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samedi, 29 septembre 2007

Horreur télévisuelle

Il faut voir l’air autosatisfait de cet écrivaillon, Ono-dit-Biot, bombardé spécialiste de la Birmanie à la télé sous prétexte qu'il y a passé des vacances et qui, sous couvert d’expertise, en profite pour fourguer sa camelote littéraire. Imitation de BHL, mais cinq ou six kilos en trop pour être aussi “crédible” que le "boss".

S’il y a des dissidents sincères et éclairés en Birmanie, ce dont il est permis de douter vu la désinformation ambiante, certes leur cause n’est pas honorée ni aidée par ce genre d’énergumène - VRP de soi-même d'abord.

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Les anarchistes aussi on les imagine plutôt maigres, à force de cavaler pour échapper aux flics. Ce n'est pas le cas du gras Siné, ex-publicitaire reconverti dans l'anarchie de comptoir, qui crachote quelques slogans à la télé contre Tintin-le-facho entre deux réclames avant de repartir se dorer la couenne dans sa villa corse, sous protection gendarmière. La Corse, qui n'est pas une colonie de peuplement, comme on sait, mais plutôt de "peoples" en goguette ou en post-retraite.

vendredi, 28 septembre 2007

Censure démocratique

Je trouve la mise à l’index médiatique de Tintin au Congo caractéristique du néo-colonialisme démocratique. Tous les ingrédients de la propagande sont là.
Pour appréhender le néo-colonialisme d'un seul coup d'œil ? Eh bien qu’on songe par exemple au rôle capital de “Total” dans la vie politique française. Ou qu’on se souvienne de Chirac dans son costard de représentant de commerce en Chine. Voir encore l’état de l'Afrique après cinquante ans d'humanitarisme moderne tendance Bernard Kouchner. Les propos malthusiens tenus récemment par l’animateur Pascal Sevran sur l'Afrique sont aussi une bonne illustration.
Il me vient encore une image : celle des massacres entre Hutus et Tutsis sous le regard indifférent des “soldats de la paix”.

Non, vraiment, la “condescendance” de Tintin vis-à-vis des Africains n’est pas de mise ; lorsqu’on se contente d’exploiter les ressources minières du Tiers-Monde comme font les néo-colonialistes, mieux vaut être le plus diplomate possible et adopter l’attitude de maître Renard dans la fable : « Que mes ancêtres furent méchants avec vous, et comme vous avez eu du mérite à les endurer !… Cette autocritique vaut bien quelques concessions pétrolières, sans doute. »

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La méthode est caractéristique également de l’hypocrisie néo-colonialiste. Le procès de Tintin au Congo est instruit par les médias. Sur le fond, le verdict est posé d’avance : Tintin est raciste, indubitablement. Pour ce qui est de la forme, on sait d’avance que Tintin au Congo ne sera pas officiellement censuré. Les néo-colonialistes veulent non seulement faire étalage de bons sentiments humanitaires, mais pouvoir réaffirmer de surcroît leur réprobation vis-à-vis de la censure… après avoir matraqué que Tintin et Hergé étaient de vilains colons belges sur toutes les ondes ! Et puis Tintin au Congo, même raciste, contribue à la croissance.

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Le paradoxe n’est pas que l’extrême-gauche pseudo-marxiste ou pseudo-anarchiste et les libéraux capitalistes s’entendent comme larrons en foire pour dénoncer le racisme d’Hergé et le colonialisme belge. Rien de plus logique à ça. Ils communièrent aussi dans la haine de Saddam Hussein, et je n’ai pas souvenir de vives protestations lorsque Mitterrand prit la décision d’envoyer quelques avions pour bombarder Bagdad dans le sillage des Yankis. Aujourd’hui, tous ces néo-colonialistes rêvent ouvertement d’une guerre civile en Birmanie.

Probablement les troskistes n’ont pas pardonné à Tintin d’avoir été un des premiers à dénoncer les crimes du régime trotskiste dans Tintin chez les Soviets… et les capitalistes “libéraux” d’avoir dénoncé la brutalité et le cynisme des Yankis, leur morale de gangsters et de journalistes, dans Tintin en Amérique.
Le paradoxe est plutôt que des Africains éprouvent le besoin de s’impliquer dans ces gesticulations médiatiques de néo-colonialistes contre Tintin. Mais la connerie n’est-elle pas universelle ?

jeudi, 27 septembre 2007

C'est mon choix

Entre Mitterrand et Edwy Plenel, pas difficile de faire un choix. Pas plus qu’entre Chirac d'un côté, et F.-O. Giesbert ou Karl Zéro de l'autre. Chaque fois que j’ai aperçu la tronche de l’un de ces tristes guignols à la télé, ma défiance vis-à-vis de Mitterrand ou de Chirac s’en est trouvée automatiquement diminuée d’un cran.
Entre Giscard et Jean-Edern Hallier, ma préférence s’inverse. Mais Hallier était-il vraiment un journaliste ? Il n’en avait pas le style.
J’avoue d’ailleurs que dans la sympathie que j’éprouve pour Le Pen, la haine que lui vouent les baveux entre pour une bonne part. J’espère que quand il mourra, ils ne lui tresseront pas, malgré tout, des couronnes de laurier. Ça serait vraiment une fin horrible !

Juppé aussi a eu des mots durs vis-à-vis des journalistes. Mais il en a épousé une, démocrate-chrétienne qui plus est, et il a pondu un petit bouquin faux-cul à mort il y a une dizaine d’années, typiquement dans la veine journalistique.

Je suis bien en peine, pour l’instant, de dire quel journaliste a Sarkozy dans le collimateur ? Ils sont tous comme subjugués. Est-ce parce qu’il leur ressemble ou au contraire parce qu’ils le craignent ? Si Sarkozy ne profite pas de cet ascendant naturel pour tenter de remettre les journalistes à leur place, au ras du caniveau, mais qu’il se contente de soigner ainsi son complexe d’infériorité, le moins qu’on pourra dire c’est qu’il a manqué de machiavélisme.
J’ai failli ne pas reconnaître Sarkozy l’autre jour à la télé ; on dirait qu’il a subi comme son confrère Strauss-Kahn une opération de chirurgie esthétique qui l’a défiguré. À moins que ce ne soit le maquillage ? Comme la morale dégénère en éthique, la beauté dégénère en esthétique.

mercredi, 26 septembre 2007

Trop d'immigrés à la télé

À la télé, l’historien Michel Winock avance timidement que le pouvoir des médias dépasse désormais celui des hommes politiques ; vu l’irresponsabilité des médias, ça lui semble inquiétant. Ce danger, Simone Weil le pointait déjà sans aucune timidité il y a plus de soixante-dix ans !
La démocratie, au plan de la pensée, apparaît comme une sorte d’âge glaciaire. Régis Debray accuse soixante-dix ans de retard ; ce n’est qu’au plan de la syntaxe, complètement décadente, qu’il a dix ans d’avance.
Même pour défendre l’égotisme bourgeois, il n’y a plus de philosophe du niveau de Sartre.
La critique de la télé à la télé est forcément timide, quand la télé ne suscite pas carrément des guignols, de Gaccio à Jean-François Kahn en passant par Karl Zéro-talent, pour agiter des chiffons rouges : le fachisme, l’islam, la scientologie, l’antisémitisme, le réchauffement, etc., et faire diversion.

En l’occurrence c’est F.-O. Giesbert, mi-homme de Cromagnon, mi-brute yankie, qui réplique à Winock que rien n’a vraiment changé sous le soleil depuis les démagogues de la Grèce antique.
Winock disposait pourtant d’un bon exemple tout frais, celui de la guerre en Irak, déclenchée par les médias yankis d’abord, qui ont forcé la main de l’administration Bush, débordée par l'"enthousiasme populaire".
Non contents d’avoir semé la zizanie en Irak, les démocrates voudraient voir maintenant l’anarchie régner en Birmanie. La dictature chinoise est beaucoup plus supportable : les Chinois sont de futurs clients - en Birmanie, il n'y a que des bonzes et des soldats.

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Plus divertissant que le directeur du Point sur un plateau de télé, son chroniqueur Patrick Besson qui tente désespérément de “se faire adapter au cinéma” et pond ainsi des romans de plus en plus plats. On devine que Besson ne sera pas parfaitement heureux tant qu’il n’aura pas atteint le niveau de Marc Lévy.
D’après Patrick Besson, on a tort d’être aussi sévère avec la littérature française, qui a de beaux restes. Qui a lu les sept cents romans de la rentrée et peut prétendre qu’ils sont unanimement mauvais ?
Jusque-là l’argumentation de Besson est assez habile, même s’il doit être le dernier à mettre le nez dans cette surproduction de navets nouveaux.
Mais après Besson dérape ; les Serbes sont souvent comme ça, d’un culot épatant dans un premier temps ; après, ils finissent par prendre leurs propres coups de bluff pour la réalité.
Lui-même, dit Besson, est parfaitement capable de citer sur-le-champ une bonne vingtaine de noms d’écrivains contemporains compétents ! Une vingtaine ! Bigre, je sens qu’on va rire… Le chiffre est vite ramené à trois. Parmi les trois, Besson cite Frédéric Beigbeder. Ça aurait pu être pire, vu que Beigbeder a beaucoup lu et beaucoup pompé sur les “anciens”, mais quand même, le coup est un peu gros (sauf pour un plateau de télé).
Laissons de côté les petits romans publicitaires de Beigbeder, qui n’ont aucune espèce d'intérêt. Lorsque Beigbeder est à son meilleur niveau, c’est-à-dire lorsqu’il se raconte, il est incapable de couper, sur trois pages, les deux qui sont ratées. C’est pourtant le b.-a.-ba du métier, et Besson le sait bien. Même si Céline n’est pas parfait, il y a dans Mort à crédit trente à quarante pages de trop, Céline a conscience de son métier et de ses propres limites, contrairement à Beigbeder. Il y a cinquante ans, on pouvait au moins dénombrer encore une petite dizaine d’écrivains et une petite dizaine d’éditeurs qui dominaient leur art.

Plutôt que de continuer à entendre ce genre de grossièretés, je me demande parfois si je ne ferais pas mieux de demander l'asile politique à la junte birmane.

mardi, 25 septembre 2007

Revue de presse (XVII)

L’hebdomadaire démocrate-chrétien Famille chrétienne, dans la logique de son soutien à la politique démago-libérale de Sarkozy, ouvre ses colonnes à un sociologue yanki pour démontrer à ses lecteurs que le capitalisme a son fondement dans le christianisme qui ne fait pas seulement valoir la foi mais aussi la raison. Comme s'il n'y avait pas assez de fantaisistes comme ça de ce côté-ci de l’Atlantique ! Comme si le capitalisme n’avait pas fait la preuve de son caractère complètement déraisonnable depuis belle lurette !
Ce matin, dans mon supermarché, des pommes pas mûres à un euro cinquante le kilo en provenance d’Australie : quel homme un tant soit peu rationnel ne trouvera pas ce genre de trafic absurde ?

Rodney Stark : ce gugusse diplômé ignore tout manifestement, non seulement du catholicisme, mais aussi du capitalisme et de la Révolution française de 1789 ; celle-ci a porté au pouvoir la classe bourgeoise qui faisait pression pour l’obtenir et renversé à la même époque l’Église catholique, saccagé l’art chrétien, traqué ses prêtres. Même s'il est impossible de faire complètement table rase du passé, les Jacobins avaient bien compris les bénéfices du colbertisme ; et le changement de cap est net comme le couperet de la guillotine.

Marx l’a longuement décortiquée, la dynamique du capitalisme repose sur l’accumulation du capital, l’argent produisant de l’argent en dehors du processus classique d’échange d’une marchandise contre une somme d'argent. Cette “plus-value” qui grossit le capital indéfiniment est inséparable, non seulement du salariat généralisé, de la division accrue du travail et du machinisme, mais aussi du système bancaire actuel, très récent.

Prétendre que ce type d’économie et la course aux gains de productivité étaient contenus en germe dans l’Occident médiéval chrétien, c’est faire comme si l’usure n’y était pas réprouvée. Le crédit à la consommation, le crédit immobilier trentenaire, techniques financières caractéristiques du capitalisme, sont des formes d’usure et, à ce titre, l’Église devrait catégoriquement persister à les condamner. Si elle ne le fait plus, c'est parce qu'elle n'a plus voix au chapitre.
Le système d’épargne boursière également devrait être scandaleux pour le clergé contemporain, et, sûrement, il l’aurait été pour un clerc du Moyen-âge pour qui le commerce devait être subordonné à des fins extérieures et qui aurait forcément trouvé le système spéculatif insane.
Un autre historien, un vrai cette fois, François Furet, a magistralement mis en lumière le fait que le capitalisme surgit dans toute son originalité dans l'Angleterre du XVIIIe siècle, qu’il n’est pas lié au progrès scientifique mais à un contexte politique et social bien différent de celui du Moyen-âge ou même de la France catholique de la même époque.

Famille chrétienne se moque bien de la science et des vrais historiens et préfère gober le discours évolutionniste de M. Stark, qui vaut son pesant de beurre de cacahuète :
« Malheureusement, il faut admettre qu’il y a dans l’Église des anticapitalistes, sans doute victime d’une désinformation [sic]. Pourtant, il ne faut pas confondre capitalisme et matérialisme ! Je ferai plus simplement remarquer au passage que les plus importantes manifestations de générosité individuelles proviennent de la nation la plus capitaliste au monde : les États-Unis d’Amérique. »
(“Famille chrétienne”, 22-28 septembre)

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Plus loin, dans le même hebdo, on peut lire ceci, cette question d'un journaliste, à propos du rugby, qui dénote bien du niveau spirituel atteint par les héritiers de Frédéric Ozanam (1813-1853) :
« Alexandre Arnoux compare le ballon de rugby à une "hostie volante partagée entre deux tabernacles". N'y a-t-il pas une sorte de parabole "eucharistique" dans un match où des hommes se sacrifient en frères pour un Corps qui est l'équipe ? »
Probablement le genre de "catholiques" qui crièrent au scandale lors de la parution il y a 150 ans des Fleurs du Mal de Baudelaire. La "raison" que les démocrates-chrétiens vénèrent sans même s'en apercevoir, c'est la raison du plus fort, celle qui permet par exemple aux capitalistes yankis de dire et de faire n'importe quoi sans être contrecarrés.

lundi, 24 septembre 2007

Vieilles gloires littéraires

Sur le plan littéraire, Drieu est tout aussi lucide, si ce n’est plus. Emmanuel Berl, Julien Benda, Porto-Riche, Bernstein, tous ces ex-écrivains célèbres qui faisaient chier Drieu, ils n’intéressent plus personne en dehors de quelques maniaques bibliomanes désormais.
Et pourtant, Dieu sait qu’on réédite tout et n’importe quoi aujourd’hui ! Rien ne serait plus facile que de payer un critique du “Monde”, de “Match”, du “Figaro” ou de “France 2” pour dire tout le bien qu’il pense de Porto-Riche et pousser le quidam à l'acheter…

Lira-t-on encore Modiano ou Weyergans dans trente ans, dans vingt ans ? Houellebecq restera sans doute, mais plutôt en raison de son anticonformisme que de sa prose (Aussi, quelle erreur de se fondre dans le moule en faisant du cinéma produit par Lagardère.)

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Préjugé favorable, tout de même, de Drieu en faveur de Nitche. Nul n’est parfait. Un préjugé partagé d’ailleurs par t’Sterstevens. Préjugé d’une époque. Et puis Drieu n’est pas un catholique conventionnel. Le superhomme, Zaratoustra, toute cette bimbeloterie… le goût pour les arts premiers n’est pas très catholique. Pour un catholique, les schémas marxistes de Simone Weil sont beaucoup plus raisonnables que la trahison par un Allemand francophile des grands moralistes français. Pourtant, Drieu le sait, le dit et le répète : les Allemands font de bons soldats, mais en politique ils sont nuls.
Quant à Marx, beaucoup plus anglais qu’allemand, Drieu l’ignore presque complètement ; il est occulté par le communisme.

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Apparemment sur un point Drieu s’est trompé. À la fin, estime-t-il, les Russes l’emporteront sur les Anglo-Saxons, pourris jusqu’à la moelle par le capitalisme.
Dès le milieu du XVIIIe siècle, Grimm, le La Boétie de Diderot, aussi antipathique et visionnaire que Diderot est sympathique et aveugle, Grimm prévoyait que l’empire russe jouerait un rôle de premier plan à l’avenir, ce qui était loin d’être évident.
Mais la dislocation récente de l’empire soviétique semble donner tort à Drieu. À moins qu’il faille attendre encore un peu ? Une chose est sûre, outre la haine du catholicisme et le mépris des Yankis, bref de tout ce qui n'est pas russe - un signe de santé psychologique -, les Russes ont ce que les "musulmans" n’ont pas et qui les condamne à demeurer sous la domination occidentale : l’unité, l’argent, les armes, et toutes les ressources énergétiques nécessaires.
À tout prendre, Drieu aimerait mieux tomber sous le joug des Russes plutôt que sous celui des Yankis. Moi aussi : entre les gonzesses yankies et les gonzesses russes, il n’y a pas photo.

vendredi, 21 septembre 2007

Prescience de Drieu

Et la prescience de Drieu, n’est-elle pas étonnante ? Car il est isolé ou presque dans son “living room” mais avec quelques années d’avance prévoit la tournure que vont prendre les événements. Il y a sans doute des cartes d’état-major étalées chez lui, il connaît le nombre de divisions allemandes, britanniques, françaises, par cœur, il a beaucoup moins de préjugés que ses contemporains, et cela suffit.

Comparons avec les politiciens actuels, incapables, avec leurs bataillons de soi-disant experts en économie et tous leurs logiciels, de prévoir ne serait-ce que six mois à l’avance une crise économique ! Tous les Attali, Cohen, Boissonnat, quelle bande de radoteurs inutiles ! Ils justifient après coup tout ce qu’on veut, ça, pour ça on peut compter sur eux. Attali publie un bouquin où il annonce la multiplication des i-pods, et tous les crétins qui sortent de Sup. de co. se ruent pour l’acheter.

Le diagnostic de Drieu sur les campagnes d’Hitler : six mois de retard par année. Évidemment c’est le jugement d’un homme de méditation sur un homme d’action, mais il n’a pas tort, Hitler fond sur sa proie, puis il ne sait trop qu’en faire ensuite, il paraît tergiverser.

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Ce goût pour la conjecture politique, dont Drieu affirme qu’il se passerait bien pour se consacrer entièrement à l'histoire des religions, est plus fort que lui. Conséquence directe, l’avortement est un sujet qui l’obsède. Il a déjà écrit une nouvelle qui tourne autour et a le projet d’écrire tout un roman dessus.
La réaction des démocrates-chrétiens, qui sont en quelque sorte les “derviches tourneurs” du catholicisme, face à l’avortement, est beaucoup plus “calme”. “L’avortement ? Ah, oui, c’est embêtant, mais tant que le business va, tout va”, voilà à peu près le ton et l’esprit d’un évêque français moyen, pas très éloigné de celui de Fillon ou Sarkozy.
Lorsqu’on se souvient de l’inaptitude de Mgr Lustiger au calcul politique, à miser sur Balladur plutôt que sur Chirac (Parce que celui-ci avait intercédé en faveur de Mgr Lefebvre ?), on se dit que les évêques feraient mieux de s’en tenir aux principes, ce pourquoi ils sont payés, au moins en partie.

jeudi, 20 septembre 2007

Déclin et suicide

Fin du "Journal" de Drieu. Ça se lit comme un roman existentialiste. Le meilleur jamais lu à ce jour en ce qui me concerne. Gilles, il y a une dizaine d’années, m’avait rasé. Moins de néant que chez Sartre, mais plus de suicide.

Il y a des passages comiques, comme chez Rousseau. Ils tiennent au masochisme de Drieu, flagrant, et qu’il reconnaît lui-même : il parle de rêves érotiques où des femmes se tripotent entre elles ; d'après lui, ce genre de rêve est une preuve de masochisme. Tiens donc ?
Plus nettement maso lorsqu'il se définit sévèrement comme le chantre de la force virile… en pantoufles. Certes, Drieu n’est pas un guerrier et passe le plus clair de son temps vautré dans son canapé, à lire et à méditer sur les religions, mais il a quand même fait la guerre de 14-18 vingt ans plus tôt, subi de terribles assauts aussi bravement que possible. Un autre que lui aurait pu bâtir toute une épopée à sa gloire à partir de ces quelques faits d’arme et tirer la couverture à lui. Céline, qui n’est pas aussi masochiste ne se prive pas de rappeler sa médaille et ses cicatrices d'ancien combattant pour mieux faire ressortir la lâcheté de ses détracteurs.
Qu’on songe à BHL aujourd’hui : un petit tour dans une tranchée de Sarajevo, quelques caméras attestant sa présence là-bas ont suffi à ce paltoquet chafouin dépourvu de style et d’ambition pour se confectionner un cévé d’intellectuel résistant héritier de Malraux…

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Autre épisode comique : lors d’un dîner avant guerre, l’écrivain Bernstein raille le titre du dernier roman de Drieu, L’Homme couvert de femmes. Dans son for, Drieu approuve Bernstein et reste pantois, rougissant même, honteux de ne pas trouver une répartie.
Peu avant la déroute complète de l’armée française, Drieu croise cette fois Bernstein fortuitement dans le jardin des Tuileries. Il prend pour de l’ironie un « Courage ! » que lui lance l’autre et se rue dessus, furibard, lui flanque quelques coups de poings ; Bernstein gueule alors : « Frapper un vieillard de soixante-quatre ans ! », se défend en donnant quelques coups de pied ; et Drieu : « Rien de plus lâche que les coups de pied ! »… On imagine la scène.
Aujourd’hui les nouveaux Bernstein ne courent plus le risque de croiser des écrivains incorrects. Le dernier pugilat que j’ai en mémoire était entre W. Volkoff et trois petites frappes sans honneur, dont Karl Zéro, sur un plateau de télé... mais c’était un traquenard. Depuis, tous ceux qui admiraient Volkoff, au moins pour son franc-parler, rêvent de croiser cet immonde Zéro dans Paris pour venger Volkoff… à la régulière.

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J’éprouve comme un sentiment de fraternité pour Drieu. Ça tient surtout au fait que je suis, comme lui, un Français de souche. « J’ai reporté sur la France la défaillance de l’être en moi. Mais si je suis ainsi, la France doit être ainsi puisque je porte la France dans mes veines et que leur pulsation dit prophétiquement la santé de la France. » Paradoxalement, ça fait de nous des européistes acharnés ; le simulacre de France, désormais, toutes ces cérémonies laïques d’embaumement, puent le formol ; l’Académie française aussi pue le formol, il n'y a plus aucune sève ni aucune verdeur là-dedans.
Le nationalisme est une idéologie de métèques pour qui la France est synonyme de IIIe République. Ça vaut aussi pour le métèque breton Le Pen. Drieu est plus charnel.

mercredi, 19 septembre 2007

De Blum à Kouchner

L’hécatombe de civils en Irak est une leçon d’histoire et de morale pour les Français et les Algériens.
Si les Algériens pendant leur guerre de “libération” n’ont pas eu à subir très longtemps le terrorisme, c’est que l’armée française, en usant de la torture, a anéanti rapidement l’armée secrète terroriste algérienne, ce que les démocrates yankis sont incapables de faire avec les résistants irakiens.
(La défaite française, ensuite, fut de la responsabilité des hommes politiques. Jacques Chirac aurait-il mieux résisté aux pressions internationales que De Gaulle dans les mêmes circonstances ? Ce n’est pas impossible.)

Et Bernard Kouchner voudrait nous faire admirer le néo-colonialisme ! À jouer les matamores contre l’Iran il nous rappelle Léon Blum, les “lettres” en moins. Drieu La Rochelle est encore vif :
« Ce qui était le plus loin de toute connaissance politique sérieuse, de toute science de l’homme dans l’action (…) appelèrent aux armes et au suprême dévouement. Les enjuponnés de la synagogue et de la loge, les braillards de congrès et de parlement poussèrent au combat ceux qu’ils avaient minutieusement désarmés depuis cinquante ans par les soins de leurs instituteurs et de leurs sorbonnards, de leurs journalistes et de leurs romanciers. » (“Journal 1939-45”)

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Le point de vue yanki est compréhensible ; l’Iran ne fait peser aucune menace particulière, mais lorsque tous les états possèderont la bombe, toutes ces bombes s’annuleront, et on peut penser que la dissuasion nucléaire aura vécu.
Il est logique que les États-Unis s’accrochent à cette dissuasion nucléaire, d’autant plus que la guerre d’Irak, déclenchée par les médias plus que par l’administration Bush, a révélé au monde entier la faiblesse de l’armée yankie, connue des seuls historiens jusque-là. Elle la leur a révélée à eux-mêmes, beaucoup plus que le 11 Septembre, qui n'est qu'un accident.

Même si les yankis baignent dans l’idéologie libérale la plus stupide, il leur reste assez d’instinct pour se douter que leur puissance économique dépend largement de leur pouvoir politique, donc du pouvoir d’intimidation de la bombe.
Dans la partie de poker-menteur qu’ils jouent avec l’Iran, les États-Unis peuvent compter sur un atout : ils ont fait preuve précédemment en Irak d’une stupidité politique propre à inquiéter les Iraniens.
Si les anciennes croisades étaient pour libérer le tombeau du Christ, la “nouvelle” est plus sûrement pour protéger la valeur boursière de Microsoft & Cie.

mardi, 18 septembre 2007

Revue de presse (XVI)

Ce n’est certes pas un hasard si le talent de Michel-Ange s’épanouit dans la Florence des Médicis et dans la Rome d’Alexandre Borgia et de Jules II.
Un dessinateur de Charlie Hebdo, je ne sais plus lequel, mais un peu moins benêt que son rédacteur en chef P. Val, à qui on demande quel personnage, selon lui, incarne le mieux le XXe siècle, cite Courtial des Pereire, l'ingénieur charlatanesque de Mort à Crédit, à l'affût du moindre gadget.
Le Pr Etienne Baulieu, c'est pour moi une sorte de Courtial des Pereire, en plus dangereux. On imagine mal un tel "talent" s'épanouir en dehors du régime démocratique et capitaliste. Interviou dans L’Express (6/9/2007).


« (…) J’ai crée une fondation Vivre longtemps (…). Parvenir et, dans un premier temps, retarder ne serait-ce que d’un an - un minimum - la survenue de la dépendance pour 10% des personnes victimes de la maladie d’Alzheimer représenterait pour la collectivité une économie de 1 milliard d’euros. »
Au contraire l’allongement de la durée de la vie, auquel le Pr Baulieu prétend contribuer, fait peser sur la collectivité une charge économique de plus en plus lourde. Le capitalisme, avec ses fonds de pension, est décidément un système politique de vieillards cyniques qui ne reculent devant aucune contrevérité. Ce système devrait mourir avec eux dans un état de sénilité avancée.

« (…) les sommes nécessaires aux recherches auxquelles la fondation veut s’atteler immédiatement - de l’ordre de 4 millions d’euros - sont une goutte d’eau, à la portée, j’espère, de quelques mécènes (…) »
Les pauvres, quand ils font la manche, réclament deux euros, voire dix maximum ; les bourgeois capitalistes, eux, carrément 4 millions d’un coup !

« (…) Et, à propos de la DHEA, même si elle n’est pas encore reconnue pour toutes ses fonctions, nous savons qu’elle peut sauver de graves maladies. »
La DHEA, c’est l’élixir de jouvence du Dr Baulieu. De la charlatanerie pure. Mais L’Express se sent néanmoins obligé de s’incliner devant ça, de soutenir le Pr Baulieu dans sa recherche… de fonds privés ou publics.
Pour simplifier, partant de l’observation que les taux d’hormones diminuent chez l’homme et la femme lorsqu’ils vieillissent, le Pr Baulieu a imaginé d’en injecter artificiellement pour empêcher le vieillissement. Grâce à la propagande des magazines féminins, notamment, les femmes après la ménopause ont été convaincues du bénéfice de ces traitements hormonaux. Pour le moment, ces traitements comme la contraception hormonale sont surtout fortement suspectés de provoquer des cancers. Ce qui explique la méfiance d’une partie de la communauté scientifique.
Le Pr Baulieu est une des vedettes de la recherche médicale capitaliste dont la caractéristique est de n’avoir rien inventé depuis cinquante ans en dehors de produits dopants qui font la fortune des laboratoires yankis et de leurs petits frères européens, pilules que les vieillards yankis consomment comme des friandises.
Le Pr Baulieu est aussi le “père” de la pilule abortive RU486 et il se vante de cette horrible “paternité”. L’enfant représente pour la société à la fois la vie et la mort. C’est comme si ce faux savant encensé par L’Express voulait abolir simultanément la vie et la mort. Ça donne froid dans le dos.


« (…) c’est en France que j’ai entendu les choses les plus étonnantes, dans la bouche du Pr Lejeune : il m’a dit un jour, à la télévision, que j’avais fait plus de morts que Hitler et Staline réunis ! »
Le point d’exclamation s’impose, en effet.
Une autre chose étonnante, et significative, vu que les libéraux ne cessent d’invoquer la liberté, la loi de l’offre et de la demande, pour justifier leur système odieux : le Pr Baulieu était à la fois employé par des laboratoires pharmaceutiques et lié de très près au Planning familial, c’est-à-dire dans la position de faire prescrire par un service public ses propres pilules chimiques… au nom de la liberté de la femme, ça va de soi.
Pour démontrer les bénéfices des pilules comme pour démontrer leur innocuité, qu’elles ne sont pas la cause d’une augmentation des cancers du sein, par exemple, il y a une science que la médecine contemporaine au service des laboratoires maîtrise très bien, c’est celle des statistiques, auxquelles il est possible de faire dire à peu près tout et n’importe quoi.


« (…) Même Darwin, qui a écrit à peu près sur tout, ne s’est jamais attaqué au vieillissement. »
Ça, c’est pour la psychologie du personnage. La référence à Darwin comme le “savant des savants”, forcément, puisque l’évolutionnisme fait partie de l’attirail idéologique capitaliste.
Le Pr Baulieu ne craint pas de se positionner au-dessus de Darwin. Lorsqu’on a mené une aussi brillante carrière sur le bluff, pourquoi ne pas continuer jusqu'au bout ?

La suite se passe de commentaires ou presque.

« Quel est votre héros ? Louis Pasteur, pionnier de la microbiologie ?
- Plutôt Alexandre le Grand ou Napoléon. Ou Shakespeare, que j’idolâtre… Ou Valéry, le poète qui pense [sic]. J’aime les artistes.
- Vous auriez voulu en être un ?
- Pour être un artiste célèbre, il faut du talent, mais aussi être malin, savoir faire son marketing [sans le marketing, Shakespeare ne serait rien, c’est évident]
- Beaucoup de grands artistes sont de vos amis : Jasper Johns, Frank Stella… Jean Tinguely et Niki de Saint Phalle vous avaient d’ailleurs rendu hommage en mettant la molécule du RU486 dans le Cyclop, la sculpture monumentale érigée dans la forêt de Fontainebleau.
- Cela m’a touché… Je leur racontais des histoires scientifiques, cela les amusait. Andy Warhol m’avait demandé des clichés de cellules pour son travail. Un des souvenirs de Jean Tinguely que je préfère, c’est une petite feuille de papier que j’ai fait encadrer et que je garde dans mon bureau. Dessus, il avait écrit : « Etienne, t’es un artiste. »
Un gâteux contre le gâtisme.

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