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Lapinos - Page 110

  • Le Fil du Rasoir

    Mon feuilleton préféré à la télé : le 'Club de l'Economie' le jeudi, sur TF1, animé par Jean-Marc Sylvestre. On se croirait dans Balzac : une bande de notaires véreux qui refont le monde à leur botte autour d'une table de jeu. Et dans Daumier en même temps, vu les bobines des mecs.

    Le baron Ernest-Antoine Serpillère : "Les tenants du libéralisme le plus pur sont d'accord vu l'ampleur de la crise pour admettre un peu de protectionnisme en ce moment. Quant aux autres, les marxistes, même eux souhaitent que le capitalisme sorte de l'ornière."

    "Les tenants du libéralisme le plus pur" = des escrocs capitalistes dont le métier est de retourner leurs vestes. Pour les marxistes qui douteraient de la faillite programmée du capitalisme, le maintien de gugusses comme le baron Serpillère dans leurs fonctions est une sorte de garantie.

    Opposé au style frontal du baron, il y a le baveux du 'Figaro', Yves de Kerdrel, la 'Voix de son Maître'. Non contents d'avoir placé aux commandes leur VRP Sarkozy, les Dassault, Lagardère et Cie l'ont entouré d'une bande de cabots comme Kerdrel ou Zemmour chargés de lui mordiller les chevilles pour qu'il ne sorte pas du cadre. Il y a beaucoup de choses que la bande de chacals du 'Figaro' peut reprocher à Adolf Hitler : certainement pas d'avoir eu des avions et des tanks bien entretenus et bien huilés.

     

     

  • Ubu règne

    Christian Terras de la revue 'Golias', qui a pour habitude de reprocher à l'Eglise son excès de dogmatisme, ce coup-ci trouve que le pape ne respecte pas assez le dogme laïc de la Choa. Situation parfaitement ubuesque.

    Par-dessus le marché, le pape ne respecterait pas assez selon C. Terras les formalités canoniques en acceptant de nouveau dans le sein de l'Eglise les évêques schismatiques ???? J'avoue qu'il est très difficile de démêler de l'extérieur si ce Terras est borné ou animé par quelque chose d'autre. Son agitation perpétuelle fait penser à celle de Sarkozy et n'est pas signe de franchise.

    Le plus comique, c'est la tronche déconfite des minables démocrates-chrétiens, l'écrivain François Taillandier en tête, escorté par Rémi Brague et Christophe Geoffroy (cf. l'émission de l'enfant de choeur Taddéi sur 'France 3'), qui ont tout misé sur le nouveau pape allemand, en passe de devenir un pape 'révisionniste' par la force des médias : 'Adieu, veau, vache, cochon, couvée...'

    L'absurdité, palpable pour un catholique, doit paraître carrément une foire d'empoigne, un Temple envahi par les boutiquiers, à qui observe les choses de l'extérieur. Le fait est que l'Eglise est incapable d'opposer un front uni à la violence du temps, d'apparaître comme un refuge contre cette violence terrifiante par son ampleur.

    Dans la mesure où Williamson n'avait pas d'avocat sur le plateau, c'était de la part de ce Taillandier une façon indigne de frapper un adversaire à terre.

    Le minimum de la part de Christian Terras, s'il était honnête, serait de dire qu'aussi stupide soit l'évêque Williamson selon lui, son implication dans la violence est sans commune mesure avec les calculs capitalistes cyniques de l'Occident, calculs qui ne sont pas étrangers au débat autour de la Choa, qui déshonore les macchabées morts dans les camps de travail plus qu'il ne leur rend hommage.

  • Signes sataniques du Temps

    Convoqué avant le Père Fessard dans l'article de Milosz (in : 'Simone Weil, etc.', Bayard 2009) le prof. Leszek Kolakowski fut viré de l'université communiste de Varsovie en 1968 : 'L. Kolakowski (...) déclare carrément que toutes les structures de la pensée moderne, y compris celles de la philosophie marxiste, ont été élaborées au Moyen âge par des théologiens et qu'un observateur attentif peut retrouver sous leur nouvelle vêture sémantique, la trace de ces anciennes querelles ; et ainsi, par exemple, il montre que les marxistes discutent de l'histoire en termes de théodicée - la justification de Dieu.'

    Le médiéviste Etienne Gilson note de son côté l'emprunt de Hegel à Bernard de Clairvaux.

    Ce qui est remarquable et complète le tableau, c'est la dérive du régime communiste, comme le renvoi de Kolakowski l'atteste, vers un dogmatisme et une sclérose qui furent ceux de l'Eglise catholique elle-même auparavant. Extra-lucide contrairement à Trotski, Lénine a même comparé son successeur Staline à Louis XIV, despote 'janséniste' (la doctrine libérale jaillit de l'ignorance janséniste au XVIIe sicècle).

    Marx savait certainement, au contraire d'un helléniste inepte tel qu'Heidegger, que sa critique radicale de la philosophie de Hegel n'était pas sans rappeler la critique de Platon par Aristote. Mais la critique de Hegel par Marx renvoit aussi à la critique de saint Augustin et de la philosophie de Plotin par la scolastique médiévale et l'humanisme de la Renaissance.

    Il convient d'ailleurs de rectifier Kolakowski ou de le préciser sur un point qui n'est pas négligeable. C'est Hegel et non Marx qui discute l'histoire en termes de théodicée. C'est même un trait typique de l'idéologie allemande, qui fascine Voltaire en même temps qu'il s'en moque. Marx comme la Renaissance occitane voit l'histoire en termes d''Iliade' et d''Odyssée' : tout au contraire un combat à mort contre le Léviathan et un Voyage au bout du royaume de Neptune.

    C'est ce qui rend Marx et Engels 'apocalyptiques' comme Paul et Jean, tandis qu'Hegel est encerclé derrière les murs de Troie. On peut prendre les démons acharnés à la perte d'Ulysse dans l''Odyssée' pour des préfigurations de Satan et ses ruses, des sirènes à Polyphème, Charybde et Sylla... Les mille ruses d'Ulysse lui servent à déjouer les mille pièges de la Bête. Mais ces démons et leurs suppôts préfigurent également, ce n'est pas un hasard, la caractérisation du mensonge et de la bourgeoisie par Karl Marx. Saint Paul a rendu hommage aux Grecs pour avoir bâti un Temple 'au Dieu inconnu'. On constate qu'ils possédaient aussi une démonologie élaborée.

    On est très loin de la docte ignorance de rhéteurs laïcs comme Nitche et Freud, femelles impuissantes qui ramènent la tragédie grecque à la dimension étriquée d'un drame bourgeois ou d'un opéra italo-boche.

  • Déphilosopher

    Substitut aux niaiseries de Laure Adler sur Simone Weil, ou encore celles de la nièce de Simone, Sylvie Weil, on lira avec plus de profit Venceslas (?) Milosz. Dans un ouvrage collectif au titre cucul-la praline 'Simone Weil, Sagesse et Grâce violente' (Bayard, 2009), titre à peine moins janséniste que celui trouvé par G. Thibon ('La Pesanteur et la Grâce').

    On sait gré à Milosz de laisser de côté le registre des pleurnicheries sentimentales et du 'devoir de mémoire' étranger à Simone.

    Evocation du Père Fessard par Milosz en ces termes afin d'entrer dans le vif du sujet : 'Au moins un théologien, le Père Fessard, affirme que c'est là que réside la fondamentale faiblesse intellectuelle des penseurs chrétiens modernes : dès qu'ils abordent les problèmes historiques, ils adoptent le point de vue d'une philosophie qui leur est étrangère -consciemment ou inconsciemment-, ils deviennent hégéliens ou marxistes.'

    De fait c'est exactement l'impasse dans laquelle Joseph Ratzinger se trouve. Prié par untel de s'approprier la philosophie de Hegel, il est trop allemand pour ignorer que le régime nazi fournit une des meilleures illustrations après le régime napoléonien de la philosophie juridique et esthétique de Hegel.

    Pas vraiment étonnant qu'Hegel soit plus lu en France qu'en Allemagne, où il est d'usage de faire croire à une rupture profonde avec le passé récent. D'autre part, J. Ratzinger est hélas aussi beaucoup trop allemand pour se réclamer de Marx, comme l'archevêque de Munich Reinhard Marx vient de le faire, ou le dalaï lama.

    'Cette faiblesse reflète en fait une lacune de la doctrine thomiste. Chez saint Thomas d'Aquin, affirme le Père Fessard, il n'y a pas la moindre amorce de perception de la dimension historique ; seuls l'intéressaient l'ordre de la raison, et l'ordre de la nature.'

    Dans cette direction en revanche, il est impossible de suivre le Père Fessard. D'abord parce que si l'accent est mis plus nettement chez Hegel et Marx sur l'histoire qu'il n'est mis chez Thomas d'Aquin, les trois possèdent en commun d'emprunter à Aristote son dynamisme scientifique.

    Il serait faux de croire par exemple que pour Marx et Engels le progrès n'est pas d'abord artistique, comme pour Thomas d'Aquin. Si Thomas d'Aquin n'insiste pas autant sur l'histoire, c'est que cela va de soi pour un chrétien. La Bible est essentiellement apocalyptique ; or l'apocalypse, c'est l'Histoire. L'apocalypse est dialectique, et c'est la science qui pour Marx est le moteur du progrès.

    En second lieu, le Père Fessard n'a pas l'air de se rendre compte que la scolastique a été abandonnée par l'Eglise depuis longtemps, et saint Augustin replacé par les catholiques sur le piédestal d'où le moyen-âge et la Renaissance l'avaient descendu, cela pour une très mauvaise raison, ce qu'on a qualifié de 'révolution copernicienne', clef de voûte de la nouvelle religion laïque et qui rend la théologie des meilleurs scolastiques, Roger Bacon, Thomas d'Aquin ou Duns Scot, inutilisable.

  • Obama = SS

    Barack Obama conduira-t-il une politique économique keynésienne aussi efficace que celle d'Adolf Hitler ? Parviendra-t-il à bâtir un capitalisme à visage humain et à résoudre le taux de chômage comme les nazis entre 1935 et 1940 ? That is the question.

    Une chose est sûre, c'est que pour porter l'industrie militaire des Etats-Unis au même niveau que celui de l'Allemagne des Krupp, von Papen, Bayer, von Thyssen avant-guerre, Obama n'aura pas beaucoup à se démener puisque c'est déjà le cas.

    Avant de devenir des images d'Epinal ou de propagande cinématographique, Hitler comme les deux Napoléon, ou encore Bismarck avant lui, ainsi que Franco, Mussolini, Pétain, tous furent perçus comme des 'hommes providentiels'.

    Avec Hitler et Mussolini, Obama partage le fait d'être populaire et de ne pas avoir une image de 'factotum' de la grande bourgeoisie capitaliste. Bien qu'il soit sorti du moule d'Harvard, le métissage d'Obama le rend plus sympathique aux yeux de la foule des téléspectateurs qu'un Kennedy ou un Kerry. Déjà le succès de Bush est celui d'un homme, si ce n'est issu de la classe moyenne, du moins qui le suggère.

     

     

  • Chronique d'une mort annoncée

    C'est invraisemblable le nombre de crétins soi-disant 'experts économiques' qui se pressent dans le poste de télé en ce moment. L'émission de Jean-Marc Silvestre sur TF1 est un modèle du genre. Du connard gaulliste au connard social-démocrate, on a droit à toute la gamme, singulièrement uniforme, des donneurs de leçon qui auraient dû crever de honte. La morgue immarcescible de Jacques Attali surplombe de peu celle de Fitoussi, de Baverez, de Manière, de la famille Cohen au grand complet. Il n'y en a pas un pour racheter l'autre. D'une certaine façon, du point de vue de la Révolution, c'est plutôt encourageant car Necker n'était pas aussi stupide.

    La potiche Christine Lagarde, par exemple, explique qu'il sera assez tôt, lors de la 'sortie de crise', d'apurer la dette (de cent milliards d'euros). Passons sur la façon vulgaire de s'exprimer de la ministresse : on se demande comment cette idiote fait pour prévoir l'issue d'une crise qu'elle n'a pas vu arriver ? Ou, si elle l'a vu arriver, ce qui est le plus probable, qu'elle a préféré taire faute d'être capable d'imaginer un remède.

    Les citoyens français sont confrontés-là à la bêtise de leurs représentants. Celle de la droite libérale est d'autant plus frappante qu'elle a toujours prétendu parler au nom du pragmatisme.

    - De façon pragmatique, j'observe que la France est un pays qui déborde de richesses et que les banques d'Etat et les industriels ont mené ce pays à la faillite.

    - De façon pragmatique, j'observe que la crise aux Etats-Unis comme en France, contrairement aux mensonges de la propagande télévisée est une crise industrielle d'abord et non financière (Dix pour cent des pertes seulement sont dues aux escrocs de la finance internationale, dont le rôle est de doper la croissance.), doublée d'une crise démographique. Cette industrie, fondée sur l'esclavage et l'exploitation, devrait au contraire se porter plus mal demain qu'aujourd'hui. L'exploitation ne dure jamais plus longtemps que la patience des esclaves. Le sort des capitalistes français est entre les mains de l'armée chinoise.

    Par la crise économique les esclaves qui se tuent à la tâche à des milliers de kilomètres pour notre confort se rappellent au bon souvenir des cyniques sociaux-démocrates, libéraux, laïcs, démocrates-chrétiens au service des cartels de l'armement, qui ont cru pouvoir les enterrer au plus profond de leur inconscient.

  • Demain la Révolution

    Voyez Stolypine et Necker : la Réforme avorte toujours. Et voyez Savonarole, Luther, ce dernier trahi par les princes allemands, converti en un cléricalisme plus rigide encore que celui de la Synagogue de Satan qu'il dénonçait. Même sort pour la Contre-Réforme, qui s'achève en eau de boudin bénite.

    Voyez encore Napoléon et Hitler, qui commencent par rétablir l'ordre, construire des autoroutes, et qui finissent couronnés empereurs de l'Anarchie et du Désordre.

    Et quelles sont les dimensions de Sarkozy, Fillon, à côté de Stolypine ou Necker ?

    La Réforme, de sexe féminin, n'advient jamais. Seule la Révolution, virile, finit par triompher. Au terme les cris des martyrs impatients réquisitionnent l'Esprit de feu. Au terme il y a peu d'élus parmi la foule indénombrable de ceux qui ont été appelés, pieux crétins qui croient que le plastique protège des flammes de l'Enfer.

     

  • Ce que picrocholine veut dire

    Quand on veut comme le critique Eric Nolleau épingler le snobisme de Charles Dantzig, mieux vaut éviter de citer le professeur Steiner, obscur tâcheron qui n'a jamais intéressé personne en dehors du cercle fermé des auditeurs de 'France-Kultur'. Pour ceux qui ne connaissent pas, Steiner c'est Finkiekraut en moins cocasse, sans le sémaphore.

    Le vrai beauf ce n'est pas Nolleau, malgré ses efforts pour s'intéresser au cinoche, mais Dantzig, qui après avoir fait un tabac auprès des lectrices de 'Elle' (difficile de faire plus vulgaire), a réédité sa formule efficace du gros bouquin que les femelles disposent sur leur table de chevet pour se donner l'illusion de posséder une cervelle et des pensées qui vont avec. Et le cercle des lectrices de 'Elle' est sûrement beaucoup plus large que celui des auditeurs de 'France-Kultur'.

    Ce qui caractérise Dantzig n'est pas le snobisme, mais plutôt d'être comme Proust ou Sollers 'dans l'air du Temps'. On trouve quelques formules amusantes chez Dantzig, ce qui n'est jamais le cas chez Sollers, formules gouvernées par le principe selon lequel un écrivain qui n'est pas social-démocrate ne peut pas être un bon écrivain, principe destiné à séduire l'espèce femelle (Là je parle du précédent bouquin de Dantzig, n'ayant pas de place pour le deuxième.)

    Pour Nolleau tous les bouquins sont mauvais, et tous les films sont bons. Il y a une certaine logique à ça, étant donné que la littérature n'est pas le genre de notre temps. Mais la plus grande qualité de Nolleau à mes yeux, c'est qu'il ne me donne pas envie de dégueuler, comme Daniel Picouly ou Sébastien Lapaque.

    (Curieuse impression que j'ai, quand je cause de Nolleau, Dantzig ou Lapaque, qu'ils sont décédés, tandis que Marx ou Shakespeare, Simone Weil, sont toujours vivants.)

  • Marx pour les Nuls

    Navrants gauchistes qui continuent de parler de 'lutte des classes' pour décrire la situation française ! Pour Karl Marx la lutte des classes cesse en France dès 1851 avec l'élection à la présidence de Napoléon III par une classe qui n'est pas la sienne. De fait Napoléon III ne tardera pas à bafouer les intérêts de la paysannerie pour donner toute satisfaction à la bourgeoisie laïque qui le finance (même hiatus, à son échelle, pour Sarkozy, élu du peuple sponsorisé par la bourgeoisie démocrate-chrétienne et laïque).

    Ce n'est pas seulement une question de mots. Cela signifie que Karl Marx a, dès le milieu du XIXe siècle, une meilleure compréhension de la 'mondialisation' que les mouvements ouvriers français n'ont aujourd'hui, sans compter les intellos de gauche dont on se demande parfois s'ils ne confondent pas Marx avec Balladur, comme Daniel Bensaïd.

    Ce qui a remplacé les classes réelles, selon la doctrine marxiste, sous l'effet de la division du travail à l'échelle internationale, c'est le SENTIMENT d'appartenance à une classe, dont les contours réels ont disparus, sentiment qui a pour effet de fausser complètement la science politique.

    Ainsi on peut trouver ridicule que Le Pen se réfère à Marx, mais ça ne l'est pas plus que pour Besancenot. L'un et l'autre sont deux politiciens nationalistes. Les ouvriers français sont pour les esclaves chinois ou indiens l'équivalent de ce que les aristocrates étaient pour la plèbe affamée sous le règne de Louis XVI : des privilégiés, et plus étourdis encore que Marie-Antoinette.

     

  • Signes sataniques du Temps

    La psychanalyse, pur charlatanisme inventé par la bourgeoisie au détriment d'elle-même, et qui ne repose que sur la 'réflexion dans un miroir', nulle observation scientifique, la psychanalyse qui se moque de l'astrologie, on peut dire que c'est 'le monde à l'envers'.

    Le renversement qui consiste AU NOM DE LA SCIENCE à considérer comme savants les bouffons de la psychanalyse, de Freud à Lacan, en passant par Jung, véritables transmutateurs du savoir en ignorance, pour placer dans le domaine de la superstition et de l'ésotérisme au contraire de véritables savants comme François Bacon, Robert Fludd, Tycho Brahé, qui ont contribué à sortir l'Humanité des Ténèbres, quel tour diabolique et peu banal de l'Histoire !

     

  • Au Danemark

    En feuilletant un canard démocrate-chrétien, je sursaute. Une journaliste s'offusque du refus d'une poignée d'engagés français musulmans d'aller combattre en Afghanistan. Les bonnes soeurs laïques telles que cette journaliste ont joué dans la transformation de l'Eglise un rôle décisif. Lorsqu'il ne cherche pas à subvertir l'imagination, c'est aux femmes que Satan s'attaque. La démonstration magistrale en a été faite par Molière dans son 'Don Juan'. Comment résumer d'une formule lapidaire le siècle de Pascal et Descartes ? C'est le siècle de l'émasculation. La musique est d'ailleurs à peu près inapte à traduire l'érotisme. Il y en a un brin chez Vivaldi, mais justement les amateurs de musique instrumentale ne font pas grand cas de Vivaldi.

    Les deux choses les moins érotiques au monde sont à mon sens : la mise en branle des grandes orgues dans une église et, deuxièmement, le spectacle d'une table de jeu au casino. Deux choses qui me glacent le sang à chaque fois que j'y suis confronté ; je ne peux pas m'empêcher alors de voir la face jaunisse de Pascal, cet infâme quadratureur de cercle, s'imprimer devant mes yeux.

    Cette journaliste ignore (délibérément ?) deux choses : premièrement, l'armée française ne peut pas, pas plus que l'armée yankie, se passer des immigrés comme chair à canon. Elle n'a pas le choix. Elle n'a donc qu'à affecter ces quelques trouffions récalcitrants au lustrage des tubes et autres organes balistiques. La morale n'est pas si grande dans l'armée qu'elle ne puisse essuyer cet affront sans rougir.

    Secundo, s'il est interdit à un musulman de tirer sur un autre musulman, motif invoqué par les objecteurs, au chrétien il est interdit de tirer sur un autre être humain quelle que soit sa confession. Le combat chrétien n'est pas de celui, dérisoire, qu'on mène avec des armes 'manufrance', et le courage d'un soldat est plus proche de celui d'un sauteur à l'élastique que de celui d'un ange militant. Les méthodes militaires d'encouragement sont bien connues, et ce sont des méthodes d'abrutissement.

    En l'occurrence, la légitime défense ne peut même pas être invoquée ici puisque, à moins de se voiler la face, chacun sait qu'il s'agit pour ces militaires d'assurer d'abord le bon approvisionnement en pétrole de l'Europe occidentale et des Etats-Unis, un pétrole qui n'est pas étranger au déclenchement de nombreuses guerres meurtrières, et dont l'exploitation si cette pétrochimie n'était maudite, devrait exclusivement profiter à ceux qui crèvent de faim.

    Rien que pour ça je n'aurais jamais pu être curé. J'aurais passé mon temps à chasser de mon église à coups de pieds au cul des paroissiennes de ce genre qui confondent manifestement la Bible avec les romans sado-maso de la Comtesse de Ségur.

  • Signes rétrogrades du temps

    Manifestation symbolique -de quelques milliers de personnes seulement- contre l'avortement ce dimanche à Paris.

    Le totalitarisme n'est pas seulement la destruction de l'art par la cinématique, la fascination pour l'algèbre, ou la promulgation de l'Histoire par décrets, c'est aussi l'élimination chaque année en Europe de plusieurs centaines de milliers d'embryons par an pour des motifs aussi futiles qu'hypocrites.

    Ce carnage légal n'empêche pas le bourgeois d'ailleurs de s'indigner qu'une mère un peu paumée ne respecte pas de temps en temps la procédure et se débarrasse quelques mois après l'accouchement de son gosse par des moyens moins raffinés et moins hygiéniques. La morale capitaliste est une hygiène, respectueuse par conséquent des dates de péremption. 'Tu ne tueras point sur la place publique.', voilà le judéo-christianisme nouveau.

    Le plus frappant n'est pas que la société capitaliste qui étouffe sous les richesses justifie son crime par l''état de nécessité' ou la détresse des 'patientes', lorsqu'elle est capable de distribuer le RMI et d'ouvrir des universités pour assurer 'la paix sociale'.

    Non, le cynisme du capitalisme, caché derrière de grandes envolées lyriques sur les 'Droits de l'Homme' n'est pas nouveau. Mais ce qui me frappe le plus, et qui a une dimension satanique, c'est l'absence de réaction du clergé, catholique en premier lieu, de toutes les religions dans lesquelles l'assassinat de personnes sans défense est un crime ensuite. Abstention si surprenante qu'elle a surpris l'académicienne Simone Veil elle-même qui, dans un livre de souvenirs, l'a mentionné noir sur blanc, cherchant dans ce silence de mort des Eglises comme une forme d'agrément (Sinon pourquoi se préoccuper aujourd'hui de la réaction du clergé quand on ne l'a même pas consulté au moment de la libéralisation).

    Ce n'est pas d'aujourd'hui non plus que l'Eglise a perdu toute dignité, mais elle aurait pu dans le combat pour la défense d'innocents en recouvrer une partie. Cela n'a pas été, mystérieusement, le cas.

    Il m'est même arrivé de distribuer des tracts avec le militant héroïque Xavier Dor (hélas 'évolutionniste') à la sortie d'une cathédrale et de constater avec stupéfaction qu'il était méprisé voire insulté par les paroissiens qui sortaient de cette cathédrale !?

    Plus anecdotique, mais qui m'a frappé au cours des quinze dernières années de manifs dans l'indifférence générale, c'est l'empressement de groupuscules anarchistes à défendre la loi de libéralisation de l'IVG. Même si je suis marxiste et que je n'ai pas par conséquent une opinion très haute de la doctrine anarchiste, il saute aux yeux que ces lois libérales ont été promues par la bourgeoisie capitaliste dont Giscard-d'Estaing ou Simone Veil sont des représentants éminents. Il saute aux yeux également que cette loi a eu pour effet de rendre disponible la main-d'oeuvre féminine (meilleur marché) plus abondante, celle dont la grande distribution a grand besoin, par exemple ; il saute aux yeux qu'une des doctrinaires les plus en vue de cette 'libération' de la femme par la chimie, Caroline Fourest, a été récompensée au nom de l'Assemblée nationale par le gaulliste Jean-Louis Debré, dont le moins qu'on puisse dire est qu'il n'a rien d'un révolutionnaire.

    Je ne suis même pas sûr que les anarchistes ont compris la leçon de Marx, à savoir que l'Etat laïc totalitaire est l'instrument de destruction de toute forme de vie le plus efficace que l'humanité ait jamais conçu. Par conséquent l'arme suprême des anarchistes.

     Il y eut dans l'Eglise catholique le scandale des indulgences, il y a aujourd'hui le scandale des repentances achetées à vil prix par les évêques chrétiens ou laïcs.

  • Au seuil de l'Apocalypse

    Il s’est trouvé, aux XIXe siècle et XXe siècle, une nation pour entreprendre ce qui ne s’était jamais vu depuis le commencement de l’Histoire : L’EXTINCTION DES ÂMES. Cela s’appelle la Culture allemande.


    Asservir, avilir les âmes, cela ne suffisait plus au Prince des Ténèbres. Il fallait les éteindre et il y parvint. L’Allemagne prussianisée cessa d’appartenir à l’humanité. Elle devint une énorme brute féroce et elle menaça le monde entier.
    Dans un livre très antérieur aux événements actuels, où mes souvenirs de 1870 étaient consignés, j’avais essayé d’avertir. On me jugea excessif, intempestif et profondément injuste. L’âme française engourdie ne sentait pas l’approche du monstre.
    Le réveil a été ce qu’il devait être : l’horreur infinie et presque la mort. (…)

    Léon Bloy, 1915.

    'Signe rétrograde du temps', comme dirait Engels qui oeuvra avec son frère d'arme Karl Marx à faire ressortir le caractère profondément ésotérique de la 'Culture allemande' et de la Phénoménologie de l'Esprit (Satan) en particulier, il y a pire désormais aujourd'hui que la 'Culture allemande', plus ouvertement livrée à Satan encore que Hitler lui-même, il y a la 'Culture yankie', sa cinématique, son culte rendu au Temps.

    Plus farouches encore que les Philistins vitupérés par Bloy en 1915, il y a aujourd'hui des chrétiens... journalistes au 'Figaro', dont la malice particulière est de mêler Bloy ou son disciple Bernanos à leurs propres spéculations que l'apocalypse déjouera.

    Ajoutons que le mépris pour Bloy dans l'Eglise démocrate-chrétienne est le même que le mépris pour Marx et Engels dans les partis communistes et anticapitalistes.

     

     

  • Mythomanie laïque

    D’où vient le tabou ? D’où vient qu’on ne peut pas toucher à la caricature d’Hitler ? C’est qu’il risquerait de se produire la même confusion que la gauche a connu avec Sarkozy, apparu soudain dans le miroir socialiste, avec les mêmes citations de Jaurès, la même compassion pour les immigrés au service du BTP, le même sourire hypocrite de Bernard Kouchner jonglant avec les Droits de l’Homme en publicitaire chevronné.

    On touche là à la mythomanie laïque : rapprocher les deux pôles fait griller le circuit. Comme le schizophrène se réunifie sous l’effet d’un électrochoc. ‘Aut, aut’ dit Karl Marx, démodé jusqu’au sein de la Ligue ex-révolutionnaire qui prône un genre de révolution fonctionnelle, une sorte de balladurisme sans Balladur.

    Sur Hitler comme sur des tas d’autres sujets, l’impérialisme a tout à craindre de la Vérité, qui éclatera comme la tempête d’avoir été trop comprimée, violée, ridiculisée, télévisée.

  • Dérapages et rétablissement

    'Le dérapage de Dieudonné, le dérapage de Dieudonné'... Il y a dans les cris d'orfraie de la valetaille capitaliste cette fois, semble-t-il, comme un zeste de résignation, si bien qu'on ne sait plus très bien qui glisse, de Dieudonné ou du Tartuffe ; qui glisse et qui opère, au contraire, un rétablissement.

    La Vérité, quelle qu'elle soit : historique, scientifique, théologique, n'a rien à craindre. Le mensonge ne peut l'entamer, tout au plus retarder son éclosion. Tôt ou tard elle finit par percer au-dessus des contrats et des lois humaines. Il ne faut pas, en somme, s'inquiéter pour Elle.

     

     

  • Au Danemark

    Une sorte de dogme rédigé en lettre de plomb surplombe la littérature bourgeoise, comme quoi le style serait l'homme lui-même ou son empreinte. Madame de Staël ou Sainte-Beuve sont les principaux prêcheurs de cette paroisse. En persuadant par-derrière Sainte-Beuve qu'une femelle qui se branle en se remémorant les pâtisseries de son enfance mérite elle aussi d'être appelée 'un homme', et par conséquent de posséder son propre style, Proust ne bouleverse pas fondamentalement la critique ; il ne fait qu'effectuer la remise à niveau.

    Et, pour finir, pastiche du pastiche : 'Le style, c'est le cameraman.'

    Alors qu'en réalité, "Le style, c'est le gnome." Et ça ne vaut pas que pour Sarkozy, même si ça explique en partie la fascination que ce petit Janus en costard exerce sur les amateurs de divertissements proustiens, ravis ou agacés de voir s'agiter sous leurs yeux leur propre caricature.

    Au seuil de l'Apocalypse, croyez-moi, mieux vaut tenir une solide épée aiguisée qu'un quelconque style. Et commencer par trancher la gorge avec cette dague, la gorge du petit poète que chacun, porté par l'air du temps, désormais porte en soi, en prenant exemple sur Hamlet d'Elseneur.

     

  • Napoléolâtrie

    L'espèce de petit pasteur laïc Eric Zemmour, employé du trafiquant d'armes Dassault et idolâtre de Napoléon, qui se mêle de donner des leçons de morale à Dieudonné parce que celui-ci refuse de gober l'histoire officielle de la seconde guerre mondiale : on peut dire qu'il y en a qui n'ont pas peur du ridicule...

    Zemmour est le genre de gugusse qui se plaint de la décadence de la République et de l'enseignement tout en entretenant lui-même la fiction selon laquelle le régime de Napoléon et celui d'Hitler ne seraient pas de la même nature.

    Mi-révolutionnaire, mi-réactionnaire, Hitler l'est tout autant que Napoléon. Toutes les monarchies européennes à commencer par l'Angleterre ont connu leur révolution chacune à tour de rôle. L'Allemagne, en retard, a connu la sienne dans l'entre-deux guerres. De la même façon que Bonaparte a rendu le pouvoir à la bourgeoisie en France, Hitler (en respectant davantage la légalité), a dissout la République de Weimar pour le compte des industriels et des banques.

    Dieudonné n'est pas un provocateur, il est juste interdit de dire autre chose que des banalités à la télé.

  • L'Essence de la Laïcité

    Les professeurs parlent couramment de MYTHOLOGIE romaine, grecque, égyptienne, voire chrétienne. C'est une façon pour la religion laïque de se situer au-dessus de la foi naïve, dans le domaine des certitudes.

    Voilà toute la MYTHOMANIE laïque, celle de Lévi-Strauss par exemple, qui se teinte logiquement chez ce 'manchot empereur' de la science d'une nuance d'admiration pour les sociétés tribales. Le serpent se mord la queue, puisqu'en réalité le tribalisme présente de nombreux points communs avec la religion laïque ; il n'y a donc aucun exotisme chez Lévi-Strauss, mais une réflexion narcissique, comme si la Vérité grecque avait prévu l'imbécillité de Lévi-Strauss, ou que Lévi-Strauss était un type d'halluciné qui se répète à travers l'Histoire, hors du temps.

    Ainsi, la pratique du tatouage est un signe d'aliénation de l'individu à un groupe et il est caractéristique de petites sociétés qu'on peut qualifier de totalitaires, où le corps a peu d'importance et sert le cas échéant de support à une forme d'artisanat.

    Véritables révélateurs du cercle laïc, Marx et Engels ont d'ailleurs discerné que la musique n'est pas le point d'achèvement de l'art, comme la philosophie bourgeoise le suggère, mais au contraire un signe rétrograde du temps. Hitler, par exemple, est un véritable chef d'orchestre qui soulève les foules en rythme et en mesure. Le métro, avec toutes ces femelles portant un casque diffusant de la musique électrique suggère l'état tribal de la religion laïque où les individus n'ont plus besoin de communiquer puisqu'ils pensent tous la même chose.

    Il est parfaitement logique que l'armée des Etats-Unis totalitaires torture ses prisonniers à l'aide de la musique. La musique est par essence guerrière ou militaire. L'invention de la musique instrumentale au XVIIe siècle est le fait de statisticiens spécialistes de la balistique.

    La superstition comme quoi la terre tourne autour du soleil, qui serait au centre de l'Univers, à laquelle les sujets de la secte laïque adhèrent automatiquement comme à l'évolution darwinienne, cette superstition a été répandue par une bande de théoriciens des cordes, des canons et des archets, grenouilles mondaines avides d'une gloire facile : Pascal, Descartes, Huygens, More, Newton, après Galilée, Bruno, Copernic, tous les chacals jansénistes ou anglicans. AUCUN GRAND SAVANT n'a jamais gobé un tel tour de passe-passe algébrique.

    Si l'on prend dans la liste précédente le moins charlatanesque de ces possédés, à savoir Descartes, celui-ci n'a même pas pigé la physique d'Aristote qu'il prétend critiquer et tente d'en résoudre les paradoxes... comme si c'étaient des problèmes de robinet !

    Alors en définitive quand cette gazelle de Lévi-Strauss qui fuit devant la réalité admire les tribus sauvages d'Amazonie, elle n'a pas complètement tort, car à leurs superstitions ces tribus au moins n'ajoutent pas l'orgueil immense de la secte laïque.

     

  • En finir avec Darwin

    Je reproduis ici de larges extraits d'un éloge du paléontologue Stephen Gould par un certain René Trégouët, "Evolution, Gould avait-il raison ?", puis de ma réponse à cet éloge totalement injustifié et qui relève de la propagande laïque.

    Il est assez stupéfiant de voir que Darwin est associé à la défense de l'environnement, alors que sans la promotion de la science évolutionniste par les régimes capitalistes, il est à peu près certain qu'on n'entendrait plus parler de Darwin aujourd'hui, au lieu que des béotiens et des béotiennes telle la philosophe Sylviane Agacinski continuent de l'honorer automatiquement.

    "Charles Darwin pensait que le processus de sélection naturelle, moteur de l’évolution des espèces, conduisait graduellement à créer de nouvelles espèces. Malheureusement, l’examen des couches stratigraphiques ne présente pas les étapes intermédiaires de la spéciation. Darwin expliquait cette absence par des lacunes géologiques (...)
    Darwin n’a cependant jamais exclu la possibilité que d’autres transformations aient pu se faire selon un autre mécanisme. C’est précisément cette nouvelle perspective conceptuelle qui fut proposée en 1972 par Steven Jay Gould (disparu en 2002) et Nils Eldredge. Pour ces deux grands scientifiques américains, l’évolution procéderait de manière non continue avec de longues périodes de stagnation entrecoupées par de brusques et courtes périodes de transformation rapide menant à la formation de nouvelles espèces.

    Cette théorie des "équilibres ponctués" pourrait ainsi rendre compte de plusieurs observations paléontologiques. Par exemple, celle de ces espèces fossiles qui varient très peu morphologiquement au cours de leur existence qui a pourtant duré plusieurs millions d’années. Ensuite, l’observation qui lui est souvent associée : celle d’une nouvelle espèce bien différenciée qui la supplantait subitement (en quelques dizaines de milliers d’années). Et surtout, l’absence de formes intermédiaires entre les deux. Cette absence peut alors s’expliquer par le faible effectif des populations intermédiaires qui n’ont pas eu le temps de laisser de traces fossiles considérant les conditions très rares que nécessite la fossilisation.

    (...) Gould, sans remettre en cause sur le principe la sélection naturelle et l’évolution des espèces, est venu profondément modifier et enrichir ce scénario darwinien en posant l’hypothèse de l’évolution par équilibre ponctué. Selon cette théorie, l’espèce se comporte comme un individu darwinien qui sera soumis à tous les éléments de la sélection naturelle, pourra supplanter d’autres espèces, en donner de nouvelles et disparaître à son tour.

    Pour Gould, la sélection naturelle ne peut pas, à elle seule, déterminer toutes les formes prises par les espèces dans le processus de l’évolution. Elle agit en synergie [?] avec deux autres facteurs majeurs : les gènes architectes (dits "gènes homéotiques"), qui canalisent le développement des organismes selon les mêmes grandes lignes dans la plupart des embranchements et la capacité de changement au cours du temps de la fonction adaptative [??]. Gould a magistralement forgé et étayé un concept d’une grande richesse qui veut rendre compte de l’extrême diversité et complexité du vivant : la macroévolution.

    Selon ce concept de macroévolution, les espèces forment, à côté des individus, des entités qui obéissent, à leur niveau d’organisation, à des processus propres de sélection, de dérive aléatoire ou de changement directionnel. Cette macroévolution spécifique se traduit par l’apparition, au niveau des espèces, de "propriétés émergentes" qui ne se réduisent pas à celles des organismes qui les constituent.

    Ce concept de macroévolution vient d’être confirmé de manière éclatant par l’observation scientifique de l’évolution récente d’une espèce de lézards, Podacis Sicula, dont cinq couples ont été déposés en 1970 sur une petite île de l’Adriatique. Il s’agissait de voir comment cette espèce allait se comporter et s’adapter par rapport à l’espèce de lézards déjà présents sur cette île.

    Des observations effectuées récemment ont montré, de manière très étonnante, que l’espèce transplantée comptait à présent plus d’un millier d’individus et qu’elle était devenue majoritairement végétarienne alors qu’elle était insectivore sur son île d’origine. Mais le plus étonnant est que, pour permettre cette mutation rapide vers un régime essentiellement végétarien, ces lézards ont développé, en quelques années, un nouvel organe de digestion leur permettant de dégrader et d’assimiler leurs nouveaux aliments.

    L’intuition géniale de Gould et sa théorie de l’équilibre ponctuel se trouvent donc pleinement vérifiées. Mais comme dans la nature rien n’est simple, cela ne veut pas dire que toute l’évolution des espèces est gouvernée par le "ponctualisme" et fonctionne par "sauts", suivis de longue période de stagnation. Ce que Gould a montré de manière remarquable, élargissant, enrichissant et complexifiant la vision de Darwin, c’est que, dans certaines circonstances, sous l’effet de certaines pressions du milieu, une espèce avait, en tant que telle, la capacité d’évoluer très rapidement pour survivre et s’adapter à son nouvel environnement.

    En fait, l’évolution des espèces semble se faire simultanément au niveau des individus et des espèces et à la fois de manière graduée et ponctuée, selon les périodes les espèces et les contraintes de l’environnement. En outre, l’évolution des espèces n’est pas obligatoirement irréversible et une espèce peut régresser à un stade antérieur si elle y trouve un avantage compétitif.

    Exemple, les épinoches à trois épines du Lac Washington. A l’origine, tous ces poissons étaient recouverts d’une carapace protectrice à épines qui avait progressivement disparu à mesure que les prédateurs de ce poisson se faisaient plus rares. Mais en 50 ans seulement, la moitié de ces poissons (contre 6% en 1960) ont retrouvé leur armure complète car le nettoyage du lac a rendu l’eau beaucoup plus claire et les a rendus plus vulnérables aux prédateurs.

    Gould aimait dire que "les bactéries sont les reines de la vie car elles ont vécu pendant trois milliards et demi d’années et sont plus diversifiées par leur biochimie que toutes les autres formes de vie". Pour Gould, l’histoire de la vie et l’évolution des espèces ne doivent pas être ramenées uniquement à la notion de "progrès" mais d’abord examinées à la lumière de la fabuleuse diversification du vivant et de sa prodigieuse capacité d’adaptation et d’homéostasie.

    Loin d’affaiblir ou d’infirmer la théorie de l’évolution de Darwin, comme l’ont prétendu pour des raisons idéologiques certains courants créationnistes, la théorie de Gould, qui n’a jamais contesté les principes d’évolution des espèces et de sélection naturelle, est au contraire venue enrichir, élargir et complexifier de manière remarquable la vision darwinienne en utilisant tous les nouveaux outils scientifiques disponibles et en introduisant les notions clés de contingence et de macroévolution.

    Immense scientifique, esprit libre et ouvert, Gould a révolutionné notre vision et notre approche de la vie en alliant audace conceptuelle et rigueur scientifique et en montrant que le vivant avait développé non pas un mais plusieurs mécanismes fondamentaux d’évolution et d’adaptation qu’il utilisait conjointement ou alternativement au niveau des individus et des espèces, pour assurer sa survie, sa diversification et produire, de manière largement contingente, sa complexification."

    R. Trégouët

    - Votre propos n'est pas très scientifique. D'abord parce que l'illustration qui le précède n'a aucun rapport avec l'article et fait plutôt penser aux délires religieux d'un Pascal Picq. Vous évoquez l'hypothèse d'une évolution des espèces qui pourrait connaître des retours en arrière et vous l'illustrez par une image qui montre le progrès constant du singe vers l'ingénieur ou l'homme 'bionique', une image de propagande qui vise à faire de la science actuelle et de ses acteurs un sommet de l'évolution humaine [L'illustration reproduite est celle, habituelle, où l'on voit un singe et, à l'autre bout de la chaîne, un ingénieur devant son ordinateur.]

    - Ensuite votre histoire de lézards ramène à Lamarck et à sa girafe dont le cou pousse pour lui permettre de brouter les feuilles des arbres, s'adaptant ainsi à une végétation nouvelle. Or, Gould n'a pas inventé Lamarck, et son 'évolution ponctuelle' (sic) ne fait que combler la faille ouverte par les indices paléontologiques infirmant Darwin. Le schéma simpliste de Darwin ne 'colle' plus, alors on le bricole un peu. La force de Darwin était bien de présenter un déterminisme clair et précis. Avec S. Gould la mécanique de Darwin se lézarde bel et bien et devient une intrication sophistiquée de facteurs, une 'synergie' et une 'macroévolution' nébuleuses. 'Synergie' bidon même, puisque Gould ne décrit pas un moteur mais se contente d'entasser des pièces détachées. L'individu engage le groupe, et le groupe engage l'individu : tu parles d'un scoop... Gould veut faire croire à ses lecteurs qu'il a inventé les abeilles.

    - Avant de présenter leurs hypothèses comme des certitudes et de traiter les créationnistes de charlatans, il faudrait au moins que les évolutionnistes s'entendent : les caractères acquis sont-ils héréditaires ou non ? Les nouveaux lézards végétariens vont-ils transmettre leurs nouveaux caractères à leur progéniture ? L'hypothèse évolutionniste n'a cessé depuis l'origine de retourner sa veste sur ce point décisif de l'hérédité des caractères acquis, trahissant là son incapacité à surpasser Lamarck.

    - Il est contraire à la science en outre, à partir d'observations somme toute assez réduites sur une ou plusieurs espèces, d'extrapoler un schéma de développement commun à toutes les espèces. On retrouve là l'empreinte du malthusianisme algébrique, bien que la déficience de Malthus ait été prouvée d'emblée, dès la parution de la thèse de Malthus, par des économistes plus sérieux.
    Si l'on tient l'homme pour une espèce 'animale', -ce n'est pas mon cas, mais admettons-, eh bien l'homme présente assez de différences évidentes avec les autres espèces pour qu'on puisse imaginer qu'il n'évolue pas de la même façon.
    René Trégouët est un soi-disant défenseur de la 'diversité' qui fonce très vite au PPCM à l'instar de Darwin ou Gould. Dans la science évolutionniste, il n'y a pas loin de la diversité au divertissement.

    - Une dernière précision, en rapport avec les hypocrites déclarations de Stephen Gould sur la 'neutralité' en science(Noma) : je suis tombé sur le site d'Yves Trégouët alors que je recherchais depuis une heure sur 'Google' un site créationniste en français présentant un argumentaire scientifique ordonné et substantiel, un site sur lequel j'étais tombé il y a une dizaine de jours : en vain. Je n'obtiens qu'un tombereau de liens vers des sites où les créationnistes sont brocardés voire insultés, cela alors même que les créationnistes ont des exigences scientifiques raisonnables, à savoir :

    - Que l'évolutionnisme ne soit pas présenté comme une science tant qu'il n'est qu'une hypothèse ou un conglomérat d'hypothèses contradictoires ; le principe de précaution aurait voulu qu'Yves Coppens, qui a présenté le squelette baptisé 'Lucy' pendant de nombreuses années comme un 'hominidé', théorie qui a fait la fortune de son auteur, s'abstienne d'assener cette idée puisqu'il est contraint de se rétracter aujourd'hui et d'admettre que sa thèse ne tient pas debout.
    - Que soit respecté un principe appliqué par les savants astronomes ou naturalistes dignes de ce nom depuis des millénaires, à savoir qu'on ne saute pas de l'intuition à la conclusion trop vite. Après tout, on pourrait aussi imaginer que ce qui a conduit Darwin à abolir la barrière entre les espèces et à déduire que l'homme descend du singe, c'est le fait que l'homme se rapproche de plus en plus par son orgueil et sa goinfrerie du primate. Peut-être est-ce 'La Planète des Singes' qui dit vrai ? Peut-être est-ce Pierre Boulle le savant humaniste et Darwin l'auteur de science-fiction ?
  • Y'a bon Obama

    Barack Obama comme Sarkozy, en plus crédible, est la mascotte des trafiquants d'armes. L'unanimité autour de son nom est une démonstration de puissance de la propagande capitaliste.

    Naguère on exaltait le tirailleur sénégalais pour mieux l'envoyer à la boucherie nationaliste. Ce qui est le plus insupportable en réalité chez Céline, au regard du bourrage de crâne des journalistes et des instituteurs, ce n'est pas son anticléricalisme, ni même son antisémitisme, c'est son PACIFISME, le pacifisme d'un type qui a été en première ligne et a senti l'odeur de la pourriture dans ses plaies.

    Même attitude vis-à-vis de Raspoutine, dont le pacifisme est tout aussi impardonnable aux yeux des crétins - des crétins de Russes blancs sanguinaires et leur descendance, en particulier. Appliquer la doctrine de Céline ou de Raspoutine reviendrait pour les cartels militaires à fermer boutique. D'où le keynésianisme.

    Dans le sillage d'Obama, Bernard Kouchner est passé de : "Hilter/Saddam Hussein est un monstre qui viole les lois de la guerre et nous ne sommes pas de cette espèce de salauds-là." à :

    "Il n'y a pas que Hitler/Saddam Hussein qui a le droit de violer les lois de la guerre et d'utiliser des armes chimiques. Nous le pouvons aussi."

    Cette inversion de la rhétorique dévoile la tentative d'organiser un nouveau régime national-socialiste en lieu et place de la sociale-démocratie. Pourquoi ? Qu'est-ce qui ne fonctionne plus dans l'hypocrisie sociale-démocrate ? C'est la propagande. Elle demeure très forte mais elle est en train de céder. Le Tiers-monde est en train d'accéder à une conscience politique nouvelle, de percevoir l'impérialisme tel qu'il est. Si l'opposition artificielle entre la personnalité juridique de l'Etat et les personnalités bancaires persiste, malgré l'évidence que le Capital n'est rien sans le Léviathan, et que le Léviathan n'est rien sans le Capital, c'est que cette opposition est un véritable article de foi républicain. Théorisé d'ailleurs il y a une vingtaine d'années sous le nom d''alternance' par le pompiste Jacques Attali, plus à l'aise avec le comburant et la mécanique qu'avec les idées.

    Mais l'élection d'Obama n'est-elle pas la dernière victoire idéologique de l'impérialisme ?