lundi, 26 mai 2008
CRS = SS
Certes, comme l’explique Simone Weil dans Les Causes de l’oppression, la foi dans la religion laïque peut être sincère. La Nature toute-puissante imposait aux sociétés primitives une crainte superstitieuse ; l’Etat laïc totalitaire tout-puissant et ses institutions bureaucratiques tiennent eux aussi les individus en “respect”, leur inspirent la même sorte de crainte, le sentiment d’être le jouet de forces supérieures. Celui qui fait du soldat nazi, prêt à obéir aveuglément à son führer le seul exemple de fanatisme laïc, c’est celui-là qui est le vrai “révisionniste”. La France contemporaine fournit encore quantité d’autres exemples de ce panurgisme à grande échelle, de plans Marshall de la bêtise. On pense bien sûr au gaullisme ; mais le moins qu’on puisse dire c’est que les successeurs de De Gaulle n’ont pas enrayé la machine à broyer les consciences et que les héritiers de Mai 68 se planquent derrière un idéal qu’ils ont trahi. Ici Sarkozy vaut mieux que Glucksman, Cohn-Bendit ou Alain Geismar : il est moins hypocrite.
10:07 Publié dans Anti-journalisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : simone weil, politique, de gaulle, bernanos, malraux, drieu la rochelle, claude allegre
vendredi, 28 mars 2008
Triste Tropisme
Deux manières de comprendre le roman populaire de Pierre Boulle, La Planète des singes. Au premier degré, on peut le prendre pour un roman de science-fiction évolutionniste. Dans ce cas il faut plutôt le rattacher à Lamarck qu’à Darwin, étant donné que Lamarck postule le premier l’hérédité des caractères acquis, c’est-à-dire une évolution dépendante de critères sociaux ou politiques, qui amène chez Boulle les singes à se raffiner. L’hérédité des caractères acquis est aussi chez Darwin, pour la simple raison qu’il emprunte largement le principal de sa théorie à Lamarck ; mais les néo-darwiniens, en revanche, ont abandonné l’hypothèse lamarckienne d’hérédité des caractères acquis. Et ce n’est pas un hasard. À y regarder de plus près, Pierre Boulle, lui, contrairement à Darwin, postule plutôt l’idée d’une régression de l’homme vers le singe. Une hypothèse plus séduisante de mon point de vue créationniste. Je tiens Finkielkraut ou François de Closets, par exemple, pour des prototypes d’hommes-primates. Ils gesticulent, leurs jambes s’agitent, leurs mains tournoient, fouillent à la recherche d’un pou ; Surtout, ils émettent des sons mais ils ne disent rien. Si la fonction crée l’organe, comme croient certains, bientôt ils ne parleront plus. Plus rationnellement, il faut faire le distinguo entre la politique-fiction d’un côté - Pierre Boulle -, et la science-fiction - Darwin, de l’autre. La vertu de ce roman, La Planète des Singes, c’est qu’il révèle le caractère anthropomorphique de la prétendue “science” darwinienne. Quand un créationniste yanki attaque l’évolutionnisme, il le fait au nom de la religion, de la Bible. Un créationniste français, lui, c’est au nom de la SCIENCE qu’il attaque les superstitions néo-darwiniennes (Le démocrate-chrétien, lui, ne dit rien, il subit, se contentant de vagues discours moraux.)
11:42 Publié dans Critique littéraire | Lien permanent | Commentaires (33) | Envoyer cette note | Tags : darwin, lamarck, stephen gould, francis bacon, claude allegre, pierre boulle, litterature
mardi, 15 janvier 2008
Marx pour les Nuls
Jean Bricmont, physicien belge auteur d'Impostures intellectuelles, proche de certains constats métaphysiques de Claude Allègre ou de Benoît XVI, caractérise la politique néocolonialiste et démocratique occidentale ainsi : elle repose sur l'hypocrisie ! D'où l'actualité brûlante de Marx. L'hypocrisie, qui était une vertu sociale, la classe bourgeoise en a fait un véritable fléau politique qu'elle nomme "démocratie". Bien sûr la démocratie reste en grande partie théorique ; si comme Michel Rocard le souhaite elle était effective, nous serions déjà tous morts. Contre la conjuration des imbéciles, on pourrait imaginer une sorte de conjuration de têtes pensantes raisonnables. Ça serait complètement utopique.
17:05 Publié dans Anti-journalisme | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : jean bricmont, claude allegre, karl marx

