(Suite et fin de la revue de presse pluraliste effectuée en collaboration avec mon pote Henri.)
« La vision touristique de Montmartre nous a habitués à l’image d’une bohème insouciante et jouisseuse, au détriment du réel apport artistique et de pensée qu'on lui doit.
Le génocide de 1915 a relégué dans l’ombre les massacres hamidiens - du nom du sultan Abdul Hamid II, de 1894-7896 (300.000 morts) et de 1909 (30.000 morts).
La journaliste Séverine, féministe et dissciple de Vallès, fut la première à alerter l’opinion publique avec l’article Massacres en Arménie paru le 3 février 1895 dans La Libre Parole (devise : "La France aux Français" ; directeur : Edouard Drumont). (…) La contribution de Léon Bloy à l’arménophilie reste un article publié dans l’Assiette au beurre, journal avec lequel Bloy se sentait peu d’affinités, l’anticléricalisme du journal étant virulent, mais la virulence du ton constituait en elle-même une affinité. (…) En voici la fin : "Quand Abdul Hamid crèvera, ce qui ne saurait tarder, on verra s’affliger les Hanotaux et toute la servile crapule des diplomaties (…)." »
(Samuel dans “Présent littéraire”, 12 mai 2007)
Bloy dans l’Assiette au Beurre, c’est un peu comme si Michel Onfray écrivait dans Présent, Madiran dans Charlie-Hebdo, Marc-Édouard Nabe dans Le Monde, Alain Soral dans Tribune Juive, BHL dans Rivarol… L'évolution vers le sectarisme de la République française est une "tendance lourde". Surtout ne pas se fier à l’air de béni-oui-oui d'Alain Minc ou de Jean d’Ormesson.
« Dans Les Démons, Heïmito von Döderer écrit : Devient révolutionnaire celui qui n’est pas parvenu à se supporter ; en revanche, ce sont alors les autres qui ont à le supporter. »
(Ghislain de Diesbach dans "Rivarol", 27 avril)
Bien que Rivarol ne soit pas spécialement un canard destiné aux vieilles dames, comme Le Figaro, Ghislain de Diesbach préfère la paix à la révolution ; déjà dans sa biographie de l’abbé Mugnier il s’attaquait injustement à Léon Bloy, sans doute beaucoup trop agité et “hétérosexuel” à son goût.
Encore un Cabu épatant dans Le Canard enchaîné. De ce point de vue la victoire de Sarkozy est une bonne nouvelle ; on préfère largement un Cabu dans l'opposition à un Cabu soutien du pouvoir "socialiste" de Lionel Jospin, de Ségolène Royal ou de Bertrand Delanoë.
« C’est cette année-là, à la suite d’un accident d’ailleurs, une toile ratée, que je suis passé du noir à ce que j’appelle l’“outre-noir”.
Recouvrant entièrement mes toiles de noir, j’ai fait naître la lumière (…) »
(Pierre Soulages, "Beaux-arts magazine", mai 2007)
De manière moins accidentelle, c’est en découvrant l’œuvre de Pierre Soulage que j’ai songé à développer le concept d’outre-connerie. Chirac passe et Soulages resterait ? Ça serait vraiment trop injuste !
« (…) Villepin, arrivant rue de Varenne en 2005, réclama à Beaubourg un Soulages. »
("Présent", 17 mai)
On aurait pu penser qu'un admirateur de la sanglante épopée napoléonienne comme Villepin aurait réclamé au Louvre pour son bureau un tableau de David ou de Gros plutôt qu'une croûte de Soulages ; mais l'art pompidolien, les goûts de l'énarchie sont plus proches de l'anecdote que de l'épopée.



