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Lapinos - Page 105

  • Au bord du Marais

    Une vieille juive septuagénaire, une "quasi-déportée" avec qui je fais un brin de causette au bord du Marais, manque de s'étaler sur le trottoir en s'étranglant quand je lui dis que je n'ai jamais très bien su faire la différence entre un Juif et un Boche. De l'algèbre à la musique, en passant par la muséographie, la philosophie, la poésie... quel goût ces deux peuples ne partagent-ils pas ?

    "- Ne dites pas ça, jeune homme, car je hais les Allemands, je les hais, je les hais !"

    Là encore je retrouve bien le côté passionné des Allemands, prompts à s'enthousiasmer pour un match de football, un chanteur de rock, un pape en tournée, le Veau d'or.

  • Regain d'antisémitisme

    Plusieurs pages consacrées par BHL dans un de ses derniers bouquins ("Ce grand cadavre à la renverse", 2007) à diagnostiquer les différentes sortes d'antisémitisme (Pour l'antidote, rendez-vous chez l'apothicaire.) Reste qu'on peut bien avoir cerné toutes les formes d'antisémitisme et être quand même, après ça, victime d'un banal con.

    A propos de la Choa, BHL assure que les nazis n'avaient aucun mobile rationnel, et il parle en même temps d'"industrialisation de la mort", expression qui me paraît également appropriée dans le cas de l'avortement de masse. Pour être cohérent, encore faudrait-il que BHL démontre que le capitalisme industriel n'a aucun mobile rationnel. On devine bien en quoi la robotisation fabrique des individus capables d'exécuter automatiquement un ordre, mais il me semble qu'un prof de philo aurait dû creuser le sujet un peu plus.

  • Voltaire revisited

    "Je ne suis pas contre les Juifs mais contre le type de piété dont ils sont les inventeurs et qui trouve dans le journalisme sa forme la plus aboutie."

    Voltaire ne dit pas "journalisme" mais "christianisme", en réalité, que j'ai changé pour conserver à Voltaire toute sa vivacité et compte tenu de ce que le christianisme est désormais assez marginal.

  • Déphilosopher

    Moi je suis vacciné depuis le premier jour contre la philosophie. Quelqu'un qui ne le serait pas encore, je lui conseille de regarder l'émission de philo. sur "Arte" de l'ex. de Justine Lévy et de Carla Bruni, dont le nom m'échappe à chaque fois et qui doit sûrement être féministe vu son habileté à grimper de femme en femme.

    Chaque fois que je tombe sur ce type en zappant, et parfois ça peut être marrant quand son "répliquant" est bien branquignol, il me fait penser au héros de Stendhal, dont le nom m'échappe aussi, avec son cou de jeune séminariste janséniste tendu en avant, les mains comme faites pour trimballer un bréviaire tout en causant avec une demoiselle dévote à la sortie d'une paroisse BCBG.

  • Marx et l'Eglise

    Encore un curé qui, dans son sermon, glisse une citation de Nitche ! Un truc imbitable comme quoi les églises seraient plus remplies si les chrétiens avaient l'air plus... joyeux !?

    C'est d'autant plus cocasse que la mode du "judéo-christianisme" voudrait que les chrétiens lisent désormais non plus seulement le Nouveau, mais aussi l'Ancien Testament, pas exactement très rigolo et même rempli de meurtres et d'assassinats. On voit que, dans les faits, les chrétiens ne lisent plus du tout la Bible mais préfèrent regarder des dévédés, comme tout le monde.

    Frédéric Nitche décrète la mort de Dieu. Karl Marx, quant à lui, juge plus objectif de décréter la mort de l'Eglise. On comprend aisément pourquoi Nitche rencontre plus de succès dans le clergé. Le côté pédérastique de Nitche doit certainement jouer aussi.



  • Confessions

    Je peux dire que je suis né avec une cuiller en argent dans la bouche, bien qu'au milieu des scorpions, des menteurs et des pharisiens, comme tous ceux de ma génération. Enfant déjà j'étais misogyne, et je mesure à quel point cet instinct fut salvateur, et que j'ai été gâté de le posséder ; ça m'a beaucoup aidé à me hisser hors du "panier de crabes". Dès sept ou huit ans j'ai exigé de ma mère qu'elle cesse de me toucher, et, autant que possible, qu'elle ne me donne plus de conseils.

    Le dégoût de la musique et du cinéma m'est également venu aussi assez spontanément, et probablement de façon complémentaire, car il n'est pas très difficile de piger en quoi le cinéma est un divertissement d'invertis - légers ou profonds. Ce que les nouveaux convertis au catholicisme ou les protestants ont parfois du mal à comprendre, c'est le complot ancestral du catholicisme contre le langage et pourquoi "ce qui sort de la bouche de l'homme souille l'homme", comme rapporte saint Paul.

    Ce qui m'a demandé plus d'efforts, c'est de comprendre à quel point la famille est une institution "criminogène". D'autant que ma famille est à peu près normale, pas trop rongée par l'envie ou la jalousie. Une seule fois ma mère s'est plainte que mon paternel l'avait "trompée", mais elle avait déjà près de cinquante balais ; elle a compris que je risquais de devenir méprisant si elle insistait, ce qui a suffi à stopper net ses jérémiades.

    Pour montrer à quel point la famille pousse au crime : sans la famille, on aurait évité les idéologies barbares de Freud ou Nitche, Kierkegaard, et sans doute encore pas mal d'autres encore.

    Là, sur le point de la famille, j'ai un peu plus de mérite que pour le reste, d'autant que notre monde barbote dans un sentimentalisme cinématographique indépassable ; à tel point que le sado-masochisme est presque devenu un mode de relation logique. Et de soi-disant chrétiens osent même recommander les vertus morales du cinéma !

    Avant Fourier ou Marx, le tableau de sa propre famille que Céline peint dans "Mort à Crédit" m'a aidé à comprendre. La pire de toutes les idéologies familiales étant bien sûr la dernière en vogue, celle où, finalement, le mariage se rapproche le plus de la prostitution, à savoir l'idéologie du couple qui a commencé par faire rage Outre-Atlantique.

    Ainsi je n'ai jamais entendu d'expression plus mensongère que celle très usitée aujourd'hui d'"enfant-roi", censée décrire le sort des enfants actuellement, alors qu'il suffit d'ouvrir les yeux pour voir que les enfants n'ont jamais autant été massacrés, abusés, trompés, violentés, trimbalés, largués, qu'aujourd'hui.

  • Preuve du Néant

    Preuve que le Néant est algébrique :

    "Nous ne chercherons pas à savoir si toute pensée irréfléchie prend forme d'image." J.-P. Sartre

    C'est aussi la preuve que le Néant est une croyance alternative. Qu'on peut aussi bien parier sur le Néant que sur Dieu, ou, de façon suprêmement hypocrite, croire un jour en Dieu et le lendemain au Néant. Dans sa dernière année, Sartre s'est rapproché de la doctrine de Jean Guitton.

    Dans la mesure où la pensée virile est irréfléchie et imaginative, on comprend aussi pourquoi les Allemands n'ont jamais compris les Grecs ni la Renaissance ; et même pourquoi le catholicisme rebute autant les femmes, qui sont plus attirées par le judaïsme, l'islam, le protestantisme ou la religion laïque athée.

    Méduse en voyant son image dans le miroir grimace. Et bienheureux ceux qui savent qu'ils sont possédés par Satan.

     

  • Rabelais avait raison

    Mes études "dissidentes", "hors l'Université", après quelques années m'amènent à la conclusion que François Rabelais a raison. Sa diatribe contre la scolastique et l'Université, qui rejoint la critique aiguë de François Bacon des mêmes institutions, n'est pas de l'ordre de la caricature ou du pamphlet. L'Université s'est bel et bien avérée depuis le temps où Rabelais parle, être un moteur puissant de propagation de la superstition.

    Dès l'enfance d'ailleurs, après avoir lu la thèse révisionniste de Faurisson, publiée par une maison d'édition anarchiste et qui circulait "sous le manteau" dans mon lycée de province, j'ai eu l'intuition que le XXIe siècle serait révisionniste ou ne serait pas. Le contraire de Malraux, par conséquent, si tant est que sa conception de la religion soit plus cohérente que ses idées artistiques.

    Il n'est même pas utile d'affronter la censure à propos de Faurisson, de prendre position pour ou contre. Au regard des études historiques, la thèse de Faurisson est un détail et le révisionnisme historique de Marx beaucoup plus large et fécond. Je cite Marx en tant qu'exemple de science qui s'est construite en grande partie contre l'Université prêchant la science "ex cathedra". La découverte par Simone Weil de l'ineptie des travaux de Max Planck ne doit rien elle non plus à l'Université.

    Faurisson est d'ailleurs, bien qu'anarchiste, essentiellement un universitaire maniaque.

    Non qu'il ne soit absolument rien sorti de bon de l'Université, j'ai pu moi-même au plan du détail en retirer de bonnes choses, en particuliers d'ouvrages parus dans les années vingt ou trente en France ; la mythologie de Jean-Pierre Vernant, plus récemment, est loin d'être dépourvue d'intérêt ; les études mathématiques du Hongrois A. Szabo passionnantes aussi. Mais lorsqu'on compare ce reliquat aux hérésies scientifiques produites par l'Université, le bilan est terrible !

    Quelques exemples de sciences littéralement vandalisées : Aristote par Heidegger et H. Arendt ; Léon Bloy par G. Steiner et P. Glaudes (Bloy est très important pour un catholique dans la mesure où il est un des derniers exemples de théologien assez vigoureusement anticlérical) ; Shakespeare par Girard ou Bonnefoy ; François Bacon par ses commentateurs qui en ont fait "le père de l'empirisme", alors même qu'il n'en possède AUCUNE caractéristique, Karl Marx par Derrida ou Balibar, etc. 

  • Morale du Tueur en série

    Le problème n'est pas celui des "tueurs en série" mais de la société qui produit des tueurs en série et va jusqu'à exploiter leurs crimes à la télévision de façon ignoble.

    Les "enquêtes" sur les tueurs en série n'ont pas de caractère scientifique. C'est l'excès d'âme, de passion, qui caractérise le tueur en série, dont l'hystérie particulièrement marquée confine à la carence intellectuelle.

    Au stade "existentiel", on peut dire que la femme est plus encline à la violence, étant plus portée au romantisme et au fétichisme en général, mais c'est en même temps les femmes qui se trouvent, par chance, le plus souvent privées des moyens de commettre des actes brutaux.

    C'est un lieu commun, une idéologie de secrétaires ("Les Hommes viennent de Mars") mais une aberration de croire que la violence est le fait de l'homme, alors qu'elle est un sentiment essentiellement "féminin". On assimile ici l'érotisme au sado-masochisme.

    Sur le modèle des Spartiates, les peuples "guerriers" allemand ou japonais récemment, sont particulièrement "féminins", pour ne pas dire "invertis". Le sexisme ou la "ségrégation sexuelle" qui complète l'inversion n'est pas d'ordre érotique mais juridique ou institutionnel ; ça n'est qu'un mode d'organisation (Il est d'ailleurs assez frappant de constater que dans ce type de société, japonaise ou allemande, ce sont les femmes qui sont les plus "viriles", les moins grégaires. Le "Désert des Tartares" décrit bien la passivité et l'irresponsabilité de la condition militaire.)

    La traduction de l'érotisme en "sado-masochisme" est donc un phénomène d'abord politique, sans rapport avec l'être humain ontologique. La violence est un produit juridique. La femme fournit en quelque sorte un "modèle physique d'hystérie", qui au cours de l'histoire a connu différentes "traductions politiques" (je ne dis rien là de "freudien" dans la mesure où Freud détourne de son sens la science antique qui a toujours considéré l'hystérie comme le fondement de la folie, sachant qu'il est évidemment inepte de vouloir remonter le cours du temps pour dénouer la folie.)


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    L'idée de "crime passionnel" par ailleurs est aussi débile, comme la plupart des concepts juridiques, puisque tout crime part d'un principe génital et passionnel. La cupidité n'est pas moins du domaine de la passion que le désir sexuel sado-masochiste ou possessif. La justice républicaine procède de façon empirique et complètement idiote. Le recours à des "experts-psychiatres" relève même quasiment de la superstition, ces professionnels étant les premiers à n'avoir aucun recul sur les "systèmes passionnels" dont leurs propres spéculations sont issues.

    La fascination macabre pour les tueurs en série, notamment de la part d'enquêteurs comme le Français Stéphane Bourgoin, sous le prétexte de comprendre quelque chose qui n'a rien d'énigmatique, cache une perversion similaire à celle du tueur lui-même (Quand on dit que "les contraires s'attirent", il ne faut pas oublier que le magnétisme est une attraction-répulsion binaire ou alternative).

    Preuve de la barbarie des médiats qui diffusent ces émissions, une chaîne a récemment diffusé le portrait de plusieurs tueurs en série (personnages bien évidemment aussi dépourvus de personnalité que ceux qui les traquent), dont le portrait d'un certain Richard Cottingham, qui a la particularité d'être un sosie du père Noël yanki, ainsi que le portrait d'un "tueur" allemand, S. Harbort, perpétrant sur des personnes sur le point de mourir afin d'abréger leurs souffrances des... euthanasies - la production donnant ainsi un tour involontairement cocasse à sa dramaturgie médiatique de caniveau.

    Balzac a écrit : "La presse libre nous perdra." On peut penser qu'il avait deviné l'essence profondément totalitaire et féminine des médiats.

  • Badiou est-il bobo ?

    Doté d'un véritable "radar à bobo" et entraîné à détecter cette espèce femelle à des kilomètres à la ronde, je me sens parfaitement qualifié pour répondre à cette question : "Badiou est-il bobo ?"

    Autant les cas de Philippe Val ou Michel Onfray sont faciles à trancher puisqu'ils se déclarent franchement hostiles au principe révolutionnaire, quitte à, dans le cas d'Onfray, propager des mensonges historiques hénaurmes, sur Robespierre et Danton en particulier. Un écolier peut facilement vérifier que Danton et Robespierre ont fait couler bien moins de sang innocent que le restaurateur des principes bourgeois Napoléon Ier, dont la mégalomanie et le terrorisme préfigurent Bismarck ou Hitler. Même Napoléon III, instrument des milieux d'affaire "judéo-chrétiens", est un criminel de guerre plus grand que Robespierre ou Danton. La compromission de l'Eglise avec le régime de Napoléon III est d'ailleurs beaucoup plus graves que sa compromission avec le régime de Franco qui aurait assez facilement pu se passer de l'appui du clergé.


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    L'hostilité de principe à la révolution est caractéristique du bobo qui rend la bourgeoisie sympathique en la recouvrant de bohème et de fausse culture populaire (Finkielkraut et le football, par ex.).

    Et on a pu, de fait, observer un virage à droite des bobos dans le sens du vent ces dernières années. La girouette BHL aurait-elle accepté de rédiger un bouquin avec Houellebecq il y a vingt ans ? Malgré le mouvement de sympathie de Houellebecq à l'égard des Boches et ses "vannes" anti-islamiques (beaucoup moins opportunistes que celles de Redeker, à la "Une" d'un organe de presse qui vit du trafic d'"outils de défense nationale" (sic) en direction de l'Arabie saoudite, nation qui illustre l'islam caricatural décrié par Redeker.)

    Or Badiou n'est pas hostile à la révolution, ce qui prouve qu'il n'est pas "actionnaire" du système comme Val ou Onfray. Ce qu'on peut reprocher à Badiou, c'est de prendre trop au sérieux le phénomène des "bobos réacs", le symptôme Sarkozy, etc. Si Sarkozy a pu récupérer aussi facilement les idéaux de gauche, c'est que la coquille était vide depuis longtemps. Dès l'élection de Giscard, crétin similaire à Sarkozy, l'uniformisation des idées, derrière des étiquettes différentes, était accomplie.

    - On peut en faire la preuve par de Gaulle, tacticien politicard sans grand relief, que seul un sentimentalisme franchouillard conduit à placer au-dessus ne serait-ce que du général Franco, qui partage une idéologie équivalente à celle de de Gaulle mais possède un destin politique et militaire singulièrement plus étoffé. Or la baderne de Gaulle est révérée à gauche comme à droite et son culte grotesque est devenu quasi-obligatoire.

    - Ou bien la preuve par Nitche, sur le plan des idées, car ce crétin boche qui met systématiquement à côté de la plaque, à côté duquel Hegel même peut paraître "grandiose", Nitche a des émules de l'extrême-droite à l'extrême-gauche, sans oublier mon curé de paroisse qui mêle allègrement la morale néo-païenne ridicule de Nitche à celle de Vatican II.

    Et si Badiou sonnait plutôt le glas des bobos ?



     


     

  • Sainte Europe

    La Semaine sainte électorale approche. Un proche parent à moi qui a voté toute sa vie scrupuleusement me confie d'un seul coup, comme pris d'un remord :

    "- En politique, je suis agnostique !"

    C'est bien ce que pense, l'agnosticisme est la seule religion qui possède en France de nombreux fidèles pratiquants. Et dévôts avec ça ! "Dévotion, piège à cons !" : slogan à peindre sur les églises et les isoloirs.

    Etonnez-vous après ça que les Juifs et les Alsaciens prennent Sarkozy pour un homme providentiel, les cathos prennent Ségolène pour la Vierge Marie et Le Pen pour le Père Fouettard, et les musulmans qui croient encore vraiment en Dieu votent Dieudonné.

  • Dieudonné et le sionisme

    Le blaze de Dieudonné et son intérêt pour le sionisme ne va pas attirer que des philologues versés dans l'antiracisme de haute volée. Il devrait bien sûr attirer aussi pléthore de théologiens.

    Vu que Dieudonné est chrétien, je propose une petite révision :

    - Pas de "sionisme" pour un chrétien, en dehors de celui, tout spirituel, du vieillard juif Siméon ("Mes yeux ont vu le Salut"), accueillant Marie et Jésus au Temple.

    Toute entreprise nationaliste ou autre, badigeonnée d'un prétexte théologique, parfaitement terre-à-terre, ne fait que rappeler le mobile de Judas Iscariote, zélote de sinistre mémoire qui refusa de voir le Sauveur autrement que comme un "nouveau Moïse" venu pour libérer le peuple hébreu de la férule romaine et qui, déçu qu'il ne fut pas venu pour cela, le vendit pour trente deniers au "Beth Din" (tribunal pénal).

  • Assez de sermons

    "Comment moraliser le capitalisme ?" ose titrer une gazette chrétienne ! Seuls des hypocrites peuvent aujourd'hui demeurer aveugles sur le fait que le capitalisme repose sur l'exploitation de l'homme par l'homme. Comme Marx l'a vu, le capitalisme rend par lui-même hypocrite : il produit des banquiers, des publicitaires, des journalistes, des assureurs, des experts-comptables ou des frigides barjots "hyper-spirituels" (= branleurs cinéphiles).

    L'attitude du démocrate-chrétien vis-à-vis des Evangiles est la même que celle d'un boursicoteur vis-à-vis de l'art : il voit là-dedans une "valeur refuge". L'Enfer est pavé d'ordres d'achat et de sacrements de dernière minute.

    Si des chrétiens tels que Léon Bloy, Karl Marx, Engels, Lénine, ont été scandalisés et se sont mobilisés rapidement, c'est que les esclaves du Capital, ils pouvaient voir leur misère sous leurs yeux. Je mesure le temps que les curés et leur curetages m'ont fait perdre, bien que ma misogynie m'a toujours protégé d'approcher de trop près cette volaille.

    On annonce dans la gazette en question une nouvelle "encyclique sociale". C'est dans la branche "sociale" que les cathos ressemblent le plus aux sociaux-traîtres. "Patron chrétien" : le titre indique déjà qu'on va fouler aux pieds les Evangiles.

    Le déclic fut pour moi un curé belge, au coeur du paradis fiscal bruxellois, prêchant à quatre braves bourgeois pas mortifiés que le "jeune homme riche" de la parabole n'est pas vraiment riche. Argumentaire du style : "Les portefeuilles d'actions n'existant pas du temps du Christ (sic), le jeune homme riche ne pouvait l'être au sens où on l'entend aujourd'hui."

    Parlant de "doctrine sociale de l'Eglise", cet extrait de la doctrine de Jean-Paul II ("Centesimus annus") révèle toute sa stupidité :

    "Si sous le nom de capitalisme, on désigne un système économique qui reconnaît le rôle fondamental et positif de l'entreprise, du marché, de la propriété privée et de la responsabilité qu'elle implique dans les moyens de production, de la libre créativité humaine dans le secteur économique, la réponse est sûrement positive."

    1/ "Si... ou bien..." : définir un capitalisme à deux visages pour tenter d'en sauver la moitié. Ainsi font les gangsters avec leur magot quand ils sont sur le point d'être rattrapés par les flics.

    2/ "Système", "entreprise", "marché", "propriété privée" : aucune de ces théories n'a un quelconque caractère évangélique. Le syllogisme qui consiste à attribuer une "personnalité morale", c'est-à-dire une âme, à un système, un contrat ou une entreprise, n'est qu'une manière sophistiquée de s'en remettre à un fantôme, c'est-à-dire au diable.

    Luther lui-même qui dénonce l'usure se sauve en vouant aux gémonies cette merde-là. Consacrer le triomphe des banquiers boches sur Luther. Voilà à quoi cette encyclique abjecte revient. "Centesimus annus MERDABILIS !"

    3/ Le Nouveau Testament dit : "Qui veut gagner sa vie la perdra." Il ne dit pas quand, n'étant pas comme cette doctrine, aggripé au Siècle.

    4/ Les faits historiques sont là qui en disent long sur la créativité des entreprises capitalistes, leur ingéniosité à déguiser des armes de destruction massive en "outils de défense nationale"... et la responsabilité ! Parlons-en de la responsabilité, de cette doctrine de junker pollack qui bricole un inconscient pour mieux disculper la perversion destructrice des bourgeois. "Responsable mais pas coupable" : voilà derrière quels mots d'esprit la Synagogue de Satan croit se protéger du tonnerre.

    Le dernier pape peut-il faire autrement désormais que de solder ce compte plein de ratiocinages aussi bénins que scandaleux sur la créativité du capitalisme et des capitalistes, assassins multirécidivistes. Je serais à sa place, je me dépêcherais.

  • Croisade de vieillards

    La dernière croisade sera peut-être cette croisade diabolique de vieillards prêchée par l'universitaire décadent Rémi Brague. Plus jongleurs de concepts amphigouriques qu'historiens, Brague et les "braguistes" tentent d'étayer le mythe d'une Europe essentiellement "judéo-chrétienne" et d'abord "romaine". Le moins qu'on puisse dire, c'est que ce Brague n'est pas avare de néologismes pour étayer sa thèse foireuse : "hygiène du propre", "romanité intrinsèque", "identité excentrique" : toute l'algèbre boche y passe !

    Ecroulons ce petit "krak" néogothique ridicule derrière lequel le clan papiste français croit pouvoir abriter toutes ses lâchetés accumulées, son ignorance, et même ses petits paris médiatiques perdants à chaque coup :

    - Comme la thèse aux pieds d'airain et peu ésotérique de Karl Marx et son acolyte F. Engels permet de le comprendre, la "différence" de l'Europe moderne sur les autres nations tient dans le triomphe de la science sur la philosophie, de l'art de la Renaissance sur les spéculations médiévales. La Grèce antique connut elle aussi son moyen âge, le dépassement des spéculations milésiennes puis le dépassement de la science éléate.

    L'incitation de Marx à voir dans Rome un "pastiche" d'Athènes est féconde sur le plan historique, contrairement à la propagande de Brague. Ce qu'on qualifie en art d'"académisme" ou de "copie servile" : voici Rome et les Romains. Une idée de la littérature française à travers les seuls membres de l'Académie française serait à peu près aussi étriquée que l'idée d'Europe essentiellement romaine défendue par Brague.

     

    *



    - D'où vient de la part de soi-disant "médiévistes" le désir de consacrer le moyen âge ou saint Thomas d'Aquin comme le "sommet de la pensée chrétienne" ? Du compromis et du partage avec les historiens athées républicains ; autrement, dit il n'y a pas de façon plus sotte d'écrire l'Histoire ; ni plus lâche, de la part des papistes, puisque ceux-ci ne font que ronger l'os que daignent leur lancer les tenants laïcs et athées du mythe de la Révolution française. En une phrase de sa "Voie romaine", Brague trahit qu'il n'est qu'un petit idéologue consensuel, prouvant sa thèse parce que les adversaires de l'Eglise comme ses partisans admettent le "fait" de sa "romanité" (sic) ; félicité dans les "Temps modernes", écouté par le gratin de la bureaucratie française, quels sont les adversaires du pape et des papistes ? Il apparaît que les derniers catholiques sont tout à fait "neutralisés", du moins en Europe.

    "Médiévistes", beaucoup d'historiens actuels ne le sont que sur le papier, n'ayant aucun recul sur le moyen âge. Même saint Thomas d'Aquin et le moyen âge sont incompréhensibles si l'on décapite ainsi l'Occident ou qu'on déforme la Renaissance. Jacques Le Goff, à peine moins vain que Brague, n'hésite pas à prolonger, lui, le moyen âge jusqu'au XVIIIe siècle ? Pourquoi pas jusqu'à la fin du temps ? Que penser de tels médiévistes, incapables de voir que le XVIIe siècle a rompu profondément avec l'hellénisme ?

    - Le mobile n'est pas seulement pour les catholiques papistes de s'enfermer dans le pré carré du moyen âge, il est aussi et surtout de consacrer le principe d'une Europe militaire contenu dans l'idée d'une Europe essentiellement "romaine". Quitte à bafouer la Vérité et à saccager la théologie. La thèse d'un christianisme militaire et romain relève non seulement de la propagande, mais elle est en outre complètement hérétique sur le plan chrétien. La sainte horreur des premiers chrétiens vis-à-vis des Romains et de leurs principes est tout à fait "évangélique". C'est aux Grecs que saint Paul rend hommage dans la lettre aux Ephésiens, et non aux barbares romains.

  • Printemps des antipoètes

    Nous sommes en Mai, déjà, comme le temps presse ! La minijupe est de rigueur. Elle promet une débauche de sentiments et, partant, une tuerie de poètes. Bête facile à tuer qu'un poète, un philosophe ou un guitariste marié !

    Seul je pense à Ulysse et à la bataille de Troie. J'échaffaude des stratégies. Je vois bien Shakespeare percer le front, Pound portant son fanion ou jouant de la trompette. Contre cette marée de boucs, la masse d'arme de Marx s'impose.

  • Misère de la religion

    Affirmation grotesque du cardinal Y. Congar (1904-95) dans un dico. de théologie de la supériorité de Martin Luther sur saint Augustin !, Thomas d'Aquin !! ou... Blaise Pascal ? Mme de Staël ou Jean-Paul Sartre ne sont pas aussi sottement germanophiles et rétrogrades que ce Congar.

    Qu'est-ce que l'infâme carreur de cercle préhistorique de Blaise Pascal vient faire dans cette loterie ? Difficile de prendre le concile de Vatican II au sérieux, dont ce Congar incarne la légèreté ; plus difficile encore que de prendre "Mai 68" et le ludion Cohn-Bendit au sérieux.

    "(...) les commerçants ont entre eux une règle commune, qui est leur sentence principale et le fondement de toutes les pratiques financières. Ils déclarent en effet : 'J'ai le droit de céder ma marchandise aussi cher que je peux.' Et ils considèrent cela comme un droit. En fait, c'est faire place à la cupidité et ouvrir toutes grandes les portes et fenêtres de l'Enfer."

    Martin Luther, "Du commerce et de l'usure".

    Aussi limité et attardé soit Luther sur le plan théologique (par rapport à l'humanisme et même la scolastique péripatéticienne), il n'est pas malhonnête ; plus proche en vérité de la politique menée à Cuba aujourd'hui que des manigances de ces banquiers d'affaire boches capitalistes imbéciles qu'on voit à la télé persister à défendre leur religion de la plus-value après deux guerres mondiales et une guerre froide meurtrière entre les Etats-Unis et la Russie qui continue de tuer.

    Dans son traité sur le commerce et l'usure, Luther propose d'ailleurs un système de contrôle des prix (assez utopique) tel que celui que F. Mitterrand tenta de mettre en place en 1981 et que les banquiers firent capoter illico.

  • Philologie

    Pour dire si j'ai souffert d'une éducation janséniste étant gosse : j'ai eu un maître qui nous enseignait :

    "- Ne dites pas 'con' ou 'connard', vous ne savez même pas ce que ça signifie ! ça signifie 'le sexe de la femme'". Sans solution de remplacement, les meilleurs élèves de la classe en déduisaient qu'il ne fallait se scandaliser de personne, prendre le con pour un tabernacle ou dire : "Vas-donc te faire voir, eh, SEXE DE LA FEMME !".

    Et "crétin" vient de "chrétien" par usure.

  • Dieudonné... sans confession !

    La candidature de Dieudonné est remplie de promesses : nul doute qu'on devrait atteindre des sommets dans la dialectique antiraciste, déjà fort élevée. Collectionneur d'ubuismes gros et petits, déjà, j'avais relevé dans "Les Temps modernes" : "Simone Weil est une juive antisémite ne s'aimant pas elle-même étant juive" (F. Kaplan) (A moins que ce ne soit l'inverse ? Je n'ai pas relevé par écrit.)

    Nul doute que l'agrégation de philosophie de BHL va lui servir à quelque chose pour démêler tout ça et que, par précaution, il devrait déjà distribuer quelques "grilles de lecture".

    Petit conseil d'un amateur qui trouve la philologie trop sérieuse pour ne pas la laisser à des professionnels du CNRS ou à Philippe Sollers : ceux qui veulent peindre le gaillard Dieudonné autre que comme un enfant de choeur feront mieux de passer par le patronyme non moins poétique "Mbala-bala".

    "Contre le sionisme" : Dieudonné va devoir aussi dire de quelle couleur car la gamme va de l'écru au noir, jusqu'au projet laïc de colonie juive à Madagascar.

  • Demain la Révolution

    D'après Alain Minc, il est stupide de prétendre que nous vivons une période pré-révolutionnaire. On aimerait mieux avoir sur cette question l'opinion des nègres de Minc.

  • Torture et musique

    Plus facile à dissimuler, la torture "spirituelle" par la musique est désormais privilégiée par les tortionnaires de l'armée des Etats-Unis. On se souvient aussi naguère du siège du QG du dictateur Noriega à l'aide de haut-parleurs.

    Quelques compositeurs de musique populaire ont protesté contre cet usage de leurs morceaux. Mais mettre la musique au service de la torture n'est pas la détourner fondamentalement de son usage. C'est au contraire l'idée de "musique sacrée" qui constitue un formidable bond en arrière, notamment au XVIIe siècle européen, vers le tribalisme et les valeurs militaires. L'idée de musique "de chambre" ou de musique romantique douce sont probablement les idées de la musique les plus sottes qu'on puisse avoir.

    La musique excite l'illusion du temps et fait perdre ainsi plus ou moins vite la notion de la réalité. Le sentiment de basculer peu à peu dans une spirale infernale terrorise le supplicié. A l'aide du cinéma, qui possède les mêmes propriétés algébriques que la musique, en diffusant des films en boucle, l'armée US pourrait parvenir à un résultat équivalent.


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    La démonologie traditionnelle chrétienne associe la musique au diable ; la démonologie grecque la relie à Poséidon, dieu marin des abysses et persécuteur d'Ulysse. Les Grecs selon Platon vainquirent non seulement Troie, la mère des nations chrétiennes, mais avant eux les Atlantes. 

    François Bacon (alias 'Shakespeare'), à la fois le plus grand savant de la période moderne, helléniste distingué, situe l'Atlantide en Amérique (une cité engloutie a d'ailleurs été découverte au large de Cuba qui pourrait correspondre).

    C'est sans doute parce que la France est une des nations occidentales où la musique a été le plus profondément extirpée, avant la période de déclin janséniste, qu'il est plus facile à un Français de comprendre ce qu'un croyant musulman peut éprouver lorsqu'il est violenté par des tortionnaires yankis à l'aide de musique instrumentale. L'islam comme le judaïsme ou le protestantisme est au demeurant une religion qui n'a pas, en dépit d'Averroès, abjuré la musique ; ces croyants musulmans doivent donc éprouver en outre un sentiment de trahison et que l'esprit les abandonne.

    Le culte rendu par les nazis à la musique les aurait probablement empêchés d'utiliser ce moyen de torture. Comme quoi la musique n'est pas un outil de mesure complètement inutile.