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Lapinos - Page 132

  • Laisser-Allais

    Quand Alphonse Allais inaugura l’art contemporain en grandes pompes (de clown) il y a plus d’un siècle, galerie Vivienne, déjà la civilisation montrait des signes de faiblesse. Toutes les conditions étaient réunies pour commencer de désespérer.
    Malgré tout Allais s’accroche à la légèreté française : avec lui les illusions valsent, au lieu de foutre le camp, comme chez Céline.

    L’humour potache érigé en art, le calembour élevé au rang de science, etc., il y a tout ça chez Allais, viking futuriste tiré à quatre épingles. Il possède dans sa pharmacie l’antidote au conformisme et à l'ennui démocratique. Il y a tout un tas de fioles cocasses. Un gugusse comme Finkielkraut, par exemple, improbable encore naguère, rendu possible aujourd’hui, semble sortir tout droit d’un conte défait d’Allais.

    *

    Il ne faut pas séparer abusivement Alphonse Allais de Léon Bloy. Le génial maniement de la langue, Bloy s’en rapproche aussi. Quant à Allais, il n’a rien d’un évolutionniste béat, c’est pour le moins un athée subtil comme on n’en fait plus.
    Les deux amis faisaient la paire de désespérés. Désespérés, qui, paradoxalement, redonnent espoir ; aussi isolés soient-ils au milieu de la mer des démocrates-crétins, ils brillent comme un fanal dans la nuit.

    *

    Céline a pris le relais, donc. À ce propos, on observe qu’un des effets de la démocratie, du capitalisme, a été d’anéantir ou presque la culture populaire.
    Après tout un fin lettré, un “humaniste” trouvera encore y compris dans des bouquins récents de quoi satisfaire sa curiosité intellectuelle. Les sources du savoir et de l'érudition, grâce à quelques-uns, ne sont pas complètement taries. Mais que reste-t-il de la littérature, de l’art populaire, que Céline et Allais incarnaient ?
    Bien sûr il y a des types louches comme Patrick Besson, quand ce ne sont pas carrément des abrutis comme Guillaume Durand, pour vous expliquer que Jean-Marie Bigard, Harry Potter, Louis de Funès ou Amélie Nothomb, c’est de la littérature populaire. Mais c’est ce qui s’appelle se moquer du peuple.

  • Le point sur Fabrice

    Que ce merlan frit de Fabrice Luchini s'approprie la littérature populaire de Céline et en fasse profiter ses admiratrices bobos, soit : il ne sort pas de son emploi. Le moins qu'on puisse dire, c'est que les bobos savent faire fructifier la littérature nazie !

    Après, qu'il lise les vers de La Fontaine, au petit bonheur, sans savoir lire la poésie, en pensant que sa gouaille effeminée fera illusion : il ne se trompe qu'à moitié.

     Mais il commence à me soûler grave à faire l'article pour Paul Valéry, poète mineur, ou les penseurs pour étudiants en philo. attardés, Schopenauer, Cioran, etc.

    Et ne voilà-t-il pas maintenant que cet histrion veut se mêler de politique !? Comme si les gesticulations de Sarkozy ne suffisaient pas ?!!!

    Il faut cependant admettre que Luchini a créé un type nouveau : le bourgeois-gentilhomme-coiffeur-pour-dames.

  • Feu les frères Lumière

    Après la fable surréaliste de l'Arche de Zoé et sa morale néocolonialiste - "antiraciste" par conséquent :
    « Pour une justice de blancs pour les blancs ! »

    Voici la fable du "Paris-Dakar 2008" : il vaudrait mieux éviter qu'une roquette vienne décimer en Mauritanie le troupeau de culs-de-jatte casqués qui s'apprêtent à excursionner dans le désert à grand renfort de pétarades et de logos publicitaires.
    Moi je dis : au contraire, béni soit le bédouin qui nous débarrassera de ces donquichottes arrogants ! Mais le principe de précaution oblige à retenir sur notre territoire cette bande de barbares qui, chaque année, en échange d'un camion rempli de sacs de riz et d'une tonne de bons sentiments, happent sous leurs roues deux ou trois gamins au détour d'une dune. Pascal Sevran l'a bien théorisé, naguère : « Mais enfin, qu'est-ce que deux ou trois enfants africains puisqu'ils sont des millions qui ne songent qu'à baiser au lieu de regarder la télé ? »

    Au nom du Principe de Précaution ET de l'Écologie, qu'est-ce que Nicolas Hulot attend pour ouvrir sa grande gueule et dire ce qu'il faut penser du "Paris-Dakar" ?

    La cote de popularité inaltérable de Bernard Kouchner, y a-t-il un indicateur plus fiable ? Bernard Kouchner restera dans la petite histoire comme "le sourire hypocrite de la démocratie".

    *

    Dernière minute avant de me coucher : j'apprends qu'Al Kaïda, le cauchemar des bourgeois, a le même dégoût que moi pour les motards humanitaires. Je n'en dormirai que mieux, sur mes deux oreilles (J'ai toujours rêvé de rencontrer Le Pen ou Ben Laden.)
    Mais le ministre du Tourisme mauritanien, lui, pleure le Dakar avorté : tous pourris ces fonctionnaires africains ! Il devait toucher des pots-de-vin - ou d'échappement -, ce ripoux.

  • L'espoir rend con

    « Pour résumer d’un mot, on ressent à Rome comme ailleurs ce déficit d’espérance et de confiance dans la vie qui constitue le mal "obscur" de la société occidentale. » Benoît XVI

    Tout est parfaitement clair au contraire. La difficulté n’est pas de voir mais d’agir ; d’agir, AU CONTRAIRE, a-t-on envie d’ajouter, confronté à la passivité des dissidents virtuels démocrates-chrétiens, toujours prêts à se replier sur leurs acquis sociaux et à trouver un compromis avec le capitalisme, à s'installer dans un confort intellectuel.

    La marée noire d’idées imbéciles répandues sur l’Europe n’est pas un phénomène nouveau ! Au nom du Ciel, à quoi bon Baudelaire, Veuillot, Bloy, Péguy, Claudel, Simone Weil, Bernanos, et même Céline, Drieu, Jarry, Alphonse Allais, tous les moralistes ?… si c’est pour grenouiller encore un demi-siècle après dans le même potage de bénitier démocrate-chrétien ? Autant pisser sur leurs tombes !

    Quarante Finkielkraut occupant quarante canaux médiatiques pour donner quarante versions du même mensonge, de la même propaganda libérale, et le pape ne voit pas clair dans ce bluff ? Il n’est pire aveugle que celui qui refuse de voir…
    Plus profondément encore que les philosophes qui sentent le moisi, au royaume des crétins ce sont les publicitaires qui sont rois, les Beigbeder, les Séguéla, les Sarkozy, etc. Voilà l’élite, la crème de notre “civilisation” (sic).

    Il n’est pourtant que trop évident que cette avalanche de sophismes, tout ce verbiage certifié non-conforme n'est qu'un cache-misère. Quand on n'a que de la camelote à fourguer, alors le marketing et la réclame sont nécessaires. Ce grouillement d’avocats, de publicitaires, de philosophes, de journalistes, de cinéastes, de professionnels du syllogisme, qui finissent par tisser un voile opaque sur la vérité, ce grouillement n’est pas équivoque.
    L’art véritable n’a pas besoin de syllogismes, de calembours ou de mots d'esprit pour se défendre, il parle de lui-même.

    *

    Un motif concret de désespoir pour un catholique en 2008, c’est l’imbécillité de marbre des démocrates-chrétiens qui l’entourent.
    La presse démocrate-chrétienne regorge d’exemples de cette benoîterie et de cet esprit de collaboration avec le régime bourgeois libéral ; certes ces pieux crétins auront contribué à édifier la somme théologique démocratique !
    Tel Tillinac, dans Famille chrétienne, ex-gaulliste, ex-chiraquien, désormais reconverti dans le sarkozysme, ce gugusse ne se doute vraiment de rien :
    « En janvier il fait froid, on sait que l’hiver sera long et on dévêt le sapin de Noël de ses habits de lumière avant de le brûler.
    (…) Je n’ai pas d’actions dans la maison Sarkozy et la “rupture” de style impulsée par sa bande m’a dérouté à maints égards. Tout de même, je sais gré à Sarko d’avoir bousculé les chromos, levé des tabous, rajeuni les cadres et somme toute rendu l’espérance plus plausible. »


    De quel tabou veut-il parler ? Du tabou de l'accumulation de pognon qui fait des petits ? Vraisemblablement Tillinac est un vieux gâteux qui ne sait pas très bien ce qu’il veut dire : blablabla… En bon démocrate-chrétien, il prend la méthode Coué pour l’Espérance, le doute pour la Foi, et le bavardage existentialiste pour la Charité.

    Mais le souffle de l’Esprit, le vent de l’Histoire, balayera tous ces collabos démocrates-chrétiens, les plus sincères comme les plus cyniques, pas assez tôt ou trop tard, peu importe, je ne m’en fais pas pour ça.

  • Frayeurs de bobos

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    Ce qui me frappe chez le dessinateur Cabu, une des rares “valeurs actuelles” que j’admire, c’est son anachronisme. Son talent, dans le lignage de Daumier, Bofa, Caran d’Ache, Sennep, “par-delà gauche et droite”, est anachronique. Son héritage et ses références : Homère, la Bible, bref la littérature universelle - anachroniques aussi.
    Ce travail acharné et patient pendant des lustres, deux ou trois idées par jour dressées sur le papier, "sur le métier chaque jour remettez votre ouvrage", ça non plus n’est pas commun de nos jours où les artistes et les philosophes bricolent des formules comme un magicien sort des lapins de son chapeau à double-fond ; à notre époque où les publicitaires - Andy Warhol, Beigbeder, Séguéla, Sarkozy -, tiennent le haut du pavé (au royaume des démocrates-crétins…)

    *

    Il y a donc un principe d’honnêteté chez Cabu. L’anachronisme de ses idées politiques, en revanche, participe de la médiocrité ambiante. Il faut qu’il dessine avec des œillères pour ne pas voir que "les mollahs, les curés et le Front-National" (belle synthèse des frayeurs bobos !), n’ont aucun pouvoir chez nous.
    Le ministre de l’Intérieur Sarkozy à la barre des "accusés" de "Charlie-Hebdo", c’est tout un symbole que Cabu a "oublié" de dessiner. Sarkozy était d'ailleurs plus à sa place dans cette parodie de justice en faveur des immondes cochons danois que Cabu et Charlie-Hebdo.
    Le meilleur des mondes, c’est fait, on y est, les forces du mal, les mollahs, les curés et le Front-national, ont été réduites à néant, Cabu n’a plus qu’à se taire et à mourir en paix !

    Selon Marx, pour que les idées acquièrent de la force, il faut qu’elles sortent des cénacles et des clubs élitistes pour se propager dans toutes les couches de la société. Les bobos peuvent dire merci à Charlie Hebdo pour ce travail de diffusion de leurs idées. Et surtout merci à Cabu, étant donné que ses comparses, le “rasoir” Philippe Val en tête, n’ont pas le dixième de son talent.

    Mais après tout Goya lui-même n'était-il pas un "salaud" ?
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  • No Cinéma

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    (Ill. de H.)

  • Mes vœux pour 2008

    En essayant d’être un peu moins pieux dans mes vœux que le président de la République et un peu plus précis :
    Je souhaite aux rares lecteurs de ce blogue qui me comprennent, en majorité des chiites de sexe masculin, d’après mes statistiques, une bonne et sainte année 2008 !

    Je souhaite en particulier du courage à tous ceux qui ont un tant soit peu une âme d’artiste, pour qui le spectacle quotidien de la société démocratique et capitaliste est par conséquent un véritable crève-cœur ; ceux qui lorsqu’on leur parle d’art contemporain ont envie de sortir leur revolver et de se mettre une balle dans la tête, ceux qui se sentent menacés par toute cette vulgarité dont Sarkozy est en quelque sorte l’apothéose, véritable juke-box à débiter des slogans démagogiques.

    (Au passage j’en profite pour donner ce petit truc perso : dans les moments de faiblesse, les jours où la conjuration des démocrates-crétins évolutionnistes vous semble quasiment invincible, lisez une page ou deux d’Alphonse Allais, ce Normand - presque athée mais si humain -, qui sut dissimuler son désespoir derrière une désinvolte ironie, avec une élégance toute aristocratique : une vraie leçon de maintien !)

    *

    Donc, prions mes frères pour qu’il y ait en 2008, dans le désordre mais non sans une certaine cohérence : moins de cinéma français prétentieux (pléonasme), moins de football et de rugby, moins de romans de Johnatan Littell, moins d’académiciens gâteux, moins de sermons ineptes de Finkielkraut ou de Luc Ferry, moins d’aides publiques pour l’art contemporain - le besoin de subventionner la connerie ?! -, moins de royalties pour Pinault & Arnault, ces deux “patrons” épais, moins d’abonnés au Monde et au Figaro, moins de téléphones portables et d’i-pods dans les oreilles des jolies filles qui prennent le métro, moins de femmes qui se prennent pour des “gauleiters” et moins d’hommes qui se prennent pour des “gretchens”, moins d’écologistes “high tech”, moins de blogues citoyens, moins d’ahuris qui se prennent en photo les uns les autres, moins de touristes et d’écoliers qui tuent le temps au Louvre, moins de préjugés déguisés en antiracisme, moins d’hommes battus par leurs femmes, moins de censure sous couvert de libéralisme, moins d’interventions de Xavier Bertrand dans les médias, moins de femmes qui vont se faire avorter aux Pays-Bas parce qu’elles ont été engrossées par leur voisin, moins de mépris de la part de renégats démocrates-chrétiens vis-à-vis de musulmans croyants, moins de foi naïve dans les “Valeurs actuelles”, moins de philosophes dépassés et plus d’historiens modernes, moins de journalistes et plus d’honnêtes gens, moins de publicité partout, moins de vieilles théories scientifiques positivistes caduques, moins de pornographie sous couvert de féminisme et de lutte contre la pédophilie, moins de puritanisme capitaliste “Hygiène-capote-pilules”, et au contraire plus d’érotisme et de femmes voilées…, plus de gestes gratuits et moins d’attrape-couillons…

    En gros : moins de gaspillage et plus d’économie.

    Courage et… espoir ! Vu que la bêtise occidentale a atteint son apogée aujourd’hui, elle ne peut que décliner demain.

  • Trafic

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    (Ill. de H.)

  • Le pape et le Père Noël

    Paraît que saint Nicolas Sarkozy a offert à Benoît XVI lors de son excursion au Vatican, ex-cité des papes reconvertie en parc d'attraction, une paire d'éditions originales de Bernanos. C'est pas avec ce genre d'étrennes qu'il risque de grever le budget de l'Etat, Sarkozy !
    La France contre les robots était un choix qui s'imposait pour un Allemand, mais Sarkozy a choisi d'autres titres, "au petit bonheur" semble-t-il.

    On peut penser d'ailleurs que Benoît XVI connaît aussi bien la France et son histoire que Sarkozy. À l'heure actuelle les étrangers sont mieux placés que les Français eux-mêmes, soûlés de propagande et obnubilés par leur pouvoir d'achat, les pauvres… cons !
    Exporter sous le manteau un auteur comme Bernanos, ce n'est donc pas franchement une priorité. Les Français ont plus besoin des avertissements de Bernanos que Benoît XVI, d'ailleurs, faute de pouvoir faire mieux, répète en les édulcorant.

    *

    Sarkozy lui-même, ou un de ses conseillers, aura estimé sans doute que Bernanos est en littérature ce que le gaullisme a produit de mieux. En ce qui me concerne je trouve que Mauriac exprime mieux dans ses romans que Bernanos, comme "de l'intérieur", la noirceur et les ressorts de la bourgeoisie contemporaine. Bien qu'il n'y ait pas une distance énorme entre les deux, Mauriac c'est l'anti-Chardonne.
    En outre, pour être exact, Bernanos est un authentique "cocu du gaullisme" :
    « Il y a eu des collaborateurs mais la collaboration était un mensonge. Il y a eu des résistants, mais la résistance était un autre mensonge. Il y a eu la victoire, qu'on a tout de même pas osé appeler Victoire, par un reste de pudeur, mais libération. Et cette libération était aussi un mensonge, et le plus grand de tous… ! » : paroles amères et lucides, paroles de cocu !

  • Table rase de la télé

    La fascination des journalistes pour Sarkozy, celle des journalistes “de gauche” est la plus remarquable, s’explique par le fait que Sarkozy a “inventé” un truc qui les méduse : l’existentialisme d’Etat.

    La plèbe a toujours été avide de ragots sur les puissants, au point d’en fabriquer sur le compte de Marie-Antoinette, par exemple. Ce qui est nouveau dans le cas de Sarkozy, qui ferait presque regretter la discrétion de Chirac ou de Mitterrand, l’abstinence de Balladur ou de Jospin, c’est que sa politique consiste à donner à la plèbe ce qu’elle réclame, même si Carla Bruni évoque plus un plat de tagliatelles “light” qu’une de ces orgies plus ou moins fantasmées d’Ancien régime.

    Berlusconi en Italie, la référence s'impose plus encore que la référence à Giscard, Berlusconi a choisi le football. Maigre consolation pour un Français que de constater que les grandes capitales italiennes symboles de la Renaissance, sont désormais peuplées de crétins amateurs de football !
    Berlusconi possédait cependant un avantage politique sur Sarkozy : celui d’être directement propriétaire des médias qui faisaient sa promotion. Sarkozy, lui, est juste pote avec Lagardère, Bolloré (candidat au rachat de TF1) et cie. On sait ce qu’il en est de l’amitié entre “businessmen”. Le jour où Sarkozy ne remplira plus ses objectifs d'audimat, il pourrait se retrouver plus démuni que la fourmi Berlusconi.

  • Petit pastoureau

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    (Ill. de H.)

  • Promixité

    Cinquième fois en vingt-quatre heures que ma voisine se fait baiser par son amant et que les boiseries font remonter leurs gémissements et beuglements jusqu’à moi. Comme quoi en plein Paris on peut avoir l’impression d’habiter à la campagne. Qu’est-ce que ça va être au printemps !
    À tout prendre dans les esgourdes, j’aime mieux ça que d'entendre les Beatles ou Madonna qu’ils mettent parfois à pleine sauce pour se donner le moral en dehors du coït.
    Pour les spécialistes du comportement que ça intéresse, je relève que ces étreintes à répétition sont brèves, deux à trois minutes grand maximum, suivies de longues conversations enjouées (dont la teneur exacte m’échappe), et que la femelle s’est mise à gémir et à beugler à son tour à la quatrième reprise seulement (Si je n’avais pas su que mademoiselle était là, j’aurais pu croire que monsieur se branlait.)

    Peut-on dans ce cas aussi parler de gaspillage et d’existentialisme exacerbé ? Ou faut-il se garder, en l’espèce, de faire une moyenne entre les tempéraments, au risque d’accréditer les thèses de Le Pen sur l’inégalité entre les races (Il est basané et ma voisine, elle, est très blanche de peau.)
    En tout cas moi je suis présent, contrairement à son amant vigoureux, dans les mauvais moments comme dans les bons, lorsque ma voisine se met à gémir de douleur aussi, et pleure à gorge déployée son dernier “bon coup” envolé vers de nouveaux ciels de lit.

    Et c’est reparti pour un sixième coup ! Peut-être une sorte de défi ou un record à battre… L’ennui ne mène-t-il pas aux pires extrémités ?

  • À quai

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  • Demain la révolution ?

    On dit parfois d’untel qu’il “s’est dépensé sans compter” pour une cause qui le dépassait. Je crois qu’on peut dire ça de Marx ; son mariage brillant avec Jenny von Westphalen était pour Marx l’assurance d’une carrière à faire pâlir de jalousie un BHL, un Finkielkraut ou un Luc Ferry - plus sérieusement, d’une carrière à la hauteur de celle de Hegel, si Marx n’avait pas refusé le poste qu’on lui proposait à l’Université d’Iéna pour se consacrer librement à la révolution.
    Non pas une révolution “matérialiste”, comme certains béotiens le prétendent, mais une révolution spirituelle, bien que Marx fût un bon vivant aimant le vin, avec un côté “rabelaisien”, ça n’empêche ; au contraire, on sait où la spiritualité puritaine qui plaît tant aux bonnes femmes, mène.

    Les ravages de la mondialisation donnent aujourd’hui raison à Marx. N’est-il pas significatif que même le champion de l’immobilisme permanent, François Bayrou, se réfère aujourd’hui à Marx dans le Figaro ? Entre parenthèse il n’y a qu’un lecteur de ce canard décadent pour ne pas se rendre compte que Bayrou fait dire à peu près n’importe quoi à Marx, au gré de son ambition électorale ridicule.

    *

    On peut dire également de Mère Térésa de Calcutta, très politiquement incorrecte elle aussi comme Marx, qu’elle s’est dépensée sans compter. Contrairement à ce qu’a pu dire Jean-Paul II, sainte Thérèse de Lisieux n’est pas particulièrement “antijanséniste”. C’est bien plutôt Mère Térésa qui est une sainte “marxiste”, au point qu’elle a pu agir dans le sens des Évangiles pendant de nombreuses années, sans même avoir la foi ! Un tel “matérialisme” est si scandaleux pour les bourgeois que les démocrates-chrétiens ont tenté de l’occulter.

    *

    Maintenant quelle différence y a-t-il entre “se dépenser sans compter” et “se gaspiller” ? Dans ce domaine, non pas abstrait mais humain, Dieu seul est un juge équitable… Il semble cependant que Sarkozy fournisse un bon exemple de gaspillage ; le moins qu’on puisse dire c’est qu’il n’économise pas ses gesticulations et sa salive (On dirait une mise en scène vulgaire de Jérôme Savary), et qu’il ne nous épargne pas au passage.

  • Viande froide

    La preuve que Gracq n'intéresse que les illettrés ou les machabées m'est fournie par un lecteur du "Monde" - on ne choisit pas toujours ses amis. Celui-ci me fait observer que la nécro. de Gracq est signée Poireau-Delpech, raseur de première classe lui aussi, mais surtout cané depuis belle lurette, avant Gracq par conséquent.

    Le titre du papier est un calembour : "Profil Gracq", quelque chose comme ça, vu qu'entre les petits escrocs de province abonnés au "Canard enchaîné", la racaille républicaine qui ne jouit que des déboires des puissants, et les grands bourgeois qui ne jurent que par "Le Monde", la différence s'est estompée.

    Pourquoi mon pote persiste-t-il à acheter "Le Monde" ? "Par routine", me répond-il, acquiescant toujours lorsque je lui fais remarquer la médiocrité de tel ou tel papelard, un soi-disant critique d'art, Harry Bellet, qui recopie un dossier de presse sur Schongauer pour trente balles de l'heure, un expert ès religions, Tincq, qui ne connaît même pas la sienne dans le détail. La routine tue.

     

  • Métis

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    (ill. de H.)

  • Créationnisme (13)

    On connaît le mot de Chesterton selon lequel le monde actuel serait plein d’idées chrétiennes dévoyées.
    Famille chrétienne, dernier magazine démocrate-chrétien en circulation, fournit la preuve presque chaque semaine de l'inaptitude à raisonner de façon authentiquement chrétienne, de l'évanouissement de la raison consécutif à l'évanouissement de la foi.

    Dans le dernier numéro de ce magazine, on peut lire une interviou de Jean Jaume, un évolutionniste démocrate-chrétien plus ou moins paléontologue, le genre de bavard qui comme son confrère anglo-saxon Stephen Gould remplit des bouquins et des bouquins de considérations générales, au détriment de la vraie science (celle d’un Réaumur, par exemple).
    Pour situer exactement le niveau de la prose de ces pantins, il faut dire que ce ne sont même pas des historiens des sciences sérieux, ni des vulgarisateurs compétents comme Claude Allègre… ni même des auteurs de science-fiction habiles comme Buffon ou Darwin !

    “En dehors de toute conception religieuse”, ce Jaume entend démontrer dans son bouquin que Darwin n’est pas le seul théoricien de l’évolution valable. Tu parles d’un "scoop" ! Enterrer Darwin pour ressusciter Teilhard de Chardin, tu parles d’un progrès !
    Jean Jaume résume la théorie de Darwin comme un mélange de sélection naturelle et de hasard - un hasard “pondéré”, en quelque sorte. Si la théorie de Darwin est bancale, pourquoi ne pas lui en substituer une encore plus déconnante ? Voilà à peu près la logique des démocrates-crétins.

    “En dehors de toute conception religieuse” : on peut être certain que ce préambule naïf, un "leitmotiv" de Gould également, annonce une tonne de préjugés démocratiques assénés avec la bonhomie de Pangloss. En effet, pas plus tard que quelques lignes plus bas, vient la conclusion définitive de Jean Jaume, ô combien prévisible :
    « On ne peut plus prétendre, aujourd’hui, avoir une démarche scientifique et être non-évolutionniste. »
    Tout est dit dans cette démonstration, ce credo, de l’esprit démocratique et “libéral” : amen !
    L'espèce de croyants la plus dangereuse qui soit, c'est bien celle des croyants qui ignorent qu'ils croient, parce que c'est l'espèce la plus bête. La "bêtise" des démocrates fait encore plus peur que la "méchanceté" des nazis.

    *

    J’en profite pour noter au passage le discernement de Marx et ce petit “tour” que lui a réservé l’histoire.
    Pour Marx, Malthus et Darwin - qui s’est largement inspiré du précédent -, n’ont qu’une valeur limitée : ils ont le mérite à ses yeux d’ébranler profondément les valeurs de la bourgeoisie. Au plan scientifique en revanche, Marx n'est pas dupe du manque d’originalité, pour ne pas dire plus, de Malthus et de Darwin, de leurs erreurs quasi-volontaires. Il qualifie l’Essai sur le principe de la population (1803) de “pasquinade”.

    Mais Marx sous-estimait le cynisme de la bourgeoisie. La classe dominante n’a en effet pas hésité longtemps à propulser Malthus et Darwin, ces deux plagiaires, au rang d’idoles, à leur construire des autels et à excommunier tout ceux qui osent pointer du doigt la faillite de leur idéologie. On n'arrête pas le cours du progrès, mais on peut l'inverser apparemment.

  • Puceau

    À Sarkozy, à Enthoven père et fils, et à Arno Klarsfeld, il faut ajouter, paraît-il, Laurent Fabius et Patrick Besson. Celui-ci a écrit élégamment quelque part qu'il avait "servi dans le même corps que le président de la République". Ça doit être de Sacha Guitry ou de quelque autre auteur de boulevard apprécié de Besson ; les citations aussi peuvent resservir.

    Moi je peux me vanter de n'avoir pas été attrapé par Carla Bruni ! Ou presque, vu qu'à dix-sept ans, j'ai quand même été amoureux d'elle quelques jours, à la suite d'une interviou à la télé. Mais c'est resté platonique, et c'était inévitable : la conversation d'une aristo italienne ne pouvait manquer de produire une forte impression sur le jeune lycéen provincial que j'étais alors.
    Aujourd'hui, si j'étais Président de la République, quitte à prendre un modèle, j'en prendrais un plus récent. Ou quitte à prendre une chanteuse, je prendrais plutôt Rihanna. Et si la conversation n'était pas à la hauteur du reste, eh bien tant pis, on ne causerait pas.
    Patrick Besson a l'air d'être fier d'être passé avant le président ; aurait-il été aussi fier s'il était passé après ?

    *

    J'espère qu'on ne m'en voudra pas trop de ces propos profanes incongrus quand la ferveur de Noël touche même Jean-Marie Bigard…
    Un slogan dans le métro : « REVENDEZ VOS CADEAUX DE NOËL SUR PRICEMINISTER.COM ! » Carla est-elle en train d'inventer le président-Kleenex ? Ah, quand même, Carla, si j'étais plus jeune…