dimanche, 30 novembre 2008
Le goût des juifs
Le goût prononcé des juifs pour la dictature et les régimes totalitaires, l'Allemagne naguère et l'Empire austro-hongrois, les Etats-Unis aujourd'hui, ce goût vient de ce que le Léviathan chrétien ou laïc de Napoléon, Bismarck ou Hitler, semble ressusciter le Dieu Tout-Puissant de l'Ancien Testament.
La religion de l'Etat hébreu est même venue aujourd'hui se substituer ou se superposer à la religion juive traditionnelle. Tant que l'Etat nazi internait les juifs dans des camps de travail en leur assignant le rôle dévolu aux femmes dans les guerres industrielles : la fabrication des armes - jusque-là les Juifs n'avaient pas de véritable raison de se révolter. Le sort des juifs en définitive a été vécu par eux comme une sorte de trahison, de défaillance impossible de Dieu Tout-Puissant. Mais nul doute que l'Allemagne luthérienne s'est sentie trahie aussi par le quasi-suicide de ce Léviathan.
Il n'y a pas que les juifs et les Allemands, bien sûr. Le mythe gaulliste est venu masquer la réalité de la défaite-éclair française en 1940, à cause de la dimension mystique de cette défaite pour un démocrate-chrétien ou un laïc athée.
Ce qui est arrivé aux juifs ne leur est pas arrivé comme Winston Churchill l'a écrit dans ses notes personnelles parce qu'ils l'avaient plus ou moins cherché, mais à cause de la confiance qu'ils avaient placée dans le Léviathan nazi.
L'Etat laïc est une personnalité morale puissante dont le dessein demeure obscur en dehors de protéger son peuple des nations voisines y compris par des attaques violentes. Dure est la Loi de l'Etat jusqu'à la folie, mais c'est sa Loi. Qui est l'"Homme providentiel" de la religion de Hegel, figuré par Bismarck ou Napoléon, Hitler, si ce n'est Moïse guidant le peuple hébreu ?
Un des points communs les plus évidents entre le communisme de Marx et la doctrine catholique authentique, c'est le refus de toute forme de nationalisme ou de laïcité, le refus de grimper sur la galère d'un Etat Tout-puissant qui vogue tout droit vers l'Enfer.
L'Eglise catholique et l'Internationale communiste étant réduits aujourd'hui à néant ou presque, contraintes de marmotter les sacro-saintes formules mystiques de la religion laïque, et le cardinal primat des Gaules Mgr Barbarin semble n'avoir d'autre souci que ce reniement public et répété dans tous les médias où on veut bien l'inviter, de la chaîne pornocratique Canal + au 'Jour du Seigneur', la fin de la menace communiste et de la menace catholique font que c'est désormais vers la Russie de Poutine que se tourne la haine de la secte laïque prospère et des démocrates-chrétiens. Car c'est la Russie qui représente aujourd'hui le plus grand danger pour le système laïc et démocrate-chrétien.
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samedi, 29 novembre 2008
Signes sataniques du temps
La tour de Babel bruisse des reptations de la philologie et des philologues.
Les Nitche, les Wittgenstein, les Walter Benjamin, les Steiner, les Kierkegaard, toute cette vermine universitaire lovée n'attend comme le noeud gordien que le glaive pour la trancher. Et que ce sifflement cesse.
Et l'étymologie de Voltaire ? Elle ne se mord pas complètement la queue. C'est sans doute ce qui le sauve de l'Enfer.
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vendredi, 28 novembre 2008
Saxon, Céline ?
Les béotiens font parfois le rapprochement entre Louis-Ferdinand Céline et la musique. C'est bien sûr une façon d'affirmer que les mots de Céline ne pèsent rien, que seules ses grimaces sont admirables. On connaît la ritournelle de Proust et sa philosophie de douairière asexuée. Un philosophe qui prétend entre deux tisanes qu'il n'est pas besoin d'avoir grand-chose à dire pour le dire quand même avait toutes les chances d'être adulé par un peuple de cinéphiles.
Autant confondre Céline avec Houellebecq ! Car ce que Houellebecq dit dans le fond est nul (d'où son succès auprès des femmes qui, comme j'ai déjà dit, ont en horreur la Vérité et se cachent derrière des masques.) - seul compte le style naguère ironique de Houellebecq.
Bien au contraire Céline est pour le silence contre le vacarme des instruments. Quelle différence entre un saxophone et la grosse Bertha ? La musique est tribale et les canons le sont aussi.
La musique et la poésie ne sont que langues mortes convenues, et s'il y a bien quelqu'un qui brise les conventions c'est Céline. Il joue d'un instrument, c'est entendu, mais comme un rocker qui fracasse sa guitare. Céline c'est 'No Future', ce qui est quand même mieux que l'immonde 'Temps retrouvé', idée chirurgicale de l'esthétique, scalpel planté dans la chair de l'art.
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jeudi, 27 novembre 2008
Triste Equateur Algébrique
En principe un marxiste ou un catholique devrait être tenté par le structuralisme, la solidité qu'il promet.
En principe seulement car en réalité on a affaire à une bande d'ésotériques crétins qui ne se sont même pas aperçu que les langages binaires n'ont pas en eux-mêmes d'articulation. Par exemple un ordinateur n'a pas en lui-même de structure, c'est une opération binaire comme le cinéma.
Les discours de C. Lévi-Strauss sont dans la religion laïque l'équivalent du talmud pour la religion juive ou des commentaires de saint Augustin pour la religion chrétienne. Voilà un type qui va chercher des mythes sous les tropiques alors qu'il en a un bon gros sous le nez, le mythe laïc, cette tribu de doctes ignorants qui pratique le cannibalisme intellectuel.
L'impérialisme a trouvé dans Claude Lévi-Strauss son Souverain Pontife.
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mercredi, 26 novembre 2008
Philologie
On sait à quel genre de gangster on a affaire rien qu'à son vocabulaire. Jacques Lacan, inventeur de l'argot des arsouilles en "cols blancs".
Quitte à revenir à l'économie réelle, pourquoi ne pas en profiter pour revenir à l'intelligence réelle ?
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mardi, 25 novembre 2008
Depuis Pascal
Depuis Blaise Pascal on sait que le pessimisme n'est qu'une pose mondaine, une saute d'humeur due à l'excès de boisson, de viande ou de spéculations.
C'est déjà assez dur de supporter un poète lorsqu'il ne joue que des notes gaies, Paul Valéry par exemple, alors Cioran je n'en parle même pas !
Le vrai défi pour un homme de peu de foi et de peu de science c'est, comme Alphonse Allais, de tirer chaque jour de la merde une perle afin de distraire ses contemporains de la routine.
Je sépare les athées en deux groupes : les lecteurs de Cioran, Muray, Houellebecq, etc. d'un côté ; et le goupe de ceux qui lisent plutôt Allais. Au premier groupe je prédis l'Enfer, un enfer très proche de celui qu'ils se fabriquent pendant leurs loisirs. Le deuxième groupe, plus modeste, devrait se contenter du purgatoire.
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lundi, 24 novembre 2008
Catholicisme athée
Les athées ont souvent la prétention de connaître la religion catholique mieux que les catholiques eux-mêmes. Quand ils ne prétendent pas carrément être les mieux placés pour la réformer. Ainsi le décès de Soeur Emmanuelle fut l'occasion récemment pour Bernard Kouchner de suggérer qu'on ordonne enfin des femmes prêtres dans l'Eglise catholique. Où Kouchner veut-il en venir en tant qu'athée ? Veut-il que l'Eglise se porte le mieux possible ou bien que cette vieille institution expire enfin ?
Dans la biographie de Simone Weil (l'étudiante, pas l'académicienne) où Laure Adler s'efforce page après page, chapitre après chapitre de changer Simone Weil en une sorte de carpette sociale-démocrate ou gaulliste, je relève ceci :
"Simone Weil, si éprise de vérité, alla jusqu'à affirmer que le Nouveau Testament ne découlait pas de l'Ancien, que le christianisme n'était pas issu du judaïsme et que le Christ n'était pas juif."
Sortie de son contexte, on peut faire dire le contraire à une citation qu'il faut ici comprendre comme : "Bien qu'elle fût éprise de vérité, etc." ; à savoir que Simone Weil qui s'efforçait de ne pas dire n'importe quoi en général, sur le plan théologique n'avait pas la chance de disposer d'informations de première main comme Laure Adler, qui, bonne fille, ne lui en veut pas de se tromper sur la religion catholique.
Même si c'est une opinion à la mode de croire que saint Paul a dérobé aux Juifs leur religion, opinion qui ne manque pas de rencontrer l'approbation des animateurs de télévision lorsqu'elle y est émise par quelque crétin improvisé historien, il semble que la vérité soit plus conforme au propos de Simone Weil et que les docteurs de la loi et les scribes juifs n'aient eux-mêmes pas jugé les paraboles de Jésus très orthodoxes, au point d'exiger de Pilate qu'il crucifie Jésus, épisode resté assez célèbre dans l'histoire.
Evidemment ça dépend aussi un peu de comment on entend 'découler', si c'est 'de source' ou 'de sang'.
La dernière affirmation selon laquelle Jésus n'était pas juif peut surprendre celui qui entend 'juif' au sens racial ou familial, mais s'intéressant aux religions c'est au plan religieux que Simone Weil se situe. Jésus n'est pas juif au sens où il ne respecte pas le repos du sabbat.
Les faits prouvent au contraire des poncifs débiles de Laure Adler que Simone Weil fut particulièrement lucide sur la religion catholique qui n'était pas d'abord la sienne, étant d'un milieu bourgeois 'voltairien' ou 'pascalien' comme Sartre. Elle avait vu qu'il avait tourné contre-nature au jansénisme, au libéralisme, qu'on appelle encore aujourd'hui judéo-christianisme, c'est-à-dire un catholicisme bien peu universel réservé à une sorte d'élite européenne autoproclamée qui évoque la sclérose pharisienne. Saint Augustin lui-même, peu suspect de reléguer l'Ancien Testament comme tel Père grec de l'Eglise, fait cette remarque de bon sens, un fois n'est pas coutume, que si le Nouveau Testament découlait de l'Ancien, alors il n'aurait pas été nécessaire que Jésus naisse, meure et ressuscite. Amen.
10:28 Publié dans Mon Journal de guerre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bernard kouchner, simone weil, laure adler
dimanche, 23 novembre 2008
L'existentialisme en chaire
Voilà presqu'une dizaine d'années maintenant que je refuse de serrer la pogne à un membre du clergé catholique, comme certains réclament parfois à la sortie de la messe.
C'est pas exactement que j'ai peur de me salir les mains, mais plutôt que ça m'affaiblisse, que ne passe par là un fluide tiède.
Nul chrétien ne peut se passer des bienfaits de la messe, c'est une chose, mais on n'est pas tenu de se cogner les imbitables sermons du clergé démocrate-chrétien qui entend montrer ainsi qu'il n'a pas fait Kant+7 pour des prunes.
Je fréquente une paroisse où des clercs étrangers sont assez souvent invités à prêcher, notamment des prêtres d'Europe de l'Est, d'Amérique du Sud et d'Afrique, et je relève ce fait plutôt encourageant que lorsque le prêcheur vient de ces contrées lointaines, son sermon est environ cinq fois moins hérétiques en moyenne, pour causer comme un cartésien, cinq fois moins que lorsque le curé est français.
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samedi, 22 novembre 2008
Témoin n°1
Tout le monde ou presque a déjà vu un de ces feuilletons yankis débiles où les flics doivent à tout prix empêcher le témoin de se faire flinguer par les gansgsters avant d'avoir pu déposer à la barre.
Eh bien c'est à ça que me fait penser la biographie de Simone Weil par Laure Adler, féministe en minijupe bombardée intellectuelle de premier plan depuis que Mitterrand daigna jeter un jour un regard approbateur sur ses gambettes libérées.
(Simone Weil : l'édudiante déchaînée, est-il utile de préciser, pas son homonyme la sufragette encombrante qui se fait servir dans son hôtel du VIIe arr. par un nègre à plastron dans de la porcelaine de Saxe.)
Il faut buter le témoin Simone Weil ! Même morte, elle témoigne encore beaucoup trop contre la mafia capitalistico-gaulliste.
Songez qu'elle a attesté de la médiocrité de la petite clique gaulliste réfugiée à Londre, qu'elle côtoya de près. Et même pris la défense de Pétain contre de Gaulle d'après son frère André Weil. Elle a aussi estimé stupide qu'on puisse rendre hommage aux victimes de la seconde guerre mondiale en fonction de leur race, et que ce genre d'hommage qui ne mange pas de pain en général était plutôt immoral. Les origines juives de Simone Weil ne lui ont même pas rendu la franchise plus facile, par rapport à Le Pen je veux dire, étant donné qu'elle dédaigna son judaïsme au point de se convertir au communisme puis au christianisme. Je n'ose pas dire 'catholicisme' étant donné la clique d'imbéciles jansénistes à laquelle Simone Weil a été confrontée. On ne sait rien encore de la rencontre entre Simone Weil et Léon Bloy qui s'est faite au Ciel.
Bref la liste de ses crimes contre la bourgeoisie est assez longue pour qu'on essaie de faire passer Simone pour une étourdie, ou encore pour une emmerdeuse à tendance suicidaire, voire pour une petite dinde philosophique sur le modèle de Jeanne Arendt ou d'Edith Stein dont la banalité éclate à chaque phrase et fascine ainsi les cons.
On a même mobilisé contre Simone une de ses 'amies d'enfance', Simone Pétrement, probablement verte de jalousie, qui prétend ici ou là que Simone Weil n'était pas très équilibrée et autres détails aussi peu scientifiques que lâches vu qu'aucun journaliste de la presse officielle n'osera dire le contraire.
La presse profite du bouquin pour répandre ce propos de Simone Weil selon lequel elle se serait jointe volontiers à une bande de joyeux membres de la 'hitlerjugend' en goguette (le genre Joseph Ratzinger avant d'entrer en religion), le cas échéant, par simple goût pour la communion (Ma grand-mère maternelle se vantait parfois d'avoir brûlé la politesse à un sous-off allemand qui l'extirpait d'un fossé où sa monture l'avait projetée. Voilà au contraire le crétinisme et le conformisme.)
Un propos sur les jeunes nazis qui témoigne au contraire de la parfaite santé mentale de Simone, pas disposée à faire porter sur une bande de pseudos boy-scouts le poids de la responsabilité d'un massacre à l'échelle capitaliste, dont on voit bien que les véritables coupables, industriels démocrates-chrétiens ou laïcs allemands, français et britanniques au premier chef, ne seront jamais jugés que par Dieu.
08:09 Publié dans Mon Journal de guerre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : simone weil, laure adler, simone petrement
vendredi, 21 novembre 2008
La Docte ignorance
La 'docte ignorance' prônée par le déplorable cardinal Nicolas de Cues définit on ne peut mieux le registre de ce qu'on appelle aujourd'hui pompeusement 'un intellectuel'.
- Le cinéaste Jean-Michel Ribes fait la promotion d'un film où la connerie du public qui fréquente les musées est tournée en dérision. Etant donné que le mépris général à l'égard de la peinture est précisément le résultat de l'effort de doctes ignorants laïcs comme Jean-Michel Ribes, il faut pour produire ce genre de merde cinématographique une sacrée dose d'hypocrisie. Mention spéciale au mélancolique crétin Jean Clair, ex-directeur du musée Picasso et imposteur de première classe, qui bat des records d'orthographie.
- Publication d'un bouquin reproduisant deux cent dessins commentés par Jean-Louis Chalumeau. Encore un docte ignorant. Mystérieuse est selon lui l'absence de dessins de Vermeer. Mystérieux est selon moi qu'on puisse classer Vermeer parmi les peintres. Si Proust ne l'avait pas fait, il n'est pas certain que quelqu'un d'autre y aurait songé tant Vermeer pue la photographie et le procédé industriel. On remplacera avantageusement les coûteuses niaiseries de ce Chalumeau, qui n'hésite pas non plus à qualifier Albert Dürer d''autodidacte' (sic) par la consultation de la base de dessins du Louvre qui contient des milliers, si ce n'est des dizaines de milliers de dessins heureusement non commentés.
- L'exposition Picasso qui se tient en ce moment permet de constater le caractère didactique de la peinture de Picasso. L'amertume de Picasso est la même que celle de tous les communistes de cette époque-là, car Picasso est un professeur sans élèves ou presque. Elle permet de vérifier aussi que Picasso était plutôt un communiste 'tendance Staline' que Lénine ou Marx. Le goût de Picasso pour Vélasquez, notamment, l'atteste. Faites cette expérience au Louvre de parcourir la galerie 'Renaissance' puis celle des peintres du XVIIe siècle. Vous verrez ainsi quelle différence il y a entre l'aristocratie et la bourgeoisie et pourquoi Saint-Simon (l'aîné) a tout lieu de se lamenter.
En ce qui me concerne je préfère Lautrec à Picasso étant donné que les portraits de putains et de danseuses de Lautrec donnent moins de prise à la récupération par les bataillons de doctes ignorants rôdés par l'université pour semer à tous vents la superstition cartésienne et le cinéma.
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