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Catholica

  • Autour du nombre 666

    Cette note est le brouillon d'un chapitre d'un opuscule en cours de rédaction, intitulé : "Satan dans l'Eglise".

    "C'est ici la sagesse ! Que celui qui a de l'intelligence compte le nombre de la bête ; car c'est un nombre d'homme et ce nombre est six cent soixante-six." (Ap. 13,18)

    On ne peut chercher à résoudre cette énigme sans chercher à comprendre l'utilité de la solution.

    Elle représente probablement un indice sûr de l'avènement proche de l'Antéchrist, annoncé par le Christ et les apôtres. De nombreux théologiens des différentes sectes chrétiennes dispersées sur le territoire des Etats-Unis s'efforcent actuellement de résoudre cette énigme. Leurs conclusions diffèrent souvent, mais ne manquent pas d'intérêt.

    - J'observe que les "satanistes" autoproclamés, F. Nietzsche en tête, ne fournissent pas de renseignements intéressants sur cette énigme.

    - Précision utile : la "bête" mentionnée dans ce passage, est la "bête de la mer" et non la "bête de la terre" comme une lecture trop rapide peut faire croire. La mer signifie "les foules", "l'humanité", dans le langage des fables.

    - La principale divergence est à propos de savoir si le nombre 666 désigne une personne ou un principe, une chose, une institution... Je penche plutôt pour le principe, mais ce pourrait être les deux à la fois.

    - Néron a été cité autrefois comme étant la solution de l'énigme ; pour certains exégètes, l'apocalypse de Jean est une révélation qui concernait seulement les Eglises chrétiennes des premiers siècles. Il est vrai que la Rome antique représente symboliquement pour les chrétiens ce que l'Egypte représente pour les Juifs.

    - Le contexte scripturaire de l'énigme du nombre 666 évoque un climat de privation de liberté, de possession généralisée.

    - Certains font remarquer que le 777 est un nombre qui signifie la perfection divine ; par conséquent on pourrait traduire le nombre 666 comme son contraire, ou bien un idéal strictement humain.

    - Le nombre 666, traduit comme le "calcul humain", renvoie aux notions ou idées de : hasard/amour, mort, vanité, monnaie, anthropologie, musique...

  • Homélie prophétique

    "Le Sauveur qui a délivré Siméon en sa vieillesse (Lc 2/29)

    Le voici qui va libérer le monde devenu vieux,

    Comme il fit pour Siméon.

    Ce vieillard figurait le monde en sa vieillesse

    Et en lui apparut pour le monde le signe de Celui qu'il doit attendre."

    par Jacques de Saroug (début du VIe siècle)

  • Chasteté de l'Apôtre

    A chaque fois qu'un prêtre chrétien est pris en flagrant délit d'impudicité, le clergé des journalistes dont la voix porte plus loin que la voix de n'importe quel autre clergé, saute sur l'occasion pour inculper la chasteté.

    Celle-ci serait cause des abus et mauvais traitements dont certains prêtres se rendent coupables à l'encontre de personnes sans défense.

    On doit comprendre ici que dans une société gouvernée par le désir, dont l'économie est largement tributaire, la chasteté voire la sobriété sont presque présentés comme des péchés par les promoteurs de cette société.

    L'impudicité est donc une menace pour les jeunes enfants qui naissent et grandissent dans cette société, bien au-delà de la menace représentée par certains clercs.

    J'ai déjà conseillé sur ce blogue, pour la confronter à la réaction du clergé romain, de lire la réaction de l'apôtre Paul à propos d'un cas d'impudicité dans une communauté qu'il conseille. Tandis que le clergé romain s'inquiète pour son honneur, l'Apôtre s'inquiète pour la Foi. Il recommande l'exclusion "sine die" des personnes alcooliques, dont l'état trahit le désespoir et l'athéisme.

    Néanmoins les journalistes ignorent que la chasteté n'est pas la sobriété. La chasteté n'est pas une sobriété radicale, car précisément être sobre n'est pas s'abstenir de boire en toutes circonstances. Qui boit modérément est sobre.

    La chasteté n'est pas non plus un sacrifice. Dieu ne demande pas de sacrifice ; son fils Jésus l'a rappelé sans ménagement dans le Temple de Jérusalem. On ne bâtit en faisant de tels sacrifices que des temples de pierre et non le Royaume de Dieu. La chasteté de l'Apôtre est une force surnaturelle que lui confère la Foi, une force qui se superpose à la vertu naturelle, ou peut même s'y substituer.

    La règle de stricte chasteté imposée aux membres du clergé romain jusqu'à nouvel ordre est une règle justifiée par l'organisation interne de l'Eglise romaine. Compte tenu des rapports paradoxaux que le clergé romain entretient avec le monde -un pied dedans, un pied à l'extérieur- cette règle est sans doute difficile à faire observer. Les règlements absurdes constituent une menace pour la société.

  • Pentecôte (2)

    La Pentecôte est une fête religieuse originale, puisqu'elle abolit la religion et la transforme en science. Elle abolit la religion au sens ancien de "ciment social" pour la transformer en relation entre l'homme et dieu.

    Et Jésus n'a eu de cesse, tout au long de sa vie publique, de souligner le désengagement des affaires humaines, entachées du péché, que la fidélité à sa parole exige.

    La religion sociale exige un dieu distant -tenu à distance à travers les rituels d'un groupe d'initiés, faisant office de clergé. La religion sociale fait passer la religion, c'est-à-dire le besoin humain, avant dieu.

    La religion "scientifique", au contraire, fait passer l'amour (qui ne répond à aucun besoin humain), avant la religion.

    "Comme le jour de la Pentecôte était arrivé, les apôtres étaient tous ensemble au même lieu. Tout à coup il vint du ciel un bruit comme celui d'un violent coup de vent, qui remplit toute la maison où ils étaient assis. Et ils virent paraître des langues séparées, comme de feu, et il s'en posa sur chacun d'eux. Et tous furent remplis d'Esprit-Saint, et ils se mirent à parler en d'autres langues, selon ce que l'Esprit leur donnait de proférer (...)".

    Les actes des apôtres racontent comment cette manifestation de la force de l'Esprit entraîna de nombreux Juifs à se repentir et se convertir, c'est-à-dire à reconnaître en Jésus-Christ le Messie annoncé par les prophètes :

    "Un rameau sortira du tronc de Jessé,

    et des ses racines croîtra un rejeton.

    Sur lui reposera l'Esprit de Yahweh,

    esprit de sagesse et d'intelligence,

    esprit de conseil et de force,

    esprit de connaissance et de crainte de Yahweh; (...)"

    Le prophète Isaïe (chap. XI) énumère ici les six dons de l'Esprit dont le Messie sera pourvu.

    On trouve auparavant dans Isaïe une diatribe contre la religion qui n'est pas celle qu'il a ordonné, mais une religion sociale hypocrite : "Ne continuez pas de m'apporter de vaines oblations ; l'encens m'est en abomination."

  • Jésus et les Femmes

    Jean-Christian Petitfils est un archéologue catholique, dont le récent ouvrage, "Jésus", a rencontré un large succès il y a quelques années.

    Cet ouvrage collectionne et présente les preuves archéologiques de l'existence de Jésus-Christ et ses apôtres.

    Bien plus consistante que les preuves archéologiques s'avère la preuve historique de l'antichristianisme, qui se manifeste à travers la démocratie-chrétienne ; ce monstre politico-religieux a en effet vidé la Parole de Dieu de sa substance et l'a remplacée par une doctrine sociale chimérique.

    J.-C. Petitfils est en outre l'auteur dans la (très mauvaise) collection des "dictionnaires amoureux", d'un "Dictionnaire amoureux de Jésus".

    A l'entrée "Jésus et les Femmes", J.-C. Petitfils commence : - Jésus, assurément, n'était pas misogyne.

    Ce qui est exact, c'est que Jésus n'est pas "sexiste". Pourquoi ? Parce que Jésus n'approuve ni ne désapprouve aucune forme d'organisation sociale ; or il n'est pas d'organisation sociale qui ne soit "sexiste". Les sociétés traditionnelles sont naturellement sexistes, c'est-à-dire qu'elles tiennent compte de la différence physique entre l'homme et la femme dans leur organisation.

    Cependant il est tout aussi vrai de dire que Jésus n'est pas féministe, ainsi que la société moderne ploutocratique, où une place prééminente est accordée à l'argent ET à la femme - deux signes visibles que la culture moderne est une culture de mort. On note ici que c'est à une femme, Marthe, que Jésus explique que la mort est seulement une nécessité humaine, une femme que l'évangile décrit comme étant accaparée par des choses futiles.

    Jésus-Christ fustige la faiblesse, et la chair comme le signe de la faiblesse humaine ; Jésus est insensible lui-même à l'attrait de la chair. Certains athées, s'efforçant de nier la divinité de Jésus-Christ, s'efforcent de démontrer qu'il était "amoureux" ou qu'il a vécu maritalement avec telle ou telle ; ils savent très bien que démontrer l'attirance pour la chair de Jésus revient à prouver qu'il n'est qu'un homme, soumis aux besoins naturels et non libre.

    Or la sagesse antique associe fréquemment la femme à la chair ; par exemple quand elle fait d'une femme, Artémis, le symbole de la chasse, c'est-à-dire de la soumission à l'instinct naturel. Dionysos, qui est présenté comme un dieu raté par la mythologie antique - le plus humain des dieux en quelque sorte, est lui aussi nettement efféminé.

    Or Jésus-Christ ne remet pas en question cette sagesse antique, réputée "misogyne" parce qu'elle pointe du doigt la faiblesse pour mieux enseigner la force.

  • Le cas Bergoglio

    La démission de Joseph Ratzinger (Benoît XVI) au profit d'un nouveau pape évoque la démission d'un général après l'échec de son plan de bataille. Les discours publics de celui qui fut l'éminence grise de Karol Wojtyla (Jean-Paul II) rencontraient l'hostilité des médias du monde entier, qui ne manquaient jamais une occasion de rappeler son adhésion aux jeunesses hitlériennes.

    On peut penser que J. Ratzinger n'a jamais souhaité devenir pape, sachant que ce "péché de jeunesse" ne manquerait pas d'être mentionné par les médias, le rendant pratiquement inaudible.

    La réaction des médias et leur attitude comptent beaucoup du point de vue catholique ; le nier, c'est ignorer l'histoire de cette Eglise, ou encore refuser de prendre la mesure des efforts considérables de Jean-Paul II pour devenir une star planétaire, ce qui constitue un triomphe ou un sacre médiatique.

    Interrompue par l'inaptitude de Benoît XVI dans ce domaine, la marche en avant de l'Eglise romaine pour la reconnaissance médiatique a repris sous l'impulsion dudit "Pape François" (Jorge-Mario Bergoglio). L'Eglise romaine accuse un certain retard dans ce domaine, en comparaison de la religion dite "réformée" et des différentes sectes protestantes, déployées d'abord dans des pays du Nord de l'Europe où le journalisme est beaucoup plus moderne et efficace qu'en France ou en Italie. En France, la presse et les médias n'ont pratiquement aucune indépendance vis-à-vis de l'appareil d'Etat, sur le modèle soviétique (ou vice-versa).

    L'action du Pape François rencontre une certaine hostilité de la part des milieux catholiques français, ce qui était sans doute le cas aussi de son prédécesseur, pour des raisons et dans des milieux un peu différents. Le Pape François n'a sans doute cure des réticences françaises à son discours. D'abord parce que l'indiscipline française est presque une tradition multiséculaire; si la France n'a jamais rompu avec le pape, elle n'a jamais cessé de lui être infidèle, le trompant tantôt avec le roi, l'empereur ou la République.

    Et puis, surtout, ces catholiques français capricieux ne sont plus qu'une poignée, pas ou peu représentée directement sur l'échiquier politique. Le premier soin des candidats démocrates-chrétiens en France est de minimiser (au maximum) leur foi afin d'élargir leur audience.

    L'hostilité d'une partie des catholiques français s'explique par des raisons politiques. En effet, tandis que Benoît XVI semblait s'adresser d'abord aux Européens, le Pape François s'adresse aux pays en voie de développement, représentatifs de l'avenir, tandis que la situation démographique de l'Europe, son vieillissement, n'offre guère de perspective.

    (Pas question pour le pape d'approuver le "mariage gay", qui du point de vue du tiers-monde est perçu comme un caprice d'enfants gâtés ; pas question en revanche de condamner fermement l'avortement ou la contraception, qui dans le tiers-monde apparaissent comme le meilleur moyen de lutte contre la misère.)

    Sur certains points, le discours du pape François a même presque une tonalité "anti-occidentale", ce qui s'explique assez bien à cause du sentiment d'agacement, voire de colère, qui prend de l'ampleur dans les pays du tiers-monde et les pays en voie de développement, compte tenu des privilèges de l'Occident et de leur domination politique. Le pape trouve là une occasion de gommer l'image "d'Eglise des nantis et des patrons", qui colle à l'Eglise catholique depuis le XIXe siècle et les pamphlets prolétariens, dont les dommages en termes de propagande ont sans doute été considérables, et au moins comparables à l'affront de la Réforme protestante.

    En définitive, ce ne serait pas un paradoxe si grand de constater que la mondialisation se présente du point de vue de Rome comme une aubaine, c'est-à-dire comme le moyen de s'exprimer pleinement "urbi & orbi" (ce qui n'est pas encore le cas aujourd'hui, compte tenu de la puissance des médias occidentaux).

    Il n'en reste pas moins vrai que toute propagande se heurte à la défense expresse du Sauveur d'utiliser son message pour la défense d'une cause terrestre quelconque, que celle-ci soit nationale, prolétarienne, élitiste, économique, humanitaire. Le plan social, dans l'apocalypse, se confond avec l'enfer. 

  • Art et idolâtrie

    "Il est tout à fait curieux de remarquer que les "prophètes" et en général tous les sectaires chrétiens, en arrivent, fatalement, à mettre en question l'existence même de l'art dans leur zèle de prosélytisme, qu'ils se nomment Savonarole, Luther, Calvin ou... Bloy !!!

    Tous ont déblatéré contre l'art et travaillé à sa destruction, ou du moins à son asservissement, ce qui est pire encore."

    Henry de Groux (1903)

    Le peintre H. de Groux fut très lié au pamphlétaire catholique Léon Bloy, les deux hommes s'étant prêté assistance mutuellement. Leur divorce brutal n'est pas sans rapport avec la menace que de Groux évoque ici.

    La notion de "sectaires chrétiens" s'oppose à celle d'"Occident chrétien", ou encore de "civilisation judéo-chrétienne", ou au contraire le motif de l'art peut sembler omniprésent ; on emploie parfois le terme de "religion de l'art" pour définir la culture moderne, et sans conteste les musées sont aujourd'hui de véritables temples dédiés à l'art.

    On peut transcrire cette remarque de de Groux sur le mode ironique : "Il est tout à fait curieux que certains chrétiens en arrivent à écouter ce que disent leurs prophètes, quand ceux-ci exigent de s'abstenir de rendre un culte aux idoles."

    Le problème soulevé par la civilisation est le même. Comme les Juifs ne voulurent pas être mêlés à la civilisation, en quoi leur fuite hors d'Egypte est significative, les chrétiens fidèles se refusent à être assimilés au monde ou à la société. De Groux admirait Bloy largement à cause de son retranchement assez net de la société bourgeoise parisienne.

    Il est clair que la prohibition juive de l'art (Exode 20) vise à prémunir le peuple juif contre l'idolâtrie. Autrement dit, l'art est susceptible de détourner de Dieu ; comme il y a des "Juifs charnels" pour contredire l'enseignement de Moïse ou le vilipender, il y a des chrétiens charnels qui en font autant avec le message des apôtres, de façon plus ou moins subtile.

    Tout au plus peut-on reprocher à Savonarole sa méthode iconoclaste ; elle revient à brûler le jardin pour arracher une mauvaise herbe. Ce moine catholique pouvait-il espérer de la conversion forcée de la ville de Florence autre chose que la superstition, qui est le résultat de la conversion par la force ou la séduction ?

  • De la prière

    Je suis entré récemment dans un temple dont les murs étaient presque entièrement recouverts d'"ex-voto", ces petites plaques gravées que l'on offre à Dieu pour le remercier d'avoir exaucé tel ou tel voeu. J'en suis ressorti en ayant eu l'impression de visiter un temple dédié à Satan - dont on nierait à tort la grande générosité. C'est bien un effet de la puissance que de se montrer généreux.

    Je suggère plutôt l'aumône aux personnes démunies, car le Messie nous a assuré que ce que nous faisons au plus petit d'entre les siens, c'est à Lui que nous le faisons. Il y a donc dans l'aumône un moyen sûr d'entrer en relation avec Dieu. C'est sans doute une excellente prière que celle d'un homme laborieux qui, ajoutant un peu à son labeur, en offre le fruit à une personne démunie.

    J'avoue ici avoir toujours été gêné par la prière - disons à cause du flou artistique qui entoure cette pratique, commune à toutes les religions ; il y a même dans l'art, son exercice ou sa contemplation, une forme de prière qui supplée chez certaines personnes athées la prière adressée à un dieu ou à un démon.

    Jésus-Christ lui-même, en comparaison d'un moine bouddhiste, prie peu. Dans une prière fameuse au domaine de Gethsémani, peu de temps avant son assassinat, Jésus-Christ prie son Père d'éloigner de lui le calice des supplices qui l'attendent... prière qui ne sera pas exaucée.

    La fréquentation de la parole de Dieu, retranscrite par ses apôtres, est sans doute un moyen plus sûr d'entrer en relation avec dieu et de ne pas se laisser subjuguer par Satan. Je ne peux m'empêcher ici de penser que la prière a été pendant longtemps un pis-aller, une méthode proposée aux croyants dont l'accès à la parole divine était limité, du fait de l'illettrisme ou d'un labeur excessif. D'une certaine façon la faiblesse humaine semble justifier la prière.

    Simone Weil s'est efforcée de préciser la prière en la définissant à peu près comme l'effort pour être attentif et se concentrer ; la prière est liée chez Simone Weil à la condition de la solitude. On peut trouver cette définition de la prière assez sèche, mais elle a le mérite de distinguer la prière d'une forme de transe collective en usage dans certaines tribus païennes ou sectes démoniaques. On parle ici d'une disposition de l'esprit implicite quand on fréquente la parole de dieu ; mais les artistes recherchent aussi la solitude et le silence afin de pouvoir s'adonner à leur art.

    La prière correspond donc à un besoin humain ; on voit Jésus-Christ s'irriter violemment contre les offrandes faites à son père qui n'en réclame pas. Quelle sorte d'homme voudrait, par la prière, s'attirer la colère de dieu ?

    Comme je considère le manque d'esprit comme ma principale faiblesse, je ne manque pas de prier régulièrement l'Esprit de dieu de m'en accorder un peu plus ; il me répond que les évangiles contiennent assez d'esprit pour satisfaire l'appétit le plus grand en cette matière.

  • Imitation de Jésus-Christ

    Faut-il pousser l'imitation de Jésus-Christ jusqu'à traiter de suppôt de Satan les soi-disant apôtres qui confondent leur désir avec la volonté de Dieu ?

  • Satan et le diable

    "Il ne faut pas voir le diable partout !" : quelques précisions à propos de ce conseil d'un prêtre catholique à l'attention d'un jeune garçon.

    En premier lieu, l'erreur serait de sous-estimer l'importance du diable dans la culture contemporaine, et de faire comme s'il était caractéristique de la société médiévale, ou encore des mahométans qui fustigent certaines tenues vestimentaires féminines suggestives comme étant "diaboliques".

    La diabolisation reste un phénomène très répandu dans l'Occident dit "moderne". Le racisme et l'antisémitisme sont ainsi diabolisés ; cela n'a rien d'évident puisque la xénophobie fut considérée pendant des millénaires comme un principe politique raisonnable. L'attitude diabolique ou décrite comme telle aujourd'hui par de nombreux prêcheurs, consiste d'une manière générale dans le refus d'admettre certaines transformations de la société comme un progrès. La "religion du progrès" et ses apôtres ne mentionnent pas le diable, mais ils utilisent la diabolisation à tout-va, ce qui trahit un dispositif religieux inquisitorial.

    Les plus jeunes générations n'ont guère d'autre choix que de se soumettre à cet enseignement moral particulièrement abstrait, d'y adhérer plus ou moins. On pourrait s'interroger sur cette éthique occidentale "à géométrie variable" : ce n'est pas le but de cette note, mais simplement de mentionner que la religion du progrès, si elle a la prétention d'avoir mis dieu entre parenthèses, ne repose pas moins sur un abondant clergé et des sermons en quantité.

    Il n'y a pas de jugement éthique chrétien ou évangélique à proprement parler -on sera peut-être surpris de l'apprendre si l'on a connaissance des évangiles que par ouïe-dire. En effet, pour le chrétien, juger autrui revient à se condamner soi-même. Il s'agit dans le christianisme d'imiter Jésus, ou plutôt de le suivre : or le Messie ne condamne personne ; il ne condamne pas même Judas (l'Iscariote), qui le livra à ses assassins ; ce que dit le Messie à propos de Judas, c'est que celui-ci s'est précipité lui-même dans le néant.

    Les évangiles sont parfaitement anarchiques dans la mesure où ils n'ouvrent droit à aucune formule politique ou sociale.

    S'il n'est pas ou peu question du mal et du diable dans les évangiles, au sens moderne ou bien antique et platonicien du terme, en revanche Satan est omniprésent. Lorsque le Christ explique à ses apôtres qu'il n'est pas venu faire la paix, mais la guerre, on peut sous-entendre : la guerre au dieu des hommes et des nations, à savoir Satan. Toute la dynamique chrétienne -Paul de Tarse nous le rappelle- est contenue dans cette guerre contre Satan.

    L'activité de Satan ne consiste pas à propager le mal, mais à étouffer la vérité chrétienne chrétienne, parfaitement distincte du discours ou de l'exemple éthique. On peut être l'homme le plus vertueux de la terre, et néanmoins ignorer tout de l'amour. A l'inverse un individu au bord du suicide, rejetant la vie comme un fardeau absurde, peut avoir conscience que l'univers n'est pas régi par la seule loi de vie et de mort.

    Les évangiles illustrent que l'humanité, tributaire de Satan et du péché, a plus à craindre de la vérité que du mal, dont elle a toujours su s'accommoder et s'accommoderait indéfiniment si jamais Satan n'était pas condamné. 

     

     

     

  • Retour des Juifs en Palestine

    D'une manière illégitime assimilable à la fornication (péché contre l'Esprit ou la parole divine), de soi-disant chrétiens n'hésitent pas à se servir des évangiles afin d'appuyer leurs intérêts matériels. On voit l'apôtre Simon-Pierre sévèrement tancé par le Messie à cause de cette erreur, la plus grave de toutes.

    En France nous connaissons bien l'ignoble ruse des "racines chrétiennes de la France", qui trompe les incroyants quant à la nature spirituelle du message chrétien, universel et non français. Cette immonde poésie est imputable à des bourgeois, trop veules pour défendre leurs propriétés et avoirs par leurs propres forces, et qui convoquent ainsi dieu à la rescousse d'intérêts dont il n'a cure : "Mon royaume n'est pas de ce monde." a dit le Messie, fermant ainsi la porte à toutes les récupérations.

    Dans le contexte de la mondialisation, de soi-disant chrétiens américains justifient de manière tout aussi illégitime l'alliance stratégique et militaire des Etats-Unis avec Israël ; ils prétendent que le retour des Juifs en Palestine a une signification apocalyptique. Or on sait que le nationalisme juif (sionisme) est la volonté de Juifs athées, ayant renié Moïse. Il s'agit donc désormais, à travers cette hystérie religieuse manifestement insincère de conforter l'alliance avec la nation américaine, officiellement chrétienne.

    Comme la fuite du peuple hébreu hors d'Egypte a une signification symbolique, d'ordre spirituel, le retour des Juifs en Palestine est, de même, l'expression symbolique de leur adhésion à la loi pure du Messie Jésus-Christ.

    Il convient ici d'observer que, lorsque le Messie utilise symboliquement des mots tels que "guerre", "royaume", "mariage", etc., qui ont dans le vocabulaire courant un sens commun, leur signification spirituelle est radicalement contraire à ce sens commun - c'est pourquoi il est de bonne théologie de dire qu'il n'y a pas d'"anthropologie chrétienne" ou de philosophie chrétienne.

    Ainsi la guerre de Jésus est la paix, qui ne peut résulter que d'un combat surpassant la nécessité politique ; le royaume de Dieu est au Ciel/ses fondations ne sont pas terrestres, comme les royaumes humains ; le mariage de Jésus avec son Eglise ne repose pas sur la chair, ainsi que les mariages humains.

    La ruse des clercs fornicateurs consiste donc à ramener au sens littéral de "royaume", "guerre", "mariage", et nier ainsi le sens symbolique et spirituel de l'évangile ou des messages prophétiques.

    Où la ruse est décelable, c'est lorsque ces mêmes clercs, changeant soudain leur fusil d'épaule, expliquent que la Genèse n'a pas un sens littéral afin d'appuyer leurs convictions transformistes (darwinistes).

    (Si le transformisme darwinien n'est pas une science, ce n'est pas à cause de la Genèse mais parce qu'il n'a pas été prouvé scientifiquement de façon rigoureuse.)

  • L'enjeu de l'oecuménisme

    Au mois d'octobre prochain, l'actuel évêque de Rome (François) et les représentants des fédérations luthériennes feront une déclaration conjointe afin de mettre symboliquement un terme à un schisme multiséculaire ; l'antagonisme entre luthériens et catholiques romains est une cause de scandale ancienne parmi les chrétiens, consécutive à la rébellion de Luther contre la doctrine catholique romaine.

    L'accord est symbolique, car ses termes demeurent confus ; il y a fort à parier qu'ils le resteront.

    Au préalable il faut dire que l'Eglise est théoriquement indivisible, car elle repose sur dieu et la parole divine (les évangiles), non les interprétations divergentes que les hommes peuvent en faire, à cause de la chair (l'humaine faiblesse est résumée par Jésus-Christ dans ce mot : la chair) ; sont chrétiens et unis ceux qui demeurent fidèles à la parole divine et ne détournent pas son usage à des fins que Jésus-Christ a proscrites.

    Ce ne sont pas les désaccords sur l'interprétation de tel ou tel dit de Jésus-Christ, ni encore moins sur telle ou telle pratique religieuse qui sont la plus grande cause de scandale, mais le prétexte qu'ils ont fourni à des querelles, le plus souvent sanglantes et qui contredisent l'ordonnance principale de Jésus : - Aimez-vous les uns les autres.

    Le grand schisme qui opposa luthériens et catholiques romains peut n'avoir aucun effet sur un coeur pur et simple, obéissant à Jésus. La mission assignée par Jésus aux apôtres, ses frères, est de répandre l'évangile et non de contraindre à adhérer à une institution en usant de la force ou de méthodes violentes plus modernes comme la propagande, où entre une part de séduction.

    - Qu'en est-il aujourd'hui des différences entre le culte luthérien et le culte catholique romain ? Certaines ont été abolies par l'effet du temps, qui a privé l'Eglise romaine du pouvoir de coercition dont elle disposa autrefois ; pour autant, l'Eglise romaine a-t-elle renoncé à l'exercice du pouvoir temporel ? On le croira difficilement dans la mesure où bon nombre de catholiques véhiculent une idéologie séculière... sans même paraître se rendre compte qu'ils le font, confondant ainsi la guerre sainte spirituelle menée par les apôtres contre Satan avec une sorte de folklore païen, de culture nationaliste assez grossière.

    La nation américaine, qui ne relève pas en principe de l'autorité romaine, illustre semblable aliénation nationaliste. Le rêve ou la fantasmagorie est le but poursuivi par la nation américaine, non la vérité.

    Nous vivons une période de trouble, dans la mesure où les choses les plus simples demandent à être éclaircies ; dans la mesure aussi où le christianisme est présenté parfois comme un folklore nationaliste, alors qu'il est le contraire.

    - Une revue luthérienne, à propos de cette future déclaration commune d'unité, fait état d'un relatif scepticisme, notamment en ce qui concerne la question de la pratique religieuse ; le culte catholique romain est en effet organisé autour de la célébration de l'eucharistie par le prêtre catholique ; or cet office, du point de vue luthérien, est le lieu et le moyen d'un détournement de pouvoir au profit du clergé. Le rituel de l'eucharistie se substitue à la découverte de la parole divine. Sans conteste, la hiérarchie catholique romaine est tributaire du rituel de la messe.

    La volonté oecuménique commune des chefs des Eglise catholique et luthériennes paraît donc, elle aussi, assez trouble. On comprend la volonté de mettre un terme à une ancienne querelle ; cependant, en l'occurrence, la querelle est forclose, d'une part, comme une vieille plaie que le temps a refermée ; d'autre part, en revanche, elle demeure ouverte sur certains points cruciaux comme la signification véritable du rituel catholique - points cruciaux qu'il n'est pas question ici de trancher.

    Par ailleurs, les chefs des Eglises chrétiennes institutionnelles ne semblent pas décidés à vouloir prendre des mesures beaucoup plus simples, significatives et symboliques, comme la rupture des liens qu'elles entretiennent avec les élites politiques à travers le monde, entretenant ainsi l'idée antichrétienne que l'on peut servir deux maîtres à la fois, et refusant de "rendre à César ce qui est à César". C'est pourtant le mélange d'une querelle religieuse avec une querelle politique qui rendit le schisme entre l'Eglise catholique et l'Eglise luthérienne aussi violent et néfaste.

    Le christianisme n'est un aspect majeur de la culture occidentale que par l'effet d'un tour de passe-passe et d'un mensonge éhonté auquel les chefs de Eglises autoproclamées chrétiennes ne semblent pas vouloir renoncer.

    Le chef de l'Eglise romaine se présente comme "l'homme de la situation", le plus capable d'amener le processus de mondialisation à une fin heureuse. Il est troublant de constater à quel point ce mobile contredit l'Evangile, sa description réaliste de l'affrontement et de la division des nations sous l'emprise de Satan.

  • L'Education chrétienne

    Il n'y a pas d'éducation chrétienne à proprement parler. On peut enseigner la vertu, mais non l'amour ou la vérité.

    La vertu n'est pas un principe universel ; chaque civilisation promeut sa conception de la vertu, et les civilisations sont mortelles.

    L'éducation s'adresse aux enfants suivant le sexe ; elle leur impose, par exemple, une soumission plus grande à l'autorité, en même temps qu'elle s'efforce de préparer leur émancipation. Les vérités évangéliques s'adressent à tout le monde, sans distinction d'âge ni de sexe ; contrairement à l'éducation, les vérités évangéliques sont impropres à servir de cadre à la vie civile.

    Que penserait-on d'un médecin qui inscrirait sur sa plaque professionnelle : "Médecin chrétien" ? On penserait qu'il mélange l'art de soigner et la question du salut.

    Il est important d'opérer cette distinction entre les choses relatives et la vérité éternelle car l'erreur de l'homme moderne découle largement de la confusion entre les choses temporelles ou séculières et la vérité éternelle. Ainsi, dans l'idée de démocratie moderne, la nécessité politique et une aspiration spirituelle, à la liberté et la vérité, se télescopent.

    Est-ce à dire que la vertu est inutile dans la perspective du salut chrétien ? Les évangiles enseignent que le salut n'est pas réservé aux hommes vertueux. L'amour et le salut se situent donc par-delà les efforts que font les hommes pour trouver l'équilibre et se sentir heureux. C'est une chose difficile à comprendre pour l'homme, dont le mobile inné est une quête de puissance ou de force naturelle. Pour autant, le christianisme n'est pas, comme certain fameux athée l'a prétendu, un culte rendu à la faiblesse ou une morale laxiste.

    En matière de vertu ou d'éducation, on peut faire la même réponse que Jésus-Christ fit à une question similaire qui lui fut posée par des Juifs sournois : "Rendez à César ce qui est à César !". Jésus n'est pas venu dans ce monde pour enseigner la vertu, qui se peut très bien déduire de la nature, mais pour enseigner la vérité, qui échappe naturellement largement à l'homme, en raison de sa quête désespérée de puissance.

  • Catholique et pédé

    Le mot "pédéraste" n'est pas plus que le mot "nègre" insultant en soi. L'homme moderne prétend changer le monde en changeant les mots : on décèle là sa tartuferie et sa volonté réelle de maintenir le monde dans le même état.

    Le quotidien démocrate-chrétien "La Croix" (20 oct.) consacre un article à Julien et Bruno, "catholiques, homosexuels et mariés". Ceux-ci évoquent longuement leur difficulté à faire reconnaître dans leur milieu d'origine leur goût pour la sodomie. La démocratie-chrétienne est la religion du Tartufe et de Sganarelle, et la France doit peut-être à Molière, comparativement à l'Allemagne et aux Etats-Unis, la méfiance des Français à l'égard de la démocratie-chrétienne.

    Peut-on s'enculer chrétiennement ? On peut mettre fin au débat en citant le théologien Martin Luther : "Rien dans les Evangiles ne permet de fonder le mariage chrétien." Pour qui a lu ces Evangiles avec un minimum d'attention et dans le but du salut, il va de soi que Jésus-Christ n'est pas venu pour justifier les moeurs de la bourgeoisie libérale, ni celle de telle ou telle tribu ou caste. "La chair est faible" proscrit toute tentative de détournement de l'esprit de dieu contenu dans sa parole à des fins anthropologiques. Un tel détournement est le pire des péchés. Les chrétiens qui s'en remettent à la doctrine sociale de l'Eglise sont faibles d'esprit, car la parole de dieu interdisent de prendre les oeuvres humaines pour une voie de salut.

    Cette situation ubuesque incarnée par un couple d'amoureux homosexuels qui "cherchent leur place dans l'Eglise", est un angle pour examiner le satanisme très particulier véhiculé par la démocratie-chrétienne, métastase du catholicisme romain (le "socialisme chrétien" dérive du rituel catholique romain, et ces deux aspects sont comme tenon et mortaise). L'apôtre Paul évoque ce satanisme de la fin des temps, sous le nom "d'Antéchrist". Le nombre 666, qui est "un nombre d'homme" signifie "le pacte avec la mort", annoncé déjà dans l'Ancien Testament - ce "pacte avec la mort" est la marque de fabrique de l'anthropologie moderne.

    Le mystère apocalyptique du Christ et de son épouse l'Eglise, théologie sublime, est "étouffé" autant que faire se peut par l'Eglise romaine (Jean-Paul II dernièrement) et sa doctrine réduisant le mystère divin à une dimension charnelle et anthropologique qu'il ne peut avoir.

     

     

  • Synode sur la famille

    Le plus vain synode qui soit se tient ces jours-ci à Rome. Le plus vain car il porte sur la famille et que les évangiles discréditent les liens du sang au profit du lien spirituel, pur du péché véhiculé par le lien charnel.

    Qui dit famille dit "père de famille", notion sacrée dans le code civil des franc-maçons, édicté sous le règne de Napoléon. La défense est faite aux chrétiens dans l'évangile de Matthieu de nommer quiconque leur "père" en dehors de dieu, afin de prévenir contre les interprétations anthropologiques perfides du nouveau testament (la vocation secrète de l'anthropologie prétendument chrétienne est d'entraîner à l'athéisme les chrétiens sincères).

    Comble d'ironie ou d'absurdité, sur un sujet qui ne relève pas de la foi chrétienne, les catholiques romains ne parviennent pas à s'entendre et sont divisés entre conservateurs et modernes. Ces positions recoupent des positions économiques, on ne peut plus temporelles et triviales. En effet, l'économie capitaliste a eu sur l'organisation familiale traditionnelle un effet de sape. Le clivage homme-femme même a quasiment perdu son efficacité (donc sa valeur) dans le cadre d'une économie dite tertiaire. Mais le catholicisme romain continue d'exercer un rôle de direction morale sur des millions d'individus qui vivent dans des pays demeurés au stade industriel ou paysan, où la famille reste efficace, et la répartition du travail selon le sexe.

    L'axe du discours antichrétien satanique consiste à ramener au plan social des exhortations évangéliques spirituelles afin d'empêcher le royaume de dieu. C'est la vocation de plus en plus nette de l'Eglise catholique romaine.

     

  • Charismatiques et cathares

    Charismatiques et cathares ont en commun la volonté de retour à un christianisme plus pur, non pas dans le sens originel ou identitaire (car le message chrétien n'est pas temporel mais eschatologique), mais dans le sens d'une plus grande fidélité à la parole de dieu et son esprit.

    C'est un fait admis de tous les chrétiens de toutes les sectes chrétiennes (hormis les traîtres qui défendent le principe d'une "doctrine sociale chrétienne") que le monde éloigne les chrétiens de dieu.

    Plusieurs siècles séparent les cathares du "renouveau charismatique" ou "pentecôtiste". Tandis que les seconds revendiquent le terme charismatique, "cathare" est une insulte forgée par les inquisiteurs mandatés par Rome qui conduisirent les procès et ordonnèrent l'exécution de plusieurs milliers d'entre eux.

    Il est difficile de cerner la doctrine charismatique comme la doctrine "cathare", autrement que par l'idée de "purification" évoquée plus haut. L'enjeu politique et mondain pèse certainement très lourd dans l'élimination desdits "cathares", dont certains durent porter une étoile jaune en signe d'infamie ; on peut le dire des croisades en général - leurs motivations furent humaines et non spirituelles. Quant au "catharisme", il est assez largement devenu un motif touristique, une incitation à visiter les citadelles ruinées de la région d'Albi.

    On n'a conservé que peu de traces de la religion cathare, et seulement quelques indices. Leur "antiritualisme" les rapproche des luthériens, puisque Luther fit l'analyse quelques siècles plus tard du caractère anthropologique (et non spirituel) des sacrements catholiques romains. L'attachement à l'évangile de Jean n'indique aucun caractère particulier, puisque tous les évangiles (sauf le "testament de Judas") sont apocalyptiques, ainsi que l'enseignement de Paul de Tarse, non seulement l'évangile de Jean. Grosso modo, on peut voir le mouvement cathare comme un mouvement précurseur du luthéranisme, sachant que les cathares eurent eux aussi des précurseurs, et que le clivage entre les chrétiens mondains ou tenants de la "doctrine sociale" et les chrétiens qui rejettent le monde sous l'influence de Satan date des premiers temps de l'évangélisation. 

    Vu mon éducation catholique romaine, j'ai nourri étant adolescent de fortes préventions à l'égard du "Renouveau charismatique", issu du protestantisme, et qui plus est du protestantisme américain. "L'Amérique chrétienne" fournit beaucoup d'arguments, en effet, à tous ceux qui voient dans la folie humaine un signe d'abaissement de l'humanité en-deçà du niveau des espèces animales. Je me méfiais d'autant plus que ce mouvement de renouveau spirituel me semblait surtout séduire de jeunes femmes, et se traduire par des manifestations d'hystérie collective.

    Le clergé catholique romain s'est d'abord montré hostile au mouvement de "renouveau charismatique" (qu'il ne contrôlait pas) avant de, progressivement, l'assimiler et le contrôler. Cela m'a permis de réviser le préjugé que j'avais d'une doctrine catholique romaine rigide ; c'est bien plutôt l'étonnante plasticité de la doctrine catholique romaine qui est avéré ; cette aptitude à absorber jusqu'à ce qui la contredit parfois explique la longévité de cette personne morale (l'ex-évêque de Rome J. Ratzinger était plus "hégélien" que "thomiste" ou "augustinien" ; l'actuel pape François tient des discours écologistes que le Dalaï Lama pourrait aussi bien tenir).

    L'ancien testament comme le nouveau nous l'enseignent : rien n'est plus difficile pour l'homme que la fidélité à dieu - Satan offre certainement beaucoup plus d'avantages, puisqu'on voit le peuple "élu" se précipiter dans son giron à chaque occasion. Un esprit profane le comprendra aisément par rapport à la science ; en effet l'homme se montre le plus souvent insouciant de la vérité, cherchant d'abord le bonheur. Sous sa forme la plus abstraite, celle du rêve, le bonheur paraîtra aux esprits les moins éveillés coïncider avec la science. C'est là le confort de l'esprit et non la science. Le rêveur se croit déjà arrivé, l'homme de science mesure le chemin qui le sépare de la vérité.

     

  • Mort imminente

    Quelques mots sur les "expériences de mort imminente", songes vécus par des personnes atteintes de troubles psychiques, à la suite d'un accident qui les a entraînés "aux frontières de la mort", ou d'un orgasme sexuel (parfois dit "petite mort"). Les médias accordent beaucoup d'importance à ces dites "expériences", en raison des foules de badauds qu'elles drainent.

    On peut mettre ce phénomène en relation avec le "pacte avec la mort", que j'évoquais ici récemment dans une note. Le Livre de la Sagesse de Salomon prophétise un tel pacte satanique à la fin des temps.

    Les pseudo-sciences psychanalytiques et neurologiques (parler de "science neurologique" revient à qualifier de "poésie" le babil d'un nourrisson) ont ouvert la boîte de pandore de la crédulité.

    Rêver, même pour un mort, n'a rien que de très banal. Depuis l'Antiquité, le rêve est associé à la mort ou la maladie. Le sommeil, état d'inconscience, a le don de stimuler les rêves ; pourquoi un état critique, proche de la mort, ne provoquerait-il pas un rêve, et pourquoi ce rêve ne serait pas un rêve de bonheur ? Certains philosophes font remarquer que, en comparaison des souffrances de l'existence, la mort peut paraître un grand bonheur et soulagement (en particulier pour les gens du peuple qui n'ont pas des conditions de vie privilégiées).

    D'ailleurs un consommateur de substances hallucinogènes comprendra aisément en quoi consiste le "pacte avec la mort", c'est-à-dire le gain obtenu et la perte subie en contrepartie de ce pacte, et qu'il est à la fois un voyage au paradis et en enfer.

    La comparaison avec la drogue, c'est-à-dire avec une recherche violente et désordonnée du bonheur, est éclairante afin de montrer à quel point la mort peut-être un puissant mobile humain.

    Le b.a.-ba de la médecine est de ne pas tracer une ligne de séparation nette entre la vie et la mort. La vie sociale et de nombreuses cultures

    Le rapprochement que certains font entre ces songes et le paradis des chrétiens est une tromperie, intentionnelle ou involontaire. Le christianisme n'est pas une religion animiste. La conception spéculative ou onirique d'un espace-temps paradisiaque "au-delà de la mort" est typique du livre des morts de l'ancienne Egypte. La gnose (= fausse science) platonicienne médiévale a introduit cette spéculation dans l'Occident chrétien, mais elle est dépourvue du moindre fondement scripturaire chrétien.

    L'apôtre Paul énonce que la mort est la "rançon du péché", et non la transition vers un état de béatitude "ultérieure". L'enfer est définit strictement par les écritures chrétiennes comme l'infidélité à la parole de divine et aux évangiles, c'est-à-dire "le monde".

    Et aucun folklore catholique romain, aucune doctrine sociale démocrate-chrétienne ne peut prévaloir contre la parole divine.

  • Confession

    Je dois à mon éducation catholique romaine un minimum de bon sens, c'est-à-dire de satanisme.

  • Sociologie catholique

    Un sondage récent établit que les catholiques français ont des moeurs semblables au reste de leurs compatriotes. Le seul problème, c'est que des "moeurs catholiques", ça n'existe pas. La défense de la vérité est le seul mobile du chrétien, d'où il tire son mépris des civilisations et des sociétés humaines, nécessairement fondées sur une forme de vérité mensongère. Il se trouve de surcroît que la raison sociale la moins mensongère est la raison sociale satanique.

    Sont donc traitées dans ces sondages et cette sociologie de questions culturelles "françaises", si l'on veut, qui ne concernent pas la foi chrétienne ou catholique. Quiconque sait lire, pourra lire les évangiles et constater que le christ Jésus, à l'opposé du curé catholique romain, considère les questions de moeurs pour ce qu'elles sont, à savoir des questions entièrement relatives. L'apôtre Paul à la suite de Jésus précise qu'il n'y a pas de salut chrétien par les oeuvres, ce qui peut se traduire dans le vocabulaire moderne par les "oeuvres sociales". C'est ce qui explique la haine des antichrists à l'égard de l'apôtre Paul, en particulier des antichrists qui ont vu dans le catholicisme romain un culte subversif allié - Nitche ou Maurras, par exemple, convaincus que le catholicisme romain exprime une culture de vie païenne.

    Ce qui a largement été cause de la défaite de l'Eglise catholique romaine au cours des derniers siècles, c'est d'ailleurs sa défense du droit et de l'ordre établi contre des partisans de la vérité plus sincères, comme les philosophes des Lumières, et plus encore le marxisme qui remet en cause le principe même de la civilisation. La vision historique donne conscience de ce que la civilisation est un état d'inconscience (de là la volonté de l'Occident de faire taire Shakespeare par tous les moyens, d'une manière que Shakespeare a prophétisée dans "Hamlet" - parce que Shakespeare a mis la civilisation occidentale minable).

    De même la sociologie qui oppose "l'esprit du catholicisme" à "l'esprit du protestantisme" est une science débile, puisque la doctrine sociale chrétienne, qu'elle porte le label catholique ou protestant, n'est qu'un opportunisme. L'opportunisme occidental, les croisades, sont une réalité, mais on ne peut pas les traiter scientifiquement en occultant l'opportunisme qui les détermine, et dont l'opposition entre la doctrine catholique et la doctrine protestante ne permet pas de rendre compte.

    Les sociologues modernes sont d'ailleurs des docteurs catholiques romains qui s'ignorent, puisque la défaillance scientifique qui caractérise la sociologie a été introduite par la doctrine catholique romaine. Le monde païen avait des poètes païens utiles et raisonnables - le monde moderne a des sociologues débiles.

     

     

  • Apostasie romaine

    Lors de la récente canonisation de deux de ses chefs, l'Eglise romaine est apparue telle qu'elle est, comme une construction juridique athée.

    Il n'est pas difficile aux adversaires du culte catholique romain de démontrer qu'il est purement rhétorique, que l'on se place du point de vue de Satan et du droit naturel (Nietzsche), ou bien encore du point de vue chrétien apocalyptique (la bête de la terre est représentative des puissances qui tirent leur légitimité de la loi), ou bien encore du point de vue athée laïc dérivé du catholicisme romain, majoritaire en Occident - le culte républicain moderne, dans le cadre de l'Etat totalitaire moderne, plagie en effet le culte catholique romain dans ses rituels et célébrations.

    En tant que tel, le culte catholique romain est ultra-minoritaire en France, mais dans sa version technocratique modernisée, il est largement répandu ; c'est ce qui explique la fascination pour un clergé et des cérémonies qui semblent désormais appartenir au folklore - l'Eglise catholique romaine est la matrice de l'appareil judiciaire moderne.

    - L'Eglise romaine apparaît donc comme un leurre parfait, qui d'une part se présente comme une démonstration juridique facile à réfuter. Il est aussi facile de démontrer que le mobile de l'Eglise romaine n'est pas spirituel, mais moral et politique, qu'il est facile de démontrer que la théorie de la relativité d'Einstein n'est pas scientifique mais arbitraire. D'autre part la doctrine romaine fait écran au message évangélique, dont il n'est possible de déduire aucune règle de vie sociale.

    - La transition opérée de la "légende dorée" catholique romaine à une procédure judiciaire stricte n'est qu'une illusion. Il faut des miracles pour faire un saint du culte latin : mais la transformation quotidienne par les prêtres romains du vin en sang du christ et du pain en corps du Christ n'est-elle pas un miracle alchimique suffisant ?

    On sait d'ailleurs la réticence du Messie à opérer des miracles, dont les magiciens sont aussi capables. La capacité de Satan à accomplir des miracles est attestée dans l'Evangile par l'annonce des miracles de l'Antéchrist.

    Les peuples primitifs prennent les technologies occidentales dites "avancées" lorsqu'ils les découvrent pour des miracles. La technologie occidentale est bel et bien miraculeuse au sens naturel, et donc démoniaque. L'univers est lui-même un miracle permanent du point de vue de la science technique et des mathématiques modernes (largement tributaires de la science scolastique catholique), dans la mesure où cette science technique n'explique pas l'univers autrement que par ses effets.