jeudi, 28 août 2008
Défense de pleurer
Il faut une sacrée dose d'inconscience pour s'en remettre à une armée qui n'est même pas capable de se défendre elle-même contre la politique de défense criminelle de Bernard Kouchner.
Au fond de moi je n'étais pas si certain que ça que Sarkozy oserait aller voir les veuves, pour leur répéter en face que la meilleure parade contre le terrorisme c'est d'occuper le territoire afghan et d'humilier tous les pays arabes qui refusent d'acheter des avions Dassault ou de transformer leurs territoires en parcs d'attraction. De remplacer Allah par Mickey Mouse.
Eh bien Sarkozy a osé, il est venu avec son sourire qui transpire la franchise à prix cassé. Au vrai si on enlève au capitalisme son audace, qu'est-ce qui lui reste ? Le principal talent d'un capitaliste consiste à dire n'importe quoi avec le plus d'aplomb possible. Le meilleur moyen pour un VRP de fourguer sa camelote est bien de se convaincre lui-même que c'est de l'or en barre.
08:00 Publié dans Mon Journal de guerre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, bernard kouchner
FRENCH ATTACKS
TO BE CONFIDENT IN A FRENCH ARMY WHICH IS NOT EVEN ABLE TO PROTECT ITSELF AGAINST THE CRIMINAL DEFENCE POLICY OF BERNARD KOUCHNER, YOU NEED TO BE BORN BLIND AND DEAF... AND U.S. ARMY HAS BIG TRUCKS AND WEAPONS TO PLAY WITH -TOYS THAT THE FRENCH ARMY DOES NOT EVEN HAS! FRENCH ARMY DEVOTION IS PURE DEVOTION!
I WAS NOT SURE IN FACT THAT SARKOZY WOULD DARE MEETING THE WIDOWS AND EXPLAIN THEM THE BEST WAY TO FIGHT AGAINST TERRORISM IS TO INVADE THE AFGHAN TERRITORY AND REPLACE ALLAH BY MICKEY MOUSE AS MUCH AS POSSIBLE, BUT HE DID IT!
THE FACT IS THAT THE CAPITALISM WITHOUT THIS BRAZEN CHICK IN EVERY CIRCUMSTANCES WOULD BE NOTHING. TO SELL BULLSHIT YOU MUST BE CONVINCED THAT THIS BULLSHIT IS GOLD. THAT IS DEMOCRACY AND SARKOZY IS ONE OF THE BEST SELLERS OF THE MONTH. FUCKED AND HAPPY TO BE FUCKED MUST BE THE GOOD CITIZEN.
07:55 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, bernard kouchner
lundi, 25 août 2008
De quoi saint Paul ?
L'allégeance d'une partie du clergé démocrate-chrétien à Sarkozy, perçu comme le meilleur allié des valeurs actuelles chrétiennes, est connue. Ce clergé qui s'est longtemps bouché le nez quand on lui parlait de Le Pen, a estimé soudain que Nicolas Sarkozy présentait de meilleures garanties morales.
L'électorat démocrate-chrétien, qui penchait plutôt pour le parti socialiste, a viré sa cuti et voté en majorité pour Sarkozy lors du dernier match. N'empêche, il a quand même fallu que je me pince en lisant cette chronique révélatrice sur saint Paul, d'un certain père Guillaume de la Menthière, du diocèse de Paris. La fantaisie d'une élection présidentielle est une chose, la théologie une autre, quoi qu'en disent les barbarins.
La chronique du Sieur de La Menthière s'intitule : "Réhabiliter le travail". On se doute qu'il n'est pas question de saint Paul en Chine mais bien en France, dans le XVIe arrondissement de Paris où on n'en fout pas une rame.
Après avoir démontré qu'on ne sait pas grand-chose de précis de l'activité qu'exerçait saint Paul, l'auteur poursuit néanmoins : "Car Saul était dans le textile" ; puis : "Paul reste influencé par son éducation pharisienne."
La dernière tendance de la doctrine démocrate-chrétienne est de prouver que les chrétiens ne sont en fait rien de plus que des pharisiens - non pas une THEologie mais une TELEologie. La suite défie la science : "A l'encontre du monde grec qui méprisait le travail manuel, occupation d'esclaves, les pharisiens, eux, l'encourageaient." Voilà le genre de sornettes sur lesquelles débouchent six ou sept ans de séminaire à Issy-les-Moulineaux ou ailleurs.
Encore quelques lignes qui valent leur pesant d'autosuggestion : "Comment faisait-il, ce tâcheron malingre et affligé, pour mener de front travail, prière, voyage, évangélisation ? Quelle énergie ! Quelle tornade ce petit homme gigantesque, semant une Eglise sous chacun de ses pas (...)" De quoi saint Paul est-il le nom ? On devine à ce portrait que saint Paul = Sarkozy, et vice versa, et que ce n'est pas la Vérité qui rend libre, mais plus sûrement le Travail.
08:00 Publié dans Mon Journal de guerre | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : guillaume de la menthiere, saint paul, nicolas sarkozy
lundi, 14 juillet 2008
Les bronzés font de la politique
En réinventant le "Club méditerrannée" quarante ans après Gilbert Trigano, Sarkozy veut faire croire qu'il a des idées originales. Toute l'astuce des publicitaires est dans le recyclage. Le capitalisme ne crée rien, il transforme tout, non sans de lourdes pertes humaines.
La "gentille organisatrice" Carla Bruni a le mérite de ne pas tirer les vacanciers de leur torpeur avec ses chansonnettes en sourdine.
Les jeux d'été sont plus "intellos" sous Sarko, quand même, qu'ils ne l'étaient sous Trigano. "Au mois de juillet, chers plaisanciers, vous élaborerez un accord de paix entre Israéliens et Palestiniens qui devra durer au moins jusqu'à l'automne." Le macramé est définitivement relégué au rang des activités ringardes.
13:54 Publié dans Anti-journalisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, gilbert trigano, club mediterrannee, carla bruni
mardi, 20 mai 2008
Fiction totalitaire
- Paraît que la destination préférée des adolescents en fugue, en majorité des filles, c’est Marseille, le quartier du Mistral où est tourné le feuilleton Plus belle la vie. - Besancenot, de la Ligue communiste révolutionnaire, congratulé par Michel Drucker sur le plateau de Vivement dimanche : si c’est pas une preuve que le patronnat qui finance la télévision sait se montrer compréhensif avec le prolétariat opprimé… Etant donné ma conversion au communisme, je pourrais avoir plus de sympathie, désormais, pour Besancenot que pour Marine Le Pen ; mais quelque chose m’en empêche. La mutation du PS n'est pas tant l'adhésion au libéralisme que le rejet de l’idéal révolutionnaire, pour s’adapter au vieillissement du corps électoral. Ça implique que le débat gauche-droite n’est plus qu’une guerre médiatique. De Delanoë ou de Ségolène, le meilleur scénario l’emportera. Ségolène ne peut mieux investir son temps et son argent que dans des cours de danses, de diction, des cures de rajeunissement. À côté de cette compétition à l’américaine entre bonimenteurs de gauche ou de droite, s’ils veulent incarner autre chose, Besancenot et Marine Le Pen n’ont pas d’autre choix que de se radicaliser ; Besancenot de se couper complètement de la gauche caviar dont les deux tiers des médias expriment les idées du matin au soir ; Marine Le Pen de se couper complètement de la droite saumon dont le tiers restant des médias exprime les idées. Plutôt que d'une fracture sociale, il vaut mieux parler d'une fracture entre les générations, de plus en plus difficile à surmonter par les partis politiques ; d'un côté le désir d'une mort lente dans des conditions de confort optimales, de l'autre le désir d'une vie réelle sans cinéma, moins confortable et plus libre. Comme la résistance à l’esprit capitaliste totalitaire, indissociable de la religion laïque de l’Etat, se situe autour de vingt à trente pour cent des votants, il est probable que l’un des deux candidats qui revendique l’esprit de jeunesse et de résistance, Besancenot ou Le Pen, est amené à passer à la trappe. Que le plus imaginatif l'emporte ! Vingt à trente pour cent, c’est à la fois très peu, et en même temps un tel score est inimaginable dans beaucoup de pays. Malgré tous les signes de débilité mentale profonde, je ne peux pas m’empêcher d'observer que la France est mal préparée au totalitarisme. Même Plus belle la vie, les ficelles sont tellement grosses qu’il y a peu de téléspectateurs à prendre ce moralisme-là au sérieux. Même Sarkozy qui prend pour modèle la laïcité positive totalitaire, paradoxalement son immaturité est telle qu’il discrédite l’idée même d’État ; il la désacralise par son petit théâtre grand-guignolesque. Berlusconi passe pour un type sérieux à côté de Sarkozy.
11:23 Publié dans Anti-journalisme | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : besancenot, marine le pen, politique, nicolas sarkozy, plus belle la vie
lundi, 19 mai 2008
Chanson française
Quoi de plus bluffant que le succès de Cynthia Sanders ? De fait la jeune chanteuse française d’inspiration américaine n’était pas l’héritière d’une dynastie de chanteurs mais simple gérante d’un salon de toilettage pour chiens dans le Nord-pas-de-Calais ; elle ne pouvait se prévaloir d’aucune vedette de la chanson, aucun acteur, pas le moindre journaliste dans sa famille.
Absolument rien ne laissait prévoir que son tube Carillons de bonheur, composé pendant ses RTT, cartonnerait comme il cartonna - 300.000 singles vendus en un mois ! -, sans d’autre soutien que son petit ami de toujours, Sébastien, en congé préparental d’éducation (Cynthia avait cessé de prendre la pilule depuis cinq mois et demi.)
Une spontanéité qui faisait plaisir à voir !
D’abord, grâce au bouche-à-oreille, tout le canton de B*** fredonna bientôt en chœur le refrain (“Carillons de bonheur battent dans mon cœur, lalala, pour Jo-hon-ny Walkeur !…”.) ; puis aucun night club à cent kilomètres à la ronde ne put débuter la soirée autrement qu’au son des “Carillons” de Cynthia Sanders.
Cynthia ne faisait plus ses courses dans B*** sans s’armer de son feutre à dédicacer.
La nouvelle star du cru brilla ensuite rapidement d’une aura nationale : les animateurs les plus populaires du PAF s’arrachaient Cynthia qui faisait souffler un vent de fraîcheur dans des émissions pourtant déjà peu suspectes de parisianisme.
Internet se chargea enfin d’en faire une célébrité internationale, notamment dans la francophonie, et la barre symbolique du million de téléchargements sur son site Myface.com (hors hexagone) fut franchie.
Bien sûr un tel succès n’alla pas sans provoquer quelque jalousie. Par exemple de la part de chanteurs à textes qui avaient bossé dur pendant des années, se coltinant des questions sociétales brûlantes, produisant des chansons engagées dont l’utilité publique était reconnue unaniment, mais qui ne décollaient pas.
Néanmoins les Français, eux, ne boudaient pas leur joie d’entendre et voir chanter Cynthia Sanders, et c’est ce qui comptait le plus aux yeux de la jeune femme. Peu importait que les bobos fissent la fine bouche et préférassent les calembours lacaniens de Ménabar ou les mélodies subtiles de Karine Khan.
Pour preuve, le “remix” techno des “Carillons” se vendait encore mieux que la version originale.
L’arrogance que certaines vedettes de la télé ne dissimulent pas toujours parfaitement, Cynthia en était complètement exempte ; c’était ce qui touchait les gens au plus profond ; elle était tout à fait simple et exprimait les meilleures intentions du monde : apporter un peu d’espérance aux Français dans une période où le pouvoir d’achat n’était pas rose, et composer un album complet pour la rentrée avec quelques titres en anglais.
La gloire de Cynthia aurait pu n’être qu’éphémère ; elle aurait pu, tel un papillon de nuit, être happée par la lumière des phares d’une célébrité à laquelle elle n’était pas génétiquement préparée et périr d’une métaphore aussi banale… si un documentaire de la chaîne culturelle “Arte” sur Coluche ne lui avait pas donné l’idée, comme le grand comique, de se présenter à l’élection présidentielle à son tour.
Comme pour Coluche, la campagne fut semée d'embûches, mais Cynthia était têtue et son tube faisait taire en cas de besoin tous ses détracteurs. De plus la France avait évolué depuis Coluche et les dernières crispations s'étaient relâchées.
Au milieu de la campagne, alors que l’enthousiasme pour la jeune candidate semblait faiblir après la révélation par le Canard enchaîné que Cynthia n’avait même pas décroché son brevet des collèges ni payé ses impôts en 2006, elle obtint le soutien inattendu de Mgr Philistin, fringant cardinal primat des Gaules, qui sortit de sa réserve et de sa componction théologique habituelle pour donner une interview au Figaro.
Le cardinal jugeait qu’il était temps d’en finir avec le préjugé franco-français à l’égard de la société de consommation, cause d’une apathie spirituelle déplorable ; et Mgr Philistin de souligner le côté “positif” et donc sain de Cynthia Sanders ; le tube de la chanteuse, quand le cardinal l’avait entendu pour la première fois au XVIe Festival œcuménique de la Part-Dieu, lui avait fait irrésistiblement penser au Cantique des cantiques, pour l'anecdote…
Difficile de mesurer l’impact d’une telle interview avec précision, mais étant donné le net "retour du religieux" constaté par les instituts de sondage et l’audience du Figaro dans les maisons de retraites, grâce à l’idée de génie de son nouveau directeur d’imprimer en plus gros caractères, il n’était pas interdit de penser que la bénédiction du Primat des Gaules avait joué un rôle décisif, même si le cardinal aurait préféré manger sa mitre plutôt que d'avouer sortir du cadre de la laïcité, naturellement.
Toujours est-il que Cynthia Sanders l’emporta au finish sur le président sortant d’une bonne tête au second tour des élections de 2012, entrant ainsi, comme on dit, dans l’Histoire.
Qui aurait pu prévoir, quelques années auparavant, que le président Sarkozy serait battu sur son propre terrain, où il semblait pourtant inaccessible, le terrain du dynamisme et de la sincérité, de la présence charismatique dans les médias, du sens de l’innovation dans le respect de toutes les cultures, laïque ou religieuses, le tout dans un style certes un peu tape-à-l’œil mais résolument moderne ?
10:36 Publié dans Anti-journalisme | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, politique
jeudi, 01 mai 2008
Les Fâcheux
Ne voilà-t-il pas que le Tartuffe Xavier Darcos veut qu'on enseigne la morale aux enfants dès la maternelle... Comme si les fables de La Fontaine ne suffisaient pas. On croit rêver. On croule sous la morale virtuelle : à tous les coins de rue des panneaux pour vous interdire de baiser pour de bon, ou de fumer, de boire du vin... et pourtant jamais la morale réelle n'a été aussi absente. Comment lorsque des énarques et des polytechniciens qui fourguent des armes et des supermarchés à qui veut bien éponger nos stocks, en l'absence d'autres considérations morales, comment dans ce paysage-là Darcos peut-il espérer que le petit voyou dealer de cigarettes ou autres pétards suspects respecte, lui, la morale, et envisage les conséquences de ses actes à long terme ?
Les voyous devraient respecter la morale en premier et montrer l'exemple aux gens honnêtes ? Est-ce que Xavier Darcos ne se fout pas un peu de la gueule du peuple avec sa morale laïque de derrière les fagots ?
*
Ce n'est pas la révolution permanente, ce régime, mais plutôt la comédie de Molière permanente. Pas seulement Darcos en Tartuffe, mais aussi Sarkozy en Scapin, qui commence à se demander ce qu'il est venu faire dans cette galère au lieu de se faire embaucher chez LVMH ou Bolloré ; Fillon en misanthrope, pas mécontent qu'on lui fiche la paix ; ou en Sganarelle, obligé d'approuver toutes les foucades de son Dom Juan de patron, mais qui n'en prie pas moins la sainte Vierge pour que tout ce cirque-là s'arrête ; Carla Bruni en vraie-fausse pucelle consentante, en Agnès affranchie ; pour les femmes savantes, Christine Lagarde, Roselyne Bachelot et Rama Yade offrent des exemples variés d'arrogance et de prétention femelles qui se veulent mâles ; ne dites pas que j'exagère : Bernard Kouchner n'est-il pas le bourgeois-gentilhomme parfait, qui parle les droits de l'homme ou le droit international comme une seconde langue naturelle ? Le Malade imaginaire c'est la France, qui ne souffre pas de "pas assez" mais de "trop plein".
Je cherche un rôle pour Xavier Bertrand, vu que le Tartuffe est déjà pris... Et Sganarelle aussi... Après tout rien n'impose que l'Avare ne soit pas gras et un peu franc-maçon.
(Jacques Attali est trop "bouffon triste" pour ne pas le réserver à la Comédia del Arte.)
Les "Amants magnifiques", bien qu'un peu décatis, mais le maquillage n'est pas une nouveauté au théâtre : Cécilia et son nouveau Jules.
On peut juste constater que la droite au gouvernement peine à recruter des Trissotins et Vadius crédibles ; Guaino est un peu "limite". La gauche est beaucoup plus douée pour ça. Finkielkraut avait sa place au gouvernement, pour succéder à Luc Ferry.
*
Molière vous tient en haleine quatre ou cinq actes ; après, tomber de rideau. Mais quatre longues années, comment diable ? L'opposition a de quoi être inquiète pour la suite. Le spectacle qu'elle produira ne sera jamais aussi burlesque et la réalité du libéralisme, même repeint en gris laïc de gauche, risque d'apparaître comme plus violente encore après cette parenthèse de fou-rire encouragée par les médias, qui n'avaient pas prévu ce fou-rire de travers.
On peut toujours rêver de Ségolène Royal, flanquant aux oubliettes Daniel Bouton et Bernard Arnault, Jacques Attali et Alain Minc, toute la fine fleur du patronnat français, comme jadis Louis XIV avec Fouquet, qui ne le méritait pas autant... On peut toujours rêver.
11:55 Publié dans Anti-journalisme | Lien permanent | Commentaires (54) | Envoyer cette note | Tags : xavier darcos, politique, christine lagarde, rama yade, roselyne bachelot, francois fillon, nicolas sarkozy
mardi, 29 avril 2008
Collabos d'hier et d'aujourd'hui
Ce qui rend la compromission avec les autorités chinoises particulièrement scandaleuse, c'est les leçons de morale laïque continuelles sur les vilains nazis, les méchants staliniens, l'horrible Le Pen, les immondes Talibans, ce salaud de George Bush, etc., dans tous les médias officiels.
Parmi les Français qui collaborèrent avec les autorités nazies, certains justifièrent leurs actes par la volonté d'obtenir en échange le retour de prisonniers, une plus grande clémence des autorités allemandes, certains avantages matériels pour la population...
La collaboration du gouvernement Sarkozy, elle, est légitimée par la volonté d'implanter quelques hypermarchés "Carrefour" de plus sur le territoire chinois, l'achat d'une centrale nucléaire ou deux par la Chine, un renvoi d'ascenseur aux sponsors.
Les "collabos" d'hier ne sont pas allés à l'Allemagne, c'est l'Allemagne qui est venue à eux. La prostitution, aujourd'hui, est complète ; la France fait la démarche positive d'aller se vendre en Chine. Faut-il recouvrir cette politique d'une couche de marketing, Guy Sorman est là, pour faire rimer "libération" avec "société de consommation" : plus néocolonialiste, tu meurs.
L'esclavage industriel, tel qu'il se perpétue en Chine, a provoqué en Europe tout au long du XIXe siècle des révolutions et des guerres civiles sanglantes. Mais l'aplomb de Sorman et de ses semblables est celui d'un chef de rayon "gadgets idéologiques" méprisant de l'histoire.
Et la fiction morale de l'esprit sportif et de l'esprit olympique... Laure Manaudou, qui fait quinze kilomètres par jour dans un bassin d'eau chlorée, une vraie mutante, qui peut croire une seconde qu'il s'agit-là d'une "amatrice" qui travaille à entretenir l'amitié entre les peuples ? Qui peut avaler ça en dehors d'un militant sarkozyste qui entretient son patriotisme en regardant les JO sur TF1 ou France 2 ?
La bêtise viscérale de la droite libérale nuit gravement à la politique. Et la gauche, par son hypocrisie, elle, bafoue la morale. Tous ces discours moraux, ces cours d'éducation civique, pour, lorsque l'occasion se présente de passer du discours aux actes, se vautrer dans le cynisme et le double langage libéral. Bravo ! Belle victoire en tandem.
Il n'y aura probablement aucun athlète professionnel à boycotter les JO pour une question d'honneur, à refuser d'apporter sa caution à un régime totalitaire. En revanche tous ces athlètes professionnels seraient probablement d'accord pour fustiger comme un seul homme la collaboration de certains Français avec l'Allemagne nazie. On peut s'attendre aussi à des pleurnicheries en cas de concurrence déloyale de la part d'athlètes chinois dopés jusqu'aux yeux. Une morale laïque de cochons élevés en batterie.
13:49 Publié dans Anti-journalisme | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : politique, guy sorman, nicolas sarkozy, chine
mercredi, 23 avril 2008
Pyromanie
Avec l’Usure
Avec l’usure nul homme n’a maison de bonne pierre
chacune taillée, puis ajustée
afin que le décor puisse orner la façade,
avec l’usure
nul ne possède un paradis peint aux murs de l’église
harpes et luz
ni la vierge qui reçoit le message
une auréole s’élevant de l’incision,
avec l’usure
nul homme ne voit Gonzague, ses héritiers, ses concubines
un tableau n’est plus fait pour durer, pour vivre avec
mais pour se vendre et se vendre vite
avec l’usure, péché contre nature,
ton pain sera fait de chiffons, toujours plus
ton pain sera sec, comme du papier
sans le blé des montagnes, sans la forte farine
avec l’usure le trait s’empâte
avec l’usure les contours s’estompent
et nul homme sur terre ne trouve sa place.
Le tailleur de pierres est privé de ses pierres
le tisserand de son métier
AVEC L’USURE
la laine ne se vend plus
avec l’usure les moutons n’apportent plus de gain
l’Usure est une peste, l’usure
émousse l’aiguille dans la main de la servante
éteint le talent de la fileuse. Pietro Lombardo
ne vient pas de l’usure
Duccio ne vient pas de l’usure
Ni Pier Della Francesca ; ni de l’usure Zuan Bellin’
ni peinte “La Calunnia”.
Ni de l’usure Angelico ; ni Ambrogio Praedis,
Ni l’église de pierre taillée signée : Adamo me fecit.
Ni de l’usure s&int Trophime
Ni de l’usure saint Hilaire,
l’usure a fait rouiller le ciseau,
Rouiller l’art et l’artisan
Rongé la trame sur le métier
Nul ne sait plus y mêler le fil d’or ;
Azur est dévoré par ce cancer ; cramoisi n’est plus brodé
Emeraude ne trouve plus de Memling
L’Usure frappe l’enfant dans le ventre de sa mère
Elle frappe le jeune homme qui fait sa cour
Le paralyse dans la couche nuptiale, l’usure s’étend
entre le mari et sa jeune épousée
CONTRA NATURAM
Ils ont amené les putains à Eleusis
Des cadavres prennent place au banquet
sur mandement de l’usure.
Cantos XLV
NB : Usure : droit prélevé pour l’utilisation du pouvoir d’achat sans tenir compte de la production ; souvent sans tenir compte des moyens de production.
NL : La "plus-value" n'est rien d'autre qu'un "perfectionnement" de l'usure : un prélèvement à la source, hypocrite.
12:24 Publié dans Anti-journalisme | Lien permanent | Commentaires (26) | Envoyer cette note | Tags : dominique de villepin, nicolas sarkozy, poesie, litterature, politique, ezra pound
mardi, 22 avril 2008
Quelque chose de pourri
Envoyer des ambassadeurs en Chine afin de "rattraper le coup", lécher quelques culs serrés pékinois au nom de la France, c'est encore un reniement de la part de Sarkozy. Il se comporte ainsi en PDG de la maison "France SARL", engagée dans un plan de redressement foiré d'avance. Que cette torche olympique ridicule puisse circuler autour du monde, même au prix de quelques obstacles, c'est déjà une victoire pour le régime chinois et son allié yanki.
Il n'y a pas loin du PDG au bord de la faillite à la vieille pute qui ne sait plus quel maquillage adopter pour raccoler encore un dernier touriste ou deux au bord de la Chaussée-d'Antin (qui tient une place prépondérante dans la littérature symboliste anticipatrice de notre malheur présent).
Mais il ne faut pas s'arrêter à Sarkozy, à une posture de bobo de gauche. Sarkozy n'est qu'un pion, le moins mystérieux de la liste. Avec moins d'impudeur dans le style, Chirac et Jospin jouaient le même jeu de l'économie-coup de poker, nos vies sur le tapis vert. Les mêmes salauds, mais en plus honteux, en plus "laïcs".
*
"Moins mystérieux", ça veut dire que Sarkozy révèle l'imposture des Droits de l'Homme. La couverture devient transparente ; il ne reste plus rien de cette peau de chagrin. Certes il y aura toujours des connards de cinéphiles pour mordre à la fiction, aussi pâteuse soit-elle, vous me direz. Mais le doute s'insinue dans les esprits les moins faibles... Sarkozy a tellement de mal à composer le rôle du Chef de l'Etat au-dessus des lois du marché, la tête dans les nuages de la mystique républicaine ! Il apparaît, avec ses tics de VRP, comme entièrement du côté de la société civile et de ses actionnaires majoritaires.
Malgré les efforts de Carla pour en faire un homme d'Etat, chaque déclaration de Sarkozy se présente comme "La semaine du blanc", ou "Le mois du folklore chrétien", "Grande braderie de gauche caviar", "Tentative de faire apparaître la Vierge Bétancour à Roissy-Charles De Gaulle", "Attali-le couteau suisse multifonction qu'il nous faut", "Consommez, consommez, il en restera toujours quelque chose de positif !".
Sarkozy prouve Marx. L'essence de la social-démocratie, c'est le reniement de la révolution ; exactement comme l'essence de la démocratie-chrétienne est le reniement des Evangiles. Sociaux-démocrates et démocrates-chrétiens forment une majorité écrasante. Mais ces gens-là sont déjà morts depuis longtemps ; ils simulent tout : l'art, le sexe, la politique, la foi, l'honnêteté, la morale. Ils sont morts et ils ne peuvent par conséquent plus tuer aucun vivant réellement. Il n'y a plus qu'à attendre la décomposition de ces zombis.
12:30 Publié dans Anti-journalisme | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, ezra pound

