Nier la réalité de la lutte des classes revient à nier que "l'ascension sociale" joue un rôle crucial dans le système social-démocrate. Marx, Lénine, mais encore Orwell, considèrent la social-démocratie comme un régime d'oppression. Big Brother est un Etat social-démocrate dans la mesure où il repose sur une forme de consensus social et non sur la contrainte policière, qui ne s'exerce que sur les rares dissidents.
On peut même dire que le plan de "l'ascension sociale" est le plan mystico-religieux de la social-démocratie, comme le paradis, l'enfer et le purgatoire, représentent l'aspiration religieuse du Moyen-âge. On parle ici de religion au sens social ou horizontal du terme (indiqué par le terme latin "religere", qui signifie relier). Quand Lénine parle de "métaphysique bourgeoise", il ne parle pas contre la métaphysique, mais contre une fiction religieuse mise en oeuvre par la bourgeoisie pour la bourgeoisie.
L'ascension sociale est donc la parade social-démocrate contre une révolution de type marxiste.
Autrement dit, la promesse triviale d'enrichissement faite aux classes modestes, promesse "de droite", est formulée par la gauche sociale-démocrate de façon plus mystique, sous forme "d'ascension sociale". Le mantra du "ruissellement" est "de droite", celui du "partage des richesses" est "de gauche". Il n'y a, somme toute, du point de vue marxiste, qu'une différence de vocabulaire entre la sociale-démocratie de gauche et la sociale-démocratie de droite.
Dès lors que l'ascenseur social tombe en panne, il ne reste plus à l'oligarchie que la solution du fascisme, c'est-à-dire d'un régime autoritaire, fascisme qui n'est d'ailleurs pas spécialement "de droite", car le seul moyen de l'autorité de droite, c'est l'argent. Orwell s'est attaché à détricoter la théorie du fascisme par les publicistes sociaux-démocrates, conçue pour occulter cette réalité que le fascisme n'est qu'un régime social-démocrate acculé à l'autoritarisme. Il va de soi que le régime gaulliste est un régime fasciste du point de vue orwellien, c'est-à-dire un régime social-démocrate durci par la crise ; celle-ci fait momentanément obstacle à "l'ascension sociale", c'est-à-dire à la dynamique sociale-libérale, indexée sur l'économie capitaliste.
Le gouvernement de Lionel Jospin (1997-2002) est particulièrement révélateur de ce dispositif, puisqu'il a eu à faire face à une panne majeure de l'ascenseur social, liée à la persistance du marasme économique. L. Jospin a mis en place deux mesures pour tenter de remédier à cette panne : tout d'abord la dévaluation du diplôme du baccalauréat, qui n'atteste pas seulement d'un niveau de compétence, mais qui est porteur du rêve d'ascension sociale des couches sociales inférieures. En procédant à cette dévaluation, L. Jospin a porté un coup fatal à la valeur strictement académique des diplômes et au système d'intégration des Français d'origine maghrébine. Il ne s'agit pas ici de charger la mule Jospin : il ne fut que le maître-d'oeuvre d'une politique sociale-démocrate de gauche. La seconde mesure caractéristique, de type soviétique, est la loi sur les 35h/semaine, c'est-à-dire l'effort pour mieux répartir le travail sur un plus grand nombre de travailleurs. Il est plus difficile de juger de l'opportunité d'une telle politique, car elle coïncide avec le début du délitement accéléré de l'industrie française, dont elle n'est pas la cause principale. Elle a été très critiquée par ceux-là même qui n'ont pas vu arriver le tsunami financier de 2008 (le duo Sarkozy-Fillon).
Impossible de parler de la lutte des classes en 2026, au sens marxiste-léniniste du terme, sans tenir compte de George Orwell et son roman anti-utopique "1984". La confrontation, au préalable, du propos marxiste-léniniste à celui d'Aldous Huxley, permet d'éclairer cette période, entre 1920 et 1930, où le projet communiste d'internationale ouvrière semble dépassé. "Brave New World" postule la fin de l'Histoire, autrement dit le triomphe définitif des classes supérieures, qu'A. Huxley croyait possible, sur la base du progrès technologique.
Si l'échec de la révolution et de l'internationale prolétariennes, dès 1914, est indéniable, en revanche Huxley s'est lourdement trompé sur la capacité des élites occidentales à imposer une mondialisation heureuse, un monde purgé de la violence physique. Du point de vue marxiste la cause de son erreur est évidente, puisque A. Huxley ne tient absolument pas compte du fonctionnement réel de l'économie capitaliste, un peu comme les publicistes contemporains qui croient que l'on pourrait remplacer les travailleurs purement et simplement par des robots.
Pour Orwell a contrario, l'Etat totalitaire (Big Brother) est investi d'une fonction de lutte des classes. De là vient principalement que Big Brother n'est pas un Etat "régalien" suivant la théorie libérale de l'Etat : il ne peut pas se passer de duper l'opinion publique, et doit pour cela s'introduire dans les consciences. "1984" éclaire la façon dont il a été mis fin à la lutte des classes au sein de l'Etat soviétique, mais beaucoup plus largement dans les régimes sociaux démocrates au cours de la seconde moitié du XXe siècle. L'étude du fascisme ne présente pas d'intérêt pour Orwell, car il est beaucoup trop circonstanciel, limité aux deux minutes de la haine nécessaires pour mobiliser l'opinion publique contre la menace "extérieure". Le fascisme est la part "adolescente" du totalitarisme.
La production d'une culture de masse et l'abolition de l'esprit critique par les élites soviétiques ou libérales sont donc, du point de vue orwellien, une manifestation de la lutte des classes.
L'historien et économiste (wébérien) Emmanuel Todd, auteur d'un essai sur la lutte des classes en France au XXIe siècle, dont le mouvement des Gilets jaunes est le dédicataire, ignore la dimension technocratique de la lutte des classes, soulignée par Orwell (probablement parce que Todd lui-même est une sorte de technocrate) ; E. Todd est tout de même conscient que l'endettement de l'Etat est un moyen de pression du capitalisme financier sur les strates sociales inférieures. Il met en revanche en lumière l'aspect "thatchérien" de la lutte des classes, le fait que les élites dirigeantes britanniques ont obtenu une victoire si nette sur la classe des ouvriers et des employés, si nette qu'elle a presque tué toute revendication et réduit le peuple à une masse grossière et inconsciente.
Il semble que le Brexit, mouvement équivalent des Gilets jaunes, passant par la voie légale, n'a eu aucune des conséquences souhaitées par ses partisans, en particulier la diminution du flux migratoire, qui n'est pas souhaitable du point de vue des grands consortiums capitalistes.
N'ayant pas obtenu l'adhésion des Français à sa politique thatchérienne, c'est le moins qu'on puisse dire, E. Macron s'est mis en tête de la faire adopter par le truchement de la Commission européenne, avec le soutien d'une large partie de l'opposition (PS et LR). LFi et le RN, qui représentent la plus grande partie du corps électoral populaire, font semblant de bouder l'Union européenne, mais ils n'ont pas de plan B, et pour ainsi dire aucun programme économique ; le RN ne cherche même pas à cacher qu'il est très peu indépendant de l'oligarchie.
Suivant la description de "1984", la lutte des classes a pris la tournure, dès la fin de la Seconde guerre mondiale, d'un affrontement entre blocs continentaux impérialistes (Océania, Eurasia et Estasia), dont les dirigeants ont tous intérêt à une guerre perpétuelle, indirecte et "à fleurets mouchetés". La velléité de constitution d'un Etat islamique par des groupes terroristes "retournés" contre leurs commanditaires peut s'interpréter comme la prise de conscience de certains de ces mouvements qu'ils sont entièrement manipulés, dans le cadre d'une guerre non-conventionnelle.
L'affrontement entre les BRICS et l'Occident est logiquement traduit par la propagande sioniste comme "un choc de civilisation". On peut soupçonner d'ailleurs la propagande russe de V. Poutine d'être improvisée pour s'adapter à sa défaite sur le terrain ukrainien. La construction du gazoduc NordStream trahit en effet la volonté conjointe des Russes et des Allemands de constitution d'une Europe russo-allemande, volonté stimulée par les provocations de la CiA en Pologne.
Les dirigeants des BRICS mettent, eux, l'argument anti-impérialiste en avant, qui est d'ailleurs depuis plus d'un siècle la justification de la lutte armée terroriste sur tous les continents.
Israël vient peut-être de dynamiter, avec l'aide du parti MAGA, l'équilibre mondial totalitaire, tel qu'il est décrit par Orwell, dont il faut rappeler qu'il est un nihilisme sur le plan éthique, qui n'a rien à envier au nazisme (A. Huxley explique même en 1958 pourquoi le libéralisme est pire que le nazisme dans son "Retour au Brave new World").
Israël est en effet, comme l'Etat islamique, un Etat "non viable" - tout comme le Liban, au demeurant, "non viable" dans le contexte totalitaire où la paix règne à l'intérieur des empires, mais non à leurs intersections ; située à l'intersection des intérêts de deux empires, le "no man's land" ukrainien n'était viable que dans la mesure où ses habitants acceptaient de vivre dans un "no man's land".
Paradoxalement, la militarisation extrême d'Israël était à la fois la condition de sa survie et la cause d'une stratégie d'expansion territoriale dont on peut se demander si elle n'est pas suicidaire. Les théoriciens hypocrites de la paix mondiale (Bill Clinton et les diplomates des accords d'Oslo) sont au moins aussi responsables des massacres du 7-Octobre et de la population gazaouie. La posture d'Israël, qui n'est pas un Etat indépendant et ne l'a jamais été, était intenable sur le long terme.
Il n'y a plus en France, en 2026, de parti révolutionnaire, ni de classe prolétarienne susceptible d'abattre l'Etat profond. Les grandes centrales syndicales ont fait depuis longtemps le choix de l'ascenseur social-démocrate et de la négociation avec le patronat, au risque pour ses dirigeants de passer pour des "sociaux-traîtres" aux yeux de leur base. Néanmoins la panne prolongée de l'ascenseur social-démocrate a creusé entre les "boomers" et la jeune génération de Français un fossé. Si elle n'est pas "révolutionnaire" à proprement parler, la France qui ne vote pas est assez largement consciente d'un blocage des institutions et d'une mainmise de l'oligarchie à travers ses médias de masse.

qui fait tenir pour quantité négligeable, accepter comme dommage collatéral les milliers de blessures graves ou de décès de personnes allergiques au vaccin inoculé que Pfizer a été contraint de déclarer plus tôt que prévu sous la contrainte judiciaire aux Etats-Unis. Les abrutis "antispécistes-darwinistes" ont le don d'ignorer que la principale fonction de l'antispécisme n'est pas d'améliorer la "condition animale", mais de traiter les êtres humains comme des animaux.