Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Mon Journal de guerre

  • Le combat des médias citoyens

    La première vague des Gilets jaunes a été repoussée en 2019 sans ménagement par la garde prétorienne de 35.000 CRS protégeant l'appareil d'Etat centralisé... à quoi il faut ajouter une police secrète de 2.000 ou 3.000 policiers qui s'efforcent de contrecarrer les manifestations "en amont", en arrêtant les leaders, en exerçant des pressions sur eux, ou en obtenant la dissolution de groupes Facebook (dont un très important de plusieurs centaines de milliers de membres en 2020).

    Il ne faut pas céder à la mythomanie de la prise du pouvoir par la rue. La chute du monarque ne suffirait pas à rétablir ipso-facto une république, pas plus que le Brexit n'a permis aux Britanniques de retrouver l'indépendance et une marge de manoeuvre politique vis-à-vis de Bruxelles.

    L'élection par les MAGA de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis -contre le système- conforte ceux qui pensent pouvoir mettre au pas l'Etat profond par la voie légale. C'est oublier qu'un gouvernement oligarchique échappe justement au cadre légal, bien qu'il se cache autant que possible derrière le paravent de la légalité constitutionnelle. L'oligarchie s'accorde avec la formule technocratique dans la mesure où celle-ci s'écarte de l'exercice du pouvoir républicain. Il n'est pas rare d'entendre les dirigeants capitalistes faire l'éloge de l'efficacité du régime chinois.

    Pour plusieurs raisons les "médias citoyens" représentent le prolongement du mouvement des Gilets jaunes le plus utile. D'abord parce que, comme on l'a vu au cours du confinement sanitaire, les médias de masse représentent la courroie principale de transmission du pouvoir oligarchique. Les oligarques ne sacrifient pas chaque année quelques dizaines de millions d'euros pour le plaisir d'informer l'opinion publique, mais bien pour prendre part à l'Etat ; leurs médias sont des armes de sidération massive, particulièrement délétères dans la mesure où ils contribuent à abuser l'opinion publique, en particulier dans les domaines économique et industriel. Les candidats à la présidentielle n'existent qu'à travers ces médias, à l'exception de J.-L. Mélenchon qui a choisi de jouer la carte jouée par D. Trump en 2016.

    On constate par ailleurs que les journalistes citoyens, plus ou moins improvisés, et qui pour la plupart désignent les médias de masse comme leurs ennemis, sont nettement plus jeunes, entre 30 et 45 ans, que les journalistes-employés de l'oligarchie pour qui le journalisme est une rente de situation.

    Les médias citoyens travaillent donc à faire sauter le verrou médiatique plus utilement que les utopistes qui conçoivent sur le papier une VIe république parfaite.

    Je compte environ une vingtaine de ces médias indépendants, dont les audiences oscillent entre quelques centaines de milliers d'auditeurs et un million, suivant les émissions et les thèmes abordés. Ce calcul est approximatif en raison de la pluralité des canaux de diffusion (Youtube, podcasts, Facebook...). La preuve qu'ils visent juste est la réaction de Big Brother, qui s'efforce de reprendre le contrôle des réseaux sociaux américains sous divers prétextes, en mettant en place des moyens de censure plus efficaces, et si possible discrets.

    Je donne ci-dessous une petite liste non-exhaustive de ces "médias-citoyens", d'opinions politiques diverses mais dont l'objectif commun est d'élargir le champ de vision des citoyens français ; parmi mes critères de choix : une dissidence assumée, l'indépendance vis-à-vis des partis politiques en lice pour les présidentielles... Ici c'est un point important car la démagogie libérale de droite ou de gauche a pour fonction de transformer les problèmes politiques et sociaux, voire les faits divers, en arguments polémiques au service de discours publicitaires électoraux.

    Je me souviens d'avoir rencontré au début de son mandat de jeunes supporteurs naïfs d'E. Macron, conscients de l'effet néfaste du ping-pong idéologique droite-gauche ; ils m'avaient sollicité pour écrire dans leur publication (ce que j'aurais peut-être fait si j'avais été plus jeune et plus naïf). L'illusion de l'alternance gauche-droite est l'illusion de pluralisme.

    DIEUDONNE

    (En raison de la traque politico-judiciaire dont il fait l'objet depuis plus de dix ans, l'humoriste est la preuve vivante que l'Etat policier existe bel et bien. Dieudonné est au pouvoir mitterrandien ce que "Charlie-Hebdo" fut au pouvoir gaulliiste.)

    ELUCID

    (Olivier Berruyer invite des universitaires connaissant leur sujet, et sait leur poser les bonnes questions.)

    LE CANARD REFRACTAIRE

    (Jeune média citoyen indépendant - directement issu des Gilets jaunes).

    QG - LE MEDIA LIBRE

    (Issu d'une rupture avec LE MEDIA, organe mélenchonien - a gagné en indépendance). 

    IDRISS ABERKANE

    (Focalisé sur les conflits armés à travers le monde - un domaine casse-gueule où règne la désinformation, mais que les citoyens doivent s'approprier impérativement).

    LE MEDIA EN 4-4-2

    (Média soralien.)

    J.-M. JANCOVICI

    (Spécialisé dans les trafics bancaires de l'Etat profond depuis 2008).

    PRAXIS

    (Par le porte-parole des Gilets jaunes rouennais François Boulo, jeune avocat désillusionné par le fonctionnement de l'appareil judiciaire).

    FREQUENCE POPULAIRE MEDIA

    (Contenu éditorial proche d'ELUCiD et QG).

    TOCSIN

    (A prendre avec des pincettes car proche du RN).

    BLAST

    (A prendre avec des pincettes car proche de LFi).

    (Liste non exhaustive.)

    On peut estimer que le combat des médias citoyens contre les médias oligarchiques ressemble à la lutte du pot de terre contre le pot de fer, mais quelques millions de Français, plutôt jeunes, dont la conscience politique progresse contre les discours idéologiques propices à l'inertie, ce n'est pas négligeable dans un système qui repose largement sur le conditionnement. Le journaliste américain Nick Bryant, qui enquête sur le réseau Epstein (trentenaire) depuis une dizaine d'années, estime que 10% des citoyens états-uniens décidés à nettoyer les écuries d'Augias seraient suffisants.

  • Marx contre Proudhon

    Si la critique de l'économie capitaliste par Karl Marx s'est imposée comme la plus pertinente à l'échelle internationale, Pierre-Joseph Proudhon (1809-1865) a conservé en France une certaine aura à laquelle le chauvinisme n'est sans doute pas étranger.

    Marx et Proudhon ont en commun d'avoir voué leur existence à l'émancipation de la classe ouvrière opprimée en élaborant un "socialisme scientifique", afin de dissiper les fictions et les chimères dont la bourgeoisie abreuve la classe ouvrière pour mieux la subjuguer. On mesure le danger que K. Marx représente au milieu du XIXe siècle à l'importance des moyens policiers déployés pour le surveiller à travers l'Europe et tenter de faire interdire ses articles, censés fonder une organisation politique révolutionnaire. Ce qui distingue le socialisme révolutionnaire de Marx et Lénine nettement de celui de Proudhon, c'est l'effort de Marx pour détruire l'utopie, notamment celle véhiculée par le mouvement anarchiste.

    Le blason de l'anarchiste Proudhon a été quelque peu redoré aux yeux de ceux qui imaginent que K. Marx et F. Engels ont inspiré aux bolchéviks l'Etat soviétique, ce qui n'est absolument pas le cas (pas plus que Tocqueville n'est cause de l'oligarchie aux Etats-Unis). Lénine lui-même n'est pas un partisan de l'Etat : "Nous poursuivons le même but que les anarchistes, dit-il -défaire l'Etat-, mais nous ne prônons pas les mêmes moyens."

    Le reproche adressé par Marx à Proudhon est de n'avoir pas saisi le fonctionnement véritable de l'économie capitaliste, et par conséquent de ne proposer, sous l'étiquette du socialisme scientifique, qu'une utopie de plus, incapable de s'opposer à la fuite en avant du capitalisme dans la guerre (la guerre s'impose dès le début du XXe siècle comme un remède à la crise mondiale). Les socialistes français qui réclament en 2026 le "partage des richesses" ou l'arbitrage de l'Etat n'ont rien de "marxistes". Ils nient même la réalité de la lutte des classes.

    A la célèbre punchline de Proudhon : "La propriété, c'est le vol !", Karl Marx oppose sa propre démonstration que "le vol, c'est le capitalisme". Ainsi, involontairement, Proudhon est un pionnier de l'anarcho-capitalisme. Les anarchistes ne détruisent pas la propriété privée, c'est le Capital qui se charge bien plus efficacement d'abolir le droit privé au profit d'un "droit public" qui n'est en réalité que le droit d'une petite oligarchie financière et industrielle.

    Le Capital ne s'oppose pas seulement à la propriété foncière privée selon Karl Marx, il abolit la propriété de l'être humain sur son propre corps, de sorte que l'on peut dire que le capitalisme est un régime de prostitution discret, dissimulé derrière l'éloge de la "valeur travail". "Lorsque les prostituées seront appelées "travailleuses du sexe", prédisait l'essayiste marxiste W. Benjamin, alors l'esclavage sera devenu une valeur universelle".

    L'Histoire n'a pas tardé à donner raison à Karl Marx, qui envisageait en premier lieu l'expropriation par de puissants monopoles industriels de petites fabriques concurrentes par des moyens plus ou moins brutaux et légaux, en abusant de leur position dominante. L'Etat capitaliste se fait à son tour acteur de cette expropriation, notamment dans le cadre de sa politique coloniale, mais aussi en sapant les corps politiques intermédiaires chargés de la défense d'intérêts locaux. Derrière la monarchie républicaine gaulliste (1958-2020) se cache un phénomène de concentration capitaliste du pouvoir si puissant que l'on peut penser qu'il a fait échouer les efforts de décentralisation de la monarchie gaulliste, qui a eu pour effet d'alourdir l'Etat et non de le rendre plus souple.

    La guerre civile de Sécession des Etats-Unis est emblématique du procédé d'expropriation capitaliste, car le but des industriels du Nord (l'abolition de l'esclavage n'est qu'un prétexte) est le démantèlement de la propriété foncière des Etats du Sud, qui entrave la production industrielle. Les immigrés irlandais employés par les industriels du Nord n'étaient pas mieux traités que les esclaves noirs dans les champs de coton ; ces Irlandais étaient libres... suivant la définition capitaliste de la liberté.

    Karl Marx observe aussi un phénomène qui a fait tache d'huile au XXe siècle : la soumission de tous les pans de l'économie aux lois du capitalisme industriel. Telle la destruction de l'artisanat sous la forme artisanale, ou encore la soumission de l'agriculture aux lois de l'exploitation industrielle, particulièrement observable dans un pays comme la France. En quelques décennies, les paysans ont été transformés en ouvriers agricoles avec la complicité de l'Etat bourgeois et des banques : plus ces paysans étaient pauvres, plus cette conversion s'est opérée brutalement, selon des méthodes technocratiques.

    L'Etat capitaliste en définitive (Big Brother) est le seul propriétaire légitime, et il ne fait que concéder à quelques-uns ce droit de propriété, de façon arbitraire. La destruction du droit de propriété, assumée à la fois par les élites totalitaires et par les anarcho-capitalistes, coïncide historiquement avec la destruction de la politique, sa réduction à un simple "process" technocratique validé par des sous-citoyens soigneusement désinformés lors de "scrutins démocratiques".

  • Banalité du Nazisme

    Le propos d'Hannah Arendt sur la "banalité du mal" demeure subversif. Le propos d'Arendt n'est pas conforme au roman national tel qu'il est enseigné depuis la Libération, conçu pour diaboliser le régime nazi, tandis que H. Arendt s'efforce d'élucider le mécanisme ayant conduit à la barbarie des camps de travail.

    On ne peut manquer de remarquer que les deux partis qui dominent la scène politique française à la Libération sont des partis de gouvernement technocratique, à savoir le PCF et le parti gaulliste ; c'est même à peu près leur seul point commun. La conscience antitotalitaire s'est logiquement exprimée en "Mai 68" contre ces deux partis, sans produire de résultat politique. "Mai 68" n'a pas entamé la "société du spectacle" que ce mouvement dénonçait, ni la structure technocratique de l'appareil d'Etat gaulliste.

    H. Arendt elle-même était sensible à la pression sioniste qui s'exerça sur elle ; elle "comprenait" que l'impression qu'elle donnait de minimiser les massacres du IIIe Reich pouvait choquer la communauté juive. Mais, plus Américaine que Juive, H. Arendt épargne surtout la démocratie-chrétienne états-unienne. Les Etats-Unis pouvaient encore passer en 1950 pour le refuge des damnés de la terre, en particulier des migrants européens chassés pour des raisons religieuses, raciales, ou tout simplement en raison de leur grande pauvreté (les catholiques irlandais), depuis la fin du XVIIIe siècle. H. Arendt nourrit donc un préjugé favorable au système politique états-unien.

    C'est là principalement ce qui sépare H. Arendt et Aldous Huxley ("Brave New World"), puisque ce dernier insiste au contraire sur la dimension états-unienne du totalitarisme, c'est-à-dire culturelle, ce qu'il est convenu d'appeler -pour en dissimuler la violence morale- le "soft power". L'américanisation de la culture mondiale entre 1945 et 2026 n'est pas sans faire penser à la propagande chrétienne médiévale, très fruste jusqu'au développement de l'imprimerie et la laïcisation du christianisme.

    George Orwell et Aldous Huxley sont tous les deux des théoriciens de la "banalité du nazisme". C'est ce qui en fait les deux romanciers les plus subversifs de la seconde moitié du XXe siècle. Le fait qu'ils soient Anglais n'est pas un hasard, car le totalitarisme a, au XXe siècle, une dimension qui échappe à l'étude de la politologue démocrate-chrétienne H. Arendt : c'est un impérialisme. Un impérialisme violent selon Orwell, un impérialisme au stade la pacification du monde selon Huxley. Comme le catholicisme romain est accouplé à la formule impérialiste, la démocratie-chrétienne est historiquement liée, elle aussi, au regain de l'impérialisme dès le milieu du XIXe siècle.

    L'idéologie démocrate-chrétienne est tout aussi pernicieuse et dangereuse que le nazisme ou le communisme soviétique, et elle l'a prouvé à de nombreuses reprises, dès 1945.

    En posant l'équivalence des idéologies soviétique, nazie et démocrate-chrétienne, A. Huxley a condamné son oeuvre à l'Enfer. Orwell n'en pensait pas moins, mais il est moins explicitement subversif ; en effet Orwell conçoit le régime soviétique comme la formule totalitaire la plus accomplie, en particulier en raison de sa dimension séculière de culte de l'Etat-providence. L'existence des citoyens d'Océania est rythmée par des rituels religieux car Big Brother est un Etat de droit abstrait, c'est-à-dire métaphysique.

    La démocratie-chrétienne rend un culte à l'Argent, qui ne pose pas de problème au stade des Trente Glorieuses, mais qui s'avère problématique au stade de la crise capitaliste. Les krachs capitalistes ont toujours provoqué le besoin d'Etat depuis la fin du XIXe siècle. Quant au nazisme ou au fascisme, Orwell était conscient qu'il était limité aux circonstances de la guerre. Et si Hitler gagnait la guerre ? A cette hypothèse Orwell répondait : - Peu importe Hitler, l'Allemagne se soviétiserait. Ce qui vaut encore aujourd'hui à Orwell la haine des idéologues soviétiques. Pour éviter la récupération par les idéologues démocrates-chrétiens, Orwell a situé la capitale du bloc totalitaire anglo-saxon à Londres.

    En résumé, tandis que H. Arendt oppose au totalitarisme la démocratie-chrétienne, G. Orwell lui oppose la nation, au sens historique et non démagogique du terme, c'est-à-dire une politique anti-impérialiste.

    Le propos d'Huxley est le plus désespéré et, d'une certaine façon, le moins politique. On note qu'à la fin de sa vie, H. Arendt est tout de même en proie au doute : en effet, si elle ne caractérise pas la culture de masse libérale comme un "soft power" (ce qu'elle est avant tout), Arendt est consciente que la culture de masse est nécessairement barbare, en contradiction avec l'aspiration à une démocratie authentique.

    L'antinazisme est devenu un élément à part entière de la propagande totalitaire, états-unienne notamment, une manière de blanchir la démocratie-chrétienne. La propagande de l'Etat russe poutinien est analogue. L'antinazisme des Etats-Unis et celui de la Russie se sont télescopés sur la ligne d'affrontement ukrainienne entre les deux empires.

    Le cas de "Tintin & Milou", familier de beaucoup de Français, est caractéristique : il s'agit en effet d'une propagande européenne (belge), doublement antisoviétique et antiaméricaine (antisémite), c'est-à-dire équivalente de la propagande nazie dans les années 1930, conçue pour mobiliser à la fois contre les soviétiques et contre les massacreurs capitalistes (juifs) d'Amérindiens. Hergé et ses commanditaires blanchissaient de surcroît l'impérialisme belge au Congo, particulièrement brutal.

    Peu regardante, la propagande a gommé après la Seconde guerre mondiale la dimension antisémite antiaméricaine de Tintin & Milou pour la recycler et l'adapter aux besoins de la mondialisation sous la bannière états-unienne.

    Huxley et Orwell ont aussi quelques années d'avance en ce qui concerne leur dénonciation de la culture de masse comme un nihilisme. L'un comme l'autre montrent que le mensonge d'Etat destiné à tromper les citoyens, la novlangue qui est une manière de viol de la conscience, ont des conséquences morales incalculables.

  • La lutte des classes en 2026

    La social-démocratie (honnie par Marx et Lénine) oppose à la lutte des classes la dynamique de "l'ascension sociale" ; ce mécanisme politico-économique joue un rôle crucial dans le système social-démocrate. Marx, Lénine, mais encore Orwell, envisagent ce mécanisme comme un mécanisme contre-révolutionnaire. Big Brother est un Etat social-démocrate dans la mesure où il repose sur une forme de consensus social et non sur la contrainte policière, qui ne s'exerce que sur de rares dissidents.

    On peut même dire que le plan de "l'ascension sociale" est le plan mystico-religieux de la social-démocratie ; comme le paradis, l'enfer et le purgatoire, représentaient l'aspiration religieuse commune au Moyen-âge, l'ascension sociale représente l'aspiration commune. On parle ici de religion au sens social ou horizontal du terme (indiqué par le terme latin "religere", qui signifie relier). Quand Lénine parle de "métaphysique bourgeoise", il ne parle pas directement contre la métaphysique, mais contre une fiction religieuse prêchée pour le compte de la bourgeoisie.

    Lire la suite

  • La vocation d'Hannah Arendt

    Dans mon bouquin sur "Orwell & les Gilets Jaunes", je m'étends peu sur l'étude du phénomène totalitaire par la politologue états-unienne Hannah Arendt en raison d'une erreur d'appréciation que George Orwell ne commet pas, et qui n'est pas sans conséquences.

    Leur vocation commune de penseurs politiques rapproche beaucoup Arendt et Orwell, cependant, et ils ont probablement beaucoup de lecteurs en commun. On sait que H. Arendt revendiquait le terme lourdingue de "politologue". Ils se rejoignent sur certains points importants. Ainsi, en définissant le totalitarisme comme un "process", Arendt rejoint le propos d'Orwell sur la "novlangue", véritable opération de sabotage du langage pour le réduire, justement, à un "process". Le but est que les citoyens d'Océania agissent et pensent en définitive comme des robots. Science sans conscience n'est qu'intelligence artificielle, pourrait-on dire à la suite d'Arendt et Orwell.

    Lire la suite

  • Léon XIV au pied du mur

    Le pouvoir temporel de l'Eglise catholique romaine n'est plus depuis des siècles qu'un "soft power", c'est-à-dire un pouvoir de propagande, ce pouvoir que George Orwell qualifie de "mensonge totalitaire" et dont il montre qu'il cimente l'Etat moderne. Le "soft power" est aussi conçu pour justifier l'impérialisme. La propagande religieuse a pris au cours des XIXe et XXe siècle différentes formes séculières, dont le communisme étatique au XXe siècle, ou encore le cinéma hollywoodien. Dans ce dispositif séculier, l'Etat (Big Brother) occupe la place de Dieu.

    On peut prendre l'expulsion des jésuites par Louis XV en 1764 comme une date-clef en ce qui concerne le recul le pouvoir d'ingérence de Rome en France. Cette expulsion correspond à une opération analogue de la couronne britannique un siècle et demi plus tôt, facilitée par les tentatives de coups d'Etat fomentées par les jésuites. Le "France, fille aînée de l'Eglise", est un slogan catholique qui ne correspond à aucune réalité historique.

    Lire la suite

  • Donald Trump machiavélique ?

    C'est la thèse de certains observateurs, en coulisse (c'est-à-dire à l'écart des plateaux télé des médias de masse). Quoi qu'elle soit peut-être partisane, cette thèse a le mérite de souligner la position dominante des Etats-Unis, malgré l'échec du "blitz" israélien sur Téhéran visant à renverser ses dirigeants. Elle n'est pas sans faire penser à la position dominante de V. Poutine, malgré la résistance de l'Ukraine et son échec à annexer tout ou partie de ce qu'il considérait comme une province russe. V. Poutine a fait plier les Etats-Unis, et il a désormais face à lui une Europe affaiblie et divisée comme jamais.

    Le blocage du détroit d'Ormuz pourrait avoir de graves conséquences économiques s'il perdurait ; l'Europe serait la grande perdante, puisqu'elle ne produit pas ou presque pas d'énergies fossiles.

    Lire la suite

  • La menace Mélenchon

    La candidature de Jean-Luc Mélenchon aux présidentielles, renforcée par la conquête de quelques villes importantes aux municipales, représente pour l'oligarchie la même menace que la candidature de Donald Trump en 2015. Les Français dont les yeux ne sont pas recouverts d'écailles idéologiques peuvent voir que ces deux candidatures reflètent deux mouvements proches de révolte de la classe moyenne contre l'Etat profond, en dépit de ce qui les oppose superficiellement, sur le plan des slogans.

    Le parti de Jean-Luc Mélenchon n'a aucune politique économique clairement définie. Il y a une bonne raison à cela : compte tenu du coup d'Etat de la Commission de Bruxelles en 2020, aucun projet économique franco-français ne dépasse le niveau du slogan, sans proposer au préalable, comme les partisans britanniques du Brexit, une sortie de l'Union européenne... qui aurait pour effet de condamner le projet d'Union. Tous les candidats à la présidentielle sont à égalité avec J.-L. Mélenchon : aucun ne peut avouer qu'il n'a pas d'autre programme économique que celui d'E. Macron au cours des neuf années écoulées.

    Lire la suite

  • Un cas de racisme intéressant

    De mon expérience personnelle je tire la conclusion que les peuples grégaires sont les plus racistes. Les femmes sont plus racistes que les hommes car elles sont généralement plus grégaires, supportent moins la solitude.

    Un anthropologue décrit plus précisément ce phénomène ainsi : - Dans la société multiculturelle et antiraciste états-unienne, les mariages "mixtes" restent exceptionnels ; ils sont au contraire plus courants en France où les hommes hésitent moins à se reproduire avec des femmes d'origine africaine ou asiatique.

    Cela s'explique par le fait que la société états-unienne capitaliste est entièrement dévirilisée, à un point quasiment métabolique. Les efforts de Donald Trump et ses partisans pour paraître plus virils font penser aux efforts des femmes pour paraître plus féminines. En réalité D. Trump est surtout un acteur, et son goût pour les "sunlights" fait penser à celui de Marilyn.

    Lire la suite

  • Mise au point sur le satanisme

    Les accusations de "satanisme" sont de plus en plus fréquentes sur les réseaux sociaux américains. Les électeurs MAGA de Donald Trump ont remis ce type d'invective à la mode, en particulier la frange issue des nombreuses sectes évangélistes que comptent les Etats-Unis, fédérées par les slogans de D. Trump sur la famille (contre l'avortement) et la moraline d'Etat LGBT (égalitariste).

    L'idéologie libérale est d'ailleurs une idéologie chrétienne dès l'origine. Les formules libérales athées ne sont apparues que tardivement, au stade technocratique, notamment dans le monde de la haute finance états-unienne (Ayn Rand).

    Le satanisme est précisément défini par les évangiles et les prophéties chrétiennes comme une attaque contre la Foi chrétienne au nom de la Foi chrétienne. Le satanisme n'est pas incarné dans les Evangiles par Judas (Judas ne prêche pas), mais par les pharisiens, et Pierre à deux reprises, qui interprète de travers la parole de Dieu. Les apôtres ne sont vraiment des apôtres qu'après la Pentecôte.

    Lire la suite

  • Les Gilets jaunes ont disparu ?

    Emmanuel Macron est sans doute le dernier à le croire ; sans quoi il n'aurait pas demandé à ses adjoints le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau et le préfet de police Laurent Nunez de déployer en septembre 2025 un dispositif policier d'une ampleur probablement inégalée sous la Ve République. Dès le début de la matinée, la police procédait à des arrestations ciblées, plus de cinq heures avant le début des manifestations.

    Les partis de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon, dont on sait qu'ils étaient les mieux représentés avec les abstentionnistes parmi les grévistes de 2019 opèrent comme des brise-lames. C'est la fonction qu'ils remplissent principalement, pourquoi ils sont subventionnés au même titre que la télévision d'Etat : scinder idéologiquement la classe moyenne inférieure en deux, pour la tenir éloignée des rênes du pouvoir. Pourquoi l'oligarchie a-t-elle décerné un brevet de respectabilité à Bardella et à Le Pen, qu'elle refuse à J.-L. Mélenchon ? Parce que le parti de Marine Le Pen, en cas de victoire, serait le plus facile à contrôler. Que fait Mme Meloni en Italie depuis qu'elle est élue en dehors d'appliquer la politique de la Commission en la saupoudrant de sucre glacé néofasciste ?

    Lire la suite

  • Sionisme et Etat profond

    Un chapitre de mon bouquin "Orwell & les Gilets jaunes" s'intitule "Israël, Etat terroriste ?". Il a été rédigé avant que l'affaire Epstein-Maxwell de trafic d'influence politique à l'échelle internationale soit révélée au grand public dans toute son ampleur. Sur le fond, l'affaire Epstein-Maxwell ne change pratiquement rien. Sans doute les MAGA passent-ils du statut de "complotistes" à celui de "lanceurs d'alerte" indispensables, mais cela n'élargit pas pour autant la marge de manoeuvre de cette révolution libérale.

    Le journaliste-citoyen Nick Bryant résume ainsi cette marge : - Dix pour cent des citoyens états-uniens désireux d'enrayer le système suffiraient pour faire tomber l'Etat profond.

    On peut mettre en relation ce propos avec celui de "1984" ; Orwell souligne à quel point le pouvoir de Big Brother repose sur l'absence de volonté politique -soigneusement entretenue- de la grande majorité des citoyens, à commencer par les militants. Il ne s'agit pas là d'une théorie du complot, car le phénomène de la culture de masse (nouvel opium des peuples sécularisés), est un phénomène palpable. La Guerre froide apparaît même en filigrane dans la culture de masse : l'inévitable "combat du bien contre le mal" en est la petite musique de fond puérile.

    Lire la suite

  • L'impasse Jancovici

    Jean-Marc Jancovici est un ingénieur français qui s'est fait connaître du grand public grâce à une bande dessinée à fort tirage (près d'un demi-million d'ex.), plaidant pour la décarbonation de la production industrielle grâce à la relance du programme nucléaire français. Son principal argument : le pétrole va bientôt venir à manquer, sa production décroît déjà depuis quelques années - le mode de vie capitaliste-occidental se trouve donc menacé à brève échéance - une bonne moitié des Français éprouve déjà des difficultés à joindre les deux bouts... Je ne décris pas plus en détails un argumentaire biaisé de tous les côtés.

    Le raisonnement presque entièrement mathématique de cet ingénieur est très éloigné de la réalité politique, économique et sociale. Il véhicule une illusion très répandue en France, celle du pragmatisme de la technocratie. Il peut être tentant pour certains Gilets jaunes d'y voir un remède au naufrage du "Titanic".

    Lire la suite

  • Le paradoxe Trump

    L'attaque soudaine de l'Iran par les Etats-Unis de Donald Trump pour tenter de décapiter le régime des mollahs et des "gardiens de la Révolution" a surpris la plupart des observateurs. En effet D. Trump a été élu sur la promesse de ne pas envahir l'Iran, ou du moins de ne pas répéter les erreurs de ses prédécesseurs démocrates et républicains en Irak, en Afghanistan et en Ukraine.

    Les Gilets jaunes et les "médias citoyens" indépendants ont intérêt à scruter la révolution libérale MAGA et la politique de D. Trump, car la grève générale des Gilets jaunes de 2019 est un mouvement similaire à celui qui a porté D. Trump au pouvoir en 2016, contre toute attente. L'alternance républicains/démocrates est un rouage de l'Etat profond libéral à part entière, et la surprise vient donc de ce que D. Trump a réussi à mettre fin à cette "alternance" dès 2016. Les "Gilets jaunes" se heurtent au même verrou médiatique...

    Lire la suite

  • Pour en finir avec le gaullisme

    Le culte du général de Gaulle s'est répandu au XXIe siècle dans presque toute la classe politique. Dans un ouvrage récent de propagande à destination des militants, François Hollande s'emploie ainsi à décrire le général de Gaulle comme "un grand homme de gauche". Le cas de Hollande est remarquable puisqu'il est encarté dans un parti qui ambitionna de rétablir le parlementarisme dans ses droits.

    On peut s'inquiéter d'un tel consensus, y voir un signe de nostalgie, une façon de regarder dans le rétroviseur qui n'est pas sans faire penser au projet de D. Trump de retour à l'âge d'or du capitalisme. Le futurisme de la "mondialisation heureuse" est en échec, vive le passéisme !

    Le mirage gaulliste et le mirage trumpiste sont à peu près équivalents : c'est le mirage des "Trente glorieuses", d'une part, et celui du "Gilded Age" (âge d'or) entre 1865 et 1901, période de forte croissance aux Etats-Unis, d'autre part. Les "Trente glorieuses" sont un slogan. En réalité on ne peut scinder les périodes d'euphorie économique des périodes de grave dépression. Le Capital est parfaitement instable : aucune histoire n'illustre mieux cette instabilité que celle des Etats-Unis depuis 1865, date de la guerre civile dite de "Sécession". Les économistes capitalistes eux-même ne dissocient pas le creux de la vague - la dépression économique - de son sommet - la forte croissance ; ils s'efforcent de justifier a posteriori ces cycles par un raisonnement darwiniste, en prenant soin d'occulter le rôle des guerres dans la sortie de crise. Le darwinisme est l'un des piliers de l'idéologie libérale progressiste.

    Lire la suite

  • Mélenchon osera-t-il ?...

    ...se servir de l'affaire Epstein-Maxwell ?

    Quiconque a parcouru un tant soit peu les dossiers Epstein-Maxwell sait que cette affaire est une véritable bombe. Ce n'est pas pour rien que le ministère de la Justice des Etats-Unis a rendus librement consultables ses pièces par les Européens, en prenant soin d'en filtrer une partie. Ce n'est pas pour rien que les médias français, ceux du service public en particulier, s'appliquent à déminer cette affaire.

    Lire la suite

  • Dr Frankenstein & Mr Epstein

    Après quelques semaines de déballage des dossiers confidentiels de l'affaire Epstein-Maxwell, on constate que le pouvoir oligarchique français est le mieux protégé d'Europe contre le scandale et les compléments d'enquête judiciaires, puisque la démission du président de l'Institut du monde arabe, Jack Lang, est la seule conséquence à ce jour. Les régimes britannique, norvégien, sont en revanche ébranlés. Quant à l'Allemagne, c'est le seul pays au monde dont la presse est moins indépendante que la presse française : l'Allemagne est le seul membre de l'OTAN qui, attaqué par un autre pays de l'OTAN en mer Baltique, ne s'est même pas émue de cette attaque.

    Mais la zone de non-droit en quoi consiste la Ve République n'est pas le sujet de cette note... Un aspect de l'affaire saute aux yeux à mesure que l'on épluche les pièces du dossier, touchant non pas aux moeurs pédocriminelles d'Epstein et Maxwell directement, mais plutôt à la culture et la mentalité des membres de ce réseau d'influence, qu'ils soient des criminels actifs comme le conseiller spécial du premier ministre britannique Keir Starmer, ou des criminels passifs comme (semble-t-il) Bill Clinton et Bill Gates.

    Lire la suite

  • Catholiques zombies

    Je lis ceci dans un hebdo capitaliste qui se réjouit de la recrudescence de jeunes adultes baptisés en France dans la religion catholique (15.000 en 2025) : "Le politologue Emmanuel Todd fustigeait en 2015 les catholiques zombies..."

    E. Todd ne fustige aucunement les catholiques zombies. Ce sociologue, à partir des outils de la sociologie wébérienne, tire le constat que l'on ne peut plus, depuis les années 1980, repérer à l'occasion des grands scrutins, un "vote catholique", comme c'était le cas auparavant. Autrement dit, les catholiques sont fondus dans la masse des Français depuis près d'un demi-siècle.

    Lire la suite

  • Marginalité

    Je me souviens d'avoir éprouvé en lisant Cioran pour la première fois de la répulsion. Cioran est si éloigné de Molière, qui fut longtemps mon maître à penser ! Sa marginalité fait de Cioran un auteur très moderne, bien plus moderne que Molière évidemment. Cioran est marginal dans tous les sens du terme : il a mené une existence en marge, et son oeuvre est faite de réflexions marginales. C'est une sorte de Diogène sans couilles. Il n'y a aucun Alexandre qui passe devant Cioran et lui fasse un pont d'or que Cioran refuse.

    Si Marx dit vrai et que l'économie capitaliste conduit à l'implosion de la société et de l'état capitalistes, alors la marginalité doit s'étendre à un nombre croissant d'individus, dans la caste supérieure comme chez les intouchables, et la misanthropie doit devenir un état d'esprit de plus en plus répandu. Un tel phénomène doit être encore plus flagrant aux Etats-Unis où, pour citer un moraliste états-unien contemporain, "le dollar est la valeur-étalon de toute chose". Si l'Europe est en bonne voie d'acculturation, un petit écart subsiste encore, qui se manifeste par la résistance de certains milieux au pouvoir de la "Zone euro".

    Le réflexe identitaire est une sorte de réaction à l'implosion sociale, car les conséquences sociales de la marginalité pure et dure sont difficiles à encaisser pour ceux qui n'ont pas les couilles de Diogène. Les mouvements de jeunes crétins fachistes et leurs homologues de jeunes crétins antifachistes, par exemple, sont des mouvements identitaires et non des mouvements politiques. Antifas comme identitaires sont dépourvus de la moindre conscience politique.

    En dehors de la disparition de leurs adversaires, ils n'ont pas de volonté politique définie.

    La religion catholique, qui fut autrefois quelque chose de politique en Europe, disons jusque vers 1870, est devenue un folklore, c'est-à-dire une manière de résister au délitement de la société capitaliste, tout en ignorant sa cause. K. Marx prédisait la destruction à brève échéance des valeurs et des structures traditionnelles en Europe. L'absence ou la quasi-absence d'Etat centralisé aux Etats-Unis avant les années 1940 a permis la constitution de poches de résistance à la mondialisation. Paradoxalement, c'est au pays de la mondialisation capitaliste heureuse que des poches de résistance à cette utopie ont pu subsister, sans unité idéologique : on peut aussi bien y inclure les "hippies" écologistes que certaines communautés évangélistes fondamentalistes, les Mormons, etc. Le "communautarisme" décrié en Europe est l'expression juridique de la résistance identitaire à l'éthique capitaliste moderne. A. Huxley a parfaitement résumé ce phénomène dans son personnage caricatural de John Le Sauvage.

    Pendant très longtemps, les homosexuels ont très bien supporté leur marginalité, formant des communautés discrètes ou souterraines dans les grandes villes, largement suffisantes. Depuis la fin du XXe siècle aux Etats-Unis, ils font comme tout le monde, ils ont créé un mouvement identitaire homosexuel sous la bannière arc-en-ciel : ils ont leurs processions, leurs messes, tout le barnum ; ils ont obtenu tout cela, puisque dans la société capitaliste tout s'achète, y compris l'honorabilité.

    Je crois que l'on peut définir Houellebecq comme le premier romancier identitaire états-unien de langue française, qui s'adresse au public des "white trash" (petits blancs en voie de déclassement). Les Etats-Unis ont Steve Bannon, les Français ont Houellebecq, ou plutôt les Françaises car Houellebecq est lu à 90% par des femmes.

  • De quoi Epstein est-il le nom ?

    Le comédien Dieudonné M'Bala M'Bala, harcelé par la police d'Etat française depuis 2013, présente l'affaire Epstein-Maxwell comme un tournant décisif. Du point de vue orwellien, on ne peut le contredire, car l'opacité de l'Etat profond est une condition même de sa survie ; la corruption se développe dans l'obscurité.

    L'idéal de transparence démocratique qui animait Julian Assange -ou la révolution culturelle MAGA en cours- est aussi utopique que la Fraternité qui séduit Winston Smith, utopie dont Orwell indique qu'elle est vouée à l'échec. Non loin d'Hannah Arendt sur ce point, Orwell présente la dissolution de l'action politique dans l'utopie comme le phénomène majeur du XXe siècle. L'utopie ne s'oppose pas efficacement à l'Etat profond, elle le conforte.

    Lire la suite