samedi, 28 février 2009
Helmet Knight
De la Charité, l'Âme est une adversaire farouche. Et séduisante. C'est là le plus important, la séduction. Car pour que la mort soit bonne, il faut que l'Âme soit belle. Le temps dévore de l'intérieur. Il "prend possession" de ses victimes.
On croit souvent qu'Hamlet, dans son château d'Elseneur en plein Danemark, a des "états d'âme", voire qu'il tergiverse. Pas du tout ; Hamlet derrière son heaume cherche le point le plus efficace où donner son coup de lance. Il ne s'agit pas de rater l'oeil du cyclope et de gaspiller ses forces en vaines estocades. Mais une fois les forces du mal circonscrites, on observe qu'Hamlet vise juste, et ce même à travers le voile de lin fin.
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vendredi, 27 février 2009
Les 200 familles
"- Le Groupe Dassault ne vend pas des armes, il vend des outils de défense nationale !" Propos abjects du "président" Serge Dassault, sorte de Grand Python froid, presque pas de front, comme certaines statues égyptiennes. Par-dessus le marché, un rappel de la mémoire des déportés de sa famille et des camps de concentration allemands : les horreurs passées pour en justifier de nouvelles. On est sur "France 3", chaîne de propagande d'Etat.
Mais Serge Dassault n'est pas chrétien ; j'ignore quelle est sa religion exactement ? Une d'où les pactes avec le diable ne sont pas exclus, manifestement. Le contrat est d'une telle ampleur qu'on ne peut douter que les sbires de Dassault seront entraînés dans le gouffre avec leur Maître, son cynisme et ses "outils" de défense nationale. Les prières des martyrs vont dans ce sens.
La fourmilière est comme désemparée, ses ouvrières commencent de tourner en rond et ses soldats sont pris de nervosité. Bref on a là, sous les yeux, le résultat de la politique des "200 familles" et de leurs aumôniers. Les terres en friche, les rivières empoisonnées, le gaspillage immense, la banqueroute d'un pays de Cocagne, ce sont eux. Et "France 3" ne trouve rien de mieux, dans cette débâcle, que de tenter de redorer le blason de la dynastie Dassault, Wendel ou Bettencourt.
Dans son "Journal de la Libération", Jean Galtier-Boissière, bien que plutôt gaulliste et certainement anticommuniste, réprouvant certains abus de la Résistance, déplore que les FFI n'aient pas profité de l'occasion pour mettre au pas les "200 familles" qui, dit-il, n'ont pas mis beaucoup de temps avant de relever la tête.
Que peuvent les armes de Dassault, la fortune des Bettancourt, l'acier des Wendel, tout l'encens de leurs thuriféraires, contre la colère de Dieu ?
13:46 Publié dans Mon Journal de guerre | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : serge dassault, jean galtier-boissiere, wendel, max gallo
jeudi, 26 février 2009
Signes sataniques du temps
Il faut dire que l'attaque grossière de Prieur et Mordillat contre l'apocalypse est relayée à l'intérieur de l'Eglise elle-même, de façon plus subtile.
La bouffonnerie de Prieur et Mordillat, qui consiste à prétendre que l'Apocalypse n'est qu'un pamphlet, alors même que la vision de saint Jean est animée par des phases qui correspondent à la vie du Messie lui-même, cette bouffonnerie n'est que la partie émergée d'un iceberg plus gros.
J'en veux pour preuve la réponse du Père Alain Bandelier à la question posée par une de ses ouailles dans le magazine "Famille chrétienne" (21-27 fév. 2009 - magazine dont l'intérêt est de refléter la doctrine officielle actuelle du Saint-Siège, qualifiée parfois de "judéo-chrétienne").
Question : "Que faire pour que le Seigneur revienne enfin dans la gloire et mette ainsi un terme aux horribles souffrances que subissent les hommes de siècle en siècle ?"
Réponse : "(...) Même les chrétiens ont régulièrement la tentation de "décrocher" de leur espérance théologale pour s'accrocher à un rêve : le retour du Christ sur terre. C'est l'hérésie du millénarisme, selon laquelle Jésus viendrait régner mille ans ici-bas - alors qu'il a clairement dit que son royaume n'était pas de ce monde. (...)"
Abracadabrante réponse ! A une question, qui, de toute évidence, traduit une soif d'apocalypse ; le genre de question qui risque d'être réitérée au Père Bandelier vu l'effroi dans lequel le monde est en train de plonger.
D'abord, contre Bandelier, il convient de rappeler le texte de la vision de saint Jean à Patmos, vision qui contient toute l'Histoire :
"Puis je vis des trônes, où s'assirent des personnes à qui le pouvoir de juger fut donné, et JE VIS les âmes de ceux qui avaient été décapités à cause du témoignage de Jésus et à cause de la parole de Dieu, et ceux qui n'avaient point adoré la bête ni son image, et qui n'avaient pas reçu sa marque sur leur front et sur leur main. Ils eurent la vie, et régnèrent avec le Christ pendant mille ans. Mais les autres morts n'eurent point la vie, jusqu'à ce que les mille ans fussent écoulés. - C'est la première résurrection ! - Heureux et saint celui qui a part à la première résurrection ! La seconde mort n'a point de pouvoir sur eux ; ils seront prêtres de Dieu et du Christ, et ils règneront avec lui pendant mille ans." Ap. XX, 6.
Ensuite quelques explications : dans sa réponse, le Père Bandelier tente d'assimiler le "monde" au monde PHYSIQUE, autrement dit à la "Nature", autant qu'on puisse interpréter l'idée de ce clerc, qui n'a pas l'air de savoir très bien lui-même ce qu'il dit, ajoutant juste après : "Aux pharisiens qui l'interrogent sur la venue du Royaume, il répond qu'il n'est pas ici ou là, comme une chose observable ; c'est une réalité intérieure à l'Histoire" ?????? Cela ferait sourire sur les "éclaircissements" que ledit Bandelier est censé apporté à ses lecteurs, si ce clerc ne portait pas une accusation grave d'hérésie contre la théologie qualifiée de "millénariste" dont Léon Bloy et Simone Weil sont les ultimes représentants, mais qui s'appuie aussi sur Joachim de Flore, François Bacon alias Shakespeare, sans oublier François d'Assise, phalange rassemblée derrière la bannière du Saint-Esprit.
Le "monde" dont Jésus parle n'est pas bien sûr la Nature célébrée par François d'Assise mais ce que Shakespeare appelle "le temps", représentés dans le Nouveau Testament par les Pharisiens et Ponce-Pilate, autorités religieuse et politique liguées contre le Messie et son message. Nul besoin d'avoir fait sept ans de séminaire pour savoir le sens d'une "mondanité".
Venant d'un clerc dont la gazette, "Famille chrétienne", n'hésite pas à substituer la télévision à la vision véritable, une gazette appliquée à sceller le pacte entre l'Eglise et le Siècle en présentant le capitalisme comme une fatalité, le darwinisme comme la seule façon possible de concevoir le progrès, une gazette où l'on ose se demander si les Etats-Unis ne constituent pas un modèle de "Cité de Dieu" (!), Etats-Unis dont le satanisme transpire de partout, dont la gazette n'hésite pas à présenter la soldatesque française au service des cartels du pétrole comme un détachement de croisés, venant de ce Bandelier, l'accusation d'hérésie, assurément, ne manque pas de culot ! Pour ne pas dire de calotte.
07:12 Publié dans Mon Journal de guerre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : prieur, mordillat, alain bandelier, famille chretienne, apocalypse, simone weil, leon bloy, joachim de flore, francois bacon
mercredi, 25 février 2009
Comme une bête
Mgr Williamson, traqué comme une bête par les caméras et les journalistes, casquette de base-ball sur la tête et ray-ban devant les yeux, c'est l'image de l'Eglise elle-même, incomprise et ne comprenant rien, comme sidérée, sous la cendre.
15:45 Publié dans Mon Journal de guerre | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : williamson
mardi, 24 février 2009
Journaliste et chrétien ?
Peut-on être journaliste et chrétien en même temps ? En dehors de la conjoncture même, de la mainmise de l'industrie sur les médias qui l'interdit pratiquement aujourd'hui, force est de constater que c'est un métier incompatible avec le combat aux côtés du Saint-Esprit, combat qui est l'essence du catholicisme, essence bien comprise par Simone Weil qui, Dieu merci, est vierge ou presque de tout "journalisme".
Cette "somme de journalisme" qu'est Jacques Julliard, observateur obstrué, peut bien essayer de démontrer le contraire, il n'y a qu'un imbécile pour ne pas voir que Simone Weil n'aurait pas "tenu" trois jours dans une "rédaction" au milieu des scribes, qu'elle aurait été virée sur le champ pour excès de pertinence. La vie de Simone Weil elle-même constitue une purge de l'esprit journalistique qui plane sur nos têtes, tel un gaz asphyxiant : gaz hilarant lorsque Obama est élu, gaz irritant lorsque un type inconnu, Williamson dit... dit quoi, au fait ?
L'actualité est au coeur du métier de journaliste, et l'actualité est synonyme de ce que Shakespeare appelle "temps", ou que d'autres théologiens appellent "le monde". Autrement dit le territoire de Satan, où la Bête de la terre a toute-puissance. (Parlez du diable à un journaliste démocrate-chrétien, il vous regardera avec des yeux de merlan frit ; parlez-en avec un enfant, il pigera tout de suite où vous voulez en venir, ce d'autant plus que les symboles sataniques ont envahi les jeux et les distractions des enfants, passés de la culture populaire yankie à la culture populaire française au cours des dernières décades, avec la complicité du clergé*.)
*
Il y a une tentative importante et célèbre de "journalisme chrétien", c'est l'"Univers" de Louis Veuillot (1813-1883), polémiste catholique souvent imité depuis, rarement égalé, et dont l'organe eût une puissance équivalente à celle d'une chaîne de télévision aujourd'hui.
Quoi que l'attitude bienveillante du pape Pie X à l'égard de Louis Veuillot puisse laisser conclure, l'entreprise de Louis Veuillot s'est globalement soldée par un échec. L'Histoire donne raison à Léon Bloy, plus que dubitatif sur les velléités de Veuillot de propager la Charité par le moyen de la presse. Bloy permet d'ailleurs de poser le problème comme il faut. Le rapprochement entre l'"actualité" et le "temps", pour éviter précisément d'être emporté par "l'air du temps", ce qu'un journaliste laïc lui-même refuse, oblige en principe un journaliste chrétien à parler de l'actualité dans une perspective eschatologique. Hors de ce cadre, défini par Léon Bloy, le journalisme au sens chrétien est nul et non avenu. Bloy ne se contente pas là de définir un simple "cadre", il fixe un sommet élevé, car il y a bien sûr, de l'eschatologie à la critique des films qui passent à la télé comme un GOUFFRE, que même un abonné à "Famille chrétienne", "Télé-Poche" ou "La Vie" est capable de voir -ou bien c'est que "La Petite Maison dans la Prairie" fait des ravages dans les jeunes cervelles encore plus grands que ce que je crois.
Et l'échec de Veuillot tient à cela, à ce qu'il n'a pas été à la hauteur de l'eschatologie nécessaire. Ses origines très modestes, sa formation "sur le tas", le climat insurrectionnel dans lequel Veuillot a mûri, toutes ces raisons peuvent expliquer la faiblesse de la critique de Veuillot, historique notamment. Mais ce n'est pas le problème, il ne s'agit pas de condamner les "intentions" de Veuillot mais de juger du résultat, car contrairement à ce que prétend de façon hypocrite saint Augustin, les intentions seules ne comptent pas ; le résultat a, on est bien placé pour s'en rendre compte, une importance très grande. La Bible elle-même prône contrairement à Augustin l'action et son résultat sur les bonnes intentions dont le parvis de l'Eglise est pavé.
Une précision s'impose à propos de Veuillot et de "L'Univers" : aussi peu avisé fut celui qu'il est convenu de tenir aujourd'hui dans l'Education Nationale totalitaire pour "un méchant réactionnaire", "l'ennemi de Victor Hugo", aussi peu avisé fut-il des mobiles réels du régime de Napoléon III, Veuillot ne fit JAMAIS preuve de l'aveuglement VOLONTAIRE des démocrates-chrétiens actuels, journalistes aux "Figaro", par exemple, quant aux mobiles réels de Sarkozy et de Fillon, dont ils ne se dissimulent d'ailleurs quasiment pas.
*
Puisque ni Bloy ni Simone Weil ne furent "journalistes" au point d'embrasser cette profession et d'en épouser les usages, y eût-il dans l'Histoire des journalistes "catholiques", c'est-à-dire apocalyptiques ? En dehors de Balzac, de Marx et de Engels, traqués par toutes les polices d'Europe ou presque pour cette raison, je n'en vois pas. Alphonse Allais ? Il s'est contenté de souligner l'absurdité profonde des principes républicains, ce qui n'est déjà pas mal, mais si j'en fais un journaliste "apocalyptique", on va m'accuser de "charrier", alors que j'essaie d'être juste. Villiers de l'Isle-Adam, en revanche, entre dans le cadre, compte tenu de la forme très spéciale de journalisme qu'il pratique. Et j'ajoute Daumier, pour sa façon de peindre le clergé laïc, avocats, magistrats et députés, sous les traits de pharisiens déchaînés, vision assurément apocalyptique.
Balzac, Marx, Engels, Villiers, Daumier... disons une petite phalange ; maigre recensement.
*Sur la complicité du clergé dans le satanisme, accusation très grave, je reviendrai ultérieurement comme il se doit, à partir de l'exemple de Jean Guitton.
18:16 Publié dans Mon Journal de guerre | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : karl marx, louis veuillot, simone weil
lundi, 23 février 2009
Merde à la Nostalgie !
Ce que le « Journal de la Libération » de Galtier-Boissière révèle c’est l’effacement, dans un régime totalitaire, de l’histoire immédiate par le cinéma. Sans le cinoche, les gens liraient, et le récit véridique de Galtier-Boissière leur serait parvenu. Récit véridique : je n’y étais pas, mais je sens bien que c’est vrai. Tandis que le cinéma, c’est du flan, le genre de petits arrangements avec la vérité que les gonzesses aiment, pour la rendre plus sentimentale, la vérité cuite et la recuite dans l’eau de rose. A dégueuler.
Après tout, on aurait le droit de la savoir, cette histoire-là à peine enterrée, puisqu’on en sort directement. Au lieu de ça, roulements de tambours laïcs, lettre de Guy Môquet par-ci, repentance par-là, tout le rituel factice et les mises en scène, le bal des faux-culs.
L’Education nationale n’est pas la seule « meilleure alliée » du régime totalitaire, le cinéma l’est aussi.
Ce qui me plaît aussi chez Galtier-Boissière, par rapport à Nimier, c’est qu’il n’essaie pas de faire du style. Il n’y a pas plus con que le style. C’est la gomina qu’on se met dans les cheveux dans l’espoir de plaire aux gonzesses. Si tous les écrivains aujourd’hui commettent l’erreur de vouloir avoir du style, c’est parce qu’ils vont beaucoup trop au cinéma. De là vient l’idée que de rien on peut tirer quelque chose.
Donc je continue de recopier Galtier-Boissière :
« 1er septembre 1944 – Quelques fifis ont pris des miliciens du Lycée Saint-Louis la mauvaise habitude de pointer leur mitraillette sur l’estomac des passants, et la plaisanterie est aussi peu goûtée que l’arrogance de certains blanc-becs qui barrent une rue sans raison, pour prouver au quartier qu’ils détiennent encore une parcelle d’autorité.
J’assiste devant l’Odéon à une altercation entre un fifi de dix-huit ans, péremptoire, et un camelot quinquagénaire, décoré de la médaille militaire, qui le rabroue : ‘Ah ! dis, petite tête, ramène pas ta fraise ! T’as vu le carrefour Saint-Michel, c’est entendu, mais moi j’ai fait Verdun, figure-toi !’
Chiffre officiel des tués de l’insurrection : Neuf cents, dont moitié badauds. Il est heureux que certaines victoires retentissantes se soldent par des pertes minimes : Valmy, la plus grande victoire des armées de la République (dont Goethe disait qu’elle ouvrit une ère nouvelle à l’humanité), ne coûta que quelques dizaines de morts, et le nombre des défenseurs de la légitimité tués lors des « Trois Glorieuses » se limita à cent trente-trois…
3 septembre – La presse exige la mise à l’index des maisons d’édition collaboratrices : Sont visés particulièrement Bernard Grasset, Gallimard qui a livré la NRF à la propagande nazie ; le belge Denoël qui publia les étonnants 'Décombres', de Lucien Rebatet …
Des Allemands disaient ingénument en partant : ‘Nous reviendrons dans trois mois. Nous ne pouvons vivre qu’à Paris.’
Von Choltitz a la cote d’amour parmi les officiers qui ont traité avec lui la capitulation allemande. Le gouverneur de Paris n’a pas exécuté les ordres sauvages de Hitler, n’a pas fait sauter le Sénat, ni bombardé la ville :
‘Je n’ai pas voulu attacher mon nom, aurait-il déclaré, à la destruction de votre célèbre capitale.’
6 septembre – Gallimard est un gros malin. Il ne sera pas arrêté comme Grasset car, lui, jouait habilement sur les deux tableaux. Pas fou, le vieux ! A la Nouvelle Revue Française, deux bureaux se faisaient face : Le bureau de Drieu, membre dirigeant du parti Doriot, collabo sincère, directeur de la revue NRF pro-nazie, et celui de Jean Paulhan, résistant de la première heure et fondateur, avec Jacques Decour, du journal clandestin antiboche 'Les Lettres françaises'.
Le ‘percheron qui se pique à la morphine’ comme l’appelait Cocteau, est un as du double-jeu.
Toute la famille du général von Choltitz aurait été passée par les armes, en Allemagne.
La charmante gavroche Arletty a été arrêtée. On lui reproche d’avoir eu une faiblesse pour un beau fridolin.
- Qu’est-ce que c’est que ce gouvernement, s’est-elle écriée, outrée, qui s’occupe de nos affaires de cul !
Notre littérature a toujours applaudi à toutes les bonnes fortunes de nos militaires triomphants auprès des femmes de tous les pays d’Europe. Mais nous ne pouvons admettre qu’un vainqueur étranger remporte chez nous des succès du même ordre.
Il paraît qu’à Drancy, du temps des juifs, les affaires ne chômaient pas. Un gendarme était appointé quinze mille francs par mois par quelques gros pontes pour porter chaque jour les ordres de Bourse.
Georges Salvago, grand blessé de l’autre guerre, et qui s’était jeté dans la récente bagarre, me raconte qu’un vieil israélite du quartier Monceau, se réjouissait d’être à jamais débarrassé de l’équipe d’affreux miliciens qui occupaient un immeuble en face de son appartement.
Or, quelle ne fut pas sa surprise, le lendemain de la Libération, de voir de sa fenêtre un grand banquet FFI dans le même local et de reconnaître parmi les convives tous ses miliciens de la veille.
Il donna l’alarme et toute la bande fut promptement ‘groupée’.
8 septembre 1944 – « La fin de la guerre est proche », déclare le général Dempsey, dans un ordre du jour.
Jean Paulhan écrit dans le Figaro Littéraire à propos de son arrestation : ‘Drieu La Rochellle était, entre temps, courageusement intervenu en ma faveur. Je dis courageusement car il ignorait ce que j’avais pu faire.’ »
08:00 Publié dans Mon Journal de guerre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : galtier-boissiere, lucien rebatet, grasset, denoel, doriot, jacques decour, drieu la rochelle, jean paulhan, gallimard
dimanche, 22 février 2009
L'essence de la laïcité
Le mal qui ronge le Juif, c'est : hier.
Le mal qui ronge le Boche, c'est : demain.
Et l'alchimie des deux, quand ça n'explose pas, donne le cinéma, qu'on n'a pas attendu les Frères Lumière, hélas, pour inventer.
20:24 Publié dans Mon Journal de guerre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 21 février 2009
Et merde pour le cinéma !
De toutes les étiquettes françaises, c’est l’étiquette gaulliste qui me répugne le plus. Je peux causer avec un Français musulman, un Français bouddhiste, un Français lepéniste, un Français juif, un Français cégétiste, un Français qui fait la manche, un Français écologiste, un Français royaliste, voire un social-démocrate, mais un Français gaulliste, j’avoue que j’ai du mal, je dois « prendre sur moi ».
Il paraît logique d’inculper plutôt ceux qui ont eu entre les mains les moyens de tenter quelque chose d’autre que le résultat qu’on a sous les yeux : une parodie de pays civilisé parsemé de supermarchés Leclerc, de cubes de béton estampillés Portzamparc ou Jean Nouvel, entrecoupé de bocages en jachères ou d’élevages intensifs, dirigé par un président anglophile qui sait à peine parler anglais, avec des académiciens plus gâteux les uns que les autres.
Pour le gaulliste Jean Galtier-Boissière, de la première heure mais que j’ai découvert récemment aux Puces, c’est différent. Un peu à la manière forte de Le Pen ou de Jean Dutourd, il a cette façon franche de s’expliquer et de mépriser ouvertement l’opinion commune des gonzesses des deux sexes qui prennent le « Journal de 20 heures » pour paroles d’Evangile à ne surtout pas contredire.
Son Journal sous l’Occupation, puis la Libération, est très instructif à côté de la mythologie laïque débitée par des instituteurs-adjudants au taquet, qu’on peut entendre à l’école dans une morne ambiance, de sept à vingt-sept ans, pour ceux qui font des études supérieures, vu le taux de chômage dissuasif.
Bien que Galtier-Boissière ne soit pas communiste, au contraire, il me plaît de recopier sur mon blogue des extraits de son Journal, pour l’édification des foules qui passent par ici.
« 30 août 1944 : Le Bourget a été pris d’assaut par les Leclerc.
Ainsi, tandis que de Gaulle descendait tranquillement les Champs-Elysées, acclamé par une foule délirante, les Allemands s’accrochaient encore à la banlieue parisienne.
Une femme tondue a protesté de son patriotisme :
- Mon cul est international, mais mon cœur est français !
Le long du Boul’Mich’ les terrasses de café s’emplissent de nouveau, dont les pare-brise sont étoilés par les balles de mitrailleuses. Les dégâts qui semblaient considérables dans les rues vides, se révèlent minimes depuis que la circulation a repris. Sur les trottoirs, les taches de sang noir s’effacent sous les pas des promeneurs.
Les restaurants réservés aux FFI ferment aujourd’hui. Après les avoir couverts de fleurs de rhétoriques, les vrais militaires donnent le choix aux combattants en veston : s’engager dans l’armée régulière ou rendre leurs arquebuses.
Les bons bourgeois ont manifesté quelque inquiétude à l’aspect « Commune » des barricades et de leurs défenseurs en salopettes. De plus, la police étant en grève pendant l’insurrection, une certaine pègre qui surgit des bas-fonds en temps de crise, a pillé et rançonné. Dans l’ombre des héros de l’insurrection se sont glissés des bandits, comme des détrousseurs de cadavres sur les champs de bataille.
L’Académie française expulse les deux Abel.
Identités révélées.
Durand (dans la clandestinité : Dupont)...
Mais nous ignorions aussi bien ce Dupont que de Durand. Et de même : Arthur Duconneau (dans la clandestinité : Jupiter). »
02:20 Publié dans Mon Journal de guerre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jean galtier-boissiere, journal
vendredi, 20 février 2009
Honte d'être Français
De toutes les institutions françaises, celle qui me fait le plus honte, devant même l'école polytechnique, c'est l'Académie française. La Tour Eiffel aussi est ridicule, mais elle n'exprime pas la débandade aussi ouvertement.
Pourquoi Mitterrand n'a-t-il pas pris ses responsabilités et dispersé ce sénat des lettres vert-de-grisonnant ? Mystère. Une révolution n'hésiterait pas à faire cesser cet acharnement thérapeutique, à laver cette croûte à coups de kärcher.
Dernier élu en date, le mélancolique crétin Jean Clair, ancien directeur du Musée Picasso. Sa mélancolie est celle du fonctionnaire manoeuvrier, faite pour dissimuler le parasitisme. Singeant Baudelaire hier, quand Baudelaire était à la mode, l'amphigourique Jean Clair, incapable même d'entendre Diderot qu'il répète ici ou là (pourtant Dieu sait que les méprises de Diderot sont transparentes !), ce Trissotin pour bourgeois gentilhommes auditeurs de 'France-Culture' s'est fait la mimique de Cioran depuis quelque temps, l'air républicain navré de ce que les pelouses soient moins bien tondues qu'avant, et qu'il y ait des robots pour corriger l'orthographe maintenant ; un air destiné à séduire la bande de biscornus ratatinés qui l'a, de fait, admis à prendre part à sa décomposition collégiale.
Jean Clair fait partie de la bande de sagouins, les Michaud, Catherine Millet, Domecq, etc., dont la bêtise a facilité grandement l'OPA du Capital sur l'art. Si l'art est entre les mains de Philistins comme Pinault et Arnault, c'est entre autre à l'ignorance d'un Jean Clair qu'on le doit, ignorance des principes élémentaires de l'art et de la science.
Qu'est-ce que c'est qu'un Philistin ? Il n'est que d'écouter Bernard Arnault pour le savoir. Ce type n'entend rien, bien sûr, à l'art, simple produit d'appel pour sa boutique ; mais il n'entend rien à l'économie non plus, moins encore que Sarkozy ! La seule chose dont il soit capable de parler avec sérieux et de façon logique, ce mec, c'est de tennis. Gouvernés par Yannick Noah, nous serions sans doute moins menacés que par tous ces édiles véreux.
14:49 Publié dans Mon Journal de guerre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jean clair, academie francaise
jeudi, 19 février 2009
Goebbels pas mort
Après le film de propagande de Prieur et Mordillat, diffusé par 'Arte', où on peut voir des pasteurs yankis et des universitaires expliquer que l'Apocalypse de saint Jean n'est autre qu'un pamphlet dirigé contre saint Paul, je tombe sur un autre film de propagande encore plus grossier où il s'agit de démontrer cette fois que la Rhénanie chrétienne a toujours été foncièrement antisémite depuis le moyen-âge. Traduisez : sans l'Eglise catholique, puis Luther, Hitler n'aurait jamais été le méchant assassin de Juifs qu'il fut.
Ben voyons, ça permet au moins de situer le niveau intellectuel du public de la chaîne 'Arte'. Toutes les caricatures d'Hitler, d'où qu'elles viennent n'ont qu'un seul mobile : dissimuler que la concurrence économique entre Etats européens impérialistes, menant des politiques keynésiennes, fut un facteur décisif dans le déclenchement des deux guerres mondiales, et que la seule façon d'honorer les victimes de Verdun et d'Auschwitz, victimes des mêmes systèmes, aurait été de détruire ces systèmes au lieu de les proroger automatiquement.
Si Hitler change ses plans et décide, malgré sa crainte initiale, d'attaquer l'URSS, c'est parce que l'industrie allemande guigne les gisements de pétrole russes. Il fut plus facile après la défaite pour la bourgeoisie industrielle franco-allemande, de renier Hitler et le passé nazi, plutôt que le capitalisme allemand et son système bureaucratique.
Le pseudo-documentaire sur la Rhénanie, animé entre autre par un gugusse du nom de Freddy Raphaël, qui se prête avec enthousiasme à cette parodie de thèse historique, atteint son comble lorsque, pour stigmatiser l'iconographie, la caricature médiévale du Juif, la caméra s'attarde sur les trognes haineuses des bourreaux à l'oeuvre dans une scène de flagellation peinte par un 'primitif', bourreaux qui sont soldats du gouverneur romain conformément au texte.
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