même parfum que ma grand-mère ou que la voisine cacochyme.
Le métro, lui, il a plusieurs odeurs. La ligne 14, par exemple, qui permet de contourner les grèves, sent le soufre, rapport à la profondeur où elle est enterrée. L'odeur de caoutchouc brûlé de la ligne 4, pour moi c'est celle-là l'odeur de Paris vu que lorsque j'étais môme mon père m'emmenait de Normandie en excursion jusqu'à la capitale visiter un oncle excentrique qui créchait près de la ligne 4.
Mais l'autre jour, je dois dire que c'est le bruit qui m'a frappé, pas l'odeur, tandis que je fermais les paupières pour me recueillir un peu et prier pour l'humanité décadente transportée cahin-caha d'un point inconnu à un autre. Je ne sais pas où ils vont, mais je le sais mieux qu'eux. Un bruit de bottes. Toutes ces femmes en bottes, c'est plus qu'inquiétant : effrayant. C'est le retour de la Gestapo, une Gestapo sans couilles, mais peu importe, le poison est aussi efficace que la matraque ou le fusil.
Toutes ces valeurs actuelles nazies, de mon strapontin, sont presque palpaples : républicanisme laïc, nationalisme, avortement, évolutionnisme, automobile, gadget technologique, cinéma, transpirent de tous les pores de ces mecs, de ces gonzesses, de ces gonzesses-mecs et de ces mecs-gonzesses...
Lorsqu'une bobo de trente ans me sourit, je lui rends un sourire gêné. Beauté d'un jeune musulmane voilée qui accepte mon hommage en baissant les yeux. Je suis peut-être plus isolé qu'elle dans cet âge de ferraille ?
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L'existentialisme est un onanisme
Evelyn Waugh a écrit un seul roman existentialiste, L’épreuve de Gilbert Pinfold. Lorsqu’on le lit il se passe exactement la même chose que lorsqu’on lit les œuvres politiques de Rousseau (ou de J. de Maistre) : on étouffe un bâillement.
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Télévision et courte vue
Vu que Sarkozy est tout le temps dans la télé, il devrait se produire entre sa déroute et la prise de conscience de sa déroute comme un léger différé. Perfectionnement démocratique oblige, les directs se font de plus en plus rares. On se souvient que même Chirac, pourtant un peu plus classique, a continué de parler dans le poste aux Français encore une fois ou deux alors qu'il était déjà "out".
Philippe Sollers, lui, pense que Sarkozy sera réélu. C'est ça la littérature aujourd'hui, il faut miser sur le bon cheval. Des Philippe Sollers on en croise plein au bord des champs de course en province, l'oeil vif, pétillant.
Mais l'avis de Sollers sur Sarkozy n'est que l'avis d'un homme de télé sur un autre homme de télé. On peut le prendre à la légère. Que Sollers soit déjà "out" depuis hier, ou pas avant demain, quelle différence ça fait ?
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Table rase de la télé*
*En remplacement de la chronique de Patrick Besson, trop occupé à cirer les pompes de BHL.
"Flash back" sur Danielle Mitterrand, l’Antigone du Parti Socialiste : je comprends mieux François Mitterrand. Danielle est laide mais elle est jeune. Comme dit le poète romantique Hogarth : « La beauté, c’est la vie. » Une beauté que le cinéma et la télé sont à peu près incapables de rendre. Le cinéma c’est la mort. Dans le meilleur des cas une danse macabre : Charlie Chaplin.
Mais je m’égare. Danielle Mitterrand remonte aux temps héroïques. Je l’imagine en cotte de mailles, escortée de quelque vengeur masqué, faisant pendre haut et court les traîtres du parti socialiste par charettes entières.
Il y a deux façons de voir François Mitterrand. Comme celui qui a ouvert la boîte de Pandore et déchaîné les baveux, la presse, cet organe qui charrie la merde comme une canalisation d’égout. Ce point de vue est un peu anachronique vu que Giscard avait déjà ouvert largement les vannes de la modernité version gadget libéral.
Ou alors on peut voir Mitterrand comme un homme seul, impuissant à faire la révolution antilibérale. C’est pas les imbéciles et les traîtres qui ont manqué dans son entourage. Pour les imbéciles il y a Mauroy, Rocard, Dumas, la liste est longue. Pour les traîtres il y a Jacques Attali, évidemment, mais aussi Lionel Jospin. On peut être un imbécile ET un traître. Lent suicide de cet homme couvert de femmes après son échec. -
Radio libre
Sur “Europe 1”, surnommée “Radio-Sarko n°1”, on ne compte plus les décérébrés, Jean-Pierre Elkabbach en tête, vieux et moins vieux valets du système pub+blablabla ensuite : Jean-Luc Morandini, Pierre-Louis Batz, Julie Leclerc, Karen Chéryl, Philippe Tesson. Moi je dis qu’au “Figaro”, ils peuvent presque être jaloux de l'équipe de "Radio-Sarko n°1".
Évidemment la boutique ne serait pas complète sans une chronique “politiquement incorrecte”, d’un certain Frédéric Bonnot, qui fait une sorte de revue de presse vaguement antisarkozyste, assez pour abuser les crétins "de gauche" qui écoutent encore cette station. -
Slogan marxiste
"SARKOZY, T'ES FOUTU, LA REALITE EST DANS LA RUE !"
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Reader indigest
Pas une ligne sur les mille pages que compte ce catalogue aux éditions Quadrige, pas une ligne consacrée à Simone Weil ! Même Simone Weil, ce cuistre a dû la trouver trop révolutionnaire…
Socialiste, parti, France, etat, politique, nicolas sarkozy, pouvoir, marine le pen, europe, etat, chine, etats-unis, communiste, pouvoir, ministre, finance, ump, attac, philippe de villiers, grande-bretagne
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L'œil du cyclone
« Ainsi c’est donc ça, Raymond Aron ! je me dis en parcourant en diagonale une grosse compilation - Les sociétés modernes -, non pas la sagesse et la modération qu'on prétend, mais plutôt une sorte de bouddha, un gros néant… »
Je m’y attendais un peu, mais pas à ce point. Les sociétés modernes, il y a tout l’ennui de l’université contemporaine dans ce machin-là, ses fausses leçons, ses fausses grèves, ses fausses révolutions. Rabelais est mort, Céline hante les charniers de la démocratie.
« Essayons tout de même de trouver un point d’appui là-dedans. », je conclus, pragmatique. Marx a prouvé qu’on peut partir d’une philosophie décadente, celle de Feuerbach, pour retrouver l’esprit de l’Occident : foi et raison. Même preuve par Bloy, Péguy.
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Raymond Aron se veut centriste. Le centrisme, c’est aussi la posture de Sarkozy. Le centre de Sarkozy, en réalité, c’est l’œil du cyclone médiatique, ce tourbillon qui l’engloutira.
Comme Sarkozy est le représentant de commerce de la France, Aron est le représentant de commerce de la philosophie, avec son catalogue sous le bras.
Pourquoi Aron préfère-t-il l’aveuglement de Tocqueville à la lucidité de Marx ? Ou Durkheim et Weber, leurs petites définitions de sociologues impuissants ? Mieux que ça, cette outre d’Aron se goure au point de faire de Thorstein Veblen (!) un esprit plus fort que Marx.
En tant que centriste, forcément, Aron s’efforce d’entretenir le mythe libéral de la “gauche” et de la “droite”. Sans lui, le centre s’évanouit. Au plan idéologique on peut réduire l'idéal libéral au vieux manichéisme. On retrouve celui-ci dans tous les dogmes libéraux : l’évolutionnisme, le racisme, l’antiracisme, l’égalitarisme, le féminisme, etc. Bernard-Henri Lévy se cache derrière les nazis comme Hitler se cachait derrière les juifs.
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Pourquoi Aron se trompe systématiquement ? Parce que Weber et Veblen ne sont pas révolutionnaires, contrairement à Marx, voilà le mobile d’Aron. Un jugement de classe ; faire passer pour universel un jugement de classe. C’est le contraire de la politique.
Décidément Aron a tout pour plaire aux bobos. Une parodie de philosophe pour une parodie de bourgeoisie. -
Progrès et Néant
Devant un haut-relief sculpté du XVIIe siècle, une allégorie de la Charité allaitant deux enfants dodus et distribuant des fruits à deux autres, un groupe de lycéens venus se cultiver en masse sous la houlette d'un professeur super patient. Séquence devinette : «S'rait pas la mère de Jésus, des fois, M'dame ?», lance le plus éveillé. Vu qu'il "brûle", la prof le laisse deviner encore un peu.
On voit que les vains efforts du journaliste Jacques Duquesne pour démontrer que Jésus faisait partie d'une famille nombreuse recomposée n'ont pas été si vains. Je ne suis pas sûr que la méthode historico-critique de Benoît XVI fasse le poids face à Jacques Duquesne et à ses réclames dans le "Figaro".
Ces gamins issus de l'Education nationale, tout ce qui est cohérent dans l'art, tel un relief sculpté du XVIIe siècle, ils l'assimilent comme par réflexe à Jésus ou à l'Evangile. Enlevez la science, il reste l'instinct. Voilà pour l'œuvre moderne de l'école républicaine.
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Table rase de la télé
Le psychanalyste Gérard Miller qui dénonce les astrologues et l'astrologie comme une imposture scientifique, c'est l'hôpital qui se moque de la charité !
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Le polygraphe Philippe Sollers défend l'enseignement de la littérature à l'université. Très bien tant que ce n'est pas la littérature de Philippe Sollers.
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Même Jean-François Kahn et son frère Axel jugent qu'il y a quelque chose de pourri dans la République française. Même eux... Sarkozy est en quelque sorte la goutte qui fait déborder le vase d'aisance bourgeois. Mais il ne faut pas demander à des libéraux de gauche comme les frères Kahn autre chose qu'un simple constat de fait.
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Danielle Mitterrand et Eric Zemmour s'entendent pour condamner le capitalisme et le néo-colonialisme yanki. Mais pour l'instant ils n'envisagent pas de démissionner du PS ni du "Figaro". C'est ce qu'on appelle une stratégie collaborationniste.
Danielle prétend qu'avec l'ouverture des archives, on va découvrir que son François était un grand résistant et que sa francisque n'était en fait qu'une couverture. Cocufiez votre femme : ou elle vous quitte avec une pension, ou elle vous voue un amour aveugle et éternel.
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Benoît Julliard, président de l'UNEF, contre Valérie Pécresse, ministresse : match de nuls 0-0.
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Le Libéralisme pour les Nuls
- DROITS DE L'HOMME : S'en souvenir entre la poire et le fromage dans un dîner d'affaires. Les oublier ne serait pas pragmatique. Nommer un ministre pense-bête.
- VILLIERS-LE-BEL : Décalage croissant entre la toponymie et le Progrès et l'Evolution. Nommer une commission pour effectuer une mise en conformité.
- FACHISTE : Le voisin d'en-face. S'il y avait moins de fachistes, ça irait mieux.
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L'Essence de la démocratie-chrétienne (II)
“L’essence de la démocratie”, “L’essence de la pensée démocrate-chrétienne”, c'est une allusion à Feuerbach, quand même moins nul que Kant ou Nitche.
Il faut signaler la médiocrité des exégètes marxistes français ici. On ne peut pas affirmer que Marx emprunte à l’athéisme de Feuerbach sans remarquer également l’opposition presque radicale de leurs modes de raisonnement. Marx est un antiphilosophe qui rejette le raisonnement dit “ontologique” de Feuerbach, c’est-à-dire un raisonnement spéculatif et antihistorique, antipolitique. Nul n’incarne mieux que Marx le retour à la raison grecque, à ses principes écartés par la bourgeoisie et par les barbares yankis.
Feuerbach, n'est qu'un philosophe aimant les sophismes.
On a tort de croire que Marx a exercé une influence sur la société française, à l'exception de quelques historiens subtils. Les élites en France sont républicaines ou démocrates-chrétiennes, tournées vers le passé, attachées à de vieilles lunes, et par conséquent imperméables à la modernité de Marx. On confond Marx avec Trotski, alors que celui-ci n'est qu'un opportuniste, comme ses disciples français, Lionel Jospin en tête. Quel rapport entre le jargon idéologique de Lionel Jospin et Marx ? Encore faut-il reconnaître à Trotski et à Lénine le mérite d'avoir importé en Russie la pensée occidentale de Marx.
Le marxisme chez nous a largement été étouffé par les palinodies de Sartre, prophète de l’égotisme bourgeois, les mièvreries de Debord ou de Baudrillard, qui plaisent tant aux bobos. Sous prétexte d’actualiser Marx, on n'a fait que le désamorcer.
En revanche, oui, les sophismes de Feuerbach imprègnent largement les dogmes démocratiques en vigueur. On peut d’ailleurs dire de Feuerbach qu’il est le trait d’union entre la pensée démocrate-chrétienne et le paganisme. Un démocrate-chrétien qui lirait L’essence du christianisme plutôt que Harry Potter ou Johnatan Littell, il se verrait dedans comme dans un miroir.*
Quelle est la théorie de Feuerbach ? De façon systématique (et assez fastidieuse), Feuerbach s’applique à “retourner la chaussette” ; ce n’est pas Dieu qui a créé l’homme à son image, mais l’homme qui a créé Dieu à son image.
L’erreur de Feuerbach est assez criante et elle a certainement frappé Marx et Engels, dont l’enthousiasme pour Feuerbach fut passager. C’est typiquement une erreur de puritain et d’iconoclaste protestant. D’ailleurs l’idéologie, en général, n’est-elle pas une forme de puritanisme, un dégoût des choses matérielles et de la peinture dont la société de consommation et le cinéma sont l’aboutissement logique ? Il n’y a pas de paradoxe dans cette société yankie puritaine dont l’économie repose de plus en plus sur l’escroquerie, l’abus de confiance et la prostitution.
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Feuerbach, qui prend pour référence non pas la religion catholique mais le protestantisme, plus authentique selon lui (plus pur, croit-il), et une partie de la théologie chrétienne, confond religion et théologie. Pourquoi ? Parce que c’est lui-même un théologien, un athéologien si on veut. La théologie est l’opium des intellectuels, voilà en réalité la démonstration involontaire de Feuerbach.
Il croit démontrer que l’homme a inventé Dieu à son image alors qu’il prouve, ce n’est pas faux et c’est ce que Marx a retenu, que la théologie n’est qu’anthropologie. On n’est pas loin de ma démonstration que la pensée démocrate-chrétienne tend à n’être qu’un paganisme ordinaire.
Ce que Marx a emprunté à Feuerbach, c’est seulement la volonté de gratter les sépulcres blanchis de la bourgeoisie, de s’intéresser aux mobiles. La condamnation du régime birman pour mieux "dealer" avec la Chine : immondes capitalistes !Mais Marx creuse beaucoup plus profond. Alors que les interprètes français de Marx, dans leur grande majorité, Althusser, Balibar, etc., ont fait de Marx un philosophe ordinaire, comme Feuerbach.
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L'essence de la démocratie-chrétienne (I)
La pensée démocrate-chrétienne participe du paganisme actuel. Pas besoin d’être grand clerc pour voir que tout l’effort de la démocratie-chrétienne a consisté à élaguer le catholicisme pour le faire entrer dans le moule du libéralisme.
Comparons la France aux Etats-Unis : dix pour cent de croyants d’un côté, quatre-vingt dix-neuf de l’autre. Mais opposer radicalement ces deux nations n’aurait pas de sens. Français et Yankis, majoritairement, ont désormais des croyances, des principes communs.
Le niveau de la pratique religieuse aux Etats-Unis dissimule un relativisme au moins aussi fort qu’en Europe, une absence d'esprit scientifique de plus en plus flagrante.
François Mitterrand a pu dire en privé : “L’Amérique, voilà l’ennemi !”, mais Mitterrand était un Français de souche, élevé dans le catholicisme, puis proche des idées de Maurras, gagné enfin par des idées socialo-marxistes, son cas reste exceptionnel (un "itinéraire" proche de celui de Drieu La Rochelle).
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La pensée démocrate-chrétienne a emprunté la voie du relativisme pour trahir le catholicisme. C’est très net dans le cas de politiciens comme François Bayrou, Jean-Pierre Raffarin, Xavier Darcos, Pierre Méhaignerie, Pascal Clément, etc. : au catholicisme, méthode concrète, a été substitué un double langage sur le modèle du byzantinisme kantien.
Tel le fameux épisode de l’Evangile où les Pharisiens tendent un piège à Jésus, lui demandant s’il faut ou non payer l’impôt à César ? « Rendez à Dieu ce qui est à Dieu et à César ce qui est à César ».
Les démocrates-chrétiens se sont appliqués dans leur catéchèse à trahir le sens de l’Evangile. Ils lui ont fait dire l’inverse. En deux temps ; d’abord en bâtissant une idéologie peu catholique (et peu marxiste) selon laquelle il serait possible de scinder le plan politique et le plan religieux.
Ensuite ils ont prétendu que Jésus, par ces mots, ordonne de payer l'impôt et d’obéir à César. En définitive, la doctrine des démocrates-chrétiens, c’est que César prime sur Dieu, le pharisaïsme sur l’Evangile. Et ils se conforment à cette doctrine.
Alors que Jésus indique au contraire dans ses paroles la supériorité du royaume de son Père.
Si Benoît XVI entend sincèrement restaurer la raison et l’esprit scientifique, il doit avant tout s’attaquer au double langage démocratique.
Invoquer les racines gréco-romaines de l’Occident est largement insuffisant. C’est une abstraction de plus. Même les penseurs décadents Nitche ou Heidegger se réclament des Grecs et des Romains !
Benoît XVI ne doit pas craindre de trancher, de séparer le bon grain de l’ivraie, la pensée profondément occidentale et moderne de Hegel, Baudelaire, Marx, Péguy, Bloy, Claudel, d’un côté, et la pensée barbare de Kant, Nitche, Heidegger, Freud, de l’autre. Sinon autant pisser dans un violon. -
L'Essence de la Démocratie
Pour un catholique marxiste, il n’y a pas véritablement d’athées, il est plus conforme à la réalité de parler de “paganisme”.
La démocratie a toutes les caractéristiques d’une religion d’Etat, ce qui explique d’ailleurs le zèle des démocrates à condamner le catholicisme, l’islam, la scientologie, voire le communisme, bref tout ce qui paraît représenter une menace ou une concurrence pour les dogmes démocratiques et libéraux.
Au plan juridique, les démocraties sont des théocraties, au même titre que les Etats musulmans ou que le Royaume-Uni, si ce n’est plus. Evidemment pour un marxiste l’idée abstraite de “théocratie” n’a pas beaucoup de sens. C’est un gadget des libéraux pour donner un air supérieur, émancipé, au régime bourgeois. Franchement est-ce que Robert Redeker, BHL, Finkielkraut, Michel Onfray, Luc Ferry, ont des gueules d’émancipés ? Ils ont plutôt l’air constipés et foireux. Les petits systèmes de pensée de ces Spinoza de poche ne passeront pas le quart de siècle. Ils le sentent et c’est ça qui les rend bilieux.
Disons que l’athéisme en tant que tel fut seulement il y a quelques lustres le fait d’une toute petite minorité de philosophes indépendants comme Feuerbach, Nitche, Maurras, Sartre… Leurs théories leur servaient de chapelles personnelles. Ils sont en quelque sorte au paganisme contemporain ce que les chanoines sont au catholicisme. -
Table rase de la télé d'Etat
La télévision publique de M. Patrick de Carolis du Figaro propose un nouveau reportage sur "Le Pen tortionnaire en Algérie", désormais un grand classique du cinéma d'horreur qui va encore faire frissonner dans les chaumières bobos.
De la part de Patrick de Carolis, qui doit sa carrière à un fabricant d'avions de chasse, Serge Dassault, c'est bien généreux de se soucier du sort des victimes de la guerre. Il est vrai que dans la guerre moderne on ne torture plus, du moins pas officiellement, on se contente de frappes chirurgicales griffées Lagardère ou Dassault. Et l'ONU ne se bat pas, elle est là pour rendre service, demandez aux Hutus et aux Tutsis.
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C'est plutôt un bon signe pour Le Pen, cette émission. Il n'est pas question de l'enterrer. Au contraire ; l'UMP - via Carolis -, craindrait un regain de popularité du FN suite à la déconfiture de la grande réforme américaine sur un air de Johnny Halliday de Sarko. & co. qu'elle ne s'y prendrait pas autrement.
Étant donné l'aptitude des journalistes de la télé publique à truquer l'histoire et à la présenter sous un jour manichéen, on peut s'attendre à ce qu'ils expliquent comment l'armée française a pratiqué la torture en Algérie… sans que De Gaulle soit tenu au courant.