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Lapinos

  • De l'Athéisme

    "La religion est faite pour rassurer." C'est là la meilleure doctrine athée, qui incite au mépris de la religion, mais aussi de la musique et de toute la culture moderne.

  • 666 = culture de mort

    L'existentialisme, du point de vue chrétien, n'est qu'un baiser à la mort, une façon (typiquement féminine) d'essayer de se concilier les bonnes grâces de cette puissance mystérieuse.

    Et plus malfaisant encore se trouve être l'existentialisme qui se pare de symboles religieux chrétiens : il n'est qu'un déguisement de l'athéisme.

  • Piège de la Femme

    Le piège de la femme est "éventé" par la mythologie antique. Plusieurs fables illustrent le thème de la femme-piège, juives d'abord, mais aussi grecques, probablement sous l'influence de celles-là.

    A rapprocher de : "La femme est l'avenir de l'homme.", résumé de la mystique moderne. En effet, le tropisme de l'avenir est équivalent au "piège de la femme".

    On devrait définir le chrétien comme "un homme sans avenir", le contraire d'un "homme pressé" (les hommes sont pressés par l'avenir, et souvent cette pression les tue prématurément, ce qui laisse entrevoir la parenté de l'avenir et de la mort, que ce sont des ressorts proches.)

    Je ne peux m'empêcher d'observer le formidable effort déployé pour transformer le chrétien en "homme plein d'avenir", par des clercs soi-disant chrétiens. Est-ce que les familles soi-disant chrétiennes ne sont pas celles qui ont le plus grand souci de l'avenir, qui le cajolent, se plaisent à disserter à l'infini sur cette hypothèse ? Est-ce que beaucoup de prêtres chrétiens ne célèbrent pas la liturgie de l'Avenir ? 

    C'est pourquoi Jésus-Christ dit "bientôt" à ses apôtres en parlant du salut et de son triomphe.

    Cet avertissement juif est-il périmé ? Les chrétiens savent (Paul de Tarse le leur a expliqué en long et en large) que Jésus a aboli la loi juive EN CE QU'ELLE ETAIT IMPURE, c'est-à-dire distante de l'amour spirituel de Dieu. Or le "piège de la femme" a une signification spirituelle, et non seulement temporelle ; on le reconnaît notamment à la "femme-piège" représentée dans l'apocalypse de Jean.

    L'erreur du clergé juif et sa loi autorisant la lapidation des femmes est d'ignorer le motif spirituel de la fable, en la réduisant à une disposition temporelle. Le salut n'est pas une question d'organisation matrimoniale. Paul de Tarse ne commet pas cette erreur : d'abord il définit le mariage comme un lien strictement temporel, en s'appuyant sur l'avertissement du Messie contre la chair ; à ceux qui doivent se résoudre à se marier (sous-entendu par faiblesse), Paul se contente de donner un conseil, désormais presque caduc dans un régime de droit moderne où l'Etat est omnipotent sur le plan du droit civil.

    Le voeu de Paul est que l'union de chair gêne le moins possible l'effort pour gagner le salut offert par dieu. Paul paraît sexiste, mais il ne l'est pas ; il fait une concession à la vertu, qui exige de bien se connaître, par conséquent de ne pas ignorer la différence naturelle entre un homme et une femme.

    Le texte juif antique dit aussi : "Satan a tendu un piège, et il est tombé dedans.", car il y a une femme sans avenir, qui restera fidèle à son époux Jésus-Christ, c'est l'Eglise des saints, hommes ou femmes.

     

     

  • Preuves de Dieu

    Du point de vue païen, la preuve de dieu est physique ou psychologique ; il y a une forme d'humilité de la part des païens à accepter de se soumettre aux forces de la nature ; mais aussi une forme de résignation à la mort, qui est probablement l'aspect le plus antichrétien.

    Certains païens ont foi dans l'au-delà, d'autres non - l'au-delà n'est qu'une construction anthropologique, une religion faite pour rassurer le peuple.

    Du point de vue chrétien, la preuve de dieu est historique. On pourrait multiplier les exemples de bouleversements introduits par la révélation chrétienne dans le cours du monde. On se contentera ici de mentionner que la philosophie des temps modernes est axée autour de l'histoire. Sur le sujet de l'histoire, Marx, Hegel et Nietzsche ont des avis et proposent des doctrines divergentes ; cependant Nietzsche lui-même, qui s'emploie à nier que l'histoire a un sens, ne serait qu'un poète subalterne si sa doctrine ne touchait pas à l'histoire.

    On peut mesurer l'enjeu moderne de l'histoire de différentes façons, hormis la notoriété des philosophes modernes dont le propos tourne autour de l'histoire. La force d'attraction de l'histoire explique en grande partie la dévaluation presque complète de la vertu, considérée autrefois comme le plus grand des trésors. Là encore on peut remarquer que Nietzsche, acharné à restaurer la vertu contre la moraline moderne, prêche quasiment dans le vide ; ses disciples préfèrent se référer à ses avis les moins sûrs, concernant la culture antique.

    Ici il faut remarquer l'importance de la vertu du point de vue de l'homme d'élite, et l'importance de l'histoire du point de vue de l'homme du peuple. La religion de l'homme d'élite consiste dans une conception mystique de la vertu (proche de l'art). Tandis que les religions populaires ou populistes tournent autour d'une issue heureuse de l'histoire. L'extraordinaire confusion de la politique moderne résulte du fait que les élites gouvernent toujours, et le peuple jamais, mais que les élites ne peuvent plus gouverner au nom de leurs seuls intérêts...

    Il faut enfin distinguer la "preuve de dieu" de ce que Paul de Tarse nomme foi véritable, et qu'il oppose aux oeuvres prétendument chrétiennes, suivant une exégèse conforme à l'apocalypse. La preuve de dieu n'est pratiquement rien au regard de l'engagement qu'exige la foi à suivre le Christ dans son combat de propagation de la vérité.

     

  • Art et idolâtrie

    "Il est tout à fait curieux de remarquer que les "prophètes" et en général tous les sectaires chrétiens, en arrivent, fatalement, à mettre en question l'existence même de l'art dans leur zèle de prosélytisme, qu'ils se nomment Savonarole, Luther, Calvin ou... Bloy !!!

    Tous ont déblatéré contre l'art et travaillé à sa destruction, ou du moins à son asservissement, ce qui est pire encore."

    Henry de Groux (1903)

    Le peintre H. de Groux fut très lié au pamphlétaire catholique Léon Bloy, les deux hommes s'étant prêté assistance mutuellement. Leur divorce brutal n'est pas sans rapport avec la menace que de Groux évoque ici.

    La notion de "sectaires chrétiens" s'oppose à celle d'"Occident chrétien", ou encore de "civilisation judéo-chrétienne", ou au contraire le motif de l'art peut sembler omniprésent ; on emploie parfois le terme de "religion de l'art" pour définir la culture moderne, et sans conteste les musées sont aujourd'hui de véritables temples dédiés à l'art.

    On peut transcrire cette remarque de de Groux sur le mode ironique : "Il est tout à fait curieux que certains chrétiens en arrivent à écouter ce que disent leurs prophètes, quand ceux-ci exigent de s'abstenir de rendre un culte aux idoles."

    Le problème soulevé par la civilisation est le même. Comme les Juifs ne voulurent pas être mêlés à la civilisation, en quoi leur fuite hors d'Egypte est significative, les chrétiens fidèles se refusent à être assimilés au monde ou à la société. De Groux admirait Bloy largement à cause de son retranchement assez net de la société bourgeoise parisienne.

    Il est clair que la prohibition juive de l'art (Exode 20) vise à prémunir le peuple juif contre l'idolâtrie. Autrement dit, l'art est susceptible de détourner de Dieu ; comme il y a des "Juifs charnels" pour contredire l'enseignement de Moïse ou le vilipender, il y a des chrétiens charnels qui en font autant avec le message des apôtres, de façon plus ou moins subtile.

    Tout au plus peut-on reprocher à Savonarole sa méthode iconoclaste ; elle revient à brûler le jardin pour arracher une mauvaise herbe. Ce moine catholique pouvait-il espérer de la conversion forcée de la ville de Florence autre chose que la superstition, qui est le résultat de la conversion par la force ou la séduction ?

  • De la prière

    Je suis entré récemment dans un temple dont les murs étaient presque entièrement recouverts d'"ex-voto", ces petites plaques gravées que l'on offre à Dieu pour le remercier d'avoir exaucé tel ou tel voeu. J'en suis ressorti en ayant eu l'impression de visiter un temple dédié à Satan - dont on nierait à tort la grande générosité. C'est bien un effet de la puissance que de se montrer généreux.

    Je suggère plutôt l'aumône aux personnes démunies, car le Messie nous a assuré que ce que nous faisons au plus petit d'entre les siens, c'est à Lui que nous le faisons. Il y a donc dans l'aumône un moyen sûr d'entrer en relation avec Dieu. C'est sans doute une excellente prière que celle d'un homme laborieux qui, ajoutant un peu à son labeur, en offre le fruit à une personne démunie.

    J'avoue ici avoir toujours été gêné par la prière - disons à cause du flou artistique qui entoure cette pratique, commune à toutes les religions ; il y a même dans l'art, son exercice ou sa contemplation, une forme de prière qui supplée chez certaines personnes athées la prière adressée à un dieu ou à un démon.

    Jésus-Christ lui-même, en comparaison d'un moine bouddhiste, prie peu. Dans une prière fameuse au domaine de Gethsémani, peu de temps avant son assassinat, Jésus-Christ prie son Père d'éloigner de lui le calice des supplices qui l'attendent... prière qui ne sera pas exaucée.

    La fréquentation de la parole de Dieu, retranscrite par ses apôtres, est sans doute un moyen plus sûr d'entrer en relation avec dieu et de ne pas se laisser subjuguer par Satan. Je ne peux m'empêcher ici de penser que la prière a été pendant longtemps un pis-aller, une méthode proposée aux croyants dont l'accès à la parole divine était limité, du fait de l'illettrisme ou d'un labeur excessif. D'une certaine façon la faiblesse humaine semble justifier la prière.

    Simone Weil s'est efforcée de préciser la prière en la définissant à peu près comme l'effort pour être attentif et se concentrer ; la prière est liée chez Simone Weil à la condition de la solitude. On peut trouver cette définition de la prière assez sèche, mais elle a le mérite de distinguer la prière d'une forme de transe collective en usage dans certaines tribus païennes ou sectes démoniaques. On parle ici d'une disposition de l'esprit implicite quand on fréquente la parole de dieu ; mais les artistes recherchent aussi la solitude et le silence afin de pouvoir s'adonner à leur art.

    La prière correspond donc à un besoin humain ; on voit Jésus-Christ s'irriter violemment contre les offrandes faites à son père qui n'en réclame pas. Quelle sorte d'homme voudrait, par la prière, s'attirer la colère de dieu ?

    Comme je considère le manque d'esprit comme ma principale faiblesse, je ne manque pas de prier régulièrement l'Esprit de dieu de m'en accorder un peu plus ; il me répond que les évangiles contiennent assez d'esprit pour satisfaire l'appétit le plus grand en cette matière.

  • Imitation de Jésus-Christ

    Faut-il pousser l'imitation de Jésus-Christ jusqu'à traiter de suppôt de Satan les soi-disant apôtres qui confondent leur désir avec la volonté de Dieu ?

  • Satan et le diable

    "Il ne faut pas voir le diable partout !" : quelques précisions à propos de ce conseil d'un prêtre catholique à l'attention d'un jeune garçon.

    En premier lieu, l'erreur serait de sous-estimer l'importance du diable dans la culture contemporaine, et de faire comme s'il était caractéristique de la société médiévale, ou encore des mahométans qui fustigent certaines tenues vestimentaires féminines suggestives comme étant "diaboliques".

    La diabolisation reste un phénomène très répandu dans l'Occident dit "moderne". Le racisme et l'antisémitisme sont ainsi diabolisés ; cela n'a rien d'évident puisque la xénophobie fut considérée pendant des millénaires comme un principe politique raisonnable. L'attitude diabolique ou décrite comme telle aujourd'hui par de nombreux prêcheurs, consiste d'une manière générale dans le refus d'admettre certaines transformations de la société comme un progrès. La "religion du progrès" et ses apôtres ne mentionnent pas le diable, mais ils utilisent la diabolisation à tout-va, ce qui trahit un dispositif religieux inquisitorial.

    Les plus jeunes générations n'ont guère d'autre choix que de se soumettre à cet enseignement moral particulièrement abstrait, d'y adhérer plus ou moins. On pourrait s'interroger sur cette éthique occidentale "à géométrie variable" : ce n'est pas le but de cette note, mais simplement de mentionner que la religion du progrès, si elle a la prétention d'avoir mis dieu entre parenthèses, ne repose pas moins sur un abondant clergé et des sermons en quantité.

    Il n'y a pas de jugement éthique chrétien ou évangélique à proprement parler -on sera peut-être surpris de l'apprendre si l'on a connaissance des évangiles que par ouïe-dire. En effet, pour le chrétien, juger autrui revient à se condamner soi-même. Il s'agit dans le christianisme d'imiter Jésus, ou plutôt de le suivre : or le Messie ne condamne personne ; il ne condamne pas même Judas (l'Iscariote), qui le livra à ses assassins ; ce que dit le Messie à propos de Judas, c'est que celui-ci s'est précipité lui-même dans le néant.

    Les évangiles sont parfaitement anarchiques dans la mesure où ils n'ouvrent droit à aucune formule politique ou sociale.

    S'il n'est pas ou peu question du mal et du diable dans les évangiles, au sens moderne ou bien antique et platonicien du terme, en revanche Satan est omniprésent. Lorsque le Christ explique à ses apôtres qu'il n'est pas venu faire la paix, mais la guerre, on peut sous-entendre : la guerre au dieu des hommes et des nations, à savoir Satan. Toute la dynamique chrétienne -Paul de Tarse nous le rappelle- est contenue dans cette guerre contre Satan.

    L'activité de Satan ne consiste pas à propager le mal, mais à étouffer la vérité chrétienne chrétienne, parfaitement distincte du discours ou de l'exemple éthique. On peut être l'homme le plus vertueux de la terre, et néanmoins ignorer tout de l'amour. A l'inverse un individu au bord du suicide, rejetant la vie comme un fardeau absurde, peut avoir conscience que l'univers n'est pas régi par la seule loi de vie et de mort.

    Les évangiles illustrent que l'humanité, tributaire de Satan et du péché, a plus à craindre de la vérité que du mal, dont elle a toujours su s'accommoder et s'accommoderait indéfiniment si jamais Satan n'était pas condamné. 

     

     

     

  • Exit la Démocratie

    J'ai déjà expliqué ici pourquoi les chrétiens doivent considérer la démocratie avec la plus grande méfiance. En résumé : parce qu'elle est un régime politique mystique, projeté vers l'avenir ; et que cette mystique-là, si elle est parfaitement étrangère à l'esprit évangélique, en prend curieusement souvent l'apparence.

    La démocratie-chrétienne n'est d'ailleurs qu'une adaptation aux circonstances économiques de la monarchie chrétienne, consistant dans le même détournement de la vérité évangélique à des fins politiciennes (détournement dont Shakespeare a fait le tableau saisissant dans quelques tragédies mémorables).

    On trouve curieux encore que les deux derniers évêques de Rome aient condamné ladite "théologie de la libération" encore à la mode en Amérique du Sud, et non la "démocratie-chrétienne", qui consiste dans la réalité en partis et groupes de pression divers, actifs dans la partie occidentale du monde et aux Etats-Unis. Si les affamés ne peuvent se prévaloir des évangiles pour renverser les riches, ces derniers ne peuvent pas non plus s'appuyer sur les évangiles pour soumettre le peuple, en quoi consiste de manière sournoise ladite "doctrine sociale de l'Eglise catholique", qui refuse de rendre à César ce qui est à César.

    Quand on l'examine attentivement, la rhétorique démocrate-chrétienne s'avère d'une extraordinaire duplicité (dévoilée par K. Marx quand il énonce que les "Droits de l'Homme" sont les droits de l'homme égoïste").

    Je feuilletais récemment l'ouvrage d'un certain Hubert Bourgin, "Cinquante ans d'expérience démocratique" (1925). Cet homme n'a rien de chrétien, puisque c'est un pur produit de l'école républicaine, passé au cours de sa carrière du socialisme dreyfusard à l'extrême-droite patriotique. La guerre de 14-18 n'est sans doute pas étrangère à son changement de bord politique (bien qu'il y a beaucoup moins de distance entre le socialisme dreyfusard et l'extrême-droite nationaliste qu'on veut bien le dire).

    Cet essai pointe notamment les dommages causés par les institutions démocratiques au principe d'autorité, et par conséquent au gouvernement efficace de la France, visant le "bien commun". Depuis cette étude, la part de la démagogie -à savoir la flatterie du peuple-, s'est considérablement accrue, qui ne passe plus seulement par la représentation parlementaire, mais par des tas de procédés dits "culturels" (l'organisation de divertissements à l'échelle nationale, par exemple). Le diagnostic de cet essai ne paraît donc pas périmé.

    Il mène son auteur à cette conclusion paradoxale que l'on ne peut contribuer à l'action politique sans contribuer à la démagogie, que la raison politique devrait pourtant conduire à restreindre le plus possible. La raison politique est ainsi écartée du gouvernement effectif.

    H. Bourgin, en produit de l'école républicaine élitiste, néglige une forme d'idéologie qui frappe directement les élites politiques, à savoir la soumission aux "données économiques" ; de nombreux signes montrent que l'économie n'est pas une science plus fiable que l'astrologie, néanmoins la plupart des projets politiques conçus par les élites reposent désormais entièrement sur des statistiques peu fiables. On ne peut scinder la formule démocratique de la formule technocratique.

    Je cite un passage significatif de cet essayiste : "La formule de Montesquieu, que le ressort du régime démocratique est la vertu, s'applique à ce régime idéal que le philosophe peut se plaire à définir, mais dont l'homme d'Etat patriote s'écarte avec horreur s'il peut supposer qu'on tentera de le réaliser sur son pays.

    Le ressort du régime démocratique réel, celui qui, en effet, s'essaye et s'éprouve au risque de tuer les Etats où il s'établit, ne serait-ce pas tout simplement la peur ?"

    Quant aux chrétiens, leur rôle n'est pas plus de se mêler de la démocratie que de lutter contre sa décadence supposée ou réelle. Ces deux registres, non seulement sont extérieurs à l'ambition chrétienne, mais en outre ils ont épuisé en vain l'énergie de beaucoup d'hommes, tantôt prêchant en vain une démocratie idéale, équitable, qui n'est jamais advenue, tantôt écopant cette démocratie-Titanic décrite par Hubert Bourgin, sans parvenir à l'empêcher de se noyer littéralement dans l'argent.

    D'autant plus grande est l'ambition chrétienne d'un chrétien, d'autant plus réduite sera son ambition terrestre, et l'on peut ainsi déduire que les prélats ou prêtres chrétiens qui se mêlent de questions politiques et sociales se fourvoient ou/et sont de ces imposteurs dont parlent les évangiles, qui parlent au nom du Christ et de son esprit mais le trahissent.

  • Sur la Vie et la Mort

    Je recommande la lecture d'un article paru dans "La Tour de Garde" (n°4 - juillet 2017) à propos de "ce que dit la Bible sur la vie et la mort".

    "La Tour de Garde" est la petite revue -petite par le format mais non par le tirage (plusieurs dizaines de millions d'ex.)-, distribuée par la secte chrétienne des Témoins de Jéhovah. Je connais mal cette Eglise, pas très bien implantée en France (600.000 témoins de J.) ; son origine américaine est plutôt dissuasive pour un Français de souche ; en effet celui-ci risque d'être choqué par la laideur des dessins et photographies illustrant "La Tour de Garde" ; néanmoins, et c'est le plus important pour une gazette chrétienne, celle-ci n'accorde aucune place aux mondanités - aucune place à la politique, par exemple, cette mondanité sublimée).

    Les Témoins de Jéhovah sont issus d'un cercle d'étudiants américains désireux d'approfondir leur connaissance de la Bible. Chaque fois que j'ai lu un article de "La Tour de Garde", j'ai noté la clarté et l'effort pour s'appuyer sur la Bible, sachant qu'aucune tradition humaine ne peut prévaloir sur la parole divine (= nouveau testament).

    L'article aborde la question de l'immortalité de l'âme et souligne que ce n'est nullement une doctrine ou une croyance enseignée par la Bible : "Hérodote, historien grec du Ve siècle avant notre ère, a écrit que les Egyptiens ont été les premiers à avoir énoncé cette doctrine que l'âme de l'homme est immortelle (...)"

    L'article précise ensuite, ce qui est incontestable, que la doctrine de l'immortalité de l'âme s'est insinuée dans les Eglises chrétiennes par le biais de la philosophie gréco-égyptienne de Platon.

    L'article s'achève sur cet avertissement utile de l'apôtre Paul (remède à bien des égards contre les traditions déviantes et mensongères) : "La parole inspirée dit clairement que dans les périodes à venir quelques-uns abandonneront la foi, faisant attention à des paroles inspirées trompeuses et à des enseignements de démons." (1 Thimothée 4:1)

    Platon (et Socrate) sont bel et bien, du point de vue chrétien authentique, des philosophes démoniaques ; démoniaque aussi une bonne partie de la philosophie et de la science occidentales dérivant de l'enseignement de Platon (Kant et Hegel, par exemple).

    Je qualifie de "gréco-égyptienne" la philosophie de Platon pour introduire une nuance que "La Tour de Garde" ne fait pas, évoquant la pensée et la philosophie grecques en général. Il est avéré qu'Aristote, disciple de Platon, combattit avec des arguments scientifique la doctrine de l'immortalité de l'âme. Mais surtout, la mythologie d'Homère, honnie par Platon et ses disciples, remet en cause dans plusieurs passages fameux la doctrine égyptienne de l'immortalité de l'âme, ce qui suggère un Homère "gréco-juif" et une culture grecque loin d'être homogène. 

    Lien vers l'article complet

  • Exit la Musique

    "Qui n'aime pas la musique, n'aime pas la vie !" (dicton caribéen)

    Qu'est-ce qu'aimer la vie, si ce n'est le principe de base de la religion ? La raison débusque facilement ce qu'il y a d'absurde à déclarer "aimer la vie".

    L'absurdité n'est guère éloignée de la bestialité, car si les animaux ne peuvent déclarer aimer la vie, sauf quelques volatiles exercés à imiter la parole, les animaux se conforment aux injonctions subliminales de la vie - l'opposition naturelle des sexes, par exemple, n'est guère contestée par les bêtes sauvages.

    On pourrait presque dire que la part de religion dans l'homme est sa part animale ; il n'y a rien d'étonnant à ce que certains éleveurs de bêtes à cornes leur fassent écouter de la "musique classique" pour qu'elles fassent une meilleure viande. Cet usage trivial vaut bien l'usage mystique superstitieux.

    Remplaçons "musique" par "culture", presque synonyme, et l'on aura une idée de la place démesurée que la religion occupe aujourd'hui.

    L'obsession contemporaine de la "culture" ou de la "musique" indique aussi qu'il y a deux sortes d'universalisme radicalement opposées : une conception religieuse, d'une part, et une conception scientifique de l'autre ; cette dernière conception, à l'époque moderne ou totalitaire, est combattue au travers des sciences dites "humaines" ou "sociales", disciplines fluctuantes et non sciences véritables (le darwinisme est issu des sciences sociales, traduisant la contamination de la science physique par les sciences humaines). L'argument, avancé parfois, d'une science en perpétuelle évolution, aussi bien sur le plan des certitudes acquises sur le plan scientifique (qui, paradoxalement, ne seraient donc jamais définitivement acquises) que de la recherche scientifique, cet argument paradoxal n'a rien de scientifique mais porte la marque des raisonnements approximatifs en usage dans le domaine des sciences dites "sociales". 

  • Dans la Matrice

    Je sursaute chaque fois que j'entends ou lis un prêtre opposer la foi chrétienne au rationalisme contemporain !?

    Ce qui est remarquable dans la culture contemporaine c'est son caractère irrationnel ; il faut un sacré manque d'observation pour passer à côté du constat qu'il n'est pas fait grand cas de la raison dans la culture moderne. Ainsi qu'il m'arrive de dire parfois : on ne peut pas être parfaitement sain d'esprit et tout à fait moderne en même temps.

    Beaucoup de littérateurs (essayistes, philosophes, romanciers) ont fait l'observation de ce mysticisme contemporain, qu'il faut peut-être rapprocher du gâtisme ? Beaucoup de vieillards, manquant de fermeté d'esprit, à l'approche de la mort deviennent en effet "mystiques" et rompent avec les règles raisonnables qui les avaient jusqu'ici guidés ; ils se mettent, par exemple, à avoir foi dans "l'au-delà", comble du mysticisme. Or, s'il y a bien quelque chose qui caractérise les sociétés ou les civilisations, c'est leur manque d'esprit, de sorte qu'il ne peut y avoir de remède social au déclin d'une société (peu importe, dit Augustin d'Hippone, car les chrétiens n'appartiennent pas à ce monde).

    Beaucoup de littérateurs ont fait cette observation, dont Georges Orwell parmi mes préférés, qui a su l'exprimer en termes concis ; on peut aussi citer Jarry, puisque tout politicien moderne ressemble nécessairement au Père Ubu. Cependant trop ont manqué cette observation utile que la science moderne repose sur des données mystiques et irrationnelles. C'est notamment le point faible du propos de Hannah Arendt ou de Nietzsche. On ne remarque pas, par exemple, à quel point la théorie de la relativité d'Einstein est irrationnelle.

    Autrement dit, contrairement à la propagande des régimes technocratiques, ceux-ci ne sont pas gouvernés par des savants, selon le principe de la science, mais par des principes religieux mystiques rebaptisés "culture" ou "philosophie" pour ménager l'idée de progrès, notamment en France où l'on est plus méfiant que dans les pays d'origine germanique à l'égard de la religion et où les pouvoirs publics définissent le progrès comme l'éloignement de la religion, et où certains prêtres maladroits prônent la foi comme le revers de la raison (au mépris le plus complet de l'histoire de la science).

  • Rendez à César...

    Contre la tentative pharisienne de certains théologiens catholiques (mais pas exclusivement) de légitimer l'ordre politique et social à l'aide du Nouveau Testament, qui selon les apôtres donne tout son sens à l'ancienne Loi de Moïse (devenue lettre morte à cause du clergé juif) :

    - Un pauvre comprendra aisément l'exhortation de Jésus-Christ à ne pas se faire le serviteur de deux maîtres et à se préoccuper d'abord de son salut ; en effet les pauvres n'ont pas part, sauf accident, au gouvernement des hommes et de leurs affaires. Quant aux "simples en esprit", appelés aussi "bienheureux", ils restent insensibles aux flatteries démocratiques et perçoivent plus nettement leur caractère démagogique ou catastrophique (révolutions sanglantes au profit d'une caste nouvelle d'arrivistes).

    - La "démocratie-chrétienne" est la formule contemporaine de ce péché contre l'Esprit qui consiste à convoquer la parole de Dieu au service d'intérêts temporels ; la démocratie-chrétienne est une fiction juridique illustrée par les Etats-Unis - l'envers du décors est un régime ploutocratique qui scandalise une partie de l'humanité ; on ne pourrait concevoir de pire repoussoir, si toutefois les évêques de Rome et leur cour n'avaient déjà fourni l'exemple autrefois d'un éloignement radical de la parole divine qu'ils étaient censés promouvoir.

    - Fallacieux et saugrenu à la fois le raisonnement qui consiste à reprocher aux gouvernants de ce monde (unifié par l'argent) de manquer de respect à Dieu et aux Evangiles ; fallacieux parce qu'il contredit l'exigence formulée par Jésus-Christ à l'attention des pharisiens de ne pas confondre les choses spirituelles avec les choses humaines ou terre-à-terre qui relèvent de César (mariage, impôts, etc.) ; mais plus encore saugrenu ce raisonnement, car il peut servir à justifier le césarisme, ou bien son contraire, à savoir la rébellion contre le pouvoir civil.

    Jésus-Christ n'a pas interdit à ses disciples de se mêler de questions sociales ou politiques, pas plus qu'il ne leur a interdit de boire ou manger comme tout le monde, mais il leur a formellement interdit de s'en mêler en son nom ou celui de son père.

    Aucun auteur moderne n'a sans doute mieux traduit que Shakespeare dans ses tragédies la portée historique de cette transgression du message évangélique par certains prêtres ou conseillers politiques qui se réclament de la parole divine.

  • Darwin et le christianisme

    Commentaire d'un ouvrage de François Euvé, jésuite diplômé en physique et théologie, intitulé "Darwin et le christianisme" et sous-titré : "Vrais et faux débats" (2009, Buchet-Chastel).

    Comme je l'ai déjà exposé auparavant sur ce blog, l'idée que la science athée darwinienne renverse des convictions religieuses chrétiennes est un point de vue superficiel qui relève de la propagande ; l'instrumentalisation de la science, tout autant que l'instrumentalisation de la religion sont deux phénomènes (politiques) qui gênent l'examen de la foi chrétienne autant qu'elles perturbent le progrès de la science.

    Contemporain de Darwin, Alfred Russel Wallace formula ainsi la même hypothèse transformiste que son confrère naturaliste ; il s'en est fallu de peu, disent certains historiens de la science, pour que l'on parle de "wallacisme" afin de désigner la science naturelle transformiste. Or, pour Wallace, le schéma transformiste n'exclut pas l'intervention de Dieu. Par ailleurs les rapports de Darwin avec son éducation chrétienne, et plus encore sa formation scientifique imprégnée de "théologie naturelle", sont pour le moins compliqués.

    L'auteur de l'essai dont nous allons dire quelques mots prouve par sa personne qu'il est abusif d'opposer systématiquement le darwinisme au christianisme (comme on fait souvent en France) ; François Euvé est en effet jésuite (catholique) et convaincu par l'hypothèse transformiste darwinienne. Je dirais qu'il a "foi en elle", afin de souligner l'ambiguïté des rapports entre les questions scientifique et religieuse, ambiguïté sur lequel le principal mérite de son essai est d'attirer l'attention.

    Sur le plan scientifique à proprement parler, l'auteur est moins convaincant, en particulier quand il s'efforce de démontrer que le statut hypothétique de la théorie darwiniste ou post-darwiniste n'altère en rien son crédit scientifique.

    Il faut dire (plus nettement que F. Euvé) que la foi est très présente dans le domaine de la science moderne, ne serait-ce que parce que beaucoup font confiance aux manuels de science et enseignants qui dispensent des cours, se contentant en quelque sorte de dogmes et d'axiomes, sans pousser plus loin les vérifications ni l'étude. Au cours de l'ère industrielle, dont on peut croire la science darwinienne typique, la science est largement un substitut de la religion. Ne voit-on pas la science invoquée en toutes circonstances, y compris les moins sérieusement scientifiques, d'une façon qui évoque la superstition religieuse ? La théorie darwinienne n'est-elle pas le lieu du glissement de dieu à la science ? La structure hypothétique de la science transformiste peut le faire soupçonner. 

    - De façon utile, l'auteur souligne le rapport étroit entre l'hypothèse darwinienne et l'idée de "progrès social" ; il est en effet beaucoup plus juste de dire qu'une telle utopie politique, sous diverses bannières ou étiquettes, se trouve appuyée par l'hypothèse transformiste darwinienne, plutôt que l'athéisme proprement dit.

    L'idée de progrès social ne séduit pas particulièrement Darwin lui-même, mais incontestablement le succès public de son hypothèse, fulgurant, vient donc de ce qu'il fournit un arrière-plan scientifique à l'utopie du progrès (hypothèse morale et/ou politique).

    J'ajoute ici en disant qu'un philosophe tel que F. Nietzsche (célèbre en raison de son antichristianisme), doctrinaire le plus résistant à l'idée qu'un quelconque "progrès social", stigmatisée par lui comme une illusion chrétienne, ce philosophe est également sceptique devant l'hypothèse darwinienne ; il se demande si elle ne consiste pas à plaquer sur la nature une idée (fausse) de progrès social.

    - F. Euvé indique que les anti-darwinistes, chrétiens ou non, se sont beaucoup appuyés sur le principe "hypothétique" du transformisme darwinien pour le combattre, insistant sur l'inachèvement de la science darwinienne. L'auteur combat cet argument, mais sans grande efficacité ; il nous faudrait en effet admettre, selon lui, que l'hypothèse est la meilleure formulation de la science, désormais, de sorte qu'il serait rationnel de penser que la science "évolue" comme son objet. Un tel raisonnement est plus proche de la science-fiction que de la science ; que faire des certitudes scientifiques acquises (sphéricité de la terre) dans ce nouveau cadre épistémologique évolutif, qu'il nous est demandé d'entériner sans émettre la critique qu'il est plutôt le signe d'une crise de la méthode scientifique ?

    - De même, François Euvé est conscient que la place accordée au hasard par la science évolutionniste heurte la méthode voire l'esprit scientifique. Le hasard a été rapproché par les plus éminents savants naturalistes, de l'Antiquité comme des temps modernes, de l'ignorance. Etudier la physique (nature), aux yeux d'Aristote, c'est combattre le hasard, explication marquée par la superstition.

    Le hasard représente donc une sorte de "trou noir" au milieu de l'hypothèse transformiste. F. Euvé s'emploie à le combattre en décomposant ce hasard à son tour dans plusieurs "définitions" qu'il donne de ce mot complexe, selon lui : "chance", "aléa", "contingence", de sorte à faire émerger, à côté du "mauvais hasard" un "bon hasard" compatible avec la méthode scientifique. Ce "bon hasard" est avant tout compatible avec les lois de la mécanique moderne (géométrie algébrique).

    Au milieu de cet exposé lexical, se trouve une assertion fort discutable, à  savoir que "l'une des composantes importantes de la connaissance scientifique est la capacité de prédiction." La capacité de prédiction est une capacité attribuée à l'astrologie, ou à sa petite soeur moderne la science statistique, voire à l'histoire ; mais chacun ou presque s'accorde à dire que ce sont là des sciences inexactes.

    Une remarque importante doit être faite ici à propos du malthusianisme ; les travaux de Malthus sur la démographie humaine, qui ont un caractère prédictif, ont influencé Darwin dans la formulation de son hypothèse transformiste. Or plusieurs historiens ont réfuté avec des arguments sérieux l'exposé théorique de Malthus ("Essai sur le principe de population"), qui n'a qu'une valeur probabiliste et politique relative.

    De surcroît la place du hasard dans la science darwinienne n'a fait que croître au fil du temps, de sorte qu'il n'est pas certain que Darwin lui-même, compte tenu de sa formation scientifique, serait encore darwinien aujourd'hui (c'est sans doute là une hypothèse excessivement audacieuse) ; en effet, au-delà de la ou des définitions du "hasard", celui-ci sert dans la science évolutionniste à accorder des indices non-concordants voire discordants entre eux. Une science dont tous les éléments de preuve expérimentaux se complètement logiquement n'a pas besoin de faire appel au hasard. On parle (depuis Ernst Mayr) de "synthèse évolutionniste" pour qualifier le dernier état de la science post-darwiniste ; c'est une expression inappropriée pour parler d'une théorie qui s'appuie sur de nombreux indices et détails observés, dans des disciplines aussi diverses que la génétique, la botanique, la géologie, la biochimie... qu'il faut de très épais volumes pour compiler ensemble et établir une convergence.

    - Encore à propos de vocabulaire, François Euvé fait observer que l'évêque de Rome, la plus haute autorité de l'Eglise romaine a fini par reconnaître que l'hypothèse transformiste est "plus qu'une hypothèse" (sic) ; on veut montrer ainsi que l'Eglise romaine ne campe pas sur des positions conservatrices. Cependant on se doit d'ajouter immédiatement que cette formulation est dépourvue de sens sur le plan scientifique. Le pape susciterait l'hilarité générale s'il disait estimer que Dieu existe à 99% ou que la terre est très probablement sphérique.

    Le propos de François Euvé touchant à la méthode scientifique fait craindre que la science darwinienne ne reflète une méthode qui accorde une place excessive à la mécanique (statistiques et probabilités), au détriment de la preuve expérimentale. La confusion entre la théorie transformiste de Darwin et les différentes formes de darwinisme social serait ainsi entretenue par le "flou scientifique" de la théorie.

    L'essayiste s'efforce d'ailleurs de laver Darwin du soupçon de compromission avec le "darwinisme social", ou encore l'eugénisme, propos dérivés de l'hypothèse transformiste de Darwin ; étant donné la proche parenté du "darwinisme social" avec le nazisme ou le capitalisme, cette accointance trouble certains savants darwinistes.

    Mais, s'il est exact que Darwin ne pensait pas que l'on puisse améliorer la race humaine par le moyen matérialiste de la biologie, il n'est pas moins vrai que l'hypothèse transformiste ouvre droit à différentes hypothèses "technico-sociales" ou "juridico-sociales" - et c'est bien là tout le problème, d'un point de vue strictement scientifique. Autrement dit, l'éthique et la science répondent-elles aux mêmes buts et motivations ?

    L'aspect prédictif du transformisme darwinien incite à se demander s'il s'agit bien là vraiment d'une science fondamentale, et non de la transposition d'une représentation anthropologique (progressiste) dans l'ordre naturel ? Le nazisme et le libéralisme (capitalisme) sont des idéologies progressistes, quoi que l'on pense de leurs méthodes et résultats.

    Le principe de la transposition d'une loi naturelle dans l'ordre humain est un principe qui relève de la technique (imitation de la nature) et non de la science au sens strict.

    Un élément jette cependant le discrédit sur l'ensemble de l'essai de François Euvé ; il est cette fois d'ordre théologique. L'auteur explique que la théorie transformiste de Darwin, dont nous venons de voir qu'elle a des ramifications d'ordre philosophique chez Darwin lui-même, se heurte notamment à la notion de "péché originel", telle que celle-ci est esquissée de façon imagée dans le récit de la Genèse, puis précisée par Jésus-Christ et les apôtres.

    Dans un chapitre intitulé : "La mort est-elle naturelle ?", F. Euvé écrit : "Les textes de l'Ecriture sont sans équivoque, en particulier saint Paul : "C'est par un homme que le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort."

    F. Euvé fait bien de fournir cette précision : la mort est un phénomène biologique dont l'amour, selon les évangiles chrétiens, peut affranchir l'homme. Il y a bien une idée de "progrès spirituel" dans les évangiles, mais cette idée est absolument étrangère à l'idéologie du progrès social à laquelle le transformisme darwinien conduit (voire d'où il vient).

    Aussitôt après avoir dit cela, l'auteur propose de s'écarter de la théologie de Paul élucidant la mort comme l'effet du péché, en suggérant que l'apôtre, par "mort", ne parle pas de "mort biologique" [?] ; il n'hésite pas à conclure, comme un slogan ou une profession de foi personnelle : "Renoncer à retenir sa vie est le gage de l'accès à la vie authentique."

    On a ici le choix de croire vraie l'opinion d'un jésuite ou celle de Paul et de Jésus-Christ (dont le propos sur la mort et le péché précède celui de l'apôtre).

    Voilà donc un jésuite qui prétend rapporter avec soin l'hypothèse scientifique de Darwin, refuse certaines simplifications abusives, mais se met à broder dès lors qu'il aborde le sujet de la théologie !?

    Ce que le jésuite F. Euvé ne dit pas, c'est que la doctrine catholique, en de nombreux points s'affranchit de la notion évangélique de péché originel. En effet il n'y a pas de "doctrine sociale chrétienne" possible, car les chrétiens sont les mieux prévenus (par les évangiles) contre l'idéologie du progrès social. Or le catholicisme n'a pas le monopole de ce détournement des écritures saintes à des fins politico-sociales : c'est aussi le fait de la "théologie naturelle", cette discipline académique qui servit au jeune Darwin de cadre philosophique à ses études. 

    Cette question théologique paraîtra peut-être au profane éloignée de la question de la théorie darwinienne du transformisme ; qu'il se souvienne, dans ce cas, que Darwin est un disciple de la "théologie naturelle" chrétienne, c'est-à-dire d'une discipline académique qui, d'un point de vue théologique chrétien, comme du point de vue de la science naturelle, est une discipline étrange qui justifie que l'on approfondisse le rapport de Darwin avec ses convictions religieuses.

    (inachevé)

  • Signe religieux

    Au titre de l'interdiction des signes religieux distinctifs dans les écoles publiques françaises, on pourrait interdire les têtes de mort imprimées sur les vêtements et divers objets, emblème apprécié par de nombreux collégiens.

    La mort est en effet au centre des religions les plus fanatiques ; le symbolisme de la tête de mort est, de surcroît, proche de la croix, instrument de torture romain.

    Ainsi, parmi les terroristes ou les soldats des armées régulières, bien qu'ils se réclament tantôt de l'anarchie, tantôt du prophète Mahomet, tantôt de Jésus-Christ, tantôt de la swastika ou du communisme, la Mort, divinisée, est la véritable perspective.

    Il faut remarquer encore que l'amour chrétien, véritable défi à la mort selon Jésus-Christ et les apôtres, fait du christianisme une religion sans rituels. A l'inverse, les cultes fanatiques centrés sur la mort sont plein de rituels, confinant à la maniaquerie.

  • Simone Veil - un bilan

    L'ancienne ministre de la Santé du gouvernement de J. Chirac sous la présidence Giscard, Simone Veil (1927-2017), est morte la semaine dernière quasiment "en odeur de sainteté".

    Il est en effet question que sa dépouille soit transférée au Panthéon ; une telle cérémonie représente une des plus hautes dignités républicaines, par les temps qui courent.

    La loi autorisant l'IVG que Simone Veil contribua à faire voter en novembre 1974 est en effet considérée comme "une avancée sur le plan de l'émancipation des femmes" ; on doit ici indiquer le mysticisme de ce discours, étant donné que le rationalisme et la science sont souvent tenus et déclarés comme le fondement de l'éthique moderne (émancipation de quoi ? dans quel but ?).

    A dire vrai, le but premier de cette ministre, à travers la dépénalisation de l'avortement, était de le limiter. De même, certains proposent de dépénaliser l'usage de certaines drogues douces afin de mieux lutter contre leurs effets plus ou moins néfastes. De ce point de vue, la loi Veil sur l'IVG est un échec puisqu'elle a contribué à élargir la brèche, c'est-à-dire à la multiplication des avortements, dont l'estimation basse est d'environ 200.000 en France/an. Comme les chiffres concernant le suicide, les données chiffrées concernant l'avortement sont assez taboues.

    Rien n'indique que la stratégie de la dépénalisation n'ait pas été sincère de la part de cette ministre. Néanmoins, peut-être flattée par les lauriers que la presse lui a décerné au long de sa carrière, elle n'a jamais dressé le bilan négatif de sa loi.

    Je dois ici dire dans quelles circonstances j'ai milité contre la loi Veil, à la fin de mon adolescence, et pourquoi j'ai renoncé à cette action militante (illégale et largement soumise à la censure).

    Ce sont d'abord des films de propagande américains diffusés par des militants venus des Etats-Unis qui m'ont ému et indigné. Ils ont joué un rôle décisif dans ma mobilisation au début. Ces films montraient en effet de véritables avortements, quand cette pratique était encore largement chirurgicale et mécanique. On pouvait y voir des crânes de foetus exploser sous la pression de pinces chirurgicales, et même les embryons tenter d'y échapper. On devine facilement l'horreur de telles images, à laquelle l'usage de produits chimiques a mis fin.

    Cela explique que la comparaison entre l'avortement massif et la shoah ait pu être faite par certains militants, et la barbarie de ces actes médicaux légaux comparée à la barbarie nazie. Si la comparaison n'est pas exacte, on doit remarquer que, dans les deux cas, de puissants appareils d'Etat sont impliqués, une planification mathématique laissant peu de place à l'initiative individuelle.

    Sur le tard, Simone Veil a écrit un livre dans lequel elle revient sur les circonstances de sa loi de dépénalisation. Simone Veil n'est pas Karl Marx ; elle ne compare pas la société de consommation à Moloch-Baal, cette divinité à laquelle les Carthaginois sacrifiaient leurs enfants ; néanmoins, son témoignage comporte quelques détails intéressants. La ministre mentionne l'absence de réaction des autorités de l'Eglise catholique, avouant qu'une telle "mollesse" l'avait surprise, contrastant avec l'opposition vigoureuse de quelques (rares) députés de son propre camp.

    Mon témoignage corrobore le sien ; je n'ai en plusieurs années de militantisme aperçu qu'un seul prêtre catholique, affrontant ainsi les foudres de sa hiérarchie. L'opposition à la loi Veil d'un parti réactionnaire consistant -dont l'Eglise romaine-, est une légende. D'une manière générale, l'Eglise catholique ne représente pas un point de vue alternatif ou dissident.

    J'ai renoncé à mon action militante dès lors qu'elle m'est apparue utopique, ou pour le dire mieux "absurde". Quelle société ne se ménage la possibilité de tuer ou d'éliminer certains de ses membres, en respectant le plus souvent certains codes et procédures ? Aucune. Vouloir qu'il n'en soit pas ainsi constitue une sorte de fanatisme religieux, guère éloigné du discours religieux sur l'émancipation de la femme.

    Le meurtre légal, sur le plan politique où se situait Simone Veil, est une question d'opportunité et de mesure. Le nazisme ou le communisme ne sont jugés barbares qu'en raison de l'irrationalité que l'on prête à leurs mobiles et massacres, non seulement parce qu'ils sont meurtriers à l'instar de tous les régimes.

    Le bons sens exige-t-il l'avortement de masse ? C'est une question qu'il est très difficile de trancher dans le cadre de la mondialisation, où le capitalisme et l'argent ont complètement redéfini la souveraineté des différents nations et empires. Les noyades de migrants par centaines nous montrent que la vie humaine n'a pas plus de valeur en 2017 qu'elle n'en avait à des époques lointaines.

    La barbarie contemporaine réside donc surtout dans le déguisement humaniste ou humanitaire des politiques modernes.

    Lutter contre la propagation de l'avortement au sein de la société de consommation est probablement vain ; en revanche il demeure essentiel de contester que le gain en termes de bien-être ou de considération sociale que l'avortement procure (éventuellement) a quelque chose à voir avec une quelconque "émancipation" ou "libération". L'étendard de la liberté n'est brandi dans les sociétés autoproclamées "libérales" que pour mieux étouffer cette liberté.

  • Exit la Shoah

    Jamais aucune société comme la nôtre n'aura autant FEINT d'être généreuse et humaniste.

    La masse grandissante des damnés de la terre discerne trop bien cette hypocrisie pour que la moraline judéo-chrétienne fabriquée autour de la shoah dure bien longtemps.

  • Dans la Matrice

    "Le plaisir est le bonheur des fous."

    Mot d'esprit plein de sagacité et d'actualité (de Barbey d'Aurevilly).

    En effet, l'aliénation est désormais le principe d'asservissement des masses à l'appareil d'Etat, de sorte que l'aliénation de chaque citoyen est encouragée de toutes parts, sous la forme de slogans ou d'exercices pratiques plus crétins les uns que les autres.

    C'est pourquoi le plaisir est une chose sacrée dans les régimes totalitaires.

    Nous devons considérer la société de consommation comme une société plus totalitaire que les régimes soviétiques ou nazis (où la notion de plaisir est déjà importante bien qu'elle soit moins apparente).

    Nous cherchons ici à définir un critère permettant à un citoyen lambda de prendre conscience de son aliénation. La consécration du plaisir est un de ces critères ; on voit, par exemple, à propos d'un sujet aussi sérieux que l'éducation et l'instruction publiques, que les représentants de l'institution chargée d'inculquer les principes de base dans ces domaines estiment impératif d'y introduire la notion de plaisir. L'enseignement et l'éducation doivent être "ludiques" ; ce leitmotiv stupide est quasiment de nature religieuse.

    Ainsi que l'indique notre critique littéraire, la quête du plaisir est une quête du bonheur désordonnée. Sous-entendu : pour un homme heureux, le plaisir est une chose méprisable, comme le hasard.

    En comparaison du bonheur, le plaisir a la particularité d'être sans limites. Bien plus encore que le bonheur, le plaisir est représentatif d'un absolu. Il arrive que des personnes disent mépriser le bonheur au nom d'un idéal dont un plaisir abstrait est la seule concrétisation potentielle.

    La frontière entre le plaisir et la mort est quasiment inexistante. Cela permet de caractériser la culture occidentale totalitaire comme une culture ultra-religieuse, fanatique et barbare.

    Les moralistes réactionnaires, soucieux de la vertu du peuple, et plus encore des élites dirigeantes, voient dans le christianisme la cause principale de la folie moderne. En effet, du point de vue évangélique, bonheur et salut sont deux choses parfaitement distinctes. Or les évangiles parlent exclusivement du salut et non de questions sociales, pour lesquelles Jésus-Christ et les apôtres (Paul) manifestent un profond mépris, à l'inverse des prêtres des religions païennes.

    Néanmoins, les évangiles n'accordent aucune valeur à la souffrance et à la douleur en tant que telles non plus, contrairement à ce que certains philosophes réactionnaires insinuent. Si on lit attentivement les évangiles, on verra que Jésus-Christ ne va pas au-devant de la douleur, il ne la recherche pas. Ce sont les assassins et les bourreaux de Jésus-Christ qui complotent pour le faire arrêter, y parviennent, puis le torturent à mort.

    Du point de vue chrétien, le plaisir est le point le plus éloigné de la métaphysique, comme la mort elle-même. Cette distanciation est étrange, car elle défie la raison humaine elle-même. On peut le constater : la culture occidentale totalitaire échappe au contrôle de ses élites elles-mêmes, qui ne dirigent plus grand-chose, bercés qu'ils sont par les flux et reflux monétaires.

    A moins d'estimer l'homme plus bête que l'animal, cette fuite éperdue loin de la métaphysique apparaît au chrétien comme une ruse de Satan.

    Les écritures saintes, prophétiques et qui ont toujours "un coup d'avance" sur les complots humains politiciens, enseignent que le piège tendu par Satan aux hommes finira par se retourner contre lui. 

  • Retour des Juifs en Palestine

    D'une manière illégitime assimilable à la fornication (péché contre l'Esprit ou la parole divine), de soi-disant chrétiens n'hésitent pas à se servir des évangiles afin d'appuyer leurs intérêts matériels. On voit l'apôtre Simon-Pierre sévèrement tancé par le Messie à cause de cette erreur, la plus grave de toutes.

    En France nous connaissons bien l'ignoble ruse des "racines chrétiennes de la France", qui trompe les incroyants quant à la nature spirituelle du message chrétien, universel et non français. Cette immonde poésie est imputable à des bourgeois, trop veules pour défendre leurs propriétés et avoirs par leurs propres forces, et qui convoquent ainsi dieu à la rescousse d'intérêts dont il n'a cure : "Mon royaume n'est pas de ce monde." a dit le Messie, fermant ainsi la porte à toutes les récupérations.

    Dans le contexte de la mondialisation, de soi-disant chrétiens américains justifient de manière tout aussi illégitime l'alliance stratégique et militaire des Etats-Unis avec Israël ; ils prétendent que le retour des Juifs en Palestine a une signification apocalyptique. Or on sait que le nationalisme juif (sionisme) est la volonté de Juifs athées, ayant renié Moïse. Il s'agit donc désormais, à travers cette hystérie religieuse manifestement insincère de conforter l'alliance avec la nation américaine, officiellement chrétienne.

    Comme la fuite du peuple hébreu hors d'Egypte a une signification symbolique, d'ordre spirituel, le retour des Juifs en Palestine est, de même, l'expression symbolique de leur adhésion à la loi pure du Messie Jésus-Christ.

    Il convient ici d'observer que, lorsque le Messie utilise symboliquement des mots tels que "guerre", "royaume", "mariage", etc., qui ont dans le vocabulaire courant un sens commun, leur signification spirituelle est radicalement contraire à ce sens commun - c'est pourquoi il est de bonne théologie de dire qu'il n'y a pas d'"anthropologie chrétienne" ou de philosophie chrétienne.

    Ainsi la guerre de Jésus est la paix, qui ne peut résulter que d'un combat surpassant la nécessité politique ; le royaume de Dieu est au Ciel/ses fondations ne sont pas terrestres, comme les royaumes humains ; le mariage de Jésus avec son Eglise ne repose pas sur la chair, ainsi que les mariages humains.

    La ruse des clercs fornicateurs consiste donc à ramener au sens littéral de "royaume", "guerre", "mariage", et nier ainsi le sens symbolique et spirituel de l'évangile ou des messages prophétiques.

    Où la ruse est décelable, c'est lorsque ces mêmes clercs, changeant soudain leur fusil d'épaule, expliquent que la Genèse n'a pas un sens littéral afin d'appuyer leurs convictions transformistes (darwinistes).

    (Si le transformisme darwinien n'est pas une science, ce n'est pas à cause de la Genèse mais parce qu'il n'a pas été prouvé scientifiquement de façon rigoureuse.)

  • Culture de mort - définition

    J'ai fait le rapprochement précédemment entre le mystérieux nombre 666 et la "culture de mort". J'expliquais notamment comment les écritures juives mettaient déjà en garde, de façon prophétique, contre l'avènement de la culture de mort.

    L'expression "culture de mort" reste relativement indéfinie ; on comprend bien pourquoi certains groupes militaires, notamment ceux dit "d'élite", peuvent se réclamer ouvertement de la mort, par-delà les idéologies et religions variées dont ils se revendiquent par ailleurs. De même certains groupes de musiciens affichent leur culte de la mort, de façon quasiment publicitaire.

    Mais quelle nation affiche ouvertement son culte de la mort ? Le communisme ne le fait pas, malgré les centaines de millions de victimes de la politique soviétique ; l'Etat islamique embryonnaire, qui procède de la guérilla et de la menace, ne le fait pas non plus ; le régime nazi ne met pas principalement en avant cet aspect-là ; la République laïque française, en dépit de son développement sanglant et brutal, ne se revendique pas non plus de la mort ; quant à certains avocats du capitalisme, on les entend parfois proclamer : "Le capitalisme, c'est la vie !", ce qui n'est pas une preuve, mais indique que la mort n'est pas forcément un emblème qui rassemble les foules.

    Je dois ici mentionner que "culture de mort" n'est pas synonyme de "culture païenne" ou de "culture satanique". Les prophéties apocalyptiques ne sont pas banales ; elles ne mettent pas en garde contre un danger évident, une idolâtrie païenne parfaitement reconnaissable, mais contre une menace sournoise. La plupart des groupes de rock soi-disant "sataniques" sont d'ailleurs incompétents à ce sujet. L'intérêt de Nietzsche est limité aussi pour cette raison qu'il n'est pas représentatif de la menace sournoise annoncée par les prophètes et par l'apôtre Paul, honni par ce suppôt de Satan.

    COMMENT RECONNAÎTRE UNE CULTURE DE MORT ?

    La culture de mort n'est pas reconnaissable à ses emblèmes ou aux déclarations de ses représentants. Comme la culture de vie, la culture de mort est psychologique, c'est-à-dire qu'elle vise à raffermir la volonté. On ne peut pas réduire la "culture de mort" au suicide.

    Je propose cette élucidation, en espérant qu'elle sera bien comprise :

    - en quoi et pourquoi la mort peut-elle paraître un absolu désirable ? La mort peut paraître grande et belle aux personnes qui souffrent et qui n'espèrent plus dans le terme de leur souffrance. A ces malheureux, la mort peut apparaître comme une délivrance, "calme, luxe et volupté" ; certaines personnes qui goûtent "la quiétude des cimetières" ont peut-être ainsi déjà une partie de leur volonté dans la tombe.

    - par conséquent, on reconnaît une culture de mort à l'apologie de la souffrance, c'est-à-dire à l'incitation au sacrifice d'une partie de la population (souvent la plus pauvre et la plus démunie). C'est le soubassement odieux nécessaire pour conférer à la mort une dimension mystique, de passage vers autre chose.

    - outre la maladie, le travail au sens biblique du terme, est la première cause de souffrance. A tel point que la quête de confort moderne peut passer pour une façon inepte et égoïste de surmonter la condition humaine et ce qu'elle a de plus pénible. La sacralisation du travail est donc le corollaire de l'apologie de la souffrance humaine. Le fameux slogan nazi, "Arbeit macht frei", est typique de cette sacralisation. Les chrétiens ne nient pas que le travail est utile, voire indispensable, mais ils refusent absolument d'accorder une valeur spirituelle au travail ou à la souffrance.

    Le caractère de culture de mort du nazisme est donc reconnaissable à travers ce slogan ; mais aussi du communisme, dans lequel la force de travail de l'ouvrier revêt une dimension quasi-sacrée ; ou encore de la démocratie-chrétienne à travers sa "doctrine sociale".

    Il convient bien sûr de s'attarder plus particulièrement sur cette dernière, dans la mesure où elle est la plus subversive, énonçant au nom du Christ la doctrine la plus antichrétienne.